السَّلَامُ عَلَيْكُمْ وَرَحْمَةُ اللَّهِ وَبَرَكَاتُهُ
As-salâmu ’alaykum wa rahmatu-Llâhi wa barakâtuh
Prononciation : as-sa-lâ-mou ’a-lay-koum wa rah-ma-toul-lâ-hi wa ba-ra-kâ-touh
« Que la paix soit sur vous, ainsi que la miséricorde d’Allah et Ses bénédictions »
Ce n’est pas un « bonjour » : c’est une invocation, et elle contient un Nom d’Allah. En la disant, on souhaite à l’autre d’être préservé de tout mal, et l’on s’engage soi-même à ne pas lui en faire.
La langue : le salut porte un Nom d’Allah
La racine s-l-m dit l’intégrité : être sain, sauf, à l’abri du défaut et du mal. Elle donne salâma, la préservation ; silm, la paix ; islâm, la remise confiante de soi à Allah — et as-Salâm, l’un de Ses Noms : « Il est Allah, nul ne mérite adoration que Lui, le Souverain, le Pur, la Paix » (59, 23).
Dire as-salâmu ’alaykum, c’est donc à la fois souhaiter la préservation et invoquer sur l’autre Celui qui préserve. C’est aussi une promesse tacite : de celui qui te salue ainsi, tu es en sécurité. Le Prophète ﷺ a défini le musulman : « celui dont les musulmans sont saufs de sa langue et de sa main » (al-Bukhârî et Muslim).
Dans le Coran
- L’obligation de répondre : « Si l’on vous fait une salutation, saluez d’une manière meilleure, ou bien rendez-la simplement » (4, 86). D’où l’usage d’ajouter, en répondant, wa rahmatu-Llâhi wa barakâtuh.
- En entrant chez soi : « Quand vous entrez dans des maisons, adressez-vous mutuellement des salutations venant d’Allah, bénies et excellentes » (24, 61).
- C’est la salutation du Paradis : « Leur salutation y sera : paix » (10, 10) ; « on n’y entend nulle parole vaine, mais seulement : paix, paix » (56, 25-26). Les anges y accueillent les croyants : « Paix sur vous ! Entrez-y, pour l’éternité » (39, 73).
Dans la Sunna : le premier mot de l’humanité
« Quand Allah créa Adam, Il lui dit : va saluer ce groupe d’anges, et écoute ce qu’ils te répondront : ce sera ta salutation et celle de ta descendance. Il dit : as-salâmu ’alaykum. Ils répondirent : as-salâmu ’alayka wa rahmatu-Llâh — ils ajoutèrent la miséricorde » (al-Bukhârî et Muslim, d’après Abû Hurayra).
- « Vous n’entrerez au Paradis que si vous croyez, et vous ne croirez vraiment que si vous vous aimez. Vous indiquerai-je une chose qui, si vous la faites, vous fera vous aimer ? Répandez le salâm entre vous » (Muslim, d’après Abû Hurayra).
- Un homme demanda quel islam était le meilleur : « Donner à manger, et adresser le salâm à qui tu connais et à qui tu ne connais pas » (al-Bukhârî et Muslim).
- Qui salue qui : « Que le cavalier salue le piéton, le marcheur celui qui est assis, et le petit groupe le grand » (al-Bukhârî et Muslim).
- Le Prophète ﷺ saluait les enfants quand il passait près d’eux (al-Bukhârî et Muslim).
Ce qu’en disent les savants : les règles du salut
- Commencer par le salut est une sunna vivement recommandée ; y répondre est une obligation. Si le salut s’adresse à un groupe, un seul qui répond suffit pour tous, mais il est meilleur que chacun réponde.
- On ne salue pas celui qui est aux toilettes, ni celui qui prie — on lui fait signe s’il faut.
- Le salut se dit en entrant dans une assemblée et en la quittant : « Quand l’un de vous arrive dans une assemblée, qu’il salue ; et s’il veut se lever, qu’il salue » (Abû Dâwûd, al-Tirmidhî).
- Le salut vaut mieux que le geste seul : on ne se contente pas d’un signe de la main quand la parole est possible.
- Avec les non-musulmans, on ne commence pas par as-salâmu ’alaykum selon les textes ; on leur adresse les formules de politesse en usage — et s’ils saluent d’un salâm, on répond. La bienveillance envers eux n’en est pas diminuée : le Coran ordonne « la bonté et l’équité » envers ceux qui ne combattent pas (60, 8).
Sources
Coran : 4, 86 ; 10, 10 ; 24, 61 ; 39, 73 ; 56, 25-26 ; 59, 23 ; 60, 8. Hadith : al-Bukhârî et Muslim (la création d’Adam ; le meilleur islam ; qui salue qui ; saluer les enfants ; la définition du musulman) ; Muslim (« répandez le salâm ») ; Abû Dâwûd et al-Tirmidhî (saluer en arrivant et en partant). Commentaires : al-Nawawî, al-Adhkâr et Sharh Sahîh Muslim, chapitres du salut ; al-Bukhârî, al-Adab al-mufrad.