سُبْحَانَ اللَّهِ
Subhâna-Llâh
Prononciation : soub-hâ-nal-lâh
« Gloire à Allah », « Pureté à Allah » : Il est au-dessus de toute imperfection
Le tasbîh affirme qu’Allah est au-dessus de tout défaut, de toute ressemblance avec les créatures, de tout ce que les hommes Lui attribuent faussement. C’est la prière de l’univers entier, et deux mots qui pèsent lourd dans la balance.
La langue : nager au loin
La racine s-b-h désigne d’abord le mouvement rapide et lointain : nager (sabaha), filer comme les astres dans leur orbite — « chacun vogue (yasbahûn) dans une orbite » (21, 33). De là, le tasbîh : éloigner Allah, en esprit et en parole, de tout ce qui ne Lui convient pas. C’est l’affirmation de Sa transcendance (tanzîh).
« Subhâna » est un nom verbal à l’accusatif, qui suppose un verbe sous-entendu : « je proclame la transcendance d’Allah, une vraie proclamation ». Il ne s’emploie jamais seul, mais toujours rattaché à Allah : subhâna-Llâh, subhânaka, subhâna rabbî.
Dans le Coran : la prière de toute chose
- « Les sept cieux, la terre et ceux qui s’y trouvent célèbrent Sa gloire. Il n’est rien qui ne célèbre Sa gloire par Sa louange ; mais vous ne comprenez pas leur façon de Le glorifier » (17, 44).
- Une sourate s’ouvre par subhâna : « Gloire à Celui qui a fait voyager de nuit Son serviteur » (17, 1) ; cinq sourates, qu’on appelle les musabbihât, s’ouvrent par le verbe sabbaha ou yusabbihu, et la sourate 87 par l’impératif sabbih, « glorifie ».
- C’est la parole de Jonas dans les ténèbres du ventre de la baleine : « Il n’y a de divinité que Toi ; gloire à Toi ; j’ai été parmi les injustes » (21, 87). Le Prophète ﷺ dit qu’aucun musulman ne l’invoque ainsi en quelque affaire sans être exaucé (al-Tirmidhî).
- Les anges « Le glorifient nuit et jour sans relâche » (21, 20).
- Elle répond à ce que les hommes attribuent faussement à Allah : « Gloire à Allah, au-dessus de ce qu’ils Lui associent » (59, 23).
Dans la Sunna : ses mérites
- « Deux paroles légères sur la langue, lourdes dans la balance, aimées du Tout Miséricordieux : subhâna-Llâhi wa bi-hamdih, subhâna-Llâhi-l-’adhîm » (al-Bukhârî et Muslim, d’après Abû Hurayra). C’est le dernier hadith du Sahîh d’al-Bukhârî : l’imâm a voulu clore son livre sur la balance.
- « Celui qui dit cent fois par jour subhâna-Llâhi wa bi-hamdih, ses péchés lui sont effacés, fussent-ils comme l’écume de la mer » (al-Bukhârî et Muslim, d’après Abû Hurayra).
- « Subhâna-Llâh et al-hamdu li-Llâh remplissent — ou remplit — ce qui est entre le ciel et la terre » (Muslim, d’après Abû Mâlik al-Ash’arî).
- Dans la prière, le Prophète ﷺ disait à l’inclinaison subhâna rabbiya-l-’adhîm, et dans la prosternation subhâna rabbiya-l-a’lâ (Muslim, d’après Hudhayfa).
- En voyage, les Compagnons disaient Allâhu akbar en montant et subhâna-Llâh en descendant (al-Bukhârî, d’après Jâbir).
L’étonnement, et ce qu’en tirent les savants
Le Prophète ﷺ disait subhâna-Llâh devant ce qui étonne. Abû Hurayra, qui était en état d’impureté majeure, s’était éclipsé pour ne pas s’asseoir près de lui ; le Prophète ﷺ lui dit : « Subhâna-Llâh ! Le croyant ne devient pas impur » (al-Bukhârî et Muslim). Les savants y voient l’usage juste de la formule dans l’étonnement : on glorifie Allah devant ce qui dépasse, ou devant une idée qui ne Lui convient pas.
Pour alerter l’imâm qui se trompe dans la prière, le Prophète ﷺ enseigna : « Celui à qui il arrive quelque chose dans sa prière, qu’il dise subhâna-Llâh » (al-Bukhârî et Muslim). Dans l’enseignement de l’imâm Mâlik, l’homme comme la femme disent subhâna-Llâh pour cela (al-Mudawwana), d’autres savants réservant aux femmes un battement de mains.
Al-Nawawî rappelle, dans son commentaire de Muslim, que le tasbîh est l’affirmation de la pureté absolue d’Allah, et que la louange (hamd) qui l’accompagne si souvent en est le complément : on écarte de Lui tout défaut, puis on Lui attribue toute perfection.
Sources
Coran : 17, 1 ; 17, 44 ; 21, 20 ; 21, 33 ; 21, 87 ; 59, 23. Hadith : al-Bukhârî et Muslim (les deux paroles légères ; cent fois par jour ; le croyant ne devient pas impur ; alerter l’imâm) ; Muslim (ce qui est entre le ciel et la terre ; les formules de l’inclinaison et de la prosternation) ; al-Bukhârî (monter et descendre) ; al-Tirmidhî (l’invocation de Jonas). Langue : Ibn Fâris, Maqâyîs al-lugha ; Ibn Manzûr, Lisân al-’Arab, racine s-b-h. Commentaires : al-Nawawî, Sharh Sahîh Muslim ; Sahnûn, al-Mudawwana.