La plupart des mots que l’on entend chez les musulmans sont des formules de l’islam : bismillah (au nom d’Allah), al-hamdou li-Llâh (la louange est à Allah), inchallah (si Allah le veut), machallah (ce qu’Allah a voulu). Chacune est une petite prière qui rattache un moment du quotidien à Allah.
À côté, il y a des formules religieuses en dialecte (Allah yarhmou, saha ftourkoum), et des mots populaires venus de l’arabe mais sans aucun lien avec la religion (wesh, zarma, sah). Enfin, certains mots religieux sont détournés dans le langage courant — wallah à chaque phrase, inchallah pour dire non, haram pour « dommage » — et méritent d’être remis à leur place.
Les formules du quotidien
Ce sont les mots que l’on entend cent fois par jour. Chacun est une petite prière : il ramène un instant de la vie ordinaire vers Allah.
بِسْمِ اللَّهِ
Bismillah(bismi-Llâh)Islam
« Au nom d’Allah » — on le dit avant de manger, de boire, d’entrer, de commencer un travail. « Dis bismillah et mange de ta main droite » (al-Bukhârî et Muslim). Le geste le plus banal devient un acte fait sous le regard de son Seigneur.
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الْحَمْدُ لِلَّهِ
Al-hamdou li-Llâh(al-hamdu li-Llâh)Islam
« La louange est à Allah » — la réponse à « comment ça va ? », mais aussi la parole du croyant dans la joie comme dans l’épreuve. « Al-hamdu li-Llâh remplit la balance » (Muslim). On entend souvent « hamdoullah » : c’est une contraction fautive, car elle mange l’article de al-hamd, « la louange ». La forme correcte est al-hamdou li-Llâh.
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إِنْ شَاءَ اللَّهُ
Inchallah(in shâ’ Allâh)Islam
« Si Allah le veut » — on le dit pour tout projet à venir, sur l’ordre du Coran : « Ne dis jamais d’une chose : je la ferai demain, sans ajouter : si Allah le veut » (18, 23-24). C’est un aveu d’humilité — l’homme décide, Allah dispose — et non une manière polie de dire non (voir plus bas).
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مَا شَاءَ اللَّهُ
Machallah(mâ shâ’ Allâh)Islam
« Ce qu’Allah a voulu » — on le dit devant une belle chose, un enfant, une réussite : « Que n’as-tu dit, en entrant dans ton jardin : mâ shâ’ Allâh, il n’y a de force qu’en Allah ! » (18, 39). On rend la beauté à Celui qui l’a donnée, et l’on protège de la jalousie ce que l’on admire.
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تَبَارَكَ اللَّهُ
Tbarkallah(tabâraka-Llâh)Islam
« Béni soit Allah » — même usage que machallah, très courant au Maghreb. Le Prophète ﷺ reprocha à un homme dont le regard avait blessé son frère : « Pourquoi n’as-tu pas invoqué la bénédiction ? » (al-Muwatta’, Ibn Mâja). Admirer en bénissant, c’est admirer sans envier.
سُبْحَانَ اللَّهِ
Soubhanallah(subhâna-Llâh)Islam
« Gloire à Allah », « Pureté à Allah » — on le dit devant ce qui étonne, ce qui émerveille, ce qui dépasse. Il affirme qu’Allah est au-dessus de tout défaut. « Deux paroles légères sur la langue, lourdes dans la balance, aimées du Tout Miséricordieux : subhâna-Llâhi wa bi-hamdih, subhâna-Llâhi-l-’adhîm » (al-Bukhârî et Muslim).
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اللَّهُ أَكْبَرُ
Allahou akbar(Allâhu akbar)Islam
« Allah est plus grand » — la parole qui ouvre la prière et scande chaque geste, l’appel du muezzin, le cri de joie d’une naissance. Plus grand que tout ce qui nous inquiète, nous retient ou nous fascine. Une formule de paix et d’adoration, que des criminels ont salie et qu’il faut rendre à son sens.
