Vie du musulman · Adorations
L’invocation : un art de vivre
Le dogme et la pratique : de l’invocation comme adoration au wird de la journée du croyant
Sommaire
Première partie — Le dogme : l’invocation (du’ā’), l’adoration par excellence
- Introduction : une adoration que tout le monde pratique sans toujours la connaître
- Qu’est-ce que l’invocation ? Le mot, ses deux sortes, et ce qui la distingue de la prière rituelle
- L’origine : une adoration aussi ancienne que l’homme
- Le besoin : pourquoi l’homme ne peut pas se passer d’invoquer
- « L’invocation, c’est l’adoration » : la place du du’ā’ parmi les actes
- Les mérites de l’invocation dans le Coran
- Les mérites de l’invocation dans la Sunna
- L’invocation et le destin : à quoi bon demander si tout est écrit ?
- Le modèle coranique : comment invoquaient les prophètes
- Comment invoquait le Prophète ﷺ
- Les pieux prédécesseurs et l’invocation
- Les règles et l’étiquette (adab) de l’invocation
- Comment faire concrètement : l’ordre, les mains, la voix, la langue, la posture
- Les moments et les lieux favorables à l’exaucement
- Les obstacles : pourquoi l’invocation n’est pas exaucée, ou l’est autrement
- La transgression dans l’invocation (al-i’tidā’ fī d-du’ā’)
- Les questions où les écoles divergent
- Les pratiques sans fondement
- Questions pratiques
- Le du’ā’ du converti : tu n’as pas besoin d’attendre de savoir l’arabe
- Choix d’invocations prophétiques complètes
- Faire vivre les maisons par l’évocation d’Allah
- Conclusion
Deuxième partie — Mettre en pratique comme le Prophète ﷺ : le wird de la journée
- Introduction : un wird pour toute la journée
- Le réveil
- Les toilettes et la salle de bain
- Les ablutions
- S’habiller, se déshabiller, le vêtement neuf, le miroir
- Les évocations du matin et du soir
- Sortir de la maison et y rentrer
- L’appel à la prière, le chemin de la mosquée, l’entrée et la sortie
- Dans la prière, position par position
- Après le salut final
- Le repas et la boisson
- La voiture, le voyage, l’étape, l’entrée dans une ville, le retour, les adieux
- Le marché, le supermarché, les achats et les dettes
- Les circonstances de la journée
- Le soir et le coucher
- La semaine : le vendredi
- Programme type d’une journée
Première partie — Le dogme : l’invocation (du’ā’), l’adoration par excellence
Introduction : une adoration que tout le monde pratique sans toujours la connaître
Il n’existe pas d’être humain qui n’ait jamais imploré. Devant la maladie d’un enfant, dans un avion qui tangue, au chevet d’un mourant, l’athée le plus convaincu a senti monter en lui une demande qui ne s’adressait à personne de visible. Le Coran décrit ce réflexe avec une précision clinique : « Quand ils montent en bateau, ils invoquent Allah en Lui vouant exclusivement leur culte ; une fois qu’Il les a sauvés et ramenés à terre, voilà qu’ils Lui donnent des associés » (29 : 65). L’invocation est antérieure à toute religion organisée. Elle est inscrite dans la nature de l’homme.
﴿فَإِذَا رَكِبُوا فِي الْفُلْكِ دَعَوُا اللَّهَ مُخْلِصِينَ لَهُ الدِّينَ فَلَمَّا نَجَّاهُمْ إِلَى الْبَرِّ إِذَا هُمْ يُشْرِكُونَ﴾ (29 : 65)
L’islam ne crée donc pas l’invocation : il la purifie, la rend à son unique destinataire et en fait l’acte central de la relation entre la créature et son Créateur. Le Prophète ﷺ l’a dit en une phrase que les savants ont placée au sommet de ce chapitre : « L’invocation, c’est l’adoration » (Abū Dāwūd, at-Tirmidhī, Ibn Mājah ; authentique). Non pas une adoration parmi d’autres, mais l’adoration elle-même, dans sa définition.
Ce dossier reprend en profondeur un texte plus ancien de notre site, qui n’était qu’un montage de sources sans références. Il a été entièrement réécrit et vérifié. Il s’adresse à deux lecteurs à la fois : celui qui ne connaît pas l’islam et veut comprendre ce que fait un musulman quand il lève les mains, et le musulman qui invoque chaque jour mais n’a jamais pris le temps d’apprendre les règles, les mérites et l’histoire de ce qu’il fait.
Il couvre : la définition du mot et ses deux sens ; l’origine de l’invocation depuis Adam ; le besoin qui la fonde ; sa place parmi les actes d’adoration ; ses mérites dans le Coran et la Sunna ; son rapport au destin ; le modèle des prophètes, du Prophète ﷺ et des pieux prédécesseurs ; les règles de bienséance ; la manière concrète d’invoquer ; les moments et lieux favorables ; les obstacles à l’exaucement ; les questions où les écoles divergent, présentées comme des divergences et non comme des condamnations ; les pratiques sans fondement ; les questions pratiques que se posent les convertis ; et un choix d’invocations prophétiques.
Règle de méthode, valable pour tout le dossier : chaque verset est cité avec sa référence, chaque hadith avec sa source et son degré d’authenticité tel que l’ont établi les savants du hadith, et chaque avis de savant avec son nom. Les sources sont exclusivement sunnites, et la préférence va aux savants classiques reconnus : les quatre imams et leurs écoles, al-Ghazālī, an-Nawawī, Ibn Taymiyya, Ibn al-Qayyim, Ibn Ḥajar, ash-Shāṭibī, al-Qurṭubī, as-Sa’dī.
Qu’est-ce que l’invocation ? Le mot, ses deux sortes, et ce qui la distingue de la prière rituelle
Le mot
En arabe, du’ā’ (دعاء) vient de la racine d-‘-w, « appeler ». On appelle quelqu’un pour qu’il vienne, pour qu’il écoute, pour qu’il donne. Le Coran emploie le mot dans trois sens qui se recouvrent : appeler par un nom (« Quel que soit le nom par lequel vous L’invoquez, Il a les plus beaux Noms », 17 : 110), demander (« Invoquez-Moi, Je vous exaucerai », 40 : 60) et adorer. Ce dernier sens est si fort que le Coran emploie souvent « invoquer » là où nous dirions « adorer » : « N’invoque pas, en dehors d’Allah, ce qui ne peut ni te profiter ni te nuire. Si tu le fais, tu seras du nombre des injustes » (10 : 106).
﴿أَيًّا مَّا تَدْعُوا فَلَهُ الْأَسْمَاءُ الْحُسْنَىٰ﴾ (17 : 110) · ﴿ادْعُونِي أَسْتَجِبْ لَكُمْ﴾ (40 : 60) · ﴿وَلَا تَدْعُ مِن دُونِ اللَّهِ مَا لَا يَنفَعُكَ وَلَا يَضُرُّكَ فَإِن فَعَلْتَ فَإِنَّكَ إِذًا مِّنَ الظَّالِمِينَ﴾ (10 : 106)
Le verset 60 de la sourate Ghāfir est le lieu classique de cette équivalence. Il commence par « Invoquez-Moi » et se termine par « ceux qui, par orgueil, refusent de M’adorer entreront en Enfer, humiliés ». La demande est nommée adoration dans la même phrase. C’est ce verset que le Prophète ﷺ récita après avoir dit « L’invocation, c’est l’adoration » (hadith d’an-Nu’mān ibn Bashīr, Abū Dāwūd 1479, at-Tirmidhī 2969, qui le juge ḥasan ṣaḥīḥ).
﴿وَقَالَ رَبُّكُمُ ادْعُونِي أَسْتَجِبْ لَكُمْ إِنَّ الَّذِينَ يَسْتَكْبِرُونَ عَنْ عِبَادَتِي سَيَدْخُلُونَ جَهَنَّمَ دَاخِرِينَ﴾ (40 : 60) · « الدُّعَاءُ هُوَ الْعِبَادَةُ » (Abū Dāwūd 1479, at-Tirmidhī 2969)
Les deux sortes d’invocation
Les savants, depuis Ibn Taymiyya et son élève Ibn al-Qayyim, et avant eux les commentateurs du Coran, distinguent deux sortes d’invocation qui ne se séparent jamais vraiment :
- L’invocation d’adoration (du’ā’ al-‘ibāda) : tout acte d’adoration est une invocation implicite. Celui qui prie, jeûne, donne l’aumône ou fait le pèlerinage demande par son acte la récompense d’Allah et craint Son châtiment, même s’il ne formule rien. Ibn Kathīr, dans son commentaire de 40 : 60, note qu’Allah appelle ici l’adoration « invocation » parce que l’une contient l’autre.
- L’invocation de demande (du’ā’ al-mas’ala) : la demande explicite, formulée avec la langue ou dans le cœur. « Mon Seigneur, pardonne-moi », « Ô Allah, guéris-le », « Accorde-nous le bien ici-bas et dans l’au-delà ».
Ibn al-Qayyim résume en substance : toute invocation de demande contient une adoration, et toute adoration contient une demande. Celui qui demande reconnaît par là même que l’autre possède et qu’il est lui-même démuni ; cette reconnaissance est le cœur de l’adoration. Et celui qui adore demande, par son acte, d’être agréé.
Invocation et évocation (du’ā’ et dhikr)
Le français brouille une distinction que l’arabe maintient. Le dhikr, c’est le fait de se souvenir d’Allah et de Le mentionner : dire « Gloire à Allah », « Louange à Allah », « Allah est le plus grand », « Il n’y a de divinité qu’Allah », réciter le Coran, Le louer. Le du’ā’, c’est Lui demander. Toute invocation contient de l’évocation, puisqu’on nomme Allah pour s’adresser à Lui ; mais toute évocation n’est pas une demande.
Le Coran associe sans cesse les deux : « Invoque ton Seigneur en toi-même, en humilité et crainte, à mi-voix, le matin et le soir, et ne sois pas du nombre des insouciants » (7 : 205). Le verbe employé ici est celui du dhikr. Ce dossier traite d’abord de la demande, mais consacre une section à l’évocation, parce que l’une nourrit l’autre : celui dont la langue est habituée à mentionner Allah est celui qui saura Lui parler quand le besoin viendra.
﴿وَاذْكُر رَّبَّكَ فِي نَفْسِكَ تَضَرُّعًا وَخِيفَةً وَدُونَ الْجَهْرِ مِنَ الْقَوْلِ بِالْغُدُوِّ وَالْآصَالِ وَلَا تَكُن مِّنَ الْغَافِلِينَ﴾ (7 : 205)
Invocation et prière rituelle (du’ā’ et ṣalāt)
Pour un lecteur français, « prière » désigne à la fois le rite et la demande. L’islam emploie deux mots. La ṣalāt est la prière rituelle : cinq fois par jour, avec des gestes, des paroles, une orientation et des conditions de pureté fixés par la Révélation. Le du’ā’ est libre : à toute heure, dans toute posture, dans toute langue, avec ou sans ablutions. Un musulman qui n’a jamais appris l’arabe et qui, dans sa voiture, demande à Allah de l’aider pour un entretien d’embauche, fait un du’ā’ complet et valable.
Les deux ne sont pas étrangers l’un à l’autre. En arabe ancien, ṣalāt signifie d’abord invocation : « Prie pour eux (ṣalli ‘alayhim) ; ta prière est pour eux une quiétude » (9 : 103) parle de l’invocation du Prophète ﷺ pour ceux qui donnent l’aumône. La prière rituelle est elle-même traversée de demandes : la Fātiḥa est une invocation (« Guide-nous dans le droit chemin »), la prosternation est le moment le plus favorable à l’invocation, et le Prophète ﷺ enseignait de choisir, après le tashahhud, « l’invocation qui nous plaît le plus » (al-Bukhārī 835, Muslim 402). On peut dire que l’invocation est l’âme de la prière rituelle : le rite sans demande est un corps sans souffle.
﴿وَصَلِّ عَلَيْهِمْ إِنَّ صَلَاتَكَ سَكَنٌ لَّهُمْ﴾ (9 : 103) · ﴿اهْدِنَا الصِّرَاطَ الْمُسْتَقِيمَ﴾ (1 : 6) · « ثُمَّ يَتَخَيَّرُ مِنَ الدُّعَاءِ أَعْجَبَهُ إِلَيْهِ فَيَدْعُو » (al-Bukhārī 835, Muslim 402)
Le vocabulaire de l’invocation
La tradition a forgé plusieurs mots pour les nuances de l’invocation. Il est utile de les connaître, parce qu’on les rencontre dans les livres :
| Terme | Sens |
|---|---|
| du’ā’ | l’invocation, la demande en général |
| mas’ala | la demande, la requête précise |
| istighfār | la demande de pardon |
| isti’ādha | la demande de protection (« je cherche refuge auprès d’Allah ») |
| istikhāra | la demande à Allah de choisir pour soi, avant une décision |
| istisqā’ | la demande de pluie |
| ibtihāl | la supplication intense, insistante |
| taḍarru’ | l’humilité, l’abaissement de soi dans la demande |
| munājāt | l’entretien intime à voix basse avec Allah |
| qunūt | l’invocation debout dans la prière, en particulier au Witr ou au Fajr |
L’origine : une adoration aussi ancienne que l’homme
La première parole d’Adam après la faute fut une invocation
Le Coran rapporte les premiers mots de l’humanité repentante : « Notre Seigneur, nous nous sommes fait du tort à nous-mêmes. Si Tu ne nous pardonnes pas et ne nous fais pas miséricorde, nous serons certainement du nombre des perdants » (7 : 23). Et il précise d’où venaient ces mots : « Puis Adam reçut de son Seigneur des paroles, et Allah agréa son repentir » (2 : 37). D’après Ibn ‘Abbās, rapporté par aṭ-Ṭabarī et repris par Ibn Kathīr, ces paroles reçues sont précisément l’invocation du verset 23 de la sourate al-A’rāf. La première chose qu’Allah enseigna à l’homme après la chute fut donc comment Lui demander pardon.
﴿قَالَا رَبَّنَا ظَلَمْنَا أَنفُسَنَا وَإِن لَّمْ تَغْفِرْ لَنَا وَتَرْحَمْنَا لَنَكُونَنَّ مِنَ الْخَاسِرِينَ﴾ (7 : 23) · ﴿فَتَلَقَّىٰ آدَمُ مِن رَّبِّهِ كَلِمَاتٍ فَتَابَ عَلَيْهِ إِنَّهُ هُوَ التَّوَّابُ الرَّحِيمُ﴾ (2 : 37)
Ce détail dit tout de la place de l’invocation : elle n’est pas une invention tardive des hommes de religion, elle est le premier lien rétabli entre le Créateur et la créature. Avant la Loi, avant les rites, avant les livres, il y eut cette demande, et elle fut agréée.
L’invocation est dans la nature de l’homme (fiṭra)
Le Coran décrit un phénomène que tout lecteur, croyant ou non, reconnaîtra. Lorsque le danger est extrême, l’homme oublie ses idoles, ses intermédiaires et ses théories, et appelle Celui qui peut tout : « Quand le mal vous touche en mer, ceux que vous invoquiez en dehors de Lui s’égarent loin de vous ; mais quand Il vous sauve et vous ramène à terre, vous vous détournez. L’homme est très ingrat » (17 : 67). De même 10 : 22-23, 29 : 65, 31 : 32 et 6 : 63-64.
﴿وَإِذَا مَسَّكُمُ الضُّرُّ فِي الْبَحْرِ ضَلَّ مَن تَدْعُونَ إِلَّا إِيَّاهُ فَلَمَّا نَجَّاكُمْ إِلَى الْبَرِّ أَعْرَضْتُمْ وَكَانَ الْإِنسَانُ كَفُورًا﴾ (17 : 67)
Les polythéistes de La Mecque, qui adoraient des statues, n’invoquaient qu’Allah dans la tempête. Ils savaient à qui s’adresser quand il s’agissait de vivre ou de mourir. L’islam n’a donc pas eu à leur apprendre l’invocation ; il a eu à leur apprendre à la réserver, dans l’aisance comme dans le besoin, à Celui qu’ils invoquaient déjà dans le besoin. Tout le travail de la Révélation est là : prendre un mouvement naturel du cœur humain et le rendre à son seul vrai destinataire.
Les anges invoquent
L’invocation n’est pas seulement le fait des hommes. Les anges qui portent le Trône demandent pardon pour les croyants : « Notre Seigneur, Tu embrasses toute chose de Ta miséricorde et de Ta science. Pardonne donc à ceux qui se repentent et suivent Ton chemin, et protège-les du châtiment de la Fournaise. Notre Seigneur, fais-les entrer dans les jardins d’Éden que Tu leur as promis… » (40 : 7-9). Un ange est posté auprès de celui qui invoque pour son frère absent et répond « Āmīn, et pour toi la même chose » (Muslim 2733). Les anges disent « Āmīn » sur ce que l’on dit auprès d’un malade ou d’un mort (Muslim 919). La créature la plus élevée et la créature faite d’argile se rejoignent dans la même posture : demander.
﴿رَبَّنَا وَسِعْتَ كُلَّ شَيْءٍ رَّحْمَةً وَعِلْمًا فَاغْفِرْ لِلَّذِينَ تَابُوا وَاتَّبَعُوا سَبِيلَكَ وَقِهِمْ عَذَابَ الْجَحِيمِ رَبَّنَا وَأَدْخِلْهُمْ جَنَّاتِ عَدْنٍ الَّتِي وَعَدتَّهُمْ﴾ (40 : 7-8) · « آمِينَ وَلَكَ بِمِثْلٍ » (Muslim 2733)
Tous les prophètes ont invoqué
Le Coran est le livre qui conserve le plus grand nombre d’invocations de prophètes, souvent avec les circonstances qui les ont fait naître. Nūḥ, après neuf siècles et demi de prédication : « Je suis vaincu, secours-moi » (54 : 10). Ibrāhīm, en bâtissant la Ka’ba avec son fils : « Notre Seigneur, accepte cela de nous, Tu es Celui qui entend et qui sait » (2 : 127). Ya’qūb, aveuglé par le chagrin : « Je ne me plains de mon déchirement et de ma tristesse qu’à Allah » (12 : 86). Mūsā, fugitif et affamé à l’ombre d’un arbre : « Mon Seigneur, j’ai grand besoin de tout bien que Tu feras descendre sur moi » (28 : 24). Ayyūb, dans la maladie : « Le mal m’a touché, et Tu es le plus miséricordieux des miséricordieux » (21 : 83). Yūnus, dans le ventre du poisson : « Il n’y a de divinité que Toi, gloire à Toi, j’ai été du nombre des injustes » (21 : 87). Zakariyyā, vieillard sans enfant, invoque « en secret » : « Je n’ai jamais été malheureux en T’invoquant, mon Seigneur » (19 : 3-4). ‘Īsā, à la demande de ses disciples : « Ô Allah, notre Seigneur, fais descendre sur nous une table servie du ciel » (5 : 114).
﴿أَنِّي مَغْلُوبٌ فَانتَصِرْ﴾ (54 : 10) · ﴿رَبَّنَا تَقَبَّلْ مِنَّا إِنَّكَ أَنتَ السَّمِيعُ الْعَلِيمُ﴾ (2 : 127) · ﴿إِنَّمَا أَشْكُو بَثِّي وَحُزْنِي إِلَى اللَّهِ﴾ (12 : 86) · ﴿رَبِّ إِنِّي لِمَا أَنزَلْتَ إِلَيَّ مِنْ خَيْرٍ فَقِيرٌ﴾ (28 : 24) · ﴿أَنِّي مَسَّنِيَ الضُّرُّ وَأَنتَ أَرْحَمُ الرَّاحِمِينَ﴾ (21 : 83) · ﴿لَّا إِلَٰهَ إِلَّا أَنتَ سُبْحَانَكَ إِنِّي كُنتُ مِنَ الظَّالِمِينَ﴾ (21 : 87) · ﴿وَلَمْ أَكُن بِدُعَائِكَ رَبِّ شَقِيًّا﴾ (19 : 4) · ﴿اللَّهُمَّ رَبَّنَا أَنزِلْ عَلَيْنَا مَائِدَةً مِّنَ السَّمَاءِ﴾ (5 : 114)
Aucun prophète n’a été dispensé d’invoquer, et aucun n’a invoqué autre chose qu’Allah. C’est la preuve que l’invocation n’est pas le signe d’une foi faible qui aurait besoin de béquilles, mais la pratique des hommes les plus proches d’Allah. Plus on Le connaît, plus on Lui demande.
Ce que l’islam a changé
Les traditions antérieures connaissaient la prière de demande : les Psaumes en sont pleins, et l’Évangile rapporte une prière enseignée aux disciples. Le Coran ne nie pas cet héritage ; il le redresse sur deux points. D’abord, l’invocation s’adresse à Allah seul, sans intermédiaire qui aurait sa part du culte : « Les mosquées sont à Allah ; n’invoquez donc personne avec Allah » (72 : 18). Ensuite, elle est directe, sans clergé obligé. Les exégètes ont relevé un détail du verset 2 : 186 : partout ailleurs dans le Coran, quand les gens interrogent le Prophète ﷺ, Allah répond « Dis-leur… » ; ici, Il répond Lui-même, sans intermédiaire : « Et quand Mes serviteurs t’interrogent sur Moi, Je suis tout proche. » La proximité annoncée dans le verset est déjà dans sa forme.
﴿وَأَنَّ الْمَسَاجِدَ لِلَّهِ فَلَا تَدْعُوا مَعَ اللَّهِ أَحَدًا﴾ (72 : 18) · ﴿وَإِذَا سَأَلَكَ عِبَادِي عَنِّي فَإِنِّي قَرِيبٌ﴾ (2 : 186)
Le besoin : pourquoi l’homme ne peut pas se passer d’invoquer
La pauvreté de la créature
« Ô hommes, vous êtes les pauvres envers Allah, et Allah est Celui qui se suffit à Lui-même, le Digne de louange » (35 : 15). Le verset ne dit pas que certains hommes sont pauvres : il dit que l’homme, en tant que tel, est pauvre devant Allah. Il n’a pas créé son propre cœur, ne commande pas à son souffle, ne sait pas de quoi demain sera fait. Il reçoit tout. Les savants nomment cela la pauvreté essentielle (al-faqr adh-dhātī) : Ibn al-Qayyim écrit dans Ṭarīq al-Hijratayn que le besoin est l’attribut même du serviteur, comme la richesse absolue est l’attribut même du Seigneur. Des vers attribués à Ibn Taymiyya le disent plus simplement : « Je suis le pauvre envers le Seigneur des créatures, je suis le petit, le misérable, dans tout ce que je suis. »
﴿يَا أَيُّهَا النَّاسُ أَنتُمُ الْفُقَرَاءُ إِلَى اللَّهِ وَاللَّهُ هُوَ الْغَنِيُّ الْحَمِيدُ﴾ (35 : 15)
L’invocation n’est que l’aveu de cette pauvreté, rendu audible. C’est pourquoi elle est si aimée d’Allah : elle est la vérité de la créature, dite par la créature elle-même.
Le hadith qudsī qui résume tout
Le Prophète ﷺ rapporte de son Seigneur : « Ô Mes serviteurs, vous êtes tous égarés sauf celui que J’ai guidé : demandez-Moi la guidée, Je vous guiderai. Ô Mes serviteurs, vous êtes tous affamés sauf celui que Je nourris : demandez-Moi la nourriture, Je vous nourrirai. Ô Mes serviteurs, vous êtes tous nus sauf celui que Je vêts : demandez-Moi le vêtement, Je vous vêtirai. Ô Mes serviteurs, vous péchez nuit et jour et Je pardonne tous les péchés : demandez-Moi pardon, Je vous pardonnerai. […] Ô Mes serviteurs, si les premiers et les derniers d’entre vous, hommes et djinns, se tenaient en un seul lieu et Me demandaient, et que Je donne à chacun ce qu’il demande, cela ne diminuerait de ce que Je possède que ce que l’aiguille enlève à la mer quand on l’y plonge » (Muslim 2577, d’après Abū Dharr).
« يَا عِبَادِي كُلُّكُمْ ضَالٌّ إِلَّا مَنْ هَدَيْتُهُ فَاسْتَهْدُونِي أَهْدِكُمْ، يَا عِبَادِي كُلُّكُمْ جَائِعٌ إِلَّا مَنْ أَطْعَمْتُهُ فَاسْتَطْعِمُونِي أُطْعِمْكُمْ، يَا عِبَادِي كُلُّكُمْ عَارٍ إِلَّا مَنْ كَسَوْتُهُ فَاسْتَكْسُونِي أَكْسُكُمْ، يَا عِبَادِي إِنَّكُمْ تُخْطِئُونَ بِاللَّيْلِ وَالنَّهَارِ وَأَنَا أَغْفِرُ الذُّنُوبَ جَمِيعًا فَاسْتَغْفِرُونِي أَغْفِرْ لَكُمْ … يَا عِبَادِي لَوْ أَنَّ أَوَّلَكُمْ وَآخِرَكُمْ وَإِنْسَكُمْ وَجِنَّكُمْ قَامُوا فِي صَعِيدٍ وَاحِدٍ فَسَأَلُونِي فَأَعْطَيْتُ كُلَّ إِنْسَانٍ مَسْأَلَتَهُ مَا نَقَصَ ذَلِكَ مِمَّا عِنْدِي إِلَّا كَمَا يَنْقُصُ الْمِخْيَطُ إِذَا أُدْخِلَ الْبَحْرَ » (Muslim 2577)
Quatre fois le même mouvement : un constat de manque, puis « demandez-Moi ». La guidée, la nourriture, le vêtement, le pardon : rien de ce dont l’homme a besoin n’est hors du champ de la demande. Et la fin du hadith ôte la dernière excuse : demander ne gêne pas Allah, ne L’appauvrit pas, ne prend pas sur la part d’un autre. L’homme qui a honte de demander projette sur Allah la mesquinerie des hommes.
Ne pas demander, c’est de l’orgueil
La modernité fait de l’autonomie une vertu : ne rien devoir à personne, ne rien demander. L’islam voit dans le refus de demander à Allah non une force mais un orgueil. Le verset 40 : 60 nomme « orgueilleux » ceux qui ne L’invoquent pas, et le Prophète ﷺ a dit : « Celui qui ne demande pas à Allah, Allah se met en colère contre lui » (at-Tirmidhī 3373, Ibn Mājah 3827 ; ḥasan). Un poète ancien a résumé le paradoxe : « Allah se fâche si tu cesses de Lui demander, et le fils d’Adam se fâche quand on lui demande. »
« مَنْ لَمْ يَسْأَلِ اللَّهَ يَغْضَبْ عَلَيْهِ » (at-Tirmidhī 3373)
Le Prophète ﷺ a aussi dit : « Celui qu’un besoin atteint et qui le présente aux gens, son besoin ne sera pas comblé ; celui qu’un besoin atteint et qui le présente à Allah, Allah lui accordera bientôt une subsistance, proche ou lointaine » (Abū Dāwūd 1645, at-Tirmidhī 2326, qui le juge ḥasan ṣaḥīḥ). Il ne s’agit pas d’interdire de solliciter l’aide des hommes dans ce qui est en leur pouvoir ; il s’agit de savoir à qui l’on s’attache réellement. Le conseil donné à Ibn ‘Abbās, encore enfant, le dit sans détour : « Quand tu demandes, demande à Allah ; quand tu cherches de l’aide, cherche-la auprès d’Allah » (at-Tirmidhī 2516 ; ḥasan ṣaḥīḥ).
« مَنْ نَزَلَتْ بِهِ فَاقَةٌ فَأَنْزَلَهَا بِالنَّاسِ لَمْ تُسَدَّ فَاقَتُهُ، وَمَنْ نَزَلَتْ بِهِ فَاقَةٌ فَأَنْزَلَهَا بِاللَّهِ فَيُوشِكُ اللَّهُ لَهُ بِرِزْقٍ عَاجِلٍ أَوْ آجِلٍ » (Abū Dāwūd 1645, at-Tirmidhī 2326) · « إِذَا سَأَلْتَ فَاسْأَلِ اللَّهَ، وَإِذَا اسْتَعَنْتَ فَاسْتَعِنْ بِاللَّهِ » (at-Tirmidhī 2516)
Demander à Allah et prendre les moyens
Une confusion fréquente doit être levée ici. L’islam n’interdit pas de demander l’aide d’une personne dans ce qui relève de ses capacités : on demande à un médecin de soigner, à un enseignant d’expliquer, à un voisin de porter un meuble, à un proche de prêter de l’argent. Le Prophète ﷺ lui-même demandait aux Compagnons leur avis, leur aide et leurs services. La différence est dans la nature de ce que l’on demande :
- demander à un médecin un traitement relève des causes ordinaires qu’Allah a mises à notre disposition ;
- demander à Allah la guérison, la bénédiction du traitement et l’issue finale relève de l’adoration ;
- attribuer à une créature, vivante ou morte, un pouvoir caché et indépendant qui n’appartient qu’à Allah est une autre question, celle de l’unicité.
Le musulman utilise donc les moyens en gardant son cœur attaché à Celui qui les a créés. L’invocation n’est pas un refus des causes ; elle empêche seulement de tenir les causes pour indépendantes du Créateur. Un converti qui prend ses médicaments en invoquant, qui cherche un emploi en invoquant, qui consulte un conseiller en invoquant, ne fait pas deux choses contradictoires : il fait exactement ce que la Sunna demande.
Un besoin qui ne s’arrête pas aux choses matérielles
On réduit souvent l’invocation à la demande de ce qui manque : la santé, l’argent, un enfant. Le besoin le plus profond, celui que le musulman formule au moins dix-sept fois par jour dans sa prière, est celui de la guidée : « Guide-nous dans le droit chemin » (1 : 6). Le Prophète ﷺ, qui était guidé, demandait encore : « Ô Allah, je Te demande la guidée, la piété, la chasteté et la richesse du cœur » (Muslim 2721). Celui qui est le plus proche d’Allah est celui qui se sait le plus dépendant de Lui, y compris pour rester sur le chemin.
« اللَّهُمَّ إِنِّي أَسْأَلُكَ الْهُدَى وَالتُّقَى وَالْعَفَافَ وَالْغِنَى » (Muslim 2721)
« L’invocation, c’est l’adoration » : la place du du’ā’ parmi les actes
Le hadith et son sens
An-Nu’mān ibn Bashīr rapporte que le Prophète ﷺ a dit : « L’invocation, c’est l’adoration », puis il récita : « Et votre Seigneur dit : Invoquez-Moi, Je vous exaucerai. Ceux qui, par orgueil, refusent de M’adorer entreront en Enfer, humiliés » (Abū Dāwūd 1479, at-Tirmidhī 2969, Ibn Mājah 3828 ; at-Tirmidhī le juge ḥasan ṣaḥīḥ). Un autre hadith, plus connu du public, dit : « L’invocation est la moelle de l’adoration » (at-Tirmidhī 3371) ; sa chaîne est faible, mais son sens est garanti par le premier.
« الدُّعَاءُ هُوَ الْعِبَادَةُ » puis ﴿وَقَالَ رَبُّكُمُ ادْعُونِي أَسْتَجِبْ لَكُمْ﴾ (Abū Dāwūd 1479, at-Tirmidhī 2969) · « الدُّعَاءُ مُخُّ الْعِبَادَةِ » (at-Tirmidhī 3371, chaîne faible)
Pourquoi l’invocation est-elle l’adoration même ? Al-Khaṭṭābī, dans son traité Sha’n ad-du’ā’, et après lui Ibn Ḥajar dans le Fatḥ al-Bārī, donnent plusieurs raisons qui se complètent :
- Elle contient les trois piliers de l’adoration que les savants énumèrent partout : l’amour (on ne demande qu’à celui qu’on aime et dont on attend le bien), l’espoir (on demande parce qu’on espère) et la crainte (on demande protection parce qu’on redoute). Le Coran loue ceux qui « Nous invoquaient par désir et par crainte » (21 : 90).
- Elle est la manifestation la plus pure de l’unicité (tawḥīd). Demander à Allah, c’est reconnaître qu’Il entend, qu’Il sait, qu’Il peut, qu’Il est généreux, et que nul autre que Lui ne possède cela. C’est pourquoi le Coran traite l’invocation d’un autre qu’Allah comme l’associationnisme par excellence (46 : 5-6 ; 35 : 13-14).
- Elle est l’aveu de la pauvreté et de la servitude. Les autres actes peuvent cacher une part d’orgueil : on peut jeûner et s’en glorifier. On ne peut pas tendre les mains en disant « donne-moi » sans s’abaisser.
- Elle est l’adoration qui n’a aucune condition de capacité. Le malade ne peut pas prier debout, le pauvre ne peut pas donner, le vieillard ne peut pas jeûner ; tous peuvent invoquer. La porte est ouverte à chaque instant, à chacun, dans l’état où il est.
« Rien n’est plus noble auprès d’Allah »
Abū Hurayra rapporte : « Il n’y a rien de plus noble auprès d’Allah que l’invocation » (at-Tirmidhī 3370, Ibn Mājah 3829 ; ḥasan). Le mot « noble » (akram) est à comprendre au sens de « ce qu’Il honore et aime le plus recevoir de Son serviteur ». Ibn al-Qayyim, dans al-Jawāb al-Kāfī, appelle l’invocation « le remède le plus utile » et « l’ennemie du malheur ».
« لَيْسَ شَيْءٌ أَكْرَمَ عَلَى اللَّهِ تَعَالَى مِنَ الدُّعَاءِ » (at-Tirmidhī 3370, Ibn Mājah 3829)
L’invocation est-elle le meilleur des actes ?
La question mérite une réponse honnête, parce que les textes paraissent se contredire. D’un côté, la récitation du Coran est tenue pour la meilleure des évocations, et l’évocation (dhikr) a été présentée par le Prophète ﷺ comme meilleure que la dépense d’or et d’argent et que le combat (at-Tirmidhī 3377, Ibn Mājah 3790 ; authentique). De l’autre, l’invocation est « l’adoration » même et « ce qu’il y a de plus noble auprès d’Allah ».
Ibn Taymiyya et Ibn al-Qayyim ont posé le principe qui résout la difficulté : considérés en eux-mêmes et dans l’absolu, la récitation du Coran passe avant l’évocation, et l’évocation avant la demande. Mais le meilleur acte, à un moment donné, est celui que ce moment réclame. Ibn al-Qayyim écrit dans Madārij as-Sālikīn que la meilleure adoration, à chaque instant, est celle qui correspond à l’exigence et à la fonction de cet instant. Ainsi :
- Le jour de ‘Arafa, l’invocation est meilleure que la récitation : « La meilleure invocation est celle du jour de ‘Arafa » (Mālik, al-Muwaṭṭa’, en version mursal ; at-Tirmidhī 3585, ḥasan).
- Dans l’inclinaison et la prosternation, réciter le Coran est interdit, et l’invocation est prescrite : « Il m’a été interdit de réciter le Coran dans l’inclinaison et la prosternation ; dans l’inclinaison, glorifiez le Seigneur, et dans la prosternation, multipliez l’invocation, car il est digne qu’on vous y exauce » (Muslim 479).
- Après les prières obligatoires, s’appliquer aux évocations rapportées est meilleur que de réciter le Coran à ce moment-là.
« خَيْرُ الدُّعَاءِ دُعَاءُ يَوْمِ عَرَفَةَ » (al-Muwaṭṭa’ ; at-Tirmidhī 3585) · « أَلَا وَإِنِّي نُهِيتُ أَنْ أَقْرَأَ الْقُرْآنَ رَاكِعًا أَوْ سَاجِدًا، فَأَمَّا الرُّكُوعُ فَعَظِّمُوا فِيهِ الرَّبَّ، وَأَمَّا السُّجُودُ فَاجْتَهِدُوا فِي الدُّعَاءِ فَقَمِنٌ أَنْ يُسْتَجَابَ لَكُمْ » (Muslim 479)
La réponse à la question est donc double. Dans la hiérarchie abstraite des actes, l’invocation n’est pas première : le Coran l’est. Mais en tant qu’esprit de tous les actes, elle est ce sans quoi aucun d’eux n’a de valeur. Une prière rituelle sans invocation du cœur est un corps sans âme ; une invocation du cœur sans prière rituelle est une âme qui n’a pas obéi. L’islam demande les deux, et place l’invocation au centre parce qu’elle est ce qui donne aux autres actes leur direction : tout ce que fait le musulman, il le fait en demandant à Allah de l’agréer.
Les mérites de l’invocation dans le Coran
Le Coran parle de l’invocation de cinq manières : Allah l’ordonne et promet d’y répondre ; Il se dit proche ; Il loue ceux qui invoquent ; Il montre les prophètes exaucés ; Il condamne ceux qui invoquent un autre que Lui.
Un ordre et une promesse
« Et votre Seigneur dit : Invoquez-Moi, Je vous exaucerai » (40 : 60). L’ordre est suivi d’une promesse sans condition apparente, et Allah ne manque pas à Sa promesse (3 : 9). « Invoquez votre Seigneur en toute humilité et à voix basse ; certes Il n’aime pas les transgresseurs. […] Et invoquez-Le avec crainte et espoir, car la miséricorde d’Allah est proche des bienfaisants » (7 : 55-56). « Allah a les plus beaux Noms : invoquez-Le par eux » (7 : 180). « Demandez à Allah de Sa grâce » (4 : 32).
﴿وَقَالَ رَبُّكُمُ ادْعُونِي أَسْتَجِبْ لَكُمْ﴾ (40 : 60) · ﴿ادْعُوا رَبَّكُمْ تَضَرُّعًا وَخُفْيَةً إِنَّهُ لَا يُحِبُّ الْمُعْتَدِينَ وَلَا تُفْسِدُوا فِي الْأَرْضِ بَعْدَ إِصْلَاحِهَا وَادْعُوهُ خَوْفًا وَطَمَعًا إِنَّ رَحْمَتَ اللَّهِ قَرِيبٌ مِّنَ الْمُحْسِنِينَ﴾ (7 : 55-56) · ﴿وَلِلَّهِ الْأَسْمَاءُ الْحُسْنَىٰ فَادْعُوهُ بِهَا﴾ (7 : 180) · ﴿وَاسْأَلُوا اللَّهَ مِن فَضْلِهِ﴾ (4 : 32)
La proximité
« Et quand Mes serviteurs t’interrogent sur Moi, Je suis tout proche : Je réponds à l’appel de celui qui M’invoque quand il M’invoque. Qu’ils répondent donc à Mon appel et qu’ils croient en Moi, afin qu’ils soient bien guidés » (2 : 186). As-Sa’dī commente : « Il est proche de celui qui L’invoque par la réponse, et proche de celui qui L’adore par la récompense. L’exaucement est promis à celui qui invoque sincèrement, avec présence du cœur, en respectant les règles de l’invocation et en étant exempt de ce qui l’empêche, comme la consommation de l’illicite ; et Allah a conditionné cette guidée à deux choses : répondre à Son appel par l’obéissance, et croire en Lui. »
﴿وَإِذَا سَأَلَكَ عِبَادِي عَنِّي فَإِنِّي قَرِيبٌ أُجِيبُ دَعْوَةَ الدَّاعِ إِذَا دَعَانِ فَلْيَسْتَجِيبُوا لِي وَلْيُؤْمِنُوا بِي لَعَلَّهُمْ يَرْشُدُونَ﴾ (2 : 186)
Le verset place le verbe « ils T’interrogent » et la réponse « Je suis tout proche » sans la médiation habituelle du « Dis ». Il n’y a personne entre le serviteur qui demande et le Seigneur qui répond. « Qui exauce le désespéré quand il L’invoque, et écarte le mal ? » (27 : 62). « C’est Lui plutôt que vous invoquez, et Il écarte, s’Il veut, ce pour quoi vous L’invoquez » (6 : 41).
﴿أَمَّن يُجِيبُ الْمُضْطَرَّ إِذَا دَعَاهُ وَيَكْشِفُ السُّوءَ﴾ (27 : 62) · ﴿بَلْ إِيَّاهُ تَدْعُونَ فَيَكْشِفُ مَا تَدْعُونَ إِلَيْهِ إِن شَاءَ﴾ (6 : 41)
L’éloge de ceux qui invoquent
« Ils s’arrachent de leurs lits pour invoquer leur Seigneur, par crainte et par espoir » (32 : 16). « Ils s’empressaient vers les bonnes œuvres et Nous invoquaient par désir et par crainte, et ils étaient humbles devant Nous » (21 : 90). « Les invocateurs d’Allah en abondance et les invocatrices : à ceux-là, Allah a préparé un pardon et une récompense immense » (33 : 35). La sourate Āl ‘Imrān se termine sur une longue invocation des croyants, suivie immédiatement de la réponse : « Leur Seigneur les a alors exaucés » (3 : 191-195).
﴿تَتَجَافَىٰ جُنُوبُهُمْ عَنِ الْمَضَاجِعِ يَدْعُونَ رَبَّهُمْ خَوْفًا وَطَمَعًا﴾ (32 : 16) · ﴿إِنَّهُمْ كَانُوا يُسَارِعُونَ فِي الْخَيْرَاتِ وَيَدْعُونَنَا رَغَبًا وَرَهَبًا وَكَانُوا لَنَا خَاشِعِينَ﴾ (21 : 90) · ﴿وَالذَّاكِرِينَ اللَّهَ كَثِيرًا وَالذَّاكِرَاتِ أَعَدَّ اللَّهُ لَهُم مَّغْفِرَةً وَأَجْرًا عَظِيمًا﴾ (33 : 35) · ﴿فَاسْتَجَابَ لَهُمْ رَبُّهُمْ﴾ (3 : 195)
Le verset le plus frappant est peut-être celui-ci : « Dis : Mon Seigneur ne se soucierait pas de vous sans votre invocation » (25 : 77). Ibn Kathīr rapporte les deux lectures des exégètes : sans votre adoration (invocation au sens large), ou sans votre appel à Lui. Dans les deux cas, la valeur de l’homme auprès d’Allah tient à ce qu’il se tourne vers Lui. Enlevez l’invocation, il ne reste rien qui mérite attention.
﴿قُلْ مَا يَعْبَأُ بِكُمْ رَبِّي لَوْلَا دُعَاؤُكُمْ﴾ (25 : 77)
Les prophètes exaucés
La sourate al-Anbiyā’ enchaîne les exemples comme pour marteler la leçon : Nūḥ « Nous l’avons exaucé » (21 : 76), Ayyūb « Nous l’avons exaucé et avons écarté le mal qui le touchait » (21 : 84), Yūnus « Nous l’avons exaucé et sauvé de l’angoisse ; c’est ainsi que Nous sauvons les croyants » (21 : 88), Zakariyyā « Nous l’avons exaucé et lui avons donné Yaḥyā » (21 : 90). La formule « c’est ainsi que Nous sauvons les croyants » étend à tous ce qui fut accordé à Yūnus : la même invocation, prononcée par n’importe quel croyant, est ouverte au même exaucement (voir le hadith correspondant plus bas).
﴿فَاسْتَجَبْنَا لَهُ فَنَجَّيْنَاهُ مِنَ الْغَمِّ وَكَذَٰلِكَ نُنجِي الْمُؤْمِنِينَ﴾ (21 : 88)
La condamnation de l’invocation d’un autre qu’Allah
« À Lui appartient l’appel véritable. Ceux qu’ils invoquent en dehors de Lui ne leur répondent en rien, pas plus que l’homme qui tend ses deux mains vers l’eau pour qu’elle atteigne sa bouche : elle ne l’atteindra pas. L’invocation des mécréants n’est que dans l’égarement » (13 : 14). « Qui est plus égaré que celui qui invoque, en dehors d’Allah, ce qui ne lui répondra pas jusqu’au Jour de la Résurrection, et qui ne se soucie même pas de son invocation ? » (46 : 5). « Les mosquées sont à Allah ; n’invoquez donc personne avec Allah » (72 : 18). Le Coran ne discute pas longuement la métaphysique des idoles : il constate qu’elles n’entendent pas et ne répondent pas, et que la main tendue vers elles revient vide.
﴿لَهُ دَعْوَةُ الْحَقِّ وَالَّذِينَ يَدْعُونَ مِن دُونِهِ لَا يَسْتَجِيبُونَ لَهُم بِشَيْءٍ إِلَّا كَبَاسِطِ كَفَّيْهِ إِلَى الْمَاءِ لِيَبْلُغَ فَاهُ وَمَا هُوَ بِبَالِغِهِ وَمَا دُعَاءُ الْكَافِرِينَ إِلَّا فِي ضَلَالٍ﴾ (13 : 14) · ﴿وَمَنْ أَضَلُّ مِمَّن يَدْعُو مِن دُونِ اللَّهِ مَن لَّا يَسْتَجِيبُ لَهُ إِلَىٰ يَوْمِ الْقِيَامَةِ وَهُمْ عَن دُعَائِهِمْ غَافِلُونَ﴾ (46 : 5)
L’évocation, sœur de l’invocation
« Souvenez-vous de Moi, Je Me souviendrai de vous ; remerciez-Moi et ne soyez pas ingrats envers Moi » (2 : 152). « Ô vous qui avez cru, évoquez Allah d’une évocation abondante, et glorifiez-Le matin et soir » (33 : 41-42). « C’est par l’évocation d’Allah que les cœurs s’apaisent » (13 : 28). Celui qui évoque Allah dans l’aisance est celui qu’Allah reconnaît dans l’épreuve ; nous y reviendrons avec le hadith de Yūnus.
﴿فَاذْكُرُونِي أَذْكُرْكُمْ وَاشْكُرُوا لِي وَلَا تَكْفُرُونِ﴾ (2 : 152) · ﴿يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا اذْكُرُوا اللَّهَ ذِكْرًا كَثِيرًا وَسَبِّحُوهُ بُكْرَةً وَأَصِيلًا﴾ (33 : 41-42) · ﴿أَلَا بِذِكْرِ اللَّهِ تَطْمَئِنُّ الْقُلُوبُ﴾ (13 : 28)
Les mérites de l’invocation dans la Sunna
Aucune invocation n’est perdue
C’est le hadith qui doit être appris en premier, parce qu’il répond d’avance au doute le plus fréquent (« j’ai invoqué et rien n’est venu »). Abū Sa’īd al-Khudrī rapporte : « Pas un musulman ne fait une invocation qui ne contienne ni péché ni rupture des liens de parenté sans qu’Allah ne lui accorde, grâce à elle, l’une de ces trois choses : ou bien Il lui accorde sa demande dans l’immédiat, ou bien Il la lui réserve pour l’au-delà, ou bien Il écarte de lui un mal équivalent. » Les Compagnons dirent : « Alors nous allons invoquer en abondance ! » Il répondit : « Allah est plus abondant encore » (Aḥmad 11133, al-Bukhārī dans al-Adab al-Mufrad 710, al-Ḥākim ; authentique par la réunion de ses voies). La version de ‘Ubāda ibn aṣ-Ṣāmit, chez at-Tirmidhī 3573, est jugée ḥasan ṣaḥīḥ.
« مَا مِنْ مُسْلِمٍ يَدْعُو بِدَعْوَةٍ لَيْسَ فِيهَا إِثْمٌ وَلَا قَطِيعَةُ رَحِمٍ إِلَّا أَعْطَاهُ اللَّهُ بِهَا إِحْدَى ثَلَاثٍ: إِمَّا أَنْ تُعَجَّلَ لَهُ دَعْوَتُهُ، وَإِمَّا أَنْ يَدَّخِرَهَا لَهُ فِي الْآخِرَةِ، وَإِمَّا أَنْ يَصْرِفَ عَنْهُ مِنَ السُّوءِ مِثْلَهَا. قَالُوا: إِذًا نُكْثِرُ. قَالَ: اللَّهُ أَكْثَرُ » (Aḥmad 11133)
Le hadith ne dit pas : « il se peut que vous soyez exaucés ». Il dit qu’il n’existe pas d’invocation sans effet. Ce qui n’est pas donné ici est transféré, ou converti. On peut comparer l’invocation à un dépôt chez quelqu’un qui ne perd jamais rien : ce qui n’est pas rendu aujourd’hui est gardé, et rendu augmenté. L’exaucement n’est donc pas la question ; la seule question est la forme qu’il prendra.
Allah a pudeur de renvoyer des mains vides
Salmān al-Fārisī rapporte : « Votre Seigneur est pudique et généreux ; Il a pudeur, quand Son serviteur lève les mains vers Lui, de les lui rendre vides » (Abū Dāwūd 1488, at-Tirmidhī 3556, Ibn Mājah 3865 ; ḥasan). Le vocabulaire est choisi pour l’homme : la pudeur (ḥayā’) est le sentiment qui empêche un homme généreux de refuser à celui qui lui tend la main. Allah se l’attribue, selon ce qui Lui sied, pour que Son serviteur comprenne qu’il n’a pas affaire à un guichet.
« إِنَّ رَبَّكُمْ حَيِيٌّ كَرِيمٌ، يَسْتَحْيِي مِنْ عَبْدِهِ إِذَا رَفَعَ يَدَيْهِ إِلَيْهِ أَنْ يَرُدَّهُمَا صِفْرًا » (Abū Dāwūd 1488, at-Tirmidhī 3556)
Le serviteur est auprès de son Seigneur selon ce qu’il croit de Lui
Hadith qudsī : « Je suis selon ce que Mon serviteur pense de Moi, et Je suis avec lui quand il M’évoque. S’il M’évoque en lui-même, Je l’évoque en Moi-même ; s’il M’évoque dans une assemblée, Je l’évoque dans une assemblée meilleure. S’il s’approche de Moi d’un empan, Je M’approche de lui d’une coudée ; s’il s’approche de Moi d’une coudée, Je M’approche de lui d’une brassée ; et s’il vient à Moi en marchant, Je viens à lui en courant » (al-Bukhārī 7405, Muslim 2675). Le Prophète ﷺ a aussi dit : « Invoquez Allah en étant certains de l’exaucement, et sachez qu’Allah n’exauce pas une invocation qui vient d’un cœur distrait et inattentif » (at-Tirmidhī 3479, al-Ḥākim ; ḥasan). Celui qui invoque en pensant « ça ne marchera pas » a déjà répondu à sa place.
« أَنَا عِنْدَ ظَنِّ عَبْدِي بِي، وَأَنَا مَعَهُ إِذَا ذَكَرَنِي، فَإِنْ ذَكَرَنِي فِي نَفْسِهِ ذَكَرْتُهُ فِي نَفْسِي، وَإِنْ ذَكَرَنِي فِي مَلَإٍ ذَكَرْتُهُ فِي مَلَإٍ خَيْرٍ مِنْهُمْ، وَإِنْ تَقَرَّبَ إِلَيَّ شِبْرًا تَقَرَّبْتُ إِلَيْهِ ذِرَاعًا، وَإِنْ تَقَرَّبَ إِلَيَّ ذِرَاعًا تَقَرَّبْتُ إِلَيْهِ بَاعًا، وَإِنْ أَتَانِي يَمْشِي أَتَيْتُهُ هَرْوَلَةً » (al-Bukhārī 7405, Muslim 2675) · « ادْعُوا اللَّهَ وَأَنْتُمْ مُوقِنُونَ بِالْإِجَابَةِ، وَاعْلَمُوا أَنَّ اللَّهَ لَا يَسْتَجِيبُ دُعَاءً مِنْ قَلْبٍ غَافِلٍ لَاهٍ » (at-Tirmidhī 3479)
Le moment où Allah descend
« Notre Seigneur descend chaque nuit au ciel le plus proche, lorsqu’il reste le dernier tiers de la nuit, et dit : Qui M’invoque, que Je l’exauce ? Qui Me demande, que Je lui donne ? Qui Me demande pardon, que Je lui pardonne ? » (al-Bukhārī 1145, Muslim 758). Et Jābir rapporte : « Il y a dans la nuit une heure où aucun musulman ne demande à Allah un bien de ce monde ou de l’autre sans qu’Il ne le lui accorde ; et cela chaque nuit » (Muslim 757). Nous reviendrons sur les moments favorables ; retenons ici qu’Allah ne se contente pas d’attendre les demandes, Il les sollicite.
« يَنْزِلُ رَبُّنَا تَبَارَكَ وَتَعَالَى كُلَّ لَيْلَةٍ إِلَى السَّمَاءِ الدُّنْيَا حِينَ يَبْقَى ثُلُثُ اللَّيْلِ الْآخِرُ، يَقُولُ: مَنْ يَدْعُونِي فَأَسْتَجِيبَ لَهُ، مَنْ يَسْأَلُنِي فَأُعْطِيَهُ، مَنْ يَسْتَغْفِرُنِي فَأَغْفِرَ لَهُ » (al-Bukhārī 1145, Muslim 758) · « إِنَّ فِي اللَّيْلِ لَسَاعَةً لَا يُوَافِقُهَا رَجُلٌ مُسْلِمٌ يَسْأَلُ اللَّهَ خَيْرًا مِنْ أَمْرِ الدُّنْيَا وَالْآخِرَةِ إِلَّا أَعْطَاهُ إِيَّاهُ، وَذَلِكَ كُلَّ لَيْلَةٍ » (Muslim 757)
La prosternation
« Le serviteur n’est jamais plus proche de son Seigneur que lorsqu’il est prosterné ; multipliez donc l’invocation dans la prosternation » (Muslim 482). La posture la plus humble est la posture la plus exaucée.
« أَقْرَبُ مَا يَكُونُ الْعَبْدُ مِنْ رَبِّهِ وَهُوَ سَاجِدٌ، فَأَكْثِرُوا الدُّعَاءَ » (Muslim 482)
L’invocation pour un frère absent
« L’invocation du musulman pour son frère en son absence est exaucée. Un ange est posté auprès de sa tête ; chaque fois qu’il invoque pour son frère en bien, l’ange chargé de lui dit : Āmīn, et pour toi la même chose » (Muslim 2733). C’est l’un des rares actes où celui qui donne reçoit exactement ce qu’il donne, sans rien perdre.
« دَعْوَةُ الْمَرْءِ الْمُسْلِمِ لِأَخِيهِ بِظَهْرِ الْغَيْبِ مُسْتَجَابَةٌ، عِنْدَ رَأْسِهِ مَلَكٌ مُوَكَّلٌ، كُلَّمَا دَعَا لِأَخِيهِ بِخَيْرٍ قَالَ الْمَلَكُ الْمُوَكَّلُ بِهِ: آمِينَ وَلَكَ بِمِثْلٍ » (Muslim 2733)
L’invocation de Yūnus
Sa’d ibn Abī Waqqāṣ rapporte : « L’invocation de l’homme au poisson lorsqu’il invoqua dans le ventre du poisson : Il n’y a de divinité que Toi, gloire à Toi, j’ai été du nombre des injustes. Aucun musulman n’invoque par elle, en quelque situation que ce soit, sans qu’Allah ne l’exauce » (at-Tirmidhī 3505, Aḥmad, al-Ḥākim ; authentique). Cette invocation ne demande rien : elle proclame l’unicité, glorifie, puis avoue. Les savants y ont vu la forme la plus parfaite de la demande, celle qui ne dit pas « donne-moi » mais « je suis à Toi et j’ai fauté ».
« دَعْوَةُ ذِي النُّونِ إِذْ دَعَا وَهُوَ فِي بَطْنِ الْحُوتِ: لَا إِلَهَ إِلَّا أَنْتَ سُبْحَانَكَ إِنِّي كُنْتُ مِنَ الظَّالِمِينَ، فَإِنَّهُ لَمْ يَدْعُ بِهَا رَجُلٌ مُسْلِمٌ فِي شَيْءٍ قَطُّ إِلَّا اسْتَجَابَ اللَّهُ لَهُ » (at-Tirmidhī 3505)
Invoquer dans l’aisance pour être exaucé dans l’adversité
« Celui qui souhaite qu’Allah l’exauce dans les difficultés et les angoisses, qu’il multiplie l’invocation dans l’aisance » (at-Tirmidhī 3382, al-Ḥākim ; ḥasan). Le Coran dit la même chose en creux au sujet de Yūnus : « S’il n’avait pas été de ceux qui glorifient, il serait resté dans son ventre jusqu’au jour de la Résurrection » (37 : 143-144). Allah le connaissait avant l’épreuve.
« مَنْ سَرَّهُ أَنْ يَسْتَجِيبَ اللَّهُ لَهُ عِنْدَ الشَّدَائِدِ وَالْكُرَبِ فَلْيُكْثِرِ الدُّعَاءَ فِي الرَّخَاءِ » (at-Tirmidhī 3382) · ﴿فَلَوْلَا أَنَّهُ كَانَ مِنَ الْمُسَبِّحِينَ لَلَبِثَ فِي بَطْنِهِ إِلَىٰ يَوْمِ يُبْعَثُونَ﴾ (37 : 143-144)
Demander la préservation (‘āfiya)
Al-‘Abbās, l’oncle du Prophète ﷺ, lui demanda de lui enseigner une chose à demander à Allah. Il répondit : « Ô ‘Abbās, ô oncle du Messager d’Allah, demande à Allah la préservation (‘āfiya) en ce monde et dans l’autre » (at-Tirmidhī 3514 ; authentique). La ‘āfiya, c’est d’être épargné : du mal dans le corps, du mal dans la religion, du mal dans la famille. Le Prophète ﷺ la demandait matin et soir (Abū Dāwūd 5074 ; authentique).
« يَا عَبَّاسُ، يَا عَمَّ رَسُولِ اللَّهِ، سَلِ اللَّهَ الْعَافِيَةَ فِي الدُّنْيَا وَالْآخِرَةِ » (at-Tirmidhī 3514)
Les invocations que rien n’arrête
« Trois invocations sont exaucées sans aucun doute : celle de l’opprimé, celle du voyageur et celle du père pour son enfant » (Abū Dāwūd 1536, at-Tirmidhī 1905 ; ḥasan). « Trois dont l’invocation n’est pas repoussée : le jeûneur jusqu’à ce qu’il rompe son jeûne, le gouverneur juste et l’opprimé » (at-Tirmidhī 3598 ; ḥasan). Et au sujet de l’opprimé, le Prophète ﷺ dit à Mu’ādh en l’envoyant au Yémen : « Crains l’invocation de l’opprimé, car il n’y a entre elle et Allah aucun voile » (al-Bukhārī 2448, Muslim 19).
« ثَلَاثُ دَعَوَاتٍ مُسْتَجَابَاتٌ لَا شَكَّ فِيهِنَّ: دَعْوَةُ الْمَظْلُومِ، وَدَعْوَةُ الْمُسَافِرِ، وَدَعْوَةُ الْوَالِدِ لِوَلَدِهِ » (Abū Dāwūd 1536, at-Tirmidhī 1905) · « ثَلَاثَةٌ لَا تُرَدُّ دَعْوَتُهُمْ: الصَّائِمُ حَتَّى يُفْطِرَ، وَالْإِمَامُ الْعَادِلُ، وَدَعْوَةُ الْمَظْلُومِ » (at-Tirmidhī 3598) · « وَاتَّقِ دَعْوَةَ الْمَظْلُومِ، فَإِنَّهُ لَيْسَ بَيْنَهَا وَبَيْنَ اللَّهِ حِجَابٌ » (al-Bukhārī 2448, Muslim 19)
Un mot sur deux hadiths très cités que l’on trouvera sur les réseaux : « L’invocation est l’arme du croyant » (al-Ḥākim) et « À celui à qui la porte de l’invocation a été ouverte, les portes de la miséricorde ont été ouvertes » (at-Tirmidhī 3548). Leurs chaînes sont faibles. Leur sens est juste, mais on ne les attribue pas au Prophète ﷺ avec certitude, et un dossier sérieux doit le dire.
L’invocation et le destin : à quoi bon demander si tout est écrit ?
C’est l’objection la plus ancienne et la plus répétée, du philosophe grec au collègue de bureau. Si Allah a tout décrété, l’invocation ne change rien ; et si elle change quelque chose, le décret n’est pas absolu. Les savants ont répondu de trois manières qui se complètent.
Les textes
Salmān rapporte que le Prophète ﷺ a dit : « Rien ne repousse le décret sinon l’invocation, et rien n’allonge la vie sinon la bonté » (at-Tirmidhī 2139, al-Ḥākim ; ḥasan). ‘Ā’isha rapporte : « La précaution ne sert à rien contre le destin, et l’invocation est utile contre ce qui est descendu et ce qui n’est pas encore descendu ; le malheur descend et l’invocation vient à sa rencontre, et ils luttent jusqu’au Jour de la Résurrection » (al-Ḥākim, aṭ-Ṭabarānī ; chaîne discutée, retenue comme ḥasan par certains savants, jugée faible par d’autres). Le Coran dit de son côté : « Allah efface ce qu’Il veut et confirme ce qu’Il veut, et auprès de Lui est la Mère du Livre » (13 : 39).
« لَا يَرُدُّ الْقَضَاءَ إِلَّا الدُّعَاءُ، وَلَا يَزِيدُ فِي الْعُمْرِ إِلَّا الْبِرُّ » (at-Tirmidhī 2139) · « لَا يُغْنِي حَذَرٌ مِنْ قَدَرٍ، وَالدُّعَاءُ يَنْفَعُ مِمَّا نَزَلَ وَمِمَّا لَمْ يَنْزِلْ، وَإِنَّ الْبَلَاءَ لَيَنْزِلُ فَيَتَلَقَّاهُ الدُّعَاءُ فَيَعْتَلِجَانِ إِلَى يَوْمِ الْقِيَامَةِ » (al-Ḥākim) · ﴿يَمْحُو اللَّهُ مَا يَشَاءُ وَيُثْبِتُ وَعِندَهُ أُمُّ الْكِتَابِ﴾ (13 : 39)
Première réponse : l’invocation fait partie du décret
Allah n’a pas seulement décrété les résultats ; Il a décrété les causes et les a liées aux résultats. Celui qui dit « si Allah a décrété que je serai nourri, je le serai sans manger » dit une absurdité : Allah a décrété qu’il serait nourri par le fait de manger. De même, Allah a décrété que telle maladie serait guérie par telle invocation, que tel danger serait écarté parce qu’un serviteur aurait levé les mains. L’invocation n’est pas une rivale du destin ; elle est l’une de ses pièces. Ibn Taymiyya l’écrit dans les Majmū’ al-Fatāwā : l’invocation est une cause, et Allah a fait dépendre les choses de leurs causes.
Deuxième réponse : ce que l’invocation repousse
Ibn Ḥajar, dans le Fatḥ al-Bārī, explique que le décret repoussé par l’invocation est le décret conditionné (al-qaḍā’ al-mu’allaq), celui qu’Allah a inscrit chez les anges sous une condition : « si Untel invoque, il sera épargné ». Le décret de la Mère du Livre, lui, ne change pas, et il contient déjà le fait que l’invocation aurait lieu et que le mal serait écarté. Du point de vue d’Allah, rien n’a changé ; du point de vue de l’homme, tout dépendait de ce qu’il ferait.
Troisième réponse : ‘Umar et la peste
Lorsque ‘Umar, en route vers la Syrie, apprit qu’une peste y sévissait et décida de rebrousser chemin, Abū ‘Ubayda lui dit : « Fuis-tu le décret d’Allah ? » Il répondit : « Oui, nous fuyons le décret d’Allah vers le décret d’Allah » (al-Bukhārī 5729, Muslim 2219). On ne sort jamais du décret ; on va d’un décret à un autre, et l’invocation est l’un des chemins qu’Allah a ouverts pour cela.
« نَعَمْ، نَفِرُّ مِنْ قَدَرِ اللَّهِ إِلَى قَدَرِ اللَّهِ » (al-Bukhārī 5729, Muslim 2219)
Le combat entre l’invocation et l’épreuve
Ibn al-Qayyim, dans al-Jawāb al-Kāfī, décrit trois situations : ou bien l’invocation est plus forte que l’épreuve et la repousse ; ou bien elle est plus faible, et l’épreuve l’emporte mais en est allégée ; ou bien elles sont de force égale, et elles luttent l’une contre l’autre. La force de l’invocation dépend, dit-il, de trois choses : la force de celui qui invoque (sa sincérité, sa présence), le respect des règles de l’invocation, et l’absence d’obstacles (nourriture illicite, péchés, cœur distrait). Une invocation, comme une flèche, n’atteint sa cible que si l’arc est solide, le bras assuré et le chemin dégagé.
La parole de ‘Umar
On rapporte de ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb cette phrase, citée par Ibn Taymiyya et Ibn al-Qayyim : « Je ne porte pas le souci de l’exaucement, je porte le souci de l’invocation. Lorsque l’invocation m’est inspirée, l’exaucement vient avec elle. » Le musulman n’a pas à administrer le résultat ; il a à être là, mains levées. Le reste appartient à Celui qui a dit « Je vous exaucerai ».
« إِنِّي لَا أَحْمِلُ هَمَّ الْإِجَابَةِ، وَلَكِنْ هَمَّ الدُّعَاءِ، فَإِذَا أُلْهِمْتُ الدُّعَاءَ فَإِنَّ الْإِجَابَةَ مَعَهُ » (parole attribuée à ‘Umar)
Le modèle coranique : comment invoquaient les prophètes
Le Coran ne se contente pas de rapporter que les prophètes invoquaient : il conserve leurs mots. Ces invocations sont le premier manuel de la manière d’invoquer. Chacune enseigne une règle.
La louange avant la demande : Ibrāhīm
« Celui qui m’a créé, c’est Lui qui me guide ; Celui qui me nourrit et me donne à boire ; quand je suis malade, c’est Lui qui me guérit ; Celui qui me fera mourir, puis me rendra la vie ; Celui dont j’espère qu’Il me pardonnera mes fautes au Jour de la Rétribution. Mon Seigneur, accorde-moi la sagesse et fais-moi rejoindre les vertueux… » (26 : 78-83). Sept attributs d’Allah sont énumérés avant la première demande. Ibrāhīm n’arrive pas devant son Seigneur en disant « donne » ; il commence par dire qui Il est. Et remarquons la délicatesse : « quand je suis malade » et non « quand Tu me rends malade », alors que « c’est Lui qui me guérit ». Le bien est attribué à Allah ; l’épreuve est rapportée à soi, par pudeur, non par doctrine.
﴿الَّذِي خَلَقَنِي فَهُوَ يَهْدِينِ وَالَّذِي هُوَ يُطْعِمُنِي وَيَسْقِينِ وَإِذَا مَرِضْتُ فَهُوَ يَشْفِينِ وَالَّذِي يُمِيتُنِي ثُمَّ يُحْيِينِ وَالَّذِي أَطْمَعُ أَن يَغْفِرَ لِي خَطِيئَتِي يَوْمَ الدِّينِ رَبِّ هَبْ لِي حُكْمًا وَأَلْحِقْنِي بِالصَّالِحِينَ﴾ (26 : 78-83)
La situation exposée sans exiger : Ayyūb et Mūsā
Ayyūb, après des années de maladie, dit seulement : « Le mal m’a touché, et Tu es le plus miséricordieux des miséricordieux » (21 : 83). Il ne dit même pas « guéris-moi ». Il met sa situation à côté d’un attribut d’Allah et laisse les deux se rencontrer. Mūsā fait de même, fugitif et affamé, à l’ombre d’un arbre de Madyan : « Mon Seigneur, j’ai grand besoin de tout bien que Tu feras descendre sur moi » (28 : 24). Al-Qurṭubī note que c’est l’invocation de celui qui n’a plus rien et ne pose aucune condition : du bien, n’importe lequel, autant que Tu voudras. La réponse vint par une jeune fille, puis un mariage, puis dix ans de paix, puis la prophétie.
﴿أَنِّي مَسَّنِيَ الضُّرُّ وَأَنتَ أَرْحَمُ الرَّاحِمِينَ﴾ (21 : 83) · ﴿رَبِّ إِنِّي لِمَا أَنزَلْتَ إِلَيَّ مِنْ خَيْرٍ فَقِيرٌ﴾ (28 : 24)
L’aveu avant la demande : Adam et Yūnus
Adam : « Nous nous sommes fait du tort à nous-mêmes » (7 : 23), puis seulement « si Tu ne nous pardonnes pas… ». Yūnus : « Il n’y a de divinité que Toi, gloire à Toi, j’ai été du nombre des injustes » (21 : 87). L’unicité, la glorification, l’aveu, et aucune demande explicite. Allah dit : « Nous l’avons exaucé » (21 : 88). On peut être exaucé sans avoir formulé de demande, parce que l’aveu lui-même est une demande.
﴿رَبَّنَا ظَلَمْنَا أَنفُسَنَا﴾ (7 : 23) · ﴿لَّا إِلَٰهَ إِلَّا أَنتَ سُبْحَانَكَ إِنِّي كُنتُ مِنَ الظَّالِمِينَ فَاسْتَجَبْنَا لَهُ﴾ (21 : 87-88)
Le secret, et le rappel des bienfaits passés : Zakariyyā
« Lorsqu’il invoqua son Seigneur d’une invocation secrète. Il dit : Mon Seigneur, mes os se sont affaiblis et ma tête s’est enflammée de cheveux blancs, et je n’ai jamais été malheureux en T’invoquant, mon Seigneur » (19 : 3-4). Trois leçons : la voix basse ; la description de sa faiblesse, qui attire la miséricorde ; et le rappel que les invocations passées ont toujours été exaucées, ce qui est une manière de demander par la générosité d’Allah elle-même. Zakariyyā ajoute ensuite le but de sa demande (un héritier pour la mission) : on peut dire à Allah pourquoi on demande.
﴿إِذْ نَادَىٰ رَبَّهُ نِدَاءً خَفِيًّا قَالَ رَبِّ إِنِّي وَهَنَ الْعَظْمُ مِنِّي وَاشْتَعَلَ الرَّأْسُ شَيْبًا وَلَمْ أَكُن بِدُعَائِكَ رَبِّ شَقِيًّا﴾ (19 : 3-4)
Demander pour les autres : Nūḥ, Ibrāhīm, Mūsā
Nūḥ : « Mon Seigneur, pardonne-moi, ainsi qu’à mes père et mère, à celui qui entre dans ma maison croyant, et aux croyants et croyantes » (71 : 28). Ibrāhīm demande pour La Mecque, ses enfants, sa descendance, les cœurs des hommes, ses parents (14 : 35-41), et pour une communauté qui n’existe pas encore : « Notre Seigneur, envoie parmi eux un messager issu d’eux » (2 : 129). Cette invocation fut exaucée plus de deux mille ans plus tard : le Prophète ﷺ disait de lui-même « Je suis l’invocation de mon père Ibrāhīm » (Aḥmad ; ḥasan). Une invocation peut dépasser la vie de celui qui la prononce. Mūsā, nommé prophète, demande d’abord des moyens pour sa mission, puis demande que son frère y soit associé (20 : 25-35) : « pardonne-moi, ainsi qu’à mon frère » (7 : 151). Le Prophète ﷺ gardera cette habitude de commencer par soi avant d’invoquer pour un autre (at-Tirmidhī 3385 ; authentique).
﴿رَّبِّ اغْفِرْ لِي وَلِوَالِدَيَّ وَلِمَن دَخَلَ بَيْتِيَ مُؤْمِنًا وَلِلْمُؤْمِنِينَ وَالْمُؤْمِنَاتِ﴾ (71 : 28) · ﴿رَبَّنَا وَابْعَثْ فِيهِمْ رَسُولًا مِّنْهُمْ﴾ (2 : 129) · « أَنَا دَعْوَةُ أَبِي إِبْرَاهِيمَ » (Aḥmad) · ﴿رَبِّ اشْرَحْ لِي صَدْرِي وَيَسِّرْ لِي أَمْرِي وَاحْلُلْ عُقْدَةً مِّن لِّسَانِي يَفْقَهُوا قَوْلِي﴾ (20 : 25-28) · ﴿رَبِّ اغْفِرْ لِي وَلِأَخِي﴾ (7 : 151)
Se plaindre à Allah seul : Ya’qūb
« Je ne me plains de mon déchirement et de ma tristesse qu’à Allah » (12 : 86). Ya’qūb n’est pas un stoïcien qui se tait ; il pleure jusqu’à en perdre la vue. Mais sa plainte a une seule adresse. L’islam ne demande pas de ne pas souffrir ; il demande de porter la souffrance au bon endroit.
﴿إِنَّمَا أَشْكُو بَثِّي وَحُزْنِي إِلَى اللَّهِ﴾ (12 : 86)
La Fātiḥa, modèle de toute demande
La sourate que le musulman répète dans chaque unité de prière est la forme même de l’invocation parfaite. Elle s’ouvre sur la louange (« Louange à Allah, Seigneur des mondes »), nomme Ses attributs de miséricorde et de souveraineté, établit la relation (« C’est Toi que nous adorons et c’est Toi dont nous implorons le secours »), puis seulement demande (« Guide-nous dans le droit chemin »), et précise la demande (« le chemin de ceux que Tu as comblés, non de ceux qui ont encouru Ta colère ni des égarés »). Le hadith qudsī de Muslim (395) montre Allah répondant à chaque verset : « Mon serviteur M’a loué… Mon serviteur M’a glorifié… ceci est entre Moi et Mon serviteur, et Mon serviteur aura ce qu’il demande. » Ibn al-Qayyim a bâti tout le début de ses Madārij as-Sālikīn sur cette structure.
﴿الْحَمْدُ لِلَّهِ رَبِّ الْعَالَمِينَ الرَّحْمَٰنِ الرَّحِيمِ مَالِكِ يَوْمِ الدِّينِ إِيَّاكَ نَعْبُدُ وَإِيَّاكَ نَسْتَعِينُ اهْدِنَا الصِّرَاطَ الْمُسْتَقِيمَ صِرَاطَ الَّذِينَ أَنْعَمْتَ عَلَيْهِمْ غَيْرِ الْمَغْضُوبِ عَلَيْهِمْ وَلَا الضَّالِّينَ﴾ (1 : 2-7) · « قَسَمْتُ الصَّلَاةَ بَيْنِي وَبَيْنَ عَبْدِي نِصْفَيْنِ، وَلِعَبْدِي مَا سَأَلَ » (Muslim 395)
Les invocations du Coran à connaître
| Invocation (début) | Qui | Référence | Ce qu’elle enseigne |
|---|---|---|---|
| Notre Seigneur, nous nous sommes fait du tort… | Adam et Ḥawwā’ | 7 : 23 | L’aveu précède la demande |
| Mon Seigneur, pardonne-moi, à mes parents, à qui entre croyant dans ma maison… | Nūḥ | 71 : 28 | Demander pour les siens et pour tous les croyants |
| Notre Seigneur, accepte cela de nous… | Ibrāhīm et Ismā’īl | 2 : 127-129 | Demander l’agrément de l’œuvre, et pour la descendance |
| Mon Seigneur, fais de moi un accomplisseur de la prière… | Ibrāhīm | 14 : 40-41 | Demander la constance dans le culte |
| Mon Seigneur, j’ai grand besoin de tout bien… | Mūsā | 28 : 24 | Exposer son besoin sans condition |
| Mon Seigneur, ouvre-moi ma poitrine… | Mūsā | 20 : 25-28 | Demander les moyens de sa mission |
| Le mal m’a touché, et Tu es le plus miséricordieux… | Ayyūb | 21 : 83 | Décrire sa situation, nommer l’attribut d’Allah |
| Il n’y a de divinité que Toi, gloire à Toi, j’ai été injuste | Yūnus | 21 : 87 | Unicité, glorification, aveu |
| Mon Seigneur, ne me laisse pas seul… | Zakariyyā | 21 : 89 ; 19 : 4-6 | Le secret, le rappel des bienfaits, le but de la demande |
| Mon Seigneur, inspire-moi la reconnaissance… | Sulaymān | 27 : 19 | Demander la gratitude et l’œuvre agréée |
| Notre Seigneur, accorde-nous le bien ici-bas et dans l’au-delà… | Les croyants | 2 : 201 | L’invocation la plus fréquente du Prophète ﷺ |
| Notre Seigneur, ne nous châtie pas si nous oublions… | Les croyants | 2 : 286 | Allah a répondu « Je l’ai fait » (Muslim 126) |
| Notre Seigneur, ne fais pas dévier nos cœurs… | Les gens de science | 3 : 8 | Demander la fermeté |
| Notre Seigneur, pardonne-nous et à nos frères qui nous ont précédés dans la foi… | Les croyants | 59 : 10 | Invoquer pour les générations passées |
| Notre Seigneur, fais de nos épouses et de nos enfants la joie de nos yeux… | Les serviteurs du Miséricordieux | 25 : 74 | Invoquer pour sa famille |
| Mon Seigneur, inspire-moi la reconnaissance pour Tes bienfaits envers moi et mes parents… | Le croyant de quarante ans | 46 : 15 | Invoquer pour sa descendance à l’âge mûr |
Comment invoquait le Prophète ﷺ
Celui à qui tout avait été pardonné (48 : 2) est celui qui invoqua le plus. C’est le premier enseignement : l’invocation n’est pas réservée aux pécheurs en difficulté, elle est l’état permanent de celui qui connaît Allah.
À tout moment et dans tout état
« Il évoquait Allah à tout instant », dit ‘Ā’isha (Muslim 373). Il demandait pardon plus de soixante-dix fois par jour selon al-Bukhārī (6307), cent fois selon Muslim (2702). Il avait des invocations pour le lever, le coucher, l’entrée et la sortie de la maison, des toilettes, de la mosquée, le début et la fin du repas, l’habillement, le voyage, la vue du croissant, la pluie, le vent, le tonnerre, la visite au malade, le passage devant un cimetière : la vie entière était tournée vers Allah par ces courtes paroles. Les recueils d’an-Nawawī (al-Adhkār) et d’Ibn al-Qayyim (al-Wābil aṣ-Ṣayyib) les ont rassemblées.
« كَانَ النَّبِيُّ ﷺ يَذْكُرُ اللَّهَ عَلَى كُلِّ أَحْيَانِهِ » (Muslim 373) · « وَاللَّهِ إِنِّي لَأَسْتَغْفِرُ اللَّهَ وَأَتُوبُ إِلَيْهِ فِي الْيَوْمِ أَكْثَرَ مِنْ سَبْعِينَ مَرَّةً » (al-Bukhārī 6307)
Des invocations courtes et complètes
‘Ā’isha rapporte : « Le Messager d’Allah ﷺ aimait les invocations concises et complètes (jawāmi’ ad-du’ā’), et délaissait le reste » (Abū Dāwūd 1482 ; authentique). La plus fréquente était celle du Coran : « Notre Seigneur, accorde-nous le bien ici-bas, le bien dans l’au-delà, et protège-nous du châtiment du Feu » (al-Bukhārī 6389, Muslim 2690, d’après Anas). Il disait aussi très souvent : « Ô Toi qui retournes les cœurs, affermis mon cœur sur Ta religion » (at-Tirmidhī 2140 ; authentique). Et il aimait répéter trois fois, dans l’invocation comme dans la demande de pardon (Abū Dāwūd 1524, d’après Ibn Mas’ūd ; authentique).
« كَانَ رَسُولُ اللَّهِ ﷺ يَسْتَحِبُّ الْجَوَامِعَ مِنَ الدُّعَاءِ وَيَدَعُ مَا سِوَى ذَلِكَ » (Abū Dāwūd 1482) · « اللَّهُمَّ رَبَّنَا آتِنَا فِي الدُّنْيَا حَسَنَةً وَفِي الْآخِرَةِ حَسَنَةً وَقِنَا عَذَابَ النَّارِ » (al-Bukhārī 6389) · « يَا مُقَلِّبَ الْقُلُوبِ ثَبِّتْ قَلْبِي عَلَى دِينِكَ » (at-Tirmidhī 2140) · « كَانَ رَسُولُ اللَّهِ ﷺ يُعْجِبُهُ أَنْ يَدْعُوَ ثَلَاثًا وَيَسْتَغْفِرَ ثَلَاثًا » (Abū Dāwūd 1524)
Il enseignait les invocations comme il enseignait le Coran
Ibn Mas’ūd dit que le Prophète ﷺ lui enseigna le tashahhud « comme il m’enseignait une sourate du Coran » (Muslim 402), et Jābir dit la même chose de l’invocation de consultation (istikhāra) : « Il nous enseignait l’istikhāra dans toutes nos affaires comme il nous enseignait une sourate du Coran » (al-Bukhārī 1162). Cette comparaison dit le soin et la précision avec lesquels les mots étaient transmis. Les invocations prophétiques ne sont pas des formules approximatives : chaque mot a été pesé par celui à qui furent données « les paroles concises et complètes ».
Il invoquait pour des personnes précises
Pour Anas, son jeune serviteur : « Ô Allah, multiplie ses biens et ses enfants, et bénis-le dans ce que Tu lui as donné » (al-Bukhārī 1982, Muslim 2480) ; Anas mourut très âgé et vit plus de cent descendants. Pour Ibn ‘Abbās : « Ô Allah, enseigne-lui le Livre » (al-Bukhārī 143) ; il devint le plus grand exégète de sa génération. Pour la mère d’Abū Hurayra, qui refusait l’islam : « Ô Allah, guide la mère d’Abū Hurayra » ; Abū Hurayra la trouva en train de faire ses ablutions avant même d’être rentré (Muslim 2491). Pour toute une tribu qui le combattait : « Ô Allah, guide les Daws et amène-les » (al-Bukhārī 2937, Muslim 2524). Pour sa communauté entière, en pleurant : « Ô Allah, ma communauté, ma communauté », jusqu’à ce qu’Allah lui envoie Jibrīl pour lui dire : « Nous te satisferons au sujet de ta communauté et ne t’attristerons pas » (Muslim 202).
« اللَّهُمَّ أَكْثِرْ مَالَهُ وَوَلَدَهُ، وَبَارِكْ لَهُ فِيمَا أَعْطَيْتَهُ » (al-Bukhārī 1982, Muslim 2480) · « اللَّهُمَّ عَلِّمْهُ الْكِتَابَ » (al-Bukhārī 143) · « اللَّهُمَّ اهْدِ أُمَّ أَبِي هُرَيْرَةَ » (Muslim 2491) · « اللَّهُمَّ اهْدِ دَوْسًا وَأْتِ بِهِمْ » (al-Bukhārī 2937, Muslim 2524) · « اللَّهُمَّ أُمَّتِي أُمَّتِي » (Muslim 202)
Dans la bataille et dans la sécheresse
À Badr, il se tint face à la qibla, les mains tendues, et dit : « Ô Allah, accomplis ce que Tu m’as promis ! Ô Allah, si ce groupe est anéanti, Tu ne seras plus adoré sur terre. » Il insista jusqu’à ce que son manteau tombe de ses épaules, et Abū Bakr dut lui dire : « Cela suffit, Messager d’Allah, tu as assez insisté auprès de ton Seigneur » (Muslim 1763). Pour la demande de pluie, il levait les mains si haut qu’on voyait la blancheur de ses aisselles (al-Bukhārī 1031, Muslim 895) ; et lorsqu’un bédouin lui demanda la pluie pendant le sermon du vendredi, il invoqua, la pluie tomba une semaine, et il dut invoquer le vendredi suivant pour qu’elle s’arrête (al-Bukhārī 1013, Muslim 897).
« اللَّهُمَّ أَنْجِزْ لِي مَا وَعَدْتَنِي، اللَّهُمَّ آتِ مَا وَعَدْتَنِي، اللَّهُمَّ إِنْ تَهْلِكْ هَذِهِ الْعِصَابَةُ مِنْ أَهْلِ الْإِسْلَامِ لَا تُعْبَدْ فِي الْأَرْضِ » (Muslim 1763) · « كَانَ النَّبِيُّ ﷺ لَا يَرْفَعُ يَدَيْهِ فِي شَيْءٍ مِنْ دُعَائِهِ إِلَّا فِي الِاسْتِسْقَاءِ، وَإِنَّهُ يَرْفَعُ حَتَّى يُرَى بَيَاضُ إِبْطَيْهِ » (al-Bukhārī 1031, Muslim 895)
Il n’invoquait pas contre ceux qui l’avaient blessé
Après avoir été chassé de Ṭā’if à coups de pierres, il refusa la proposition de l’ange des montagnes d’écraser la ville : « J’espère plutôt qu’Allah fera sortir de leurs reins des gens qui L’adoreront sans rien Lui associer » (al-Bukhārī 3231, Muslim 1795). Il raconta qu’un prophète, blessé par son peuple, disait en essuyant le sang de son visage : « Ô Allah, pardonne à mon peuple, car ils ne savent pas » (al-Bukhārī 3477, Muslim 1792). L’invocation du Ṭā’if que l’on cite souvent (« Ô Allah, c’est à Toi que je me plains de ma faiblesse… ») est rapportée par Ibn Isḥāq et aṭ-Ṭabarānī avec une chaîne faible : on peut la citer pour sa beauté, en le disant. Il lui arriva pourtant d’invoquer contre des traîtres qui avaient massacré soixante-dix de ses lecteurs du Coran : il fit le qunūt un mois durant contre eux (al-Bukhārī 4089, Muslim 677). L’invocation contre l’injuste est permise ; le pardon est préférable.
« بَلْ أَرْجُو أَنْ يُخْرِجَ اللَّهُ مِنْ أَصْلَابِهِمْ مَنْ يَعْبُدُ اللَّهَ وَحْدَهُ لَا يُشْرِكُ بِهِ شَيْئًا » (al-Bukhārī 3231, Muslim 1795) · « اللَّهُمَّ اغْفِرْ لِقَوْمِي فَإِنَّهُمْ لَا يَعْلَمُونَ » (al-Bukhārī 3477, Muslim 1792)
Ce qu’il demandait et ce dont il cherchait protection
Il demandait la guidée, la piété, la chasteté, la richesse du cœur (Muslim 2721) ; la santé de sa religion, de son monde et de son au-delà (Muslim 2720) ; la fermeté ; le pardon. Il cherchait protection contre le souci et la tristesse, l’incapacité et la paresse, la lâcheté et l’avarice, le poids des dettes et la domination des hommes (al-Bukhārī 6369) ; contre le châtiment de la tombe, le châtiment du Feu, l’épreuve de la vie et de la mort, et l’épreuve de l’Antéchrist, dans chaque prière (Muslim 588). Et il interdit de demander la mort : « Que nul de vous ne souhaite la mort à cause d’un mal qui le touche ; s’il doit le faire, qu’il dise : Ô Allah, fais-moi vivre tant que la vie est un bien pour moi, et fais-moi mourir quand la mort est un bien pour moi » (al-Bukhārī 5671, Muslim 2680).
« اللَّهُمَّ إِنِّي أَعُوذُ بِكَ مِنْ عَذَابِ الْقَبْرِ، وَمِنْ عَذَابِ النَّارِ، وَمِنْ فِتْنَةِ الْمَحْيَا وَالْمَمَاتِ، وَمِنْ فِتْنَةِ الْمَسِيحِ الدَّجَّالِ » (Muslim 588) · « لَا يَتَمَنَّيَنَّ أَحَدُكُمُ الْمَوْتَ لِضُرٍّ نَزَلَ بِهِ، فَإِنْ كَانَ لَا بُدَّ مُتَمَنِّيًا فَلْيَقُلِ: اللَّهُمَّ أَحْيِنِي مَا كَانَتِ الْحَيَاةُ خَيْرًا لِي، وَتَوَفَّنِي إِذَا كَانَتِ الْوَفَاةُ خَيْرًا لِي » (al-Bukhārī 5671, Muslim 2680)
Les pieux prédécesseurs et l’invocation
Les Compagnons et les générations qui les ont suivis ont compris le hadith « L’invocation, c’est l’adoration » au pied de la lettre. Voici ce que les sources sûres conservent de leur pratique.
Les Compagnons demandaient à Allah et ne demandaient aux hommes que l’indispensable
‘Awf ibn Mālik rapporte que le Prophète ﷺ fit prêter à un groupe de Compagnons le serment de « ne rien demander aux gens ». ‘Awf ajoute : « J’ai vu certains d’entre eux laisser tomber leur fouet et ne demander à personne de le leur ramasser » (Muslim 1043). Ce n’est pas une règle imposée à tous ; c’est le niveau qu’atteignaient ceux qui avaient compris qu’on ne s’attache qu’à Allah. Abū Bakr demanda au Prophète ﷺ une invocation à dire dans sa prière, et reçut : « Ô Allah, je me suis fait beaucoup de tort à moi-même, et nul ne pardonne les péchés sinon Toi ; accorde-moi un pardon venant de Toi et fais-moi miséricorde, Tu es le Pardonneur, le Miséricordieux » (al-Bukhārī 834, Muslim 2705).
« أَنْ لَا تَسْأَلُوا النَّاسَ شَيْئًا » (Muslim 1043) · « اللَّهُمَّ إِنِّي ظَلَمْتُ نَفْسِي ظُلْمًا كَثِيرًا، وَلَا يَغْفِرُ الذُّنُوبَ إِلَّا أَنْتَ، فَاغْفِرْ لِي مَغْفِرَةً مِنْ عِنْدِكَ وَارْحَمْنِي، إِنَّكَ أَنْتَ الْغَفُورُ الرَّحِيمُ » (al-Bukhārī 834, Muslim 2705)
‘Umar : l’invocation est un chantier, non une loterie
‘Umar disait : « L’invocation est suspendue entre le ciel et la terre, rien n’en monte tant que tu n’as pas prié sur ton Prophète ﷺ » (at-Tirmidhī 486, rapporté comme parole de ‘Umar). Il invoqua la pluie en prenant al-‘Abbās comme intercesseur vivant : « Ô Allah, nous demandions la pluie par notre Prophète ﷺ et Tu nous la donnais ; nous Te la demandons maintenant par l’oncle de notre Prophète ﷺ », et la pluie vint (al-Bukhārī 1010). Il demanda pour lui-même une chose qui semblait impossible : « Ô Allah, accorde-moi le martyre dans Ton chemin et fais que ma mort soit dans la cité de Ton Messager » (al-Bukhārī 1890). Sa fille Ḥafṣa s’en étonna : comment mourir martyr à Médine ? Il fut poignardé dans la mosquée du Prophète ﷺ en dirigeant la prière du Fajr. Et c’est de lui qu’on rapporte la phrase citée plus haut : « Je ne porte pas le souci de l’exaucement, je porte le souci de l’invocation. »
« إِنَّ الدُّعَاءَ مَوْقُوفٌ بَيْنَ السَّمَاءِ وَالْأَرْضِ، لَا يَصْعَدُ مِنْهُ شَيْءٌ حَتَّى تُصَلِّيَ عَلَى نَبِيِّكَ ﷺ » (at-Tirmidhī 486, parole de ‘Umar) · « اللَّهُمَّ إِنَّا كُنَّا نَتَوَسَّلُ إِلَيْكَ بِنَبِيِّنَا فَتَسْقِينَا، وَإِنَّا نَتَوَسَّلُ إِلَيْكَ بِعَمِّ نَبِيِّنَا فَاسْقِنَا » (al-Bukhārī 1010) · « اللَّهُمَّ ارْزُقْنِي شَهَادَةً فِي سَبِيلِكَ، وَاجْعَلْ مَوْتِي فِي بَلَدِ رَسُولِكَ » (al-Bukhārī 1890)
Les invocations exaucées des Compagnons
Sa’d ibn Abī Waqqāṣ, pour qui le Prophète ﷺ avait demandé que ses invocations soient exaucées, fut accusé par des gens de Kūfa de mal diriger la prière. Un homme nommé Usāma ibn Qatāda se leva et mentit contre lui. Sa’d dit : « Ô Allah, si Ton serviteur a menti, allonge sa vie, prolonge sa pauvreté et expose-le aux tentations. » Le narrateur rapporte avoir vu plus tard un vieillard aveugle, ruiné, qui importunait les jeunes filles dans les ruelles et disait : « Je suis un vieillard éprouvé, atteint par l’invocation de Sa’d » (al-Bukhārī 755). Sa’īd ibn Zayd, accusé par une femme nommée Arwā d’avoir pris une partie de sa terre, dit : « Ô Allah, si elle ment, rends-la aveugle et fais-la mourir dans sa terre. » Elle devint aveugle et mourut en tombant dans un puits de sa propriété (Muslim 1610). Ces récits ne sont pas rapportés pour encourager à invoquer contre les gens ; ils sont rapportés pour montrer que l’invocation de l’opprimé est une réalité, et qu’il faut la craindre.
Ibn ‘Abbās et la prose rimée
Ibn ‘Abbās dit à son disciple ‘Ikrima : « Prends garde à la prose rimée dans l’invocation, et évite-la ; car j’ai connu le Messager d’Allah ﷺ et ses Compagnons, et ils ne faisaient rien d’autre que l’éviter » (al-Bukhārī 6337). Les Compagnons n’invoquaient pas en faisant de la littérature. Ils parlaient à Allah comme un pauvre parle à celui qui peut le sauver.
« فَانْظُرِ السَّجْعَ مِنَ الدُّعَاءِ فَاجْتَنِبْهُ، فَإِنِّي عَهِدْتُ رَسُولَ اللَّهِ ﷺ وَأَصْحَابَهُ لَا يَفْعَلُونَ إِلَّا ذَلِكَ الِاجْتِنَابَ » (al-Bukhārī 6337)
Anas, Abū ad-Dardā’ et l’invocation pour les autres
Anas ibn Mālik, lorsqu’il achevait la lecture complète du Coran, rassemblait sa famille et invoquait avec eux (ad-Dārimī, Ibn Abī Shayba ; parole d’Anas). D’Abū ad-Dardā’, on rapporte qu’il invoquait dans sa prière, en les nommant un par un, pour un grand nombre de ses frères en religion. L’invocation pour les absents était pour eux une activité réelle, pas une formule de politesse.
Les Successeurs : Sufyān ibn ‘Uyayna et Ibrāhīm ibn Adham
Sufyān ibn ‘Uyayna disait : « Que ce que vous savez de vous-mêmes ne vous empêche pas d’invoquer, car Allah a exaucé la pire des créatures, Iblīs, lorsqu’il dit : Mon Seigneur, accorde-moi un délai jusqu’au jour où ils seront ressuscités » (cité par al-Qurṭubī). Le pécheur qui se dit indigne d’invoquer se trompe de logique : l’exaucement ne récompense pas la valeur de celui qui demande, il manifeste la générosité de Celui à qui l’on demande.
« لَا يَمْنَعَنَّ أَحَدَكُمْ مِنَ الدُّعَاءِ مَا يَعْلَمُ مِنْ نَفْسِهِ، فَإِنَّ اللَّهَ أَجَابَ دُعَاءَ شَرِّ الْخَلْقِ إِبْلِيسَ إِذْ قَالَ: ﴿رَبِّ فَأَنظِرْنِي إِلَىٰ يَوْمِ يُبْعَثُونَ﴾ » (Sufyān ibn ‘Uyayna, cité par al-Qurṭubī)
Ibrāhīm ibn Adham, passant à Baṣra, fut interrogé par les gens : « Pourquoi invoquons-nous sans être exaucés ? » Il répondit : « Parce que vos cœurs sont morts par dix choses : vous connaissez Allah et ne Lui obéissez pas ; vous lisez le Coran et n’agissez pas selon lui ; vous prétendez aimer le Prophète ﷺ et délaissez sa Sunna ; vous prétendez détester Satan et lui obéissez ; vous dites désirer le Paradis et n’œuvrez pas pour lui ; vous dites craindre le Feu et vous y précipitez ; vous dites que la mort est vraie et ne vous y préparez pas ; vous vous occupez des défauts des autres et oubliez les vôtres ; vous mangez les bienfaits de votre Seigneur sans Le remercier ; et vous enterrez vos morts sans en tirer de leçon » (al-Qurṭubī, commentaire de 2 : 186). Cette réponse est devenue le texte classique sur les obstacles à l’exaucement ; nous y reviendrons.
L’imam ash-Shāfi’ī
Des vers attribués à l’imam ash-Shāfi’ī disent : « Te moques-tu de l’invocation et la méprises-tu ? Tu ne sais pas ce qu’a accompli l’invocation. Les flèches de la nuit ne manquent pas leur cible ; mais elles ont un terme, et tout terme a une fin. » Les « flèches de la nuit » sont les invocations faites dans le dernier tiers de la nuit : elles atteignent toujours, mais au moment fixé par Allah, non au moment voulu par l’homme.
Ce qu’il faut retenir de leur exemple
Les pieux prédécesseurs n’ont pas écrit de traités sur la manière d’invoquer : ils invoquaient. Ce qui frappe dans les sources, c’est la simplicité des mots, la précision des demandes, le lien constant entre l’invocation et l’action, et la certitude de l’exaucement. Ils ne discutaient pas de savoir si l’invocation « marchait » ; ils l’avaient vue marcher.
Les règles et l’étiquette (adab) de l’invocation
Al-Ghazālī, dans l’Iḥyā’ (livre des évocations et des invocations), a fixé une liste de dix règles de bienséance que les savants ont reprise après lui. An-Nawawī dans al-Adhkār, Ibn al-Qayyim dans al-Jawāb al-Kāfī et Ibn Ḥajar dans le Fatḥ en donnent des listes voisines. Nous suivons l’ordre d’al-Ghazālī, en donnant pour chaque règle sa preuve, et en y ajoutant ce que les autres ont relevé.
Les conditions avant les règles
Avant les règles de bienséance, il y a des conditions sans lesquelles l’invocation n’est pas une invocation :
- N’invoquer qu’Allah, en Lui vouant un culte exclusif : « Invoquez donc Allah en Lui vouant exclusivement le culte, dussent les mécréants en avoir de l’aversion » (40 : 14). Demander à une créature ce qui n’appartient qu’au pouvoir d’Allah est, dans la théologie sunnite, une atteinte grave à l’unicité, et une telle demande n’est pas une invocation agréée. Il faut toutefois distinguer le jugement porté sur un acte et son application à une personne précise : celle-ci dépend de son intention, de sa connaissance et de ses circonstances, et les savants ont toujours exigé la plus grande prudence avant de qualifier quelqu’un.
- La présence du cœur et la certitude : « Invoquez Allah en étant certains de l’exaucement, et sachez qu’Allah n’exauce pas une invocation qui vient d’un cœur distrait » (at-Tirmidhī 3479 ; ḥasan). Une invocation récitée machinalement est une suite de sons.
- Le gain licite : nous y reviendrons avec le hadith du voyageur (Muslim 1015). C’est la condition que les savants ont jugée la plus souvent oubliée.
- Ne demander ni un péché ni la rupture d’un lien de parenté (Muslim 2735).
﴿فَادْعُوا اللَّهَ مُخْلِصِينَ لَهُ الدِّينَ وَلَوْ كَرِهَ الْكَافِرُونَ﴾ (40 : 14) · « ادْعُوا اللَّهَ وَأَنْتُمْ مُوقِنُونَ بِالْإِجَابَةِ » (at-Tirmidhī 3479)
Les dix règles d’al-Ghazālī
- Choisir les moments nobles : le jour de ‘Arafa, le mois de Ramadan, le vendredi, le dernier tiers de la nuit et l’heure qui précède l’aube. Preuve : « Qui M’invoque, que Je l’exauce ? » (al-Bukhārī 1145, Muslim 758), et les textes de la section suivante.
- Saisir les états nobles : la prosternation, la rencontre des armées, la chute de la pluie, le moment de l’appel à la prière, la fin des prières, et tout moment où le cœur s’attendrit. Preuve : Muslim 482, Abū Dāwūd 2540.
- Se tourner vers la qibla, lever les mains, et, selon al-Ghazālī, les passer sur le visage à la fin. Preuves pour la qibla et les mains : Muslim 1763 (Badr), Muslim 895 (demande de pluie), al-Bukhārī 4323 (le Prophète ﷺ fit ses ablutions, leva les mains et invoqua pour Abū ‘Āmir). Pour l’essuyage du visage, les textes sont discutés : voir plus bas la section sur les divergences.
- Baisser la voix, entre le murmure et le cri : « Invoquez votre Seigneur en toute humilité et à voix basse » (7 : 55). ‘Ā’isha dit du verset « Dans ta prière, ne récite pas à voix haute et ne l’y abaisse pas trop, mais cherche le juste milieu » (17 : 110) qu’il fut révélé au sujet de l’invocation (al-Bukhārī 4723, Muslim 447). Lorsque les Compagnons se mirent à crier leurs invocations en voyage, le Prophète ﷺ leur dit : « Ménagez-vous ! Vous n’invoquez ni un sourd ni un absent ; vous invoquez Celui qui entend et qui est proche, plus proche de chacun de vous que le cou de sa monture » (al-Bukhārī 2992, Muslim 2704).
- Ne pas faire de prose rimée ni rechercher l’éloquence : la parole d’Ibn ‘Abbās (al-Bukhārī 6337). Al-Ghazālī précise que la rime n’est pas blâmable si elle vient sans effort, comme dans certaines invocations prophétiques ; ce qui est blâmable, c’est l’effort littéraire qui détourne le cœur.
- L’humilité, le recueillement, le désir et la crainte : « Invoquez-Le avec crainte et espoir » (7 : 56) ; « ils Nous invoquaient par désir et par crainte, et ils étaient humbles devant Nous » (21 : 90).
- La fermeté dans la demande, la certitude de l’exaucement et la sincérité de l’espoir : « Que nul de vous ne dise : Ô Allah, pardonne-moi si Tu veux, fais-moi miséricorde si Tu veux ; qu’il demande avec résolution, car nul ne peut contraindre Allah » (al-Bukhārī 6339, Muslim 2679). Muslim ajoute : « Et qu’il demande de grandes choses, car rien de ce qu’Allah donne ne Lui paraît grand. » Dire « si Tu veux » paraît pieux ; c’est en réalité une manière de ne pas vouloir vraiment.
- Insister, répéter trois fois, et ne pas trouver l’exaucement trop lent : « L’un de vous est exaucé tant qu’il ne se hâte pas en disant : j’ai invoqué et je n’ai pas été exaucé » (al-Bukhārī 6340, Muslim 2735). Muslim précise : « … alors il se décourage et abandonne l’invocation. » Le Prophète ﷺ aimait répéter trois fois (Abū Dāwūd 1524) et insista à Badr jusqu’à ce que son manteau tombe (Muslim 1763).
- Commencer par l’évocation d’Allah et la prière sur le Prophète ﷺ : Faḍāla ibn ‘Ubayd rapporte que le Prophète ﷺ entendit un homme invoquer dans sa prière sans glorifier Allah ni prier sur lui, et dit : « Celui-ci s’est pressé. » Puis il l’appela et lui dit : « Quand l’un de vous invoque, qu’il commence par louer Allah et faire Son éloge, puis qu’il prie sur le Prophète ﷺ, puis qu’il invoque ce qu’il veut » (Abū Dāwūd 1481, at-Tirmidhī 3477 ; ḥasan ṣaḥīḥ). Les savants ajoutent, à propos du choix des Noms (7 : 180) : on invoque par le Nom qui correspond à la demande, le Pardonneur pour le pardon, le Pourvoyeur pour la subsistance, le Fort pour la victoire.
- La règle intérieure, qui est la racine de toutes : le repentir, la réparation des torts commis, et l’orientation de tout l’être vers Allah. Al-Ghazālī dit que c’est la cause la plus proche de l’exaucement. Le Coran lie les deux : « Demandez pardon à votre Seigneur, puis revenez à Lui : Il enverra sur vous le ciel en pluie abondante » (11 : 52).
﴿ادْعُوا رَبَّكُمْ تَضَرُّعًا وَخُفْيَةً﴾ (7 : 55) · ﴿وَلَا تَجْهَرْ بِصَلَاتِكَ وَلَا تُخَافِتْ بِهَا وَابْتَغِ بَيْنَ ذَٰلِكَ سَبِيلًا﴾ (17 : 110) · « ارْبَعُوا عَلَى أَنْفُسِكُمْ، فَإِنَّكُمْ لَا تَدْعُونَ أَصَمَّ وَلَا غَائِبًا، إِنَّكُمْ تَدْعُونَ سَمِيعًا قَرِيبًا » (al-Bukhārī 2992, Muslim 2704) · ﴿وَادْعُوهُ خَوْفًا وَطَمَعًا﴾ (7 : 56) · « لَا يَقُولَنَّ أَحَدُكُمُ: اللَّهُمَّ اغْفِرْ لِي إِنْ شِئْتَ، اللَّهُمَّ ارْحَمْنِي إِنْ شِئْتَ، لِيَعْزِمِ الْمَسْأَلَةَ فَإِنَّ اللَّهَ لَا مُكْرِهَ لَهُ » (al-Bukhārī 6339, Muslim 2679) · « يُسْتَجَابُ لِأَحَدِكُمْ مَا لَمْ يَعْجَلْ، يَقُولُ: دَعَوْتُ فَلَمْ يُسْتَجَبْ لِي » (al-Bukhārī 6340, Muslim 2735) · « عَجِلَ هَذَا … إِذَا صَلَّى أَحَدُكُمْ فَلْيَبْدَأْ بِتَحْمِيدِ اللَّهِ وَالثَّنَاءِ عَلَيْهِ، ثُمَّ لْيُصَلِّ عَلَى النَّبِيِّ ﷺ، ثُمَّ لْيَدْعُ بَعْدُ بِمَا شَاءَ » (Abū Dāwūd 1481, at-Tirmidhī 3477) · ﴿وَيَا قَوْمِ اسْتَغْفِرُوا رَبَّكُمْ ثُمَّ تُوبُوا إِلَيْهِ يُرْسِلِ السَّمَاءَ عَلَيْكُم مِّدْرَارًا﴾ (11 : 52)
Ce que les autres savants ont ajouté
- Reconnaître ses péchés et les bienfaits reçus avant de demander, comme dans la « maîtresse des demandes de pardon » (sayyid al-istighfār) : « Je reconnais Ton bienfait sur moi et je reconnais mon péché » (al-Bukhārī 6306).
- Commencer par soi-même avant d’invoquer pour un autre : « Lorsque le Prophète ﷺ mentionnait quelqu’un pour invoquer en sa faveur, il commençait par lui-même » (at-Tirmidhī 3385 ; authentique). Mūsā dit : « Pardonne-moi, ainsi qu’à mon frère » (7 : 151).
- Préférer les invocations rapportées du Prophète ﷺ : elles sont complètes, exactes, et à l’abri de la transgression (section plus bas).
- Faire précéder l’invocation d’une bonne œuvre : ablutions, prière, aumône. Les trois hommes enfermés dans la grotte invoquèrent chacun par la meilleure de ses œuvres, et le rocher s’écarta (al-Bukhārī 2272, Muslim 2743).
- Joindre l’invocation à l’action. On rapporte de ‘Umar : « Que nul de vous ne reste assis sans chercher sa subsistance en disant “Ô Allah, accorde-moi ma subsistance”, alors qu’il sait que le ciel ne fait pleuvoir ni or ni argent. » L’invocation ne remplace pas la cause ; elle demande à Allah de bénir la cause et de suppléer à ce qui lui manque.
- Avoir une bonne opinion d’Allah : « Je suis selon ce que Mon serviteur pense de Moi » (al-Bukhārī 7405, Muslim 2675).
« أَبُوءُ لَكَ بِنِعْمَتِكَ عَلَيَّ وَأَبُوءُ بِذَنْبِي » (al-Bukhārī 6306) · « كَانَ رَسُولُ اللَّهِ ﷺ إِذَا ذَكَرَ أَحَدًا فَدَعَا لَهُ بَدَأَ بِنَفْسِهِ » (at-Tirmidhī 3385) · ﴿رَبِّ اغْفِرْ لِي وَلِأَخِي﴾ (7 : 151) · « أَنَا عِنْدَ ظَنِّ عَبْدِي بِي » (al-Bukhārī 7405, Muslim 2675)
Comment faire concrètement : l’ordre, les mains, la voix, la langue, la posture
L’ordre recommandé
À partir du hadith de Faḍāla ibn ‘Ubayd et de la pratique prophétique, les savants ont dégagé un ordre recommandé. Ce n’est pas une obligation : l’invocation de Yūnus fut exaucée sans cette structure, et un cri du cœur en est dispensé. C’est la forme la plus complète quand on a le temps de la suivre.
- Louer Allah et faire Son éloge : « Louange à Allah, Seigneur des mondes », ou toute louange venue du Coran et de la Sunna.
- Prier sur le Prophète ﷺ : « Ô Allah, prie sur Muḥammad et sur la famille de Muḥammad ».
- Reconnaître ses péchés et demander pardon : « Je me suis fait du tort, pardonne-moi ».
- Remercier Allah pour Ses bienfaits : « Je reconnais Ton bienfait sur moi ».
- Formuler la demande, de manière concise et en termes généraux, en privilégiant les invocations rapportées du Prophète ﷺ ou des pieux prédécesseurs, et en nommant Allah par le Nom qui correspond à la demande.
- Conclure par la prière sur le Prophète ﷺ et par « Āmīn » (« Ô Allah, exauce »).
Un converti qui ne connaît pas encore l’arabe peut suivre cet ordre en français. Par exemple : « Louange à Allah, Seigneur des mondes, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Ô Allah, prie sur Muḥammad et sur sa famille. Mon Seigneur, je me suis fait du tort, et nul ne pardonne les péchés sinon Toi : pardonne-moi. Je Te remercie pour la foi, la santé et tout ce que je ne sais pas compter. Ô Allah, accorde-moi… [la demande]. Ô Allah, prie sur Muḥammad. Āmīn. »
L’invocation spontanée : parler à Allah avec ses propres mots
Les invocations du Coran et de la Sunna ont une place à part, parce qu’elles ont été enseignées par Allah ou par Son Messager ﷺ : elles sont précises, complètes et à l’abri des excès. Mais le musulman n’est pas limité à un recueil de formules. Il peut parler à Allah de sa fatigue, de ses peurs, de ses projets, de ses difficultés familiales, de son travail, de ses études, de ses espoirs, avec ses mots à lui, dans l’ordre qui lui vient. Quelqu’un qui dit simplement « Ô Allah, je suis perdu, aide-moi ; je ne sais pas quoi faire, guide-moi ; protège ma famille ; pardonne-moi » a fait une invocation complète.
Les prophètes du Coran parlaient ainsi : Mūsā à l’ombre de l’arbre, Ya’qūb dans son chagrin, Zakariyyā décrivant ses os affaiblis ne récitaient pas une formule, ils exposaient leur état. La seule limite est celle du contenu : ne pas demander un péché, une injustice, la rupture d’un lien familial, ni une chose contraire aux principes de la religion. Dans ces limites, la porte est grande ouverte, et les invocations rapportées viennent enrichir cette parole libre, non la remplacer.
Lever les mains
Lever les mains dans l’invocation est recommandé par la grande majorité des savants. Deux situations font exception ou débat : la prière rituelle elle-même, où les mains gardent la position de la prière, et le sermon du vendredi, examiné plus bas avec ses différents avis. An-Nawawī écrit avoir réuni une trentaine de hadiths sur la question dans son commentaire du Muhadhdhab ; as-Suyūṭī en a réuni une centaine dans un opuscule consacré au sujet. Le hadith d’Anas « Le Prophète ﷺ ne levait les mains dans aucune de ses invocations sauf pour la demande de pluie, où il les levait jusqu’à ce qu’on voie la blancheur de ses aisselles » (al-Bukhārī 1031, Muslim 895) ne nie pas la levée des mains en général : Ibn Ḥajar explique dans le Fatḥ qu’Anas nie la levée très haute, celle qui découvre les aisselles, hors de la demande de pluie.
Ibn ‘Abbās rapporte trois manières, selon l’intensité de la demande : « Pour la demande (mas’ala), tu lèves les mains au niveau des épaules ou à peu près ; pour la demande de pardon (istighfār), tu pointes un seul doigt ; pour la supplication intense (ibtihāl), tu tends tes deux mains » (Abū Dāwūd 1489-1490 ; les chaînes sont discutées, certains savants le tiennent pour authentique par la réunion de ses voies, d’autres pour parole d’Ibn ‘Abbās). Les hadiths confirment chacune des trois :
« الْمَسْأَلَةُ أَنْ تَرْفَعَ يَدَيْكَ حَذْوَ مَنْكِبَيْكَ أَوْ نَحْوَهُمَا، وَالِاسْتِغْفَارُ أَنْ تُشِيرَ بِإِصْبَعٍ وَاحِدَةٍ، وَالِابْتِهَالُ أَنْ تَمُدَّ يَدَيْكَ جَمِيعًا » (Abū Dāwūd 1489-1490)
| Situation | Geste | Preuve |
|---|---|---|
| L’invocation ordinaire | Mains levées au niveau des épaules, paumes vers le ciel, jointes ou proches l’une de l’autre | Abū Dāwūd 1489 ; al-Bukhārī 4323 ; Muslim 1763 |
| La demande de pardon, l’évocation de l’imam sur la chaire, le tashahhud | L’index droit levé, sans lever les mains (pour l’imam sur la chaire, c’est l’avis de la majorité, voir plus bas) | Muslim 874 (‘Umāra ibn Ru’ayba : « Je n’ai jamais vu le Prophète ﷺ faire plus que ceci », en montrant son index) ; Muslim 580 (le tashahhud) |
| La supplication intense : sécheresse, grand danger | Les deux mains tendues très haut, jusqu’à découvrir les aisselles | al-Bukhārī 1031, Muslim 895 |
| La demande de pluie | Mains tendues, le dos des mains vers le ciel | Muslim 896 (Anas : « il montrait le dos de ses mains vers le ciel ») |
Dans la prière rituelle elle-même, on n’élève pas les mains pour l’invocation de la prosternation ni du tashahhud : les mains restent dans la position de la prière. Pour le sermon du vendredi, la question est plus nuancée qu’on ne le dit souvent : un Compagnon a blâmé un gouverneur qui levait les mains sur la chaire (Muslim 874), mais le Prophète ﷺ les a levées sur la chaire pour la demande de pluie, et les fidèles avec lui (al-Bukhārī 1029). Les avis des écoles, pour l’imam et pour l’assistance, sont présentés dans la section sur les divergences.
« قَبَّحَ اللَّهُ هَاتَيْنِ الْيَدَيْنِ، لَقَدْ رَأَيْتُ رَسُولَ اللَّهِ ﷺ مَا يَزِيدُ عَلَى أَنْ يَقُولَ بِيَدِهِ هَكَذَا، وَأَشَارَ بِإِصْبَعِهِ الْمُسَبِّحَةِ » (Muslim 874)
La voix
La règle est la voix basse (7 : 55 ; 7 : 205 ; 19 : 3), entre le murmure et la voix audible pour soi-même. Elle souffre des exceptions établies par la Sunna elle-même : l’imam qui dirige une invocation collective (qunūt, demande de pluie, invocation du sermon), où il élève la voix pour que les fidèles disent « Āmīn » ; la talbiya du pèlerin et le takbīr des jours de fête, qui se disent à voix haute ; et celui qui enseigne une invocation. Hors de cela, celui qui crie son invocation ne la rend pas plus efficace : « Vous invoquez Celui qui entend et qui est proche » (al-Bukhārī 2992, Muslim 2704). La section sur les divergences détaille ce qui est permis en groupe et à voix haute, et ce qui est discuté.
La langue
En dehors de la prière rituelle, on peut invoquer dans n’importe quelle langue. An-Nawawī le dit dans al-Adhkār, et Ibn Taymiyya dans les Majmū’ al-Fatāwā : Allah connaît toutes les langues et toutes les intentions, et celui qui ne sait pas l’arabe invoque dans la sienne. Une invocation en français faite avec le cœur vaut mieux qu’une invocation en arabe récitée sans comprendre. Il reste recommandé d’apprendre peu à peu les invocations prophétiques en arabe, pour leur précision et pour la récompense attachée à suivre les mots du Prophète ﷺ.
Dans la prière rituelle, les quatre écoles demandent l’arabe, avec des nuances pour celui qui en est incapable : les shāfi’ites admettent la traduction des invocations rapportées pour celui qui ne peut les dire en arabe, et tiennent qu’une invocation non rapportée dite dans une autre langue invalide la prière ; les ḥanafites, les mālikites et les ḥanbalites y voient, selon les cas, une réprobation ou une interdiction. Le converti qui prie en apprenant encore l’arabe se limite donc, dans sa prière, aux formules arabes qu’il connaît, même courtes, et garde ses invocations en français pour avant et après le salut final.
Encadré : peut-on invoquer Allah en français ?
Oui. En dehors de la prière rituelle, le musulman peut invoquer Allah dans la langue qu’il maîtrise le mieux : français, arabe, anglais, wolof, turc, espagnol ou toute autre. Allah n’est pas le Seigneur des seuls arabophones ; Il est le Seigneur des mondes, et Il a dit : « Nous avons créé l’homme et Nous savons ce que son âme lui suggère, et Nous sommes plus près de lui que sa veine jugulaire » (50 : 16). Ibn Taymiyya écrit dans les Majmū’ al-Fatāwā (22/488-489) : « Il est permis d’invoquer en arabe et dans une autre langue que l’arabe ; Allah connaît l’intention de celui qui invoque et ce qu’il veut, même si sa langue n’est pas correcte, car Il connaît le tumulte des voix dans la diversité des langues et la variété des besoins. »
﴿وَلَقَدْ خَلَقْنَا الْإِنسَانَ وَنَعْلَمُ مَا تُوَسْوِسُ بِهِ نَفْسُهُ وَنَحْنُ أَقْرَبُ إِلَيْهِ مِنْ حَبْلِ الْوَرِيدِ﴾ (50 : 16) · « يَجُوزُ الدُّعَاءُ بِالْعَرَبِيَّةِ وَبِغَيْرِ الْعَرَبِيَّةِ، وَاللَّهُ سُبْحَانَهُ يَعْلَمُ قَصْدَ الدَّاعِي وَمُرَادَهُ وَإِنْ لَمْ يُقَوِّمْ لِسَانَهُ، فَإِنَّهُ يَعْلَمُ ضَجِيجَ الْأَصْوَاتِ بِاخْتِلَافِ اللُّغَاتِ عَلَى تَنَوُّعِ الْحَاجَاتِ » (Ibn Taymiyya, Majmū’ al-Fatāwā 22/488-489)
L’invocation n’est pas une formule dont l’effet dépendrait de la prononciation de mots incompris. C’est une démarche du cœur. Celui qui ne connaît pas encore les mots « Rabbī » ou « Allāhumma » peut dire « Ô mon Seigneur » dans sa langue : Allah entend. Une invocation en français comprise et ressentie vaut mieux, pour cette personne, qu’une formule arabe récitée mécaniquement. Apprendre peu à peu les invocations prophétiques en arabe reste recommandé, pour préserver les mots transmis et participer aux invocations communes ; mais cet apprentissage est un chemin, jamais une condition qui empêcherait quelqu’un de parler à Allah dès aujourd’hui.
Une seule distinction à garder en tête : à l’intérieur de la prière rituelle, les paroles obéissent aux règles de la prière, et les écoles demandent l’arabe avec des nuances pour celui qui ne le maîtrise pas encore (voir ci-dessus). Hors de la prière, la liberté est entière. En résumé : l’arabe est la langue du Coran et des invocations prophétiques ; il n’est pas une condition pour qu’Allah entende l’invocation personnelle de Son serviteur.
La posture, la pureté, l’orientation
On peut invoquer debout, assis, couché, en marchant, en travaillant : « ceux qui évoquent Allah debout, assis et couchés sur le côté » (3 : 191). Les ablutions sont recommandées et non obligatoires : le Prophète ﷺ les fit avant d’invoquer pour Abū ‘Āmir (al-Bukhārī 4323), mais il invoquait aussi en toute circonstance. Se tourner vers la qibla est recommandé (Muslim 1763 ; Muslim 895), et c’est la seule orientation prescrite : on ne se tourne vers rien d’autre, ni croissant de lune, ni tombe, ni personne.
﴿الَّذِينَ يَذْكُرُونَ اللَّهَ قِيَامًا وَقُعُودًا وَعَلَىٰ جُنُوبِهِمْ﴾ (3 : 191)
La répétition et la durée
Le Prophète ﷺ répétait trois fois (Abū Dāwūd 1524) et pouvait invoquer très longtemps : après le jet de pierres à Minā, il se tenait face à la qibla, mains levées, et invoquait « aussi longtemps qu’on mettrait à réciter la sourate al-Baqara » (al-Bukhārī 1751). Il n’y a ni durée minimale ni durée maximale. La seule limite est celle du cœur : mieux vaut une phrase présente qu’une heure distraite.
Le « Āmīn »
« Āmīn » signifie « Ô Allah, exauce ». On le dit à la fin de sa propre invocation, après la Fātiḥa (al-Bukhārī 780, Muslim 410), et après l’invocation que fait un autre pour nous ou pour la communauté. Celui qui dit « Āmīn » à l’invocation d’un autre y participe : « quand l’imam dit Āmīn, dites Āmīn, car celui dont le Āmīn coïncide avec celui des anges, ses péchés passés lui sont pardonnés » (al-Bukhārī 780).
« إِذَا أَمَّنَ الْإِمَامُ فَأَمِّنُوا، فَإِنَّهُ مَنْ وَافَقَ تَأْمِينُهُ تَأْمِينَ الْمَلَائِكَةِ غُفِرَ لَهُ مَا تَقَدَّمَ مِنْ ذَنْبِهِ » (al-Bukhārī 780)
Les moments et les lieux favorables à l’exaucement
Allah exauce à tout moment et en tout lieu. Mais la Sunna a signalé des moments et des lieux où l’exaucement est plus probable, et les savants ont vu dans ces indications une miséricorde : celui qui ne peut pas invoquer avec présence toute la journée sait au moins quand se rendre disponible. Un hadith résume le principe : interrogé sur l’invocation la plus écoutée, le Prophète ﷺ répondit : « Au cœur de la dernière partie de la nuit, et à la fin des prières prescrites » (at-Tirmidhī 3499 ; ḥasan).
« جَوْفُ اللَّيْلِ الْآخِرِ، وَدُبُرَ الصَّلَوَاتِ الْمَكْتُوبَاتِ » (at-Tirmidhī 3499)
Le tableau ne retient que les moments et lieux appuyés sur un texte, avec son degré. Les traditions locales qui ajoutent d’autres moments (la nuit du 15 Sha’bān, certaines nuits de Rajab) ne reposent sur aucun hadith authentique pour l’invocation particulière qu’on y attache, même si invoquer y est, comme partout, permis et bon.
| Moment ou lieu | Preuve | Degré et remarque |
|---|---|---|
| Le dernier tiers de la nuit | « Qui M’invoque, que Je l’exauce ? » (al-Bukhārī 1145, Muslim 758) | Authentique. Le moment le plus sûr |
| Une heure, chaque nuit | Muslim 757 (Jābir) | Authentique. Non précisée, pour qu’on la cherche |
| Entre l’appel à la prière et son annonce (adhān et iqāma) | « L’invocation entre l’adhān et l’iqāma n’est pas repoussée » (Abū Dāwūd 521, at-Tirmidhī 212) | Authentique |
| Au moment de l’adhān et de la rencontre des armées | Abū Dāwūd 2540 (Sahl ibn Sa’d) | Authentique |
| Sous la pluie | Même hadith dans la version d’al-Ḥākim | Ḥasan |
| Dans la prosternation | « Le serviteur n’est jamais plus proche de son Seigneur… » (Muslim 482) | Authentique |
| À la fin de la prière, après le tashahhud et avant le salut | al-Bukhārī 835, Muslim 402 ; Muslim 588 | Authentique. « La fin des prières » du hadith d’at-Tirmidhī 3499 est comprise par Ibn Taymiyya comme ce moment, par d’autres comme l’après-salut |
| Après les ablutions | Muslim 234 ; at-Tirmidhī 55 | Authentique (évocation rapportée) |
| Au chant du coq | « Il a vu un ange : demandez à Allah de Sa grâce » (al-Bukhārī 3303, Muslim 2729) | Authentique |
| En buvant l’eau de Zamzam | « L’eau de Zamzam est pour ce pour quoi on la boit » (Ibn Mājah 3062, Aḥmad) | Ḥasan selon Ibn al-Qayyim et d’autres ; discuté |
| Au terme de la lecture complète du Coran | Pratique d’Anas (ad-Dārimī, Ibn Abī Shayba) | Parole et pratique de Compagnon, non hadith prophétique |
| Le vendredi, à une heure du jour | al-Bukhārī 935, Muslim 852 | Authentique. Deux avis dominants : entre le moment où l’imam s’assied et la fin de la prière (Muslim 853) ; la dernière heure après le ‘Aṣr (Abū Dāwūd 1048). Ibn Ḥajar recense plus de quarante opinions |
| Le mois de Ramadan, la rupture du jeûne | « Trois dont l’invocation n’est pas repoussée : le jeûneur jusqu’à ce qu’il rompe… » (at-Tirmidhī 3598) | Ḥasan. Le hadith « le jeûneur a, à la rupture, une invocation qui n’est pas repoussée » (Ibn Mājah 1753) est de chaîne faible |
| La Nuit du Destin | « Ô Allah, Tu es Pardonneur, Tu aimes le pardon, pardonne-moi » (at-Tirmidhī 3513) | Authentique. Le mot « Généreux » ajouté dans certaines éditions n’est pas dans les sources |
| Le jour de ‘Arafa | « La meilleure invocation est celle du jour de ‘Arafa » (Mālik, al-Muwaṭṭa’ ; at-Tirmidhī 3585) | Ḥasan. Vaut pour tous, pèlerins ou non |
| À ‘Arafa, Muzdalifa, Ṣafā, Marwa, et après les deux premières stèles à Minā | Muslim 1218 (hadith de Jābir) ; al-Bukhārī 1751 ; Coran 2 : 198 | Authentique |
| Les mosquées, et la Mosquée sacrée | 2 : 114 ; 72 : 18 ; al-Bukhārī 1190 (mérite de la prière) | Lieux d’adoration par excellence ; aucun texte ne fixe une invocation propre au Multazam, où la pratique d’Ibn ‘Abbās est rapportée |
| Le voyageur | Abū Dāwūd 1536, at-Tirmidhī 1905 | Ḥasan |
| L’opprimé | al-Bukhārī 2448, Muslim 19 ; at-Tirmidhī 3598 | Authentique. « Il n’y a entre elle et Allah aucun voile », même si l’opprimé est pécheur (Aḥmad ; ḥasan) |
| Le père ou la mère pour l’enfant | Abū Dāwūd 1536, at-Tirmidhī 1905 | Ḥasan |
| Le musulman pour son frère absent | Muslim 2733 | Authentique |
| Le malade, et auprès du malade | Muslim 919 (les anges disent Āmīn) ; at-Tirmidhī 2083 (invocation de guérison) | Authentique ; ḥasan |
| Celui qui est dans la détresse | 27 : 62 | Coran |
« الدُّعَاءُ لَا يُرَدُّ بَيْنَ الْأَذَانِ وَالْإِقَامَةِ » (Abū Dāwūd 521, at-Tirmidhī 212) · « ثِنْتَانِ لَا تُرَدَّانِ: الدُّعَاءُ عِنْدَ النِّدَاءِ، وَعِنْدَ الْبَأْسِ حِينَ يُلْحِمُ بَعْضُهُمْ بَعْضًا » (Abū Dāwūd 2540) · « إِذَا سَمِعْتُمْ صِيَاحَ الدِّيَكَةِ فَاسْأَلُوا اللَّهَ مِنْ فَضْلِهِ فَإِنَّهَا رَأَتْ مَلَكًا » (al-Bukhārī 3303, Muslim 2729) · « مَاءُ زَمْزَمَ لِمَا شُرِبَ لَهُ » (Ibn Mājah 3062) · « فِيهِ سَاعَةٌ لَا يُوَافِقُهَا عَبْدٌ مُسْلِمٌ وَهُوَ قَائِمٌ يُصَلِّي يَسْأَلُ اللَّهَ شَيْئًا إِلَّا أَعْطَاهُ إِيَّاهُ » (al-Bukhārī 935, Muslim 852) · « اللَّهُمَّ إِنَّكَ عَفُوٌّ تُحِبُّ الْعَفْوَ فَاعْفُ عَنِّي » (at-Tirmidhī 3513) · « خَيْرُ الدُّعَاءِ دُعَاءُ يَوْمِ عَرَفَةَ، وَخَيْرُ مَا قُلْتُ أَنَا وَالنَّبِيُّونَ مِنْ قَبْلِي: لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَحْدَهُ لَا شَرِيكَ لَهُ، لَهُ الْمُلْكُ وَلَهُ الْحَمْدُ وَهُوَ عَلَى كُلِّ شَيْءٍ قَدِيرٌ » (at-Tirmidhī 3585)
Quatre remarques sur l’usage de ce tableau. Les moments s’additionnent : une invocation faite en prosternation, dans le dernier tiers d’une nuit de Ramadan, un vendredi, réunit plusieurs causes. Le tableau ne remplace pas la régularité : le hadith sur l’invocation dans l’aisance (at-Tirmidhī 3382) montre que c’est l’habitude qui est reconnue au moment de l’épreuve. Le musulman qui travaille de nuit ou qui a de jeunes enfants et ne peut veiller le dernier tiers n’est pas lésé : l’heure de la nuit du hadith de Jābir n’est pas fixée, et la prosternation est à sa portée cinq fois par jour. Enfin, aucun de ces moments ne rend l’invocation « automatique » : les conditions et les obstacles de la section suivante restent entiers.
Les obstacles : pourquoi l’invocation n’est pas exaucée, ou l’est autrement
Le hadith des trois issues a déjà répondu : aucune invocation n’est perdue. Mais il arrive que la demande précise ne soit pas accordée, ou tarde. Les textes en donnent les causes, et elles se ramènent à deux groupes : celles qui tiennent à l’homme, et celles qui tiennent à la sagesse d’Allah.
Le hadith du voyageur
Abū Hurayra rapporte : « Allah est bon et n’accepte que ce qui est bon. […] Puis il mentionna un homme qui prolonge son voyage, échevelé et couvert de poussière, qui tend ses mains vers le ciel : Seigneur ! Seigneur ! Mais sa nourriture est illicite, sa boisson est illicite, son vêtement est illicite, et il s’est nourri d’illicite : comment serait-il exaucé ? » (Muslim 1015). Ibn Rajab, dans son commentaire des Quarante hadiths, remarque que cet homme réunit quatre causes d’exaucement : il est en voyage, il est dans le dénuement, il lève les mains, il insiste avec le Nom de « Seigneur ». Et pourtant une seule chose bloque tout : l’illicite dans ce qu’il mange, boit et porte. C’est la cause la plus souvent oubliée. Celui qui vit d’un salaire tiré de l’usure, du vol, de la fraude ou de la vente de l’interdit, et qui s’étonne de n’être pas exaucé, a sa réponse dans ce hadith.
« إِنَّ اللَّهَ طَيِّبٌ لَا يَقْبَلُ إِلَّا طَيِّبًا … ثُمَّ ذَكَرَ الرَّجُلَ يُطِيلُ السَّفَرَ أَشْعَثَ أَغْبَرَ، يَمُدُّ يَدَيْهِ إِلَى السَّمَاءِ: يَا رَبِّ يَا رَبِّ، وَمَطْعَمُهُ حَرَامٌ، وَمَشْرَبُهُ حَرَامٌ، وَمَلْبَسُهُ حَرَامٌ، وَغُذِيَ بِالْحَرَامِ، فَأَنَّى يُسْتَجَابُ لِذَلِكَ » (Muslim 1015)
Les obstacles qui tiennent à l’homme
- L’associationnisme et l’invocation d’un autre qu’Allah : « ceux qu’ils invoquent en dehors de Lui ne leur répondent en rien » (13 : 14).
- La nourriture, la boisson, le vêtement et le logement illicites (Muslim 1015).
- La hâte et le découragement : « L’un de vous est exaucé tant qu’il ne se hâte pas en disant : j’ai invoqué, j’ai invoqué, et je n’ai pas vu d’exaucement ; alors il se décourage et abandonne » (Muslim 2735). Le découragement n’est pas seulement une faiblesse : il est la cause qui ferme la porte.
- Demander un péché ou la rupture d’un lien de parenté (Muslim 2735).
- Le cœur distrait (at-Tirmidhī 3479).
- Conditionner sa demande : « si Tu veux » (al-Bukhārī 6339).
- Les péchés en général, et en particulier l’abandon du commandement du bien et de l’interdiction du mal : « Par Celui qui tient mon âme dans Sa main, vous ordonnerez le bien et interdirez le mal, ou bien Allah vous enverra bientôt un châtiment venant de Lui ; alors vous L’invoquerez et vous ne serez pas exaucés » (at-Tirmidhī 2169 ; ḥasan).
- Les torts envers les créatures non réparés : celui qui invoque Allah alors qu’il garde le bien d’autrui ou a brisé une réputation sans se corriger. Al-Ghazālī en fait la dixième et la plus importante de ses règles.
- La transgression dans la forme ou le contenu de l’invocation (section suivante).
- Demander ce qui est impossible ou définitivement tranché : l’immortalité ici-bas, la prophétie après le Prophète ﷺ.
« لَا يَزَالُ يُسْتَجَابُ لِلْعَبْدِ مَا لَمْ يَدْعُ بِإِثْمٍ أَوْ قَطِيعَةِ رَحِمٍ، مَا لَمْ يَسْتَعْجِلْ. قِيلَ: يَا رَسُولَ اللَّهِ مَا الِاسْتِعْجَالُ؟ قَالَ: يَقُولُ: قَدْ دَعَوْتُ وَقَدْ دَعَوْتُ فَلَمْ أَرَ يَسْتَجِيبُ لِي، فَيَسْتَحْسِرُ عِنْدَ ذَلِكَ وَيَدَعُ الدُّعَاءَ » (Muslim 2735) · « وَالَّذِي نَفْسِي بِيَدِهِ لَتَأْمُرُنَّ بِالْمَعْرُوفِ وَلَتَنْهَوُنَّ عَنِ الْمُنْكَرِ، أَوْ لَيُوشِكَنَّ اللَّهُ أَنْ يَبْعَثَ عَلَيْكُمْ عِقَابًا مِنْهُ، ثُمَّ تَدْعُونَهُ فَلَا يُسْتَجَابُ لَكُمْ » (at-Tirmidhī 2169)
Les dix causes données par Ibrāhīm ibn Adham aux gens de Baṣra (section sur les pieux prédécesseurs) reviennent toutes à un seul diagnostic : un cœur qui demande à Allah sans Lui obéir demande à moitié.
Les raisons qui tiennent à la sagesse d’Allah
Quand aucun obstacle humain n’est présent et que la demande n’est pas accordée, les textes donnent trois explications.
Allah sait ce que l’homme ignore : « Il se peut que vous détestiez une chose alors qu’elle est un bien pour vous, et il se peut que vous aimiez une chose alors qu’elle est un mal pour vous. Allah sait, et vous ne savez pas » (2 : 216). L’homme demande un emploi qui l’aurait détruit, un mariage qui l’aurait égaré, une guérison qui l’aurait rendu insouciant. Allah donne autre chose, ou plus tard.
﴿وَعَسَىٰ أَن تَكْرَهُوا شَيْئًا وَهُوَ خَيْرٌ لَّكُمْ وَعَسَىٰ أَن تُحِبُّوا شَيْئًا وَهُوَ شَرٌّ لَّكُمْ وَاللَّهُ يَعْلَمُ وَأَنتُمْ لَا تَعْلَمُونَ﴾ (2 : 216)
Allah accorde sous une autre forme : le hadith des trois issues. Le mal écarté n’est jamais vu par celui qui en est préservé ; la récompense réservée pour l’au-delà n’est pas visible ici. Un hadith rapporte que le serviteur, au Jour de la Rétribution, verra les invocations qui ne lui ont pas été accordées ici-bas et souhaitera qu’aucune ne l’ait été, tant la récompense qui leur est attachée sera grande (al-Ḥākim, Aḥmad, d’après Jābir ; chaîne faible, mais le sens rejoint le hadith authentique des trois issues).
Allah aime que Son serviteur continue de Lui parler. Ibn al-Qayyim, dans al-Jawāb al-Kāfī, explique que l’invocation est elle-même une adoration et un bien, et que son prolongement est un bien ajouté : celui qui obtient tout de suite ce qu’il demande cesse souvent d’invoquer. Le mālikite Ibn ‘Aṭā’ Allāh al-Iskandarī écrit dans ses Ḥikam : « Que le retard de l’exaucement, malgré ton insistance dans l’invocation, ne te fasse pas désespérer : Il t’a garanti la réponse dans ce qu’Il choisit pour toi, non dans ce que tu choisis pour toi-même, et au moment qu’Il veut, non au moment que tu veux. »
« لَا يَكُنْ تَأَخُّرُ أَمَدِ الْعَطَاءِ مَعَ الْإِلْحَاحِ فِي الدُّعَاءِ مُوجِبًا لِيَأْسِكَ، فَهُوَ ضَمِنَ لَكَ الْإِجَابَةَ فِيمَا يَخْتَارُهُ لَكَ لَا فِيمَا تَخْتَارُهُ لِنَفْسِكَ، وَفِي الْوَقْتِ الَّذِي يُرِيدُ لَا فِي الْوَقْتِ الَّذِي تُرِيدُ » (Ibn ‘Aṭā’ Allāh, al-Ḥikam)
Que faire quand on n’est pas exaucé
Vérifier les obstacles, un par un, en commençant par le gain. Réparer ce qui doit l’être. Continuer, sans fixer de délai à Allah. Changer, s’il le faut, la formulation : demander la ‘āfiya plutôt qu’un détail. Et se rappeler que l’exaucement n’est pas la fin de l’invocation ; l’invocation est à elle-même sa propre fin, puisqu’elle est l’adoration.
La transgression dans l’invocation (al-i’tidā’ fī d-du’ā’)
« Invoquez votre Seigneur en toute humilité et à voix basse ; certes Il n’aime pas les transgresseurs » (7 : 55). Le verset qui ordonne l’invocation avertit, dans le même souffle, contre une manière d’invoquer qu’Allah n’aime pas. Les exégètes ont appelé cela la transgression dans l’invocation, et le Prophète ﷺ l’a annoncée : « Il y aura des gens qui transgresseront dans l’invocation » (Abū Dāwūd 1480, Ibn Mājah 3864 ; authentique).
﴿ادْعُوا رَبَّكُمْ تَضَرُّعًا وَخُفْيَةً إِنَّهُ لَا يُحِبُّ الْمُعْتَدِينَ﴾ (7 : 55) · « سَيَكُونُ قَوْمٌ يَعْتَدُونَ فِي الدُّعَاءِ » (Abū Dāwūd 1480)
Le hadith de Sa’d et de son fils
Sa’d ibn Abī Waqqāṣ entendit son fils ‘Abd Allāh dire : « Ô Allah, je Te demande le Paradis, ses délices, sa splendeur, ceci et cela ; et je cherche refuge auprès de Toi contre le Feu, ses chaînes, ses carcans, ceci et cela. » Il lui dit : « Mon fils, j’ai entendu le Messager d’Allah ﷺ dire : Il y aura des gens qui transgresseront dans l’invocation. Garde-toi d’être de ceux-là. Il te suffit de dire : Ô Allah, je Te demande le Paradis et ce qui en rapproche, en paroles et en actes ; et je cherche refuge auprès de Toi contre le Feu et ce qui en rapproche, en paroles et en actes » (Abū Dāwūd 1480 ; authentique).
« حَسْبُكَ أَنْ تَقُولَ: اللَّهُمَّ إِنِّي أَسْأَلُكَ الْجَنَّةَ وَمَا قَرَّبَ إِلَيْهَا مِنْ قَوْلٍ أَوْ عَمَلٍ، وَأَعُوذُ بِكَ مِنَ النَّارِ وَمَا قَرَّبَ إِلَيْهَا مِنْ قَوْلٍ أَوْ عَمَلٍ » (Abū Dāwūd 1480)
Le fils de Sa’d ne demandait rien de mal. Il demandait trop en détail, comme s’il fallait tout énumérer pour qu’Allah comprenne. Le Prophète ﷺ enseigne l’inverse : une demande générale, qui s’en remet à la science d’Allah pour les détails, est plus parfaite qu’une liste.
Les formes de la transgression
Ibn al-Qayyim, al-Qurṭubī et Ibn Ḥajar ont recensé les manières de transgresser. Elles vont de la faute grave à la simple maladresse :
- Invoquer un autre qu’Allah avec Lui, ou demander à Allah par ce qui contient de l’associationnisme. C’est la transgression suprême.
- Demander ce qui est interdit : un péché, la rupture d’un lien de parenté, un mal pour un innocent, l’aide dans une injustice.
- Demander ce qui est impossible ou définitivement tranché : vivre éternellement ici-bas, atteindre le rang des prophètes, connaître l’avenir.
- Invoquer contre soi-même, contre ses enfants ou contre ses biens dans un moment de colère : « N’invoquez pas contre vous-mêmes, ni contre vos enfants, ni contre vos biens, de peur que cela ne coïncide avec une heure où Allah donne tout ce qu’on Lui demande » (Muslim 3009).
- Demander que le châtiment de l’au-delà soit avancé en ce monde. Un homme qui l’avait demandé devint faible comme un poussin ; le Prophète ﷺ lui dit : « Tu n’en as pas la force ; dis plutôt : Ô Allah, accorde-nous le bien ici-bas et dans l’au-delà, et protège-nous du châtiment du Feu », et Allah le guérit (Muslim 2688).
- Entrer dans des détails inutiles, comme le fils de Sa’d.
- Crier son invocation, ou la rimer avec effort.
- Invoquer avec des gestes inventés : le Prophète ﷺ vit un homme invoquer en pointant ses deux index, et lui dit : « Un seul, un seul ! » (at-Tirmidhī 3557, al-Ḥākim ; ḥasan). Le doigt unique est le signe de l’unicité.
- Demander avec insolence, comme si l’on avait un droit : « Ô Allah, j’ai fait ceci, Tu me dois cela. » L’invocation est une demande de grâce, non un recouvrement de créance. Les bonnes œuvres sont une cause d’exaucement quand on les présente comme un moyen d’approche, comme les trois hommes de la grotte, non comme une facture.
- Invoquer contre les gens pour des torts légers, ou contre une communauté entière pour la faute de quelques-uns.
« لَا تَدْعُوا عَلَى أَنْفُسِكُمْ، وَلَا تَدْعُوا عَلَى أَوْلَادِكُمْ، وَلَا تَدْعُوا عَلَى أَمْوَالِكُمْ، لَا تُوَافِقُوا مِنَ اللَّهِ سَاعَةً يُسْأَلُ فِيهَا عَطَاءً فَيَسْتَجِيبُ لَكُمْ » (Muslim 3009) · « أَحِّدْ، أَحِّدْ » (at-Tirmidhī 3557)
Deux remarques
La question de l’invocation « par le rang » de quelqu’un (tawassul) et celle de la demande d’intercession auprès des morts sont des questions discutées entre les écoles, avec des positions tranchées de part et d’autre ; elles font l’objet d’un dossier à part sur ce site et ne sont pas traitées ici. Ce qui est transgression par consensus, c’est de demander à un autre qu’Allah ce que seul Allah peut accorder.
La transgression la plus répandue n’est pas doctrinale : c’est le découragement. Celui qui cesse d’invoquer parce qu’il n’a pas été exaucé transgresse contre lui-même, en fermant la seule porte qui ne se ferme jamais.
Les questions où les écoles divergent
Plusieurs pratiques liées à l’invocation font l’objet de divergences anciennes entre les savants sunnites. Notre ancien texte, repris du livre Taṣḥīḥ ad-du’ā’ du cheikh Bakr Abū Zayd, les présentait toutes comme des innovations. C’est la position d’une école, défendue par un savant respectable ; ce n’est pas le consensus. Un lecteur qui entre dans une mosquée en France doit savoir ce qui relève du consensus, ce qui relève de la divergence, et comment se comporter dans les deux cas. Nous présentons chaque question avec les textes, puis les positions, puis ce qui est sûr.
Lever les mains pour invoquer après la prière obligatoire
Les textes. Le Prophète ﷺ invoquait à la fin de la prière, après le tashahhud et avant le salut (al-Bukhārī 835, Muslim 402, Muslim 588). Après le salut, il disait les évocations rapportées : trois demandes de pardon, « Ô Allah, Tu es la Paix… », les glorifications (Muslim 591-597). Le hadith « l’invocation la plus écoutée : au cœur de la nuit et à la fin des prières prescrites » (at-Tirmidhī 3499 ; ḥasan) emploie le mot dubur, qui désigne tantôt la fin d’une chose, tantôt ce qui la suit immédiatement. Aucun hadith authentique ne décrit le Prophète ﷺ levant régulièrement les mains après le salut de chaque prière obligatoire.
Les positions. Ibn Taymiyya comprend dubur comme la fin de la prière avant le salut, et tient que lever les mains après chaque prière obligatoire, de façon régulière, n’est pas de la Sunna ; Bakr Abū Zayd le suit et parle d’innovation. An-Nawawī, dans al-Adhkār et al-Majmū’, recommande l’invocation après la prière pour l’imam, le fidèle et celui qui prie seul, à voix basse, et admet la levée des mains comme dans toute invocation ; les ḥanafites recommandent de même l’invocation après la prière obligatoire. Chez les mālikites, l’invocation individuelle après la prière est admise et bonne ; ce que Mālik a blâmé, c’est autre chose, que nous voyons au point suivant.
Ce qui est sûr. L’invocation dans le tashahhud avant le salut est sunna par consensus, et c’est le moment que le Prophète ﷺ a désigné. Les évocations après le salut sont sunna par consensus. Une invocation individuelle, à voix basse, après ces évocations, n’est blâmée par aucune école. Le point discuté est uniquement la levée systématique des mains à ce moment, comme si elle était un rite de la prière. Celui qui s’en abstient suit Ibn Taymiyya ; celui qui la pratique suit an-Nawawī ; ni l’un ni l’autre ne doit en faire un reproche à l’autre.
Invoquer à voix haute et en groupe : ce qui est permis, ce qui est discuté
C’est la question qui divise le plus les mosquées, et c’est souvent celle que l’on traite le plus mal, chacun présentant l’usage de sa mosquée comme la seule Sunna possible. Il faut distinguer trois choses : le principe, ce que la Sunna a elle-même fait en groupe et à voix haute, et les pratiques sur lesquelles les savants ont divergé.
Le principe. L’invocation se fait de préférence à voix basse : « Invoquez votre Seigneur en toute humilité et à voix basse » (7 : 55). Lors d’un voyage, les Compagnons élevaient la voix en disant Allāhu akbar ; le Prophète ﷺ leur dit : « Ô gens, ménagez-vous ! Vous n’invoquez ni un sourd ni un absent ; vous invoquez Celui qui entend et qui est proche » (al-Bukhārī 2992, Muslim 2704). Ce hadith blâme l’excès de voix, pas la voix audible en elle-même.
« أَيُّهَا النَّاسُ، ارْبَعُوا عَلَى أَنْفُسِكُمْ، فَإِنَّكُمْ لَا تَدْعُونَ أَصَمَّ وَلَا غَائِبًا، إِنَّكُمْ تَدْعُونَ سَمِيعًا قَرِيبًا » (al-Bukhārī 2992)
Ce que la Sunna a fait en groupe et à voix haute. Plusieurs invocations collectives sont établies par des textes authentiques, et aucune école ne les conteste :
- Le qunūt de calamité : le Prophète ﷺ invoquait à voix haute dans la prière, et ceux qui priaient derrière lui disaient « Āmīn » (Abū Dāwūd 1443 ; ḥasan).
- La demande de pluie : sur la chaire, un vendredi, le Prophète ﷺ leva les mains et invoqua, et les fidèles levèrent les mains avec lui (al-Bukhārī 1029).
- L’invocation du sermon du vendredi, à laquelle l’assistance répond « Āmīn » à voix basse, selon la plupart des écoles.
- La talbiya du pèlerin et le takbīr des jours de fête : Ibn ‘Umar et Abū Hurayra sortaient au marché pendant les dix jours de Dhū l-Ḥijja en disant Allāhu akbar, et les gens le disaient avec eux (rapporté par al-Bukhārī sans chaîne complète, au livre des deux fêtes).
- Les assemblées d’évocation : « Aucun groupe ne s’assied pour évoquer Allah sans que les anges ne l’entourent, que la miséricorde ne le recouvre, que la sérénité ne descende sur lui, et qu’Allah ne le mentionne auprès de ceux qui sont près de Lui » (Muslim 2700).
« لَا يَقْعُدُ قَوْمٌ يَذْكُرُونَ اللَّهَ عَزَّ وَجَلَّ إِلَّا حَفَّتْهُمُ الْمَلَائِكَةُ، وَغَشِيَتْهُمُ الرَّحْمَةُ، وَنَزَلَتْ عَلَيْهِمُ السَّكِينَةُ، وَذَكَرَهُمُ اللَّهُ فِيمَنْ عِنْدَهُ » (Muslim 2700)
On rapporte aussi qu’Anas, lorsqu’il terminait la lecture complète du Coran, réunissait sa famille et invoquait pour eux. Le principe de l’invocation en groupe n’est donc pas une innovation : il est dans la Sunna. Ce sur quoi les savants divergent, c’est la forme et la régularité de certaines pratiques.
Premier débat : l’invocation collective de l’imam après chaque prière. Il n’est pas rapporté que le Prophète ﷺ, après le salut, ait invoqué à voix haute avec les fidèles répondant « Āmīn » de façon régulière. Les positions :
| Position | Qui | Argument |
|---|---|---|
| Réprouvée si elle devient un rite constant | Mālik (al-Mudawwana), ash-Shāṭibī (al-I’tiṣām), Ibn Taymiyya, une partie des ḥanbalites | L’absence de pratique prophétique régulière ; la crainte qu’on la croie partie de la prière |
| Admise, surtout pour enseigner | An-Nawawī et les shāfi’ites | L’imam peut élever la voix pour enseigner les fidèles, puis revenir à la voix basse |
| Admise | Les ḥanafites ; parmi les mālikites, Abū Sa’īd ibn Lubb, mufti de Grenade | L’invocation après la prière est un moment d’exaucement, et l’Āmīn collectif est une forme d’invocation reconnue |
Le débat a eu lieu à l’intérieur même de l’école mālikite : au VIIIe siècle de l’hégire, à Grenade, ash-Shāṭibī et Ibn Lubb ont échangé des arguments sur cette question précise, et leurs réponses sont conservées dans le recueil de fatwas d’al-Wansharīsī (al-Mi’yār). Cela montre deux choses : que la pratique des mosquées maghrébines a des défenseurs mālikites anciens, et que la critique de cette pratique n’est pas venue de l’extérieur de l’école.
Second débat : l’évocation et la lecture à l’unisson. Réciter ensemble, d’une seule voix, une évocation ou une portion du Coran (le ḥizb des mosquées du Maghreb, les cercles de dhikr) a été réprouvé par Mālik, qui disait que ce n’était pas la pratique des gens de Médine ; plusieurs savants mālikites du Maghreb l’ont ensuite admis, notamment parce que la lecture collective du ḥizb a préservé la mémorisation du Coran dans des régions entières. An-Nawawī admet la lecture en groupe. Ibn Taymiyya distingue l’assemblée d’évocation occasionnelle, qu’il juge bonne, de la forme figée répétée comme un rite, qu’il réprouve.
Ce qui est sûr :
- L’invocation à voix basse, seul, est permise par consensus et reste la règle.
- Le qunūt, la demande de pluie, l’invocation du sermon, la talbiya et le takbīr des fêtes se font en groupe et à voix haute par la Sunna même.
- L’invocation collective occasionnelle (une calamité, un malade, la fin d’un cours, la fin de la lecture du Coran) est permise ; la plupart des savants l’admettent sans difficulté.
- Ce qui est discuté, c’est d’en faire un rite constant attaché à chaque prière, ou une récitation à l’unisson fixée comme si elle était prescrite. Les deux positions ont des savants reconnus de leur côté, y compris à l’intérieur de l’école mālikite.
- Le comportement juste est le même partout : celui qui prie dans une mosquée où l’imam invoque à voix haute après la prière ne quitte pas les rangs, ne proteste pas, dit « Āmīn » ou invoque en silence pour lui-même ; celui qui est imam et préfère l’avis de Mālik et d’ash-Shāṭibī l’explique avec douceur, sans accuser ceux qui suivent Ibn Lubb.
Lever les mains pendant le sermon du vendredi
Les textes. ‘Umāra ibn Ru’ayba vit Bishr ibn Marwān, gouverneur, lever les mains sur la chaire pendant le sermon ; il dit : « Qu’Allah enlaidisse ces deux mains ! J’ai vu le Messager d’Allah ﷺ ne pas faire plus que ceci de sa main », et il montra son index (Muslim 874). À l’inverse, Anas rapporte qu’un vendredi, pendant le sermon, un homme demanda la pluie : « Le Messager d’Allah ﷺ leva les mains en invoquant, et les gens levèrent les mains avec lui en invoquant » (al-Bukhārī 1029). Enfin, les hadiths généraux sur le lever des mains dans l’invocation s’appliquent à tout moment où l’on invoque (Abū Dāwūd 1488).
« فَرَفَعَ رَسُولُ اللَّهِ ﷺ يَدَيْهِ يَدْعُو، وَرَفَعَ النَّاسُ أَيْدِيَهُمْ مَعَهُ يَدْعُونَ » (al-Bukhārī 1029)
Deux questions sont souvent confondues : le geste de l’imam sur la chaire, que vise le hadith de ‘Umāra, et celui de l’assistance, qu’aucun texte n’interdit expressément.
| École | L’imam sur la chaire | L’assistance pendant l’invocation du sermon |
|---|---|---|
| Mālikite | Lever l’index plutôt que les mains, hors demande de pluie | Dire « Āmīn » à voix basse est permis (Khalīl, dans son Mukhtaṣar, le range parmi ce qui est admis pendant le sermon, avec la prière sur le Prophète ﷺ dite à voix basse) ; l’école insiste sur l’écoute et le silence, et ses manuels ne comptent pas le lever des mains parmi les gestes recommandés à ce moment ; Mālik admettait en général qu’on lève les mains dans l’invocation, avec mesure |
| Shāfi’ite | An-Nawawī tient pour Sunna de ne pas lever les mains, en se fondant sur Muslim 874 | « Āmīn » à voix basse ; le lever des mains n’est pas interdit et beaucoup l’admettent par la règle générale |
| Ḥanbalite | L’index levé, hors demande de pluie | « Āmīn » à voix basse ; le lever discret des mains est admis par une partie des ḥanbalites |
| Ḥanafite | L’imam ne lève pas les mains | L’école demande le silence et l’immobilité pendant tout le sermon : selon Abū Ḥanīfa, l’Āmīn se dit dans le cœur, sans la langue |
Ce que disent les mālikites, en résumé. Pour l’imam, l’école suit le hadith de ‘Umāra : le khaṭīb invoque en montrant de l’index, et ne lève les mains que pour la demande de pluie. Pour l’assistance, l’essentiel est l’écoute ; l’Āmīn à voix basse est admis ; le lever des mains n’est ni demandé ni désigné comme une faute grave. La pratique courante dans les mosquées du Maghreb, où les fidèles lèvent discrètement les mains à l’invocation finale du khaṭīb, se rattache à la règle générale du lever des mains dans l’invocation et à l’exemple des Compagnons lors de la demande de pluie ; d’autres mālikites préfèrent garder les mains posées, par respect du silence du sermon.
Ce qui est sûr :
- Le reproche de ‘Umāra porte sur l’imam qui lève les mains sur la chaire hors demande de pluie : c’est là que la majorité des écoles se rejoignent.
- Pour la demande de pluie, l’imam et l’assistance lèvent les mains : c’est la Sunna, par al-Bukhārī 1029.
- Pour l’assistance, en dehors de la demande de pluie, c’est une question de divergence : certains l’admettent par la règle générale, d’autres préfèrent l’immobilité. Celui qui lève discrètement les mains ne commet pas une innovation, et celui qui les garde posées ne néglige pas une Sunna.
- L’Āmīn à voix basse est admis par trois écoles ; crier « Āmīn » ou invoquer à voix haute pendant le sermon est réprouvé par toutes, parce qu’il empêche l’écoute.
Passer les mains sur le visage après l’invocation
Les textes. ‘Umar rapporte : « Lorsque le Messager d’Allah ﷺ levait les mains dans l’invocation, il ne les abaissait pas avant d’en avoir essuyé son visage » (at-Tirmidhī 3386). At-Tirmidhī le qualifie de gharīb ; sa chaîne contient un rapporteur faible. Ibn ‘Abbās rapporte une version voisine (Abū Dāwūd 1485, Ibn Mājah 1181), également faible. Ibn Ḥajar écrit dans Bulūgh al-Marām que la réunion de ces voies donne un hadith ḥasan ; an-Nawawī, Ibn Taymiyya et d’autres les tiennent pour trop faibles pour fonder une pratique.
« كَانَ رَسُولُ اللَّهِ ﷺ إِذَا رَفَعَ يَدَيْهِ فِي الدُّعَاءِ لَمْ يَحُطَّهُمَا حَتَّى يَمْسَحَ بِهِمَا وَجْهَهُ » (at-Tirmidhī 3386, chaîne faible)
Les positions. Al-Ghazālī en fait l’une de ses dix règles de bienséance, et les ḥanafites le recommandent hors de la prière. An-Nawawī écrit dans al-Majmū’ que, dans le qunūt, l’avis le plus sûr est de ne pas essuyer le visage. Al-Bayhaqī dit ne le connaître d’aucun des Salaf dans le qunūt, tout en notant que certains le faisaient hors de la prière. Al-‘Izz ibn ‘Abd as-Salām, shāfi’ite, est très sévère contre cette pratique ; Ibn Taymiyya et Bakr Abū Zayd la rejettent.
Ce qui est sûr. La question dépend d’un jugement sur des hadiths faibles qui se renforcent ou non ; c’est un débat entre savants du hadith, pas une question de foi. Celui qui essuie son visage suit al-Ghazālī et Ibn Ḥajar ; celui qui s’en abstient suit an-Nawawī et Ibn Taymiyya. Dans la prière, l’abstention est l’avis le plus large.
Le qunūt
Le qunūt est l’invocation debout dans la prière. Les écoles divergent sur son lieu et sa régularité, à partir des mêmes hadiths lus différemment : Anas rapporte que le Prophète ﷺ fit le qunūt un mois contre les tribus qui avaient tué ses lecteurs, puis le délaissa (al-Bukhārī 4089, Muslim 677) ; une autre tradition d’Anas dit qu’il maintint le qunūt du Fajr jusqu’à sa mort (Aḥmad, ad-Dāraquṭnī ; sa chaîne est discutée).
| École | Qunūt du Fajr | Qunūt du Witr | Qunūt de calamité (nāzila) |
|---|---|---|---|
| Mālikite | Recommandé, à voix basse, de préférence avant l’inclinaison | Non pratiqué | Admis |
| Shāfi’ite | Sunna, après l’inclinaison, à voix haute pour l’imam | Dans la seconde moitié de Ramadan | Sunna dans toutes les prières obligatoires |
| Ḥanafite | Non, sauf calamité | Obligatoire (wājib), avant l’inclinaison | Admis, par l’imam |
| Ḥanbalite | Non, sauf calamité | Sunna, après l’inclinaison | Sunna, par l’imam ou le gouverneur |
Le qunūt de calamité, pour une épreuve qui frappe la communauté, est admis par toutes les écoles : c’est celui du Prophète ﷺ. Les divergences sur le Fajr et le Witr sont anciennes, documentées, et aucune des positions n’est une innovation. Le fidèle suit son imam : s’il fait le qunūt, il dit « Āmīn » ; s’il ne le fait pas, il ne le réclame pas.
Demander à un vivant d’invoquer pour soi
Ce point n’est pas une divergence, mais il est bon de le rappeler parce qu’on le confond avec les questions précédentes. Demander à un musulman vivant, pieux ou non, d’invoquer pour soi est permis par consensus. ‘Umar demanda à Uways al-Qaranī, un Successeur inconnu de tous, de demander pardon pour lui, parce que le Prophète ﷺ le lui avait recommandé (Muslim 2542). Al-‘Abbās fut sollicité par ‘Umar pour la demande de pluie (al-Bukhārī 1010). Demander à son imam, à ses parents, à ses frères d’invoquer pour soi est une Sunna, non une faiblesse.
Les pratiques sans fondement
Il faut distinguer trois choses : l’invocation libre, que chacun fait avec ses mots quand il veut, et qui n’a besoin d’aucun texte parce qu’elle est elle-même l’adoration ; les pratiques discutées, vues à la section précédente ; et les pratiques que l’ensemble des savants, toutes écoles confondues, ne reconnaissent pas, parce qu’elles attachent un geste, un moment ou une formule à l’invocation comme si la Révélation les y avait attachés, alors qu’elle ne l’a pas fait. Ash-Shāṭibī appelle cela l’innovation par addition : la chose est bonne en elle-même, c’est sa forme imposée qui est inventée.
Gestes et formes sans texte
- Embrasser ses pouces et les poser sur ses yeux quand le nom du Prophète ﷺ est prononcé dans l’appel à la prière. Le hadith invoqué pour cela n’est pas établi : as-Sakhāwī et Mullā ‘Alī al-Qārī, pourtant ḥanafite, l’ont dit. Certains ḥanafites tardifs l’ont toléré comme usage ; il n’a aucun fondement prophétique.
- Se tourner vers le croissant de lune pour invoquer, ou lever les mains vers lui. L’invocation à la vue du croissant est établie (« Ô Allah, fais-le apparaître sur nous avec la sécurité et la foi… », at-Tirmidhī 3451 ; ḥasan), mais on la dit en se tournant vers la qibla ou sans orientation particulière, jamais vers l’astre.
- Pointer avec les deux index : « Un seul, un seul ! » (at-Tirmidhī 3557 ; ḥasan).
- Poser la main droite sur la tête après la prière en invoquant : le hadith d’Anas sur ce geste est faible (aṭ-Ṭabarānī).
- Frotter les mains l’une contre l’autre, ou joindre les paumes comme en d’autres religions, à la fin de l’invocation : aucun texte.
- Prendre, devant la tombe du Prophète ﷺ, la posture assise du tashahhud ou la position des mains de la prière. On salue le Prophète ﷺ debout, avec respect et à voix mesurée, sans aucun des gestes propres à la prière rituelle, qui n’est due qu’à Allah. L’orientation pendant l’invocation qui suit le salut est discutée entre les écoles ; les postures de prière, elles, ne le sont pas.
« اللَّهُمَّ أَهِلَّهُ عَلَيْنَا بِالْيُمْنِ وَالْإِيمَانِ وَالسَّلَامَةِ وَالْإِسْلَامِ، رَبِّي وَرَبُّكَ اللَّهُ » (at-Tirmidhī 3451)
Moments et rites sans texte
- L’invocation collective dirigée par l’imam entre l’iqāma et le takbīr d’ouverture, les fidèles répondant « Āmīn » les mains levées. Le moment d’exaucement rapporté est entre l’adhān et l’iqāma, et il est individuel (Abū Dāwūd 521).
- L’invocation récitée en chœur, en groupe, derrière un guide, dans les lieux saints pendant le pèlerinage, en couvrant la voix des autres. Le Prophète ﷺ et ses Compagnons invoquaient chacun pour soi, et il demanda aux Compagnons qui criaient de se ménager (al-Bukhārī 2992). L’invocation à Ṣafā, Marwa, ‘Arafa, Muzdalifa et Minā est établie ; sa forme chorale ne l’est pas.
- Attacher une invocation particulière à des dates que les textes authentiques n’ont pas distinguées pour cela : la nuit du 15 Sha’bān (les hadiths sur sa vertu sont au mieux discutés, et aucun ne prescrit une invocation précise), le premier vendredi de Rajab, et autres rendez-vous qui varient d’un pays à l’autre. Invoquer ces nuits-là est bon comme toute nuit ; croire qu’une invocation y est prescrite ne l’est pas.
- Réciter des invocations qui contiennent des formules contraires à l’unicité d’Allah, ou des demandes adressées à d’autres que Lui, parce qu’elles sont « dans un livre ancien » ou « dans la famille depuis toujours ». L’ancienneté d’une formule n’est pas une preuve.
Deux mises en garde dans l’autre sens
La première : on ne doit pas appeler innovation ce qui est simplement libre. Invoquer dans sa langue, avec ses mots, à un moment où l’on en ressent le besoin, debout dans sa cuisine, n’est pas une innovation : c’est l’invocation elle-même, qui n’a jamais eu besoin d’un texte pour chaque mot. L’innovation est dans la forme qu’on impose, pas dans la liberté qu’on prend.
La seconde : on ne doit pas, au nom de la pureté de la Sunna, briser les liens avec les musulmans qui pratiquent l’une des choses ci-dessus par ignorance ou par habitude héritée. Le Prophète ﷺ a corrigé l’homme aux deux index par deux mots, sans l’humilier. On explique, on donne le texte, et on laisse Allah guider.
Questions pratiques
Puis-je invoquer en français ?
Oui, hors de la prière rituelle, sans aucune restriction, et c’est même préférable à une récitation arabe qu’on ne comprend pas (an-Nawawī, al-Adhkār ; Ibn Taymiyya, Majmū’ al-Fatāwā). Dans la prière rituelle, on s’en tient aux formules arabes que l’on connaît, même courtes, jusqu’à en apprendre davantage ; les détails sont donnés plus haut, dans la section sur la manière.
Puis-je invoquer pour un non-musulman ?
Pour sa guidée, sa santé, sa subsistance, sa sécurité : oui. Le Prophète ﷺ a invoqué pour la guidée de la tribu des Daws (al-Bukhārī 2937, Muslim 2524), de la mère d’Abū Hurayra (Muslim 2491), et a refusé la destruction de Ṭā’if en espérant la foi de ses descendants (al-Bukhārī 3231, Muslim 1795). Un converti peut et doit invoquer pour ses parents non musulmans vivants : leur guidée, leur bien, leur santé.
Pour le pardon d’un non-musulman mort dans son incroyance : non. Le Coran l’a interdit au Prophète ﷺ lui-même au sujet de son oncle Abū Ṭālib : « Il n’appartient pas au Prophète et aux croyants de demander pardon pour les associateurs, fussent-ils leurs proches, après qu’il leur est apparu clairement qu’ils sont les gens de la Fournaise » (9 : 113). Le converti qui perd un parent non musulman peut l’accompagner, l’enterrer, pleurer, remercier Allah pour le bien qu’il en a reçu ; il ne demande pas son pardon, et il s’en remet à la justice et à la miséricorde d’Allah, qui connaît ce que chacun a reçu comme message et comme capacité de le comprendre. Ce point est dur ; il est vrai, et le site le traite ailleurs sans détour.
﴿مَا كَانَ لِلنَّبِيِّ وَالَّذِينَ آمَنُوا أَن يَسْتَغْفِرُوا لِلْمُشْرِكِينَ وَلَوْ كَانُوا أُولِي قُرْبَىٰ مِن بَعْدِ مَا تَبَيَّنَ لَهُمْ أَنَّهُمْ أَصْحَابُ الْجَحِيمِ﴾ (9 : 113)
Puis-je invoquer pour les morts musulmans ? Cela leur sert-il ?
Oui, et le bénéfice en parvient aux morts par consensus des savants, rapporté par Ibn Taymiyya et Ibn Qudāma. Le Coran l’enseigne : « Notre Seigneur, pardonne-nous et à nos frères qui nous ont précédés dans la foi » (59 : 10). La prière funéraire est entièrement une invocation. Le Prophète ﷺ enseignait à dire en entrant au cimetière : « Que la paix soit sur vous, gens de ces demeures, croyants et musulmans ; nous vous rejoindrons, si Allah veut ; nous demandons à Allah la préservation pour nous et pour vous » (Muslim 975). Après l’enterrement, il disait : « Demandez pardon pour votre frère et demandez pour lui la fermeté, car il est maintenant interrogé » (Abū Dāwūd 3221 ; authentique). Et il a dit : « Quand l’homme meurt, ses œuvres s’arrêtent, sauf trois : une aumône continue, une science dont on profite, et un enfant pieux qui invoque pour lui » (Muslim 1631).
﴿رَبَّنَا اغْفِرْ لَنَا وَلِإِخْوَانِنَا الَّذِينَ سَبَقُونَا بِالْإِيمَانِ﴾ (59 : 10) · « السَّلَامُ عَلَيْكُمْ أَهْلَ الدِّيَارِ مِنَ الْمُؤْمِنِينَ وَالْمُسْلِمِينَ، وَإِنَّا إِنْ شَاءَ اللَّهُ بِكُمْ لَاحِقُونَ، نَسْأَلُ اللَّهَ لَنَا وَلَكُمُ الْعَافِيَةَ » (Muslim 975) · « اسْتَغْفِرُوا لِأَخِيكُمْ وَسَلُوا لَهُ التَّثْبِيتَ، فَإِنَّهُ الْآنَ يُسْأَلُ » (Abū Dāwūd 3221) · « إِذَا مَاتَ الْإِنْسَانُ انْقَطَعَ عَنْهُ عَمَلُهُ إِلَّا مِنْ ثَلَاثَةٍ: إِلَّا مِنْ صَدَقَةٍ جَارِيَةٍ، أَوْ عِلْمٍ يُنْتَفَعُ بِهِ، أَوْ وَلَدٍ صَالِحٍ يَدْعُو لَهُ » (Muslim 1631)
Puis-je invoquer contre quelqu’un ?
L’opprimé a le droit d’invoquer contre celui qui l’opprime, dans la mesure de l’injustice subie : « Allah n’aime pas qu’on dise du mal à voix haute, sauf de la part de celui qui a été lésé » (4 : 148). Mais le pardon est meilleur : « Celui qui pardonne et réforme, sa récompense incombe à Allah » (42 : 40). Il est interdit d’invoquer contre un innocent, contre une communauté pour la faute de quelques-uns, et contre soi-même, ses enfants ou ses biens (Muslim 3009). Le Prophète ﷺ fit descendre d’une chamelle une femme qui l’avait maudite, et interdit que l’animal maudit continue de voyager avec eux (Muslim 2595) : il prenait la malédiction au sérieux, même sur une bête.
﴿لَّا يُحِبُّ اللَّهُ الْجَهْرَ بِالسُّوءِ مِنَ الْقَوْلِ إِلَّا مَن ظُلِمَ﴾ (4 : 148) · ﴿فَمَنْ عَفَا وَأَصْلَحَ فَأَجْرُهُ عَلَى اللَّهِ﴾ (42 : 40)
Faut-il être en état de pureté ? Une femme en période de menstrues peut-elle invoquer ?
L’invocation et l’évocation n’exigent pas la pureté rituelle : ‘Ā’isha dit que le Prophète ﷺ « évoquait Allah à tout instant » (Muslim 373). La femme pendant ses règles, l’homme en état d’impureté majeure, le malade qui ne peut pas faire ses ablutions, invoquent sans aucune restriction. Seule la récitation du Coran en période de menstrues est discutée entre les écoles, et cela ne concerne pas l’invocation. Les ablutions sont une recommandation, non une condition.
Puis-je compter mes évocations avec un chapelet (misbaḥa, tasbīḥ) ?
La Sunna est de compter sur les doigts : le Prophète ﷺ dit à des femmes de Médine : « Comptez sur les phalanges, car elles seront interrogées et appelées à parler » (Abū Dāwūd 1501, at-Tirmidhī 3583 ; ḥasan). Il est aussi rapporté qu’il vit une femme compter avec des noyaux de dattes ou des cailloux et ne le lui interdit pas, mais lui enseigna une formule meilleure (Abū Dāwūd 1500, at-Tirmidhī 3568 ; chaîne discutée). Des Compagnons comptaient avec des cailloux ou une cordelette à nœuds.
« اعْقِدْنَ بِالْأَنَامِلِ فَإِنَّهُنَّ مَسْئُولَاتٌ مُسْتَنْطَقَاتٌ » (Abū Dāwūd 1501, at-Tirmidhī 3583)
Ibn Taymiyya résume la position la plus équilibrée (Majmū’ al-Fatāwā 22/506) : compter avec les doigts est la Sunna ; compter avec des noyaux et des cailloux est bon, puisque des Compagnons l’ont fait ; quant au chapelet, certains l’ont blâmé et d’autres non, et il est bon si l’intention est bonne et qu’on ne le porte pas par ostentation. La majorité des savants des quatre écoles l’ont admis comme simple outil de comptage ; as-Suyūṭī lui a consacré un opuscule favorable ; certains savants contemporains y voient une innovation. Il n’a aucune sacralité en lui-même, et nul n’est tenu d’en avoir un.
Peut-on demander des choses de ce monde ?
Oui. « Demandez à Allah de Sa grâce » (4 : 32). L’invocation la plus fréquente du Prophète ﷺ commence par « accorde-nous le bien ici-bas » (2 : 201). Un hadith, de chaîne faible mais de sens sûr, dit : « Que l’un de vous demande à son Seigneur tous ses besoins, jusqu’au lacet de sa sandale quand il se rompt » (at-Tirmidhī 3604). Ce que le Coran blâme, c’est de ne demander que ce monde : « Il en est qui disent : Notre Seigneur, donne-nous ici-bas ; et ils n’auront aucune part dans l’au-delà » (2 : 200). Demander un emploi, un logement, un conjoint, la guérison, la réussite à un examen, est une adoration quand on le demande à Allah.
﴿وَاسْأَلُوا اللَّهَ مِن فَضْلِهِ﴾ (4 : 32) · « لِيَسْأَلْ أَحَدُكُمْ رَبَّهُ حَاجَتَهُ كُلَّهَا، حَتَّى يَسْأَلَهُ شِسْعَ نَعْلِهِ إِذَا انْقَطَعَ » (at-Tirmidhī 3604, chaîne faible) · ﴿فَمِنَ النَّاسِ مَن يَقُولُ رَبَّنَا آتِنَا فِي الدُّنْيَا وَمَا لَهُ فِي الْآخِرَةِ مِنْ خَلَاقٍ﴾ (2 : 200)
Que dire quand on ne sait pas quoi demander ?
L’invocation la plus complète que l’on connaisse est celle-ci, enseignée par le Prophète ﷺ à ‘Ā’isha : « Ô Allah, je Te demande le bien tout entier, immédiat et à venir, celui que je connais et celui que je ne connais pas ; et je cherche refuge auprès de Toi contre le mal tout entier, immédiat et à venir, celui que je connais et celui que je ne connais pas. Ô Allah, je Te demande le meilleur de ce que T’a demandé Ton serviteur et Prophète ﷺ, et je cherche refuge auprès de Toi contre le pire de ce dont Ton serviteur et Prophète ﷺ a cherché refuge. Ô Allah, je Te demande le Paradis et ce qui en rapproche, en paroles et en actes, et je cherche refuge auprès de Toi contre le Feu et ce qui en rapproche, en paroles et en actes. Et je Te demande de faire que tout décret que Tu as décidé pour moi soit un bien » (Ibn Mājah 3846, Aḥmad ; authentique). Celui qui ne sait rien d’autre et dit cela a tout demandé.
« اللَّهُمَّ إِنِّي أَسْأَلُكَ مِنَ الْخَيْرِ كُلِّهِ عَاجِلِهِ وَآجِلِهِ، مَا عَلِمْتُ مِنْهُ وَمَا لَمْ أَعْلَمْ، وَأَعُوذُ بِكَ مِنَ الشَّرِّ كُلِّهِ عَاجِلِهِ وَآجِلِهِ، مَا عَلِمْتُ مِنْهُ وَمَا لَمْ أَعْلَمْ، اللَّهُمَّ إِنِّي أَسْأَلُكَ مِنْ خَيْرِ مَا سَأَلَكَ عَبْدُكَ وَنَبِيُّكَ، وَأَعُوذُ بِكَ مِنْ شَرِّ مَا عَاذَ بِهِ عَبْدُكَ وَنَبِيُّكَ، اللَّهُمَّ إِنِّي أَسْأَلُكَ الْجَنَّةَ وَمَا قَرَّبَ إِلَيْهَا مِنْ قَوْلٍ أَوْ عَمَلٍ، وَأَعُوذُ بِكَ مِنَ النَّارِ وَمَا قَرَّبَ إِلَيْهَا مِنْ قَوْلٍ أَوْ عَمَلٍ، وَأَسْأَلُكَ أَنْ تَجْعَلَ كُلَّ قَضَاءٍ قَضَيْتَهُ لِي خَيْرًا » (Ibn Mājah 3846)
Comment faire l’istikhāra (demande de choix) ?
Jābir rapporte que le Prophète ﷺ l’enseignait « comme une sourate du Coran » : lorsqu’on hésite devant une décision permise, on prie deux unités de prière surérogatoire, puis on dit l’invocation rapportée, en nommant l’affaire : « Ô Allah, je Te demande de choisir pour moi par Ta science, je Te demande le pouvoir par Ton pouvoir, et je Te demande de Ton immense grâce ; car Tu peux et je ne peux pas, Tu sais et je ne sais pas, et Tu es le Grand Connaisseur des choses cachées. Ô Allah, si Tu sais que cette affaire est un bien pour moi dans ma religion, ma vie et l’issue de mon affaire, décrète-la pour moi, facilite-la-moi, puis bénis-la-moi. Et si Tu sais que cette affaire est un mal pour moi dans ma religion, ma vie et l’issue de mon affaire, détourne-la de moi et détourne-moi d’elle, et décrète pour moi le bien où qu’il soit, puis rends-m’en satisfait » (al-Bukhārī 1162). Il n’est pas nécessaire d’attendre un rêve ou un signe : Ibn Ḥajar explique qu’on avance ensuite dans ce qui est facilité et qu’on s’arrête devant ce qui est fermé. On peut la répéter plusieurs fois, et on ne la fait pas pour une chose obligatoire ni pour une chose interdite.
« اللَّهُمَّ إِنِّي أَسْتَخِيرُكَ بِعِلْمِكَ، وَأَسْتَقْدِرُكَ بِقُدْرَتِكَ، وَأَسْأَلُكَ مِنْ فَضْلِكَ الْعَظِيمِ، فَإِنَّكَ تَقْدِرُ وَلَا أَقْدِرُ، وَتَعْلَمُ وَلَا أَعْلَمُ، وَأَنْتَ عَلَّامُ الْغُيُوبِ. اللَّهُمَّ إِنْ كُنْتَ تَعْلَمُ أَنَّ هَذَا الْأَمْرَ خَيْرٌ لِي فِي دِينِي وَمَعَاشِي وَعَاقِبَةِ أَمْرِي فَاقْدُرْهُ لِي وَيَسِّرْهُ لِي ثُمَّ بَارِكْ لِي فِيهِ، وَإِنْ كُنْتَ تَعْلَمُ أَنَّ هَذَا الْأَمْرَ شَرٌّ لِي فِي دِينِي وَمَعَاشِي وَعَاقِبَةِ أَمْرِي فَاصْرِفْهُ عَنِّي وَاصْرِفْنِي عَنْهُ، وَاقْدُرْ لِيَ الْخَيْرَ حَيْثُ كَانَ ثُمَّ أَرْضِنِي بِهِ » (al-Bukhārī 1162)
Comment invoquer pour un malade ?
En le visitant, on dit sept fois : « Je demande à Allah l’Immense, Seigneur du Trône immense, de te guérir » (Abū Dāwūd 3106, at-Tirmidhī 2083 ; ḥasan). Le Prophète ﷺ posait sa main sur le malade et disait : « Ô Allah, Seigneur des hommes, fais partir le mal et guéris, Tu es le Guérisseur, il n’y a de guérison que la Tienne, une guérison qui ne laisse aucune maladie » (al-Bukhārī 5743, Muslim 2191). Pour soi-même, on pose la main sur l’endroit douloureux et on dit trois fois « Au nom d’Allah », puis sept fois : « Je cherche refuge auprès d’Allah et de Sa puissance contre le mal que je ressens et que je redoute » (Muslim 2202).
« أَسْأَلُ اللَّهَ الْعَظِيمَ رَبَّ الْعَرْشِ الْعَظِيمِ أَنْ يَشْفِيَكَ » (Abū Dāwūd 3106, at-Tirmidhī 2083) · « اللَّهُمَّ رَبَّ النَّاسِ، أَذْهِبِ الْبَأْسَ، اشْفِ أَنْتَ الشَّافِي، لَا شِفَاءَ إِلَّا شِفَاؤُكَ، شِفَاءً لَا يُغَادِرُ سَقَمًا » (al-Bukhārī 5743, Muslim 2191) · « أَعُوذُ بِاللَّهِ وَقُدْرَتِهِ مِنْ شَرِّ مَا أَجِدُ وَأُحَاذِرُ » (Muslim 2202)
Je suis malade, ou je souffre moralement : l’invocation suffit-elle ?
L’invocation accompagne le soin ; elle ne le remplace pas. Le Prophète ﷺ a dit : « Allah n’a pas fait descendre de maladie sans faire descendre pour elle un remède » (al-Bukhārī 5678), et il ordonna de se soigner (Abū Dāwūd 3855, at-Tirmidhī 2038 ; authentique). Une personne malade invoque Allah, consulte un médecin, suit son traitement, et demande l’aide de sa famille : ce sont quatre faces d’une même confiance en Allah, qui a créé la maladie, le remède et le médecin. Il en va de même pour la souffrance psychologique : parler à un professionnel compétent n’est pas un manque de foi, et refuser toute aide au nom de la foi n’est pas de la foi.
« مَا أَنْزَلَ اللَّهُ دَاءً إِلَّا أَنْزَلَ لَهُ شِفَاءً » (al-Bukhārī 5678) · « تَدَاوَوْا عِبَادَ اللَّهِ » (Abū Dāwūd 3855, at-Tirmidhī 2038)
Il faut dire aussi ceci, parce que des gens souffrent de l’entendre : celui qui invoque et n’est pas guéri tout de suite n’a pas forcément une foi faible ni une faute cachée. Les prophètes ont été malades, Ayyūb pendant des années, et leur invocation n’était pas défaillante. L’invocation ne doit jamais servir à culpabiliser celui qui souffre, ni à lui faire abandonner une prise en charge médicale ou psychologique. Elle est la force qui permet de traverser le soin, non une alternative au soin.
Faut-il un intermédiaire ?
Non. « Je suis tout proche : Je réponds à l’appel de celui qui M’invoque » (2 : 186). Il n’y a ni clergé ni rang requis. Demander à un musulman vivant d’invoquer pour soi est une Sunna ; demander à Allah par le rang de quelqu’un est une question discutée, traitée dans un autre dossier ; demander à un autre qu’Allah ce que seul Allah peut donner est interdit par consensus.
Je ne ressens rien quand j’invoque. Est-ce que cela compte ?
Oui. L’invocation est un acte, non une émotion. Celui qui invoque sans rien ressentir, en sachant devant qui il se tient et en voulant ce qu’il dit, est exaucé. La présence du cœur se cultive comme tout le reste : par les invocations courtes et comprises, par les moments favorables, par la régularité. Le Prophète ﷺ a dit que l’invocation faite d’un cœur distrait n’est pas exaucée (at-Tirmidhī 3479), et « distrait » veut dire qui pense à autre chose, non qui ne pleure pas.
Le du’ā’ du converti : tu n’as pas besoin d’attendre de savoir l’arabe
Ce dossier s’adresse aussi à ceux qui viennent d’entrer en islam, et ils méritent un chapitre à eux, parce que c’est à eux que l’on répète le plus souvent, à tort, qu’il faut d’abord apprendre l’arabe, d’abord apprendre des formules, d’abord mériter. Voici ce que les textes disent réellement.
- Tu peux invoquer dans ta langue, dès maintenant, sans aucune restriction en dehors de la prière rituelle. C’est l’avis d’an-Nawawī et d’Ibn Taymiyya, et il n’a pas de contradicteur sérieux.
- Tu n’as pas à avoir honte de tes mots. Mūsā a dit « j’ai grand besoin » ; Ayyūb a dit « le mal m’a touché » ; Yūnus a dit « j’ai été injuste ». Aucun de ces mots n’est compliqué.
- Tu peux demander la guidée de ta famille et de tes proches, par leur nom. Le Prophète ﷺ l’a fait pour la mère d’Abū Hurayra et pour toute une tribu, et ils sont venus.
- Tu peux invoquer pour tes parents non musulmans vivants : leur guidée, leur santé, leur bien. Pour leur pardon après la mort, non ; pour tout le reste, oui.
- Tu peux invoquer même si tu ne connais que la Fātiḥa et deux courtes sourates. La prière rituelle est valide avec cela, et l’invocation n’exige aucune sourate.
- Tu peux invoquer sans ablutions, assis dans le métro, en marchant, en pleurant, au travail. Les conditions sont le cœur, pas le lieu.
- Tu n’importunes jamais Allah. Le hadith qudsī l’a dit : si tous les hommes et les djinns demandaient en même temps et qu’Il donnait à chacun, cela n’enlèverait rien à ce qu’Il possède.
- Apprends ensuite, à ton rythme, les invocations du Coran et de la Sunna données à la fin de ce dossier, en commençant par les plus courtes. C’est un chemin de plusieurs mois, pas un préalable.
Si tu ne sais pas par où commencer, voici le mode d’emploi le plus simple :
- Je me tourne vers Allah seul.
- Je commence par Le louer : « Louange à Allah, Seigneur des mondes. »
- Je prie sur le Prophète ﷺ : « Ô Allah, prie sur Muḥammad. »
- Je demande pardon pour mes fautes.
- Je demande ce dont j’ai besoin, précisément, dans ma langue.
- Je demande avec espoir et certitude, sans dire « si Tu veux ».
- Je termine par la prière sur le Prophète ﷺ et « Āmīn ».
- Je recommence demain, et le jour d’après : l’invocation faite dans l’aisance est celle qu’Allah reconnaît dans l’épreuve.
Choix d’invocations prophétiques complètes
Voici quinze invocations rapportées du Coran et de la Sunna, choisies parce qu’elles sont courtes, complètes, authentiques, et qu’elles couvrent les besoins ordinaires d’une vie. Un converti qui les apprend une par une, en commençant par les plus courtes, possède en quelques mois le cœur de l’invocation prophétique. La translittération est simplifiée pour un lecteur francophone.
| Arabe | Translittération | Traduction | Source |
|---|---|---|---|
| رَبَّنَا آتِنَا فِي الدُّنْيَا حَسَنَةً وَفِي الْآخِرَةِ حَسَنَةً وَقِنَا عَذَابَ النَّارِ | Rabbanā ātinā fī d-dunyā ḥasanatan wa fī l-ākhirati ḥasanatan wa qinā ‘adhāba n-nār | Notre Seigneur, accorde-nous le bien ici-bas, le bien dans l’au-delà, et protège-nous du châtiment du Feu | 2 : 201 ; al-Bukhārī 6389, Muslim 2690 (la plus fréquente du Prophète ﷺ) |
| لَا إِلَهَ إِلَّا أَنْتَ سُبْحَانَكَ إِنِّي كُنْتُ مِنَ الظَّالِمِينَ | Lā ilāha illā anta subḥānaka innī kuntu mina ẓ-ẓālimīn | Il n’y a de divinité que Toi, gloire à Toi, j’ai été du nombre des injustes | 21 : 87 ; at-Tirmidhī 3505 (invocation de Yūnus, « aucun musulman n’invoque par elle sans être exaucé ») |
| اللَّهُمَّ أَنْتَ رَبِّي لَا إِلَهَ إِلَّا أَنْتَ، خَلَقْتَنِي وَأَنَا عَبْدُكَ، وَأَنَا عَلَى عَهْدِكَ وَوَعْدِكَ مَا اسْتَطَعْتُ، أَعُوذُ بِكَ مِنْ شَرِّ مَا صَنَعْتُ، أَبُوءُ لَكَ بِنِعْمَتِكَ عَلَيَّ، وَأَبُوءُ بِذَنْبِي، فَاغْفِرْ لِي فَإِنَّهُ لَا يَغْفِرُ الذُّنُوبَ إِلَّا أَنْتَ | Allāhumma anta rabbī lā ilāha illā ant, khalaqtanī wa anā ‘abduk, wa anā ‘alā ‘ahdika wa wa’dika mā staṭa’t, a’ūdhu bika min sharri mā ṣana’t, abū’u laka bi-ni’matika ‘alayy, wa abū’u bi-dhanbī, fa-ghfir lī fa-innahu lā yaghfiru dh-dhunūba illā ant | Ô Allah, Tu es mon Seigneur, il n’y a de divinité que Toi ; Tu m’as créé et je suis Ton serviteur ; je suis fidèle à Ton pacte et à Ta promesse autant que je le peux ; je cherche refuge auprès de Toi contre le mal que j’ai commis ; je reconnais Ton bienfait sur moi et je reconnais mon péché ; pardonne-moi, car nul ne pardonne les péchés sinon Toi | al-Bukhārī 6306 (« la maîtresse des demandes de pardon » ; dite le matin et le soir avec certitude, elle fait entrer au Paradis) |
| اللَّهُمَّ إِنِّي ظَلَمْتُ نَفْسِي ظُلْمًا كَثِيرًا، وَلَا يَغْفِرُ الذُّنُوبَ إِلَّا أَنْتَ، فَاغْفِرْ لِي مَغْفِرَةً مِنْ عِنْدِكَ وَارْحَمْنِي، إِنَّكَ أَنْتَ الْغَفُورُ الرَّحِيمُ | Allāhumma innī ẓalamtu nafsī ẓulman kathīrā, wa lā yaghfiru dh-dhunūba illā ant, fa-ghfir lī maghfiratan min ‘indika wa rḥamnī, innaka anta l-Ghafūru r-Raḥīm | Ô Allah, je me suis fait beaucoup de tort à moi-même, et nul ne pardonne les péchés sinon Toi ; accorde-moi un pardon venant de Toi et fais-moi miséricorde, Tu es le Pardonneur, le Miséricordieux | al-Bukhārī 834, Muslim 2705 (enseignée à Abū Bakr pour sa prière) |
| اللَّهُمَّ إِنِّي أَسْأَلُكَ الْهُدَى وَالتُّقَى وَالْعَفَافَ وَالْغِنَى | Allāhumma innī as’aluka l-hudā wa t-tuqā wa l-‘afāfa wa l-ghinā | Ô Allah, je Te demande la guidée, la piété, la chasteté et la richesse du cœur | Muslim 2721 |
| اللَّهُمَّ أَصْلِحْ لِي دِينِي الَّذِي هُوَ عِصْمَةُ أَمْرِي، وَأَصْلِحْ لِي دُنْيَايَ الَّتِي فِيهَا مَعَاشِي، وَأَصْلِحْ لِي آخِرَتِي الَّتِي فِيهَا مَعَادِي، وَاجْعَلِ الْحَيَاةَ زِيَادَةً لِي فِي كُلِّ خَيْرٍ، وَاجْعَلِ الْمَوْتَ رَاحَةً لِي مِنْ كُلِّ شَرٍّ | Allāhumma aṣliḥ lī dīnī lladhī huwa ‘iṣmatu amrī, wa aṣliḥ lī dunyāya llatī fīhā ma’āshī, wa aṣliḥ lī ākhiratī llatī fīhā ma’ādī, wa j’ali l-ḥayāta ziyādatan lī fī kulli khayr, wa j’ali l-mawta rāḥatan lī min kulli sharr | Ô Allah, réforme ma religion, qui est la sauvegarde de mon affaire ; réforme ma vie d’ici-bas, où est ma subsistance ; réforme mon au-delà, où est mon retour ; fais de la vie un surcroît de tout bien pour moi, et de la mort un repos de tout mal | Muslim 2720 |
| يَا مُقَلِّبَ الْقُلُوبِ ثَبِّتْ قَلْبِي عَلَى دِينِكَ | Yā muqalliba l-qulūb, thabbit qalbī ‘alā dīnik | Ô Toi qui retournes les cœurs, affermis mon cœur sur Ta religion | at-Tirmidhī 2140 ; authentique |
| لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ الْعَظِيمُ الْحَلِيمُ، لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ رَبُّ الْعَرْشِ الْعَظِيمِ، لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ رَبُّ السَّمَوَاتِ وَرَبُّ الْأَرْضِ وَرَبُّ الْعَرْشِ الْكَرِيمِ | Lā ilāha illa Llāhu l-‘Aẓīmu l-Ḥalīm, lā ilāha illa Llāhu rabbu l-‘arshi l-‘aẓīm, lā ilāha illa Llāhu rabbu s-samāwāti wa rabbu l-arḍi wa rabbu l-‘arshi l-karīm | Il n’y a de divinité qu’Allah, l’Immense, le Longanime ; il n’y a de divinité qu’Allah, Seigneur du Trône immense ; il n’y a de divinité qu’Allah, Seigneur des cieux, Seigneur de la terre et Seigneur du Trône noble | al-Bukhārī 6346, Muslim 2730 (l’invocation de l’angoisse) |
| اللَّهُمَّ إِنِّي أَعُوذُ بِكَ مِنَ الْهَمِّ وَالْحَزَنِ، وَالْعَجْزِ وَالْكَسَلِ، وَالْجُبْنِ وَالْبُخْلِ، وَضَلَعِ الدَّيْنِ وَغَلَبَةِ الرِّجَالِ | Allāhumma innī a’ūdhu bika mina l-hammi wa l-ḥazan, wa l-‘ajzi wa l-kasal, wa l-jubni wa l-bukhl, wa ḍala’i d-dayni wa ghalabati r-rijāl | Ô Allah, je cherche refuge auprès de Toi contre le souci et la tristesse, l’incapacité et la paresse, la lâcheté et l’avarice, le poids de la dette et la domination des hommes | al-Bukhārī 6369 |
| اللَّهُمَّ رَحْمَتَكَ أَرْجُو فَلَا تَكِلْنِي إِلَى نَفْسِي طَرْفَةَ عَيْنٍ، وَأَصْلِحْ لِي شَأْنِي كُلَّهُ، لَا إِلَهَ إِلَّا أَنْتَ | Allāhumma raḥmataka arjū fa-lā takilnī ilā nafsī ṭarfata ‘ayn, wa aṣliḥ lī sha’nī kullah, lā ilāha illā ant | Ô Allah, c’est Ta miséricorde que j’espère ; ne me laisse pas à moi-même le temps d’un clin d’œil, et réforme pour moi toute mon affaire ; il n’y a de divinité que Toi | Abū Dāwūd 5090 ; ḥasan |
| اللَّهُمَّ إِنِّي أَسْأَلُكَ بِأَنِّي أَشْهَدُ أَنَّكَ أَنْتَ اللَّهُ لَا إِلَهَ إِلَّا أَنْتَ، الْأَحَدُ الصَّمَدُ، الَّذِي لَمْ يَلِدْ وَلَمْ يُولَدْ، وَلَمْ يَكُنْ لَهُ كُفُوًا أَحَدٌ | Allāhumma innī as’aluka bi-annī ashhadu annaka anta Llāhu lā ilāha illā ant, al-Aḥadu ṣ-Ṣamad, alladhī lam yalid wa lam yūlad, wa lam yakun lahu kufuwan aḥad | Ô Allah, je Te demande par le fait que je témoigne que Tu es Allah, il n’y a de divinité que Toi, l’Unique, Celui dont tout dépend, qui n’a pas engendré et n’a pas été engendré, et à qui nul n’est égal | Abū Dāwūd 1493, at-Tirmidhī 3475 ; authentique (« il L’a invoqué par le Nom par lequel, lorsqu’on Lui demande, Il donne ») |
| اللَّهُمَّ إِنَّكَ عَفُوٌّ تُحِبُّ الْعَفْوَ فَاعْفُ عَنِّي | Allāhumma innaka ‘afuwwun tuḥibbu l-‘afwa fa-‘fu ‘annī | Ô Allah, Tu es Celui qui efface les fautes, Tu aimes effacer les fautes : efface les miennes | at-Tirmidhī 3513 ; authentique (la Nuit du Destin) |
| اللَّهُمَّ أَعِنِّي عَلَى ذِكْرِكَ وَشُكْرِكَ وَحُسْنِ عِبَادَتِكَ | Allāhumma a’innī ‘alā dhikrika wa shukrika wa ḥusni ‘ibādatik | Ô Allah, aide-moi à T’évoquer, à Te remercier et à T’adorer de la meilleure manière | Abū Dāwūd 1522 ; authentique (le Prophète ﷺ dit à Mu’ādh : « Je t’aime ; ne cesse de la dire à la fin de chaque prière ») |
| رَبِّ اغْفِرْ لِي وَلِوَالِدَيَّ وَلِمَنْ دَخَلَ بَيْتِيَ مُؤْمِنًا وَلِلْمُؤْمِنِينَ وَالْمُؤْمِنَاتِ | Rabbi ghfir lī wa li-wālidayya wa li-man dakhala baytiya mu’minan wa li-l-mu’minīna wa l-mu’mināt | Mon Seigneur, pardonne-moi, ainsi qu’à mes père et mère, à celui qui entre croyant dans ma maison, et aux croyants et aux croyantes | 71 : 28 (invocation de Nūḥ) |
| رَبَّنَا هَبْ لَنَا مِنْ أَزْوَاجِنَا وَذُرِّيَّاتِنَا قُرَّةَ أَعْيُنٍ وَاجْعَلْنَا لِلْمُتَّقِينَ إِمَامًا | Rabbanā hab lanā min azwājinā wa dhurriyyātinā qurrata a’yunin wa j’alnā li-l-muttaqīna imāmā | Notre Seigneur, fais de nos épouses et de nos descendants la joie de nos yeux, et fais de nous un modèle pour les pieux | 25 : 74 |
La plus complète de toutes, celle qu’enseigna le Prophète ﷺ à ‘Ā’isha (« Ô Allah, je Te demande le bien tout entier… », Ibn Mājah 3846), est donnée en entier dans la section des questions pratiques. Pour les invocations du matin, du soir et des circonstances de la vie, le lecteur se reportera aux recueils classiques : al-Adhkār d’an-Nawawī, al-Wābil aṣ-Ṣayyib d’Ibn al-Qayyim, et, pour un usage quotidien, un recueil vérifié comme Ḥiṣn al-Muslim, en prenant garde aux éditions qui ne donnent pas les sources.
Faire vivre les maisons par l’évocation d’Allah
L’invocation et l’évocation ne se cultivent pas seulement à la mosquée. Le Prophète ﷺ a dit : « L’exemple de la maison dans laquelle Allah est évoqué et de celle dans laquelle Il ne l’est pas est comme l’exemple du vivant et du mort » (Muslim 779). Et de la personne : « L’exemple de celui qui évoque son Seigneur et de celui qui ne L’évoque pas est comme l’exemple du vivant et du mort » (al-Bukhārī 6407).
« مَثَلُ الْبَيْتِ الَّذِي يُذْكَرُ اللَّهُ فِيهِ وَالْبَيْتِ الَّذِي لَا يُذْكَرُ اللَّهُ فِيهِ مَثَلُ الْحَيِّ وَالْمَيِّتِ » (Muslim 779) · « مَثَلُ الَّذِي يَذْكُرُ رَبَّهُ وَالَّذِي لَا يَذْكُرُ رَبَّهُ مَثَلُ الْحَيِّ وَالْمَيِّتِ » (al-Bukhārī 6407)
Ce que l’évocation apporte
Le Prophète ﷺ a dit : « Voulez-vous que je vous indique la meilleure de vos œuvres, la plus pure auprès de votre Souverain, celle qui vous élève le plus en degrés, meilleure pour vous que de dépenser l’or et l’argent, et meilleure pour vous que de rencontrer votre ennemi, de frapper ses nuques et qu’il frappe les vôtres ? » Ils dirent : « Oui. » Il dit : « L’évocation d’Allah » (at-Tirmidhī 3377, Ibn Mājah 3790 ; authentique). Un homme lui dit que les prescriptions de l’islam étaient trop nombreuses pour lui et demanda une chose à laquelle s’attacher ; il répondit : « Que ta langue reste humide de l’évocation d’Allah » (at-Tirmidhī 3375, Ibn Mājah 3793 ; authentique). Les quatre paroles « Gloire à Allah, louange à Allah, il n’y a de divinité qu’Allah, Allah est le plus grand » sont « les paroles les plus aimées d’Allah » (Muslim 2137).
« أَلَا أُنَبِّئُكُمْ بِخَيْرِ أَعْمَالِكُمْ، وَأَزْكَاهَا عِنْدَ مَلِيكِكُمْ، وَأَرْفَعِهَا فِي دَرَجَاتِكُمْ، وَخَيْرٍ لَكُمْ مِنْ إِنْفَاقِ الذَّهَبِ وَالْوَرِقِ، وَخَيْرٍ لَكُمْ مِنْ أَنْ تَلْقَوْا عَدُوَّكُمْ فَتَضْرِبُوا أَعْنَاقَهُمْ وَيَضْرِبُوا أَعْنَاقَكُمْ؟ قَالُوا: بَلَى. قَالَ