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لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ
La ilaha illa Allah(lâ ilâha illa-Llâh)Islam
« Il n’y a de divinité qu’Allah » — le cœur de l’islam, la première moitié de l’attestation de foi. « La meilleure des invocations est lâ ilâha illa-Llâh » (al-Tirmidhî). Le musulman la répète toute sa vie, et souhaite qu’elle soit sa dernière parole.
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أَسْتَغْفِرُ اللَّهَ
Astaghfirullah, starfoullah(astaghfiru-Llâh)Islam
« Je demande pardon à Allah » — la parole du repentir, après une faute, une mauvaise parole, ou simplement pour purifier son cœur : le Prophète ﷺ demandait pardon plus de soixante-dix fois par jour (al-Bukhârî). Ce n’est pas une exclamation de dégoût (voir plus bas).
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السَّلَامُ عَلَيْكُمْ
Salam aleykoum(as-salâmu ’alaykum)Islam
« Que la paix soit sur vous » — la salutation des musulmans, et celle des gens du Paradis. On répond wa ’alaykumu-s-salâm (« et sur vous la paix »), et mieux encore wa rahmatu-Llâhi wa barakâtuh (« ainsi que la miséricorde d’Allah et Ses bénédictions ») : « Répondez par une salutation meilleure » (4, 86). « Répandez le salâm entre vous » (Muslim).
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بَارَكَ اللَّهُ فِيكَ
Barakallahou fik(bâraka-Llâhu fîk)Islam
« Qu’Allah te bénisse » — une manière de remercier ou de féliciter. Le Prophète ﷺ dit à un Compagnon qui venait de se marier : « Bâraka-Llâhu lak » (al-Bukhârî). À un groupe : fîkum ; à une femme : fîki.
جَزَاكَ اللَّهُ خَيْرًا
Djazakallahou khayran(jazâka-Llâhu khayran)Islam
« Qu’Allah te récompense en bien » — le merci des musulmans : on confie à Allah le soin de rendre le bienfait. « Celui qui reçoit un bienfait et dit à son auteur jazâka-Llâhu khayran l’a pleinement remercié » (al-Tirmidhî). On répond wa iyyâk, « et toi de même ».
آمِين
Amine(âmîn)Islam
« Exauce-nous » — le mot qui conclut une invocation et la Fâtiha dans la prière. En le disant, on fait sienne la prière de l’autre.
إِنَّا لِلَّهِ وَإِنَّا إِلَيْهِ رَاجِعُونَ
Inna lillahi wa inna ilayhi raji’oun(innâ li-Llâhi wa innâ ilayhi râji’ûn)Islam
« Nous sommes à Allah, et c’est vers Lui que nous retournons » — la parole de l’épreuve et du deuil, que le Coran place sur les lèvres des endurants (2, 156). On la dit à l’annonce d’un décès, mais aussi pour toute perte. Tout ce que nous avons nous a été prêté.
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رَحِمَهُ اللَّهُ
Rahimahoullah(rahimahu-Llâh)Islam
« Qu’Allah lui fasse miséricorde » — on le dit en évoquant un défunt ; au féminin rahimahâ-Llâh. En dialecte : Allah yarhmou.
لَا حَوْلَ وَلَا قُوَّةَ إِلَّا بِاللَّهِ
La hawla wa la quwwata illa billah(lâ hawla wa lâ quwwata illâ bi-Llâh)Islam
« Il n’y a de force ni de puissance qu’en Allah » — la parole de celui qui se sent dépassé, qui affronte une difficulté ou une mauvaise nouvelle. Le Prophète ﷺ l’appelait « un des trésors du Paradis » (al-Bukhârî et Muslim).
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حَسْبُنَا اللَّهُ وَنِعْمَ الْوَكِيلُ
Hasbounallah wa ni’mal wakil(hasbuna-Llâhu wa ni’ma-l-wakîl)Islam
« Allah nous suffit, et quel excellent Garant » — la parole de la confiance face à l’injustice ou la peur, celle des croyants qu’on voulait effrayer (3, 173).
أَعُوذُ بِاللَّهِ مِنَ الشَّيْطَانِ الرَّجِيمِ
A’oudhou billah(a’ûdhu bi-Llâhi mina-sh-shaytâni-r-rajîm)Islam
« Je cherche refuge auprès d’Allah contre le diable maudit » — on le dit avant de réciter le Coran (16, 98), dans la colère, devant une mauvaise pensée. Souvent abrégé en a’ûdhu bi-Llâh pour dire « qu’Allah m’en préserve ».
صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ
Sallallahou ’alayhi wa sallam (ﷺ)(salla-Llâhu ’alayhi wa sallam)Islam
« Qu’Allah prie sur lui et le salue » — on le dit chaque fois qu’on nomme le Prophète Muhammad ﷺ ; le signe ﷺ l’abrège à l’écrit. « Celui qui prie sur moi une fois, Allah prie sur lui dix fois » (Muslim). Pour les autres prophètes : ’alayhi-s-salâm, « sur lui la paix » ; pour les Compagnons : radiya-Llâhu ’anhu, « qu’Allah soit satisfait de lui ».
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يَرْحَمُكَ اللَّهُ
Yarhamouk Allah(yarhamuka-Llâh)Islam
« Qu’Allah te fasse miséricorde » — ce qu’on dit à celui qui éternue et a dit al-hamdu li-Llâh ; il répond yahdîkumu-Llâhu wa yuslihu bâlakum, « qu’Allah vous guide et améliore votre état » (al-Bukhârî). Même un éternuement devient un échange de prières.
وَاللَّهِ
Wallah(wa-Llâh)Islam
« Par Allah » — un serment : on prend Allah à témoin de ce qu’on dit. C’est un acte grave — voir plus bas, dans les mots détournés, pourquoi il ne faut pas le dire à tout bout de champ.
La foi
Les mots qui disent ce que le musulman croit.
اللَّه
Allah(Allâh)Islam
Le nom propre de Dieu — ce n’est pas « le dieu des musulmans » : c’est le mot par lequel les chrétiens arabes aussi désignent Dieu. Le Créateur unique, le même Dieu que celui d’Abraham, de Moïse et de Jésus.
التَّوْحِيد
Tawhid(at-tawhîd)Islam
L’unicité d’Allah — croire qu’Allah est seul dans Sa seigneurie, seul à mériter l’adoration, unique dans Ses noms et attributs. Tout l’islam en découle.
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الشِّرْك
Chirk(ash-shirk)Islam
L’association — adorer quelque chose avec Allah ou à Sa place. Le contraire du tawhîd, et le seul péché que le Coran dit ne pas pardonner à qui meurt dessus (4, 48).
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الإِسْلَام · الإِيمَان · الإِحْسَان
Islam, imane, ihsane(al-islâm, al-îmân, al-ihsân)Islam
La soumission, la foi, l’excellence — les trois degrés de la religion, enseignés par l’ange Gabriel (Muslim) : les actes (islâm), la croyance du cœur (îmân), et l’excellence — « adorer Allah comme si tu Le voyais ; car si tu ne Le vois pas, Lui te voit » (ihsân).
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مُسْلِم · مُؤْمِن
Musulman, mou’min(muslim, mu’min)Islam
Celui qui se soumet, celui qui croit — le musulman est celui qui se remet à Allah ; le mu’min, le croyant, celui dont la foi est entrée dans le cœur. Tout mu’min est musulman.
كَافِر
Kafir (kouffar)(kâfir, pl. kuffâr)Islam
Celui qui rejette la foi — littéralement « celui qui recouvre » : qui recouvre la vérité après l’avoir connue. Un terme de doctrine, pas une insulte (voir plus bas).
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القُرْآن · سُورَة · آيَة
Coran, sourate, ayat(al-qur’ân, sûra, âya)Islam
La Récitation, un chapitre, un verset — le Coran est la parole d’Allah révélée à Muhammad ﷺ ; il compte 114 sourates ; âya veut dire à la fois « verset » et « signe ».
السُّنَّة · الحَدِيث
Sunna, hadith(as-sunna, al-hadîth)Islam
La voie du Prophète, un récit — la sunna est l’ensemble des paroles, actes et approbations du Prophète ﷺ ; un hadith est un récit qui en rapporte un élément, avec sa chaîne de transmetteurs. Le mot sunna désigne aussi un acte recommandé.
نَبِيّ · رَسُول
Nabi, rassoul(nabî, rasûl)Islam
Prophète, messager — Allah a envoyé des prophètes à tous les peuples ; les messagers apportent un message ou une loi. Muhammad ﷺ est le dernier d’entre eux.
المَلَائِكَة
Malaïka(al-malâ’ika)Islam
Les anges — créés de lumière, ils obéissent à Allah sans jamais désobéir : Gabriel (Jibrîl) qui apporte la révélation, les anges qui consignent nos actes…
الجِنّ · الشَّيْطَان
Djinn, chaytane(al-jinn, ash-shaytân)Islam
Les djinns, le diable — les djinns sont des êtres créés de feu, invisibles, responsables comme nous ; certains croyants, d’autres non. Le shaytân est Iblîs et ceux qui le suivent, qui chuchotent le mal.
القَدَر
Qadar, mektoub(al-qadar)Islam
Le destin, le décret divin — croire qu’Allah sait tout, a tout écrit et que rien n’arrive sans Sa volonté — sans que cela ôte à l’homme sa responsabilité. Le « mektoub » (« c’est écrit ») populaire en est l’écho, parfois mal compris comme une excuse à ne rien faire.
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الآخِرَة · الجَنَّة · جَهَنَّم
Akhira, djanna, djahannam(al-âkhira, al-janna, jahannam)Islam
L’au-delà, le Paradis, l’Enfer — la vie dernière, après la résurrection et le Jugement, qui donne son sens à celle-ci. La djanna, littéralement « le jardin ».
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Le culte
Les mots de la pratique — ceux qu’on entend à la mosquée et pendant le Ramadan.
الصَّلَاة
Salat(as-salât)Islam
La prière — les cinq prières quotidiennes, deuxième pilier de l’islam. Le mot évoque le lien : c’est le rendez-vous du serviteur avec son Seigneur.
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الوُضُوء · الغُسْل
Woudou, ghousl(al-wudû’, al-ghusl)Islam
Les ablutions, le grand lavage — la purification qui précède la prière. Le Prophète ﷺ a appris que les péchés s’en vont avec l’eau des ablutions (Muslim).
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الأَذَان · الإِقَامَة
Adhan, iqama(al-adhân, al-iqâma)Islam
L’appel à la prière, le second appel — l’adhân annonce l’heure de la prière ; l’iqâma, plus rapide, annonce qu’elle commence.
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القِبْلَة
Qibla(al-qibla)Islam
La direction de la prière — vers la Ka’ba, à La Mecque : des milliards de croyants, partout sur terre, tournés vers un même point.
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رَكْعَة · سُجُود
Rak’a, soujoud(rak’a, sujûd)Islam
Une unité de prière, la prosternation — la rak’a est l’unité qui se répète ; le sujûd, le front au sol, est le moment où le serviteur est le plus proche de son Seigneur (Muslim).
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الجُمُعَة
Djoumou’a(al-jumu’a)Islam
Le vendredi, la grande prière — le jour de rassemblement : un sermon puis une prière en commun à midi, obligatoire pour les hommes.
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مَسْجِد · إِمَام
Masjid, imam(masjid, imâm)Islam
La mosquée, celui qui dirige — masjid veut dire « lieu de prosternation » ; l’imâm est « celui qui se tient devant » pour diriger la prière. Ce n’est pas un prêtre : il n’y a pas de clergé en islam.
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دُعَاء · ذِكْر
Dou’a, dhikr(du’â’, dhikr)Islam
L’invocation, le rappel — le du’â’ est la demande qu’on adresse à Allah, dans n’importe quelle langue ; le dhikr, la répétition de Son nom et de Ses louanges. « C’est par le rappel d’Allah que les cœurs s’apaisent » (13, 28).
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الصَّوْم · رَمَضَان
Sawm, Ramadan(as-sawm, ramadân)Islam
Le jeûne, le mois du jeûne — s’abstenir de manger, de boire et de relations intimes de l’aube au coucher du soleil, pendant le neuvième mois lunaire, celui où le Coran fut révélé.
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السَّحُور · الإِفْطَار
Shour, ftour(as-sahûr, al-iftâr)Islam
Le repas d’avant l’aube, la rupture du jeûne — « Prenez le sahûr, car il y a de la bénédiction dans le sahûr » (al-Bukhârî et Muslim). Le ftour est le repas du coucher du soleil, qu’on rompt traditionnellement avec des dattes.
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الزَّكَاة · الصَّدَقَة
Zakat, sadaqa(az-zakât, as-sadaqa)Islam
L’aumône obligatoire, l’aumône libre — la zakât, troisième pilier, est une part fixe des biens reversée aux pauvres ; le mot veut dire « purification ». La sadaqa est tout don volontaire — un sourire aussi est une sadaqa (al-Tirmidhî).
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الحَجّ · العُمْرَة
Hajj, ’oumra(al-hajj, al-’umra)Islam
Le grand et le petit pèlerinage — le hajj, à La Mecque, à dates fixes, une fois dans la vie pour qui en a les moyens ; la ’umra peut se faire toute l’année.
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عِيد الفِطْر · عِيد الأَضْحَى
Aïd el-Fitr, Aïd el-Kebir(’îd al-fitr, ’îd al-adhâ)Islam
La fête de fin du Ramadan, la fête du sacrifice — les deux fêtes de l’islam. L’Aïd el-Kebir (« la grande fête ») commémore le sacrifice d’Abraham. On se souhaite ’Îd mubârak, « bonne fête bénie ».
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La loi et la morale
Les mots que l’on entend quand on parle de ce qui est permis, défendu, bon ou mauvais.
حَلَال · حَرَام
Halal, haram(halâl, harâm)Islam
Permis, interdit — le halâl est tout ce qu’Allah permet — c’est-à-dire presque tout ; le harâm, ce qu’Il défend. Halal ne concerne pas que la viande : un gain, une parole, un regard peuvent être halal ou haram. « Le licite est clair et l’illicite est clair » (al-Bukhârî et Muslim).
فَرْض · سُنَّة · مَكْرُوه
Fard, sunna, makrouh(fard, sunna, makrûh)Islam
Obligatoire, recommandé, déconseillé — entre le permis et l’interdit, des degrés : ce qu’il faut faire, ce qu’il est bon de faire, ce qu’il vaut mieux éviter. Tout ce qui n’est pas haram n’est pas pour autant conseillé.
الشَّرِيعَة
Charia(ash-sharî’a)Islam
La voie tracée par Allah — littéralement « le chemin qui mène à la source d’eau ». La charia, c’est toute la loi divine : la prière, le jeûne, l’honnêteté dans le commerce, le respect des parents… Réduite dans les médias à un code pénal, elle est d’abord la manière d’aller vers Allah.
الفِقْه · فَتْوَى
Fiqh, fatwa(al-fiqh, fatwâ)Islam
La jurisprudence, un avis juridique — le fiqh est la science qui déduit des textes les règles pratiques ; une fatwâ est la réponse d’un savant à une question précise. Ce n’est ni une condamnation ni un ordre de tuer, contrairement à l’usage journalistique.
أَهْل السُّنَّة
Sunnite(ahl as-sunna wa-l-jamâ’a)Islam
Les gens de la Sunna et de la communauté — la très grande majorité des musulmans, qui suivent le Coran et la Sunna tels que les Compagnons les ont compris et transmis, et reconnaissent les quatre califes dans leur ordre.
الشِّيعَة
Chiite(ash-shî’a)Islam
Le « parti » d’Ali — une minorité (environ un musulman sur dix), surtout en Iran, en Irak et au Liban, née d’une divergence sur la succession du Prophète ﷺ : les chiites tiennent ’Alî et ses descendants pour les seuls guides légitimes, avec des différences de doctrine et de sources qui en découlent.
بِدْعَة
Bid’a(bid’a)Islam
Une innovation dans la religion — ajouter au culte ce que le Prophète ﷺ n’a pas enseigné. Rien à voir avec la technique ou le progrès : on parle de religion, pas de téléphones.
النِّيَّة
Niya(an-niyya)Islam
L’intention — « Les actes ne valent que par les intentions » (al-Bukhârî et Muslim). La même action peut être une adoration ou un rien, selon ce qu’on vise.
التَّقْوَى
Taqwa(at-taqwâ)Islam
La piété, la conscience d’Allah — vivre en se gardant de ce qui déplaît à Allah, par amour et par crainte. « Le plus noble d’entre vous auprès d’Allah est le plus pieux » (49, 13).
الحِجَاب · العَوْرَة
Hijab, ’awra(al-hijâb, al-’awra)Islam
Le voile, ce qu’on couvre — hijâb veut dire « ce qui sépare, ce qui couvre » ; la ’awra est la partie du corps que l’on couvre devant autrui. La pudeur concerne l’homme comme la femme.
مَحْرَم
Mahram(mahram)Islam
Un proche qu’on ne peut épouser — le père, le frère, le fils, l’oncle… Devant eux la femme a d’autres règles de tenue, et c’est avec eux qu’elle voyage.
Les gens et la communauté
الأُمَّة
Oumma(al-umma)Islam
La communauté des croyants — tous les musulmans du monde, par-delà les langues et les couleurs, « comme un seul corps » (al-Bukhârî et Muslim).
أَخ · أُخْت
Akhi, oukhti(akh, ukht)Islam
Frère, sœur — entre musulmans, on s’appelle frère et sœur : « Les croyants ne sont que des frères » (49, 10). Le « frère » de la rue (voir « kho » plus bas) en est une version dialectale.
شَيْخ · عَالِم
Cheikh, ’alim (oulémas)(shaykh, ’âlim, pl. ’ulamâ’)Islam
Un maître, un savant — shaykh veut dire « ancien » ; on l’emploie pour un savant ou un enseignant. Les ’ulamâ’ sont les savants, « héritiers des prophètes » (Abû Dâwûd, al-Tirmidhî).
الصَّحَابَة
Sahaba(as-sahâba)Islam
Les Compagnons — ceux qui ont connu le Prophète ﷺ en croyant en lui et sont morts musulmans : Abû Bakr, ’Umar, ’Uthmân, ’Alî, ’Âisha… C’est par eux que la religion nous est parvenue.
أَهْل الكِتَاب
Ahl al-kitab(ahl al-kitâb)Islam
Les gens du Livre — les juifs et les chrétiens, qui ont reçu une Écriture avant le Coran, et auxquels le Coran réserve un statut particulier.
En dialecte, mais avec un sens religieux
Beaucoup de formules religieuses se disent en darija, l’arabe dialectal du Maghreb. Ce n’est pas de l’arabe « littéraire », mais le sens reste une prière, et c’est une belle habitude.
الله يرحمو
Allah yarhmouDialecte · sens religieux
« Qu’Allah lui fasse miséricorde » — l’équivalent dialectal de rahimahu-Llâh, dit en évoquant un défunt.
الله يبارك فيك
Allah ybarek fikDialecte · sens religieux
« Qu’Allah te bénisse » — pour remercier ou féliciter ; version dialectale de bâraka-Llâhu fîk.
الله يجازيك بالخير
Allah yjazik bkhirDialecte · sens religieux
« Qu’Allah te récompense en bien » — le « merci » dialectal, équivalent de jazâka-Llâhu khayran.
الله يهديك
Allah yahdikDialecte · sens religieux
« Qu’Allah te guide » — une invocation, pas un reproche : on souhaite à l’autre le plus grand bien qui soit. Mieux vaut éviter de la lancer comme une pique.
الله يسهل
Allah ysahelDialecte · sens religieux
« Qu’Allah facilite » — on le dit à celui qui part, qui entreprend, qui passe un examen — et, au Maghreb, pour refuser poliment l’aumône quand on n’a rien à donner.
الله يعاونك
Allah y’awnekDialecte · sens religieux
« Qu’Allah t’aide » — à celui qui travaille ou traverse une épreuve.
صحة فطوركم
Saha ftourkoumDialecte · sens religieux
« Bon appétit pour votre rupture du jeûne » — le souhait qu’on s’échange au moment du ftour pendant le Ramadan.
عيد مبروك
Aïd mabroukDialecte · sens religieux
« Bonne fête bénie » — le souhait des deux fêtes ; en arabe classique ’Îd mubârak. On y ajoute volontiers taqabbala-Llâhu minnâ wa minkum, « qu’Allah accepte de nous et de vous ».
مبروك
Mabrouk(mabrûk)Dialecte · sens religieux
« Béni, félicitations » — pour un mariage, une naissance, un diplôme, un achat : on souhaite que la bénédiction d’Allah soit dans ce qui arrive.
بصحتك
Bsahtek, bsaha(bi-s-sihha)Dialecte · sens religieux
« À ta santé, profites-en bien » — pour un vêtement neuf, un bon repas, une réussite. Rien à voir avec l’alcool : c’est un souhait de bien-être.
Mots populaires venus de l’arabe, sans lien avec la religion
Ces mots viennent de l’arabe — souvent du dialecte algérien ou marocain — et sont passés dans le français parlé. Ils n’ont rien de religieux : les connaître évite de croire qu’un jeune qui parle ainsi « parle islam », et évite au nouveau musulman de croire qu’il doit parler ainsi pour être musulman.
Wesh(wâsh)Populaire · sans lien religieux
« Quoi ? », « Est-ce que… ? » — de l’algérien wâsh, devenu « salut » ou « quoi de neuf » en argot. La salutation des musulmans, elle, est as-salâmu ’alaykum.
Zarma(za’ma)Populaire · sans lien religieux
« Soi-disant », « genre » — de l’arabe za’ama, « prétendre ». Aucun sens religieux.
Sah, c’est sah(sahh)Populaire · sans lien religieux
« C’est vrai » — de sahh, « juste, exact ».
Kho, khouya(khû, khûya)Populaire · sans lien religieux
« Frère », « mon frère » — forme dialectale d’akh. Employé entre amis, sans forcément de sens religieux.
Sahbi(sâhbî)Populaire · sans lien religieux
« Mon pote » — de sâhib, « compagnon » — le même mot que sahâba, les Compagnons du Prophète ﷺ, mais employé ici dans son sens banal.
Yallah(yâ-llâh)Populaire · sans lien religieux
« Allez ! », « On y va ! » — une expression d’encouragement ou de départ, entrée dans le parler courant. Elle contient le nom d’Allah, mais s’emploie comme un simple « allez ».
Chouf(shûf)Populaire · sans lien religieux
« Regarde » — impératif dialectal de « voir ».
Bézef, chouïa(bezzâf, shwiya)Populaire · sans lien religieux
« Beaucoup », « un peu » — deux mots dialectaux passés dans le français familier.
Walou(wâlû)Populaire · sans lien religieux
« Rien » — de la darija ; « j’ai rien compris, walou ».
Flouss(flûs)Populaire · sans lien religieux
« L’argent » — de fulûs, anciennes pièces de monnaie.
Bled(blâd)Populaire · sans lien religieux
« Le pays », « le village » — de balad ; en France, désigne le pays d’origine ou un coin perdu.
Kif, kiffer(kîf)Populaire · sans lien religieux
« Le plaisir », « aimer » — de kayf, « l’état, le bien-être ».
Toubib(tabîb)Populaire · sans lien religieux
« Médecin » — emprunté à l’arabe depuis longtemps, par l’armée coloniale.
Avoir le seum(semm)Populaire · sans lien religieux
« Être dégoûté, rageur » — de semm, « le poison » en dialecte.
Miskine(miskîn)Populaire · sans lien religieux
« Le pauvre », « le malheureux » — de l’arabe miskîn, le pauvre — mot qui, dans le Coran, désigne les nécessiteux à qui revient l’aumône (9, 60). Dans la rue, il sert souvent à se moquer : le sens coranique invite plutôt à la compassion.
Hchouma(hshûma)Populaire · sans lien religieux
« La honte », « ça ne se fait pas » — mot marocain et algérien de la bienséance familiale. Attention à ne pas le confondre avec le haram : beaucoup de choses sont « hchouma » par coutume sans être interdites par la religion, et certaines choses interdites ne sont pas vécues comme « hchouma ». La pudeur véritable, elle, « fait partie de la foi » (al-Bukhârî).
Mots religieux détournés dans le langage courant
Certains mots de l’islam sont passés dans la langue de tous les jours avec un sens qui n’est plus le leur. Le nouveau musulman les entendra partout ; autant savoir les remettre à leur place.
وَاللَّهِ
Wallah à chaque phrase(wa-Llâh)Mot religieux détourné
Un serment, pas une ponctuation — jurer par Allah, c’est Le prendre à témoin. « Gardez vos serments » (5, 89) : on ne jure que pour une chose vraie et importante. Le faux serment délibéré compte parmi les grands péchés (al-Bukhârî). Et l’on ne jure par rien d’autre qu’Allah — ni « sur la tête de ma mère », ni « sur le Coran » à la légère : « Que celui qui jure, jure par Allah ou qu’il se taise » (al-Bukhârî et Muslim).
إِنْ شَاءَ اللَّهُ
Inchallah pour dire non(in shâ’ Allâh)Mot religieux détourné
Une promesse, pas une esquive — dire « inchallah » pour se débarrasser de quelqu’un sans intention de tenir parole, c’est mêler le nom d’Allah à un mensonge. Le vrai inchallah accompagne un engagement sincère, en laissant à Allah l’issue.
حَرَام
« C’est haram » pour « c’est dommage »(harâm)Mot religieux détourné
Un jugement de Dieu, pas une émotion — au Maghreb, « hram ’lik » ou « c’est haram » veut souvent dire « c’est triste », « c’est injuste ». Dans la religion, haram désigne ce qu’Allah a interdit — et déclarer interdit ce qu’Il a permis est grave (16, 116). On garde le mot pour son vrai sens.
أَسْتَغْفِرُ اللَّهَ
Starfoullah pour « beurk »(astaghfiru-Llâh)Mot religieux détourné
Un repentir, pas un dégoût — « starfoullah » est devenu une exclamation de dégoût ou de choc devant ce que font les autres. C’est une demande de pardon pour soi : on la dit en pensant à ses propres fautes.
كَافِر
Kafir comme insulte(kâfir)Mot religieux détourné
Un terme de foi, pas une injure — traiter quelqu’un de « kafir » pour l’insulter, surtout un musulman, est extrêmement grave : « Si un homme dit à son frère : ô mécréant !, l’un des deux le mérite » (al-Bukhârî). Et envers le non-musulman, le Coran commande le bon comportement et la justice (60, 8).
مَكْتُوب
Mektoub pour ne rien faire(maktûb)Mot religieux détourné
Le destin n’excuse pas la paresse — « c’était écrit » est vrai de ce qui est arrivé ; ce n’est pas une raison de ne pas agir. Le Prophète ﷺ dit à un homme qui voulait laisser sa chamelle sans l’attacher par confiance en Allah : « Attache-la, et fais confiance » (al-Tirmidhî).
Sources
Coran : 2, 156 ; 3, 173 ; 4, 48 ; 4, 86 ; 5, 89 ; 9, 60 ; 13, 28 ; 16, 98 ; 16, 116 ; 18, 23-24 ; 18, 39 ; 49, 10 ; 49, 13 ; 60, 8.
Hadith : al-Bukhârî et Muslim (bismillah à table ; les deux paroles légères ; la demande de pardon ; le trésor du Paradis ; le sahûr ; les intentions ; le licite et l’illicite ; l’éternuement ; jurer par Allah ; le faux serment ; « ô mécréant » ; la pudeur ; le corps unique) ; Muslim (la balance ; le salâm ; le hadith de Gabriel ; la prière sur le Prophète ﷺ ; la prosternation ; les ablutions ; la bid’a) ; al-Tirmidhî (la meilleure invocation ; jazâka-Llâhu khayran ; le sourire ; « attache-la ») ; Abû Dâwûd et al-Tirmidhî (les savants héritiers des prophètes) ; Mâlik, al-Muwatta’, et Ibn Mâja (l’invocation de bénédiction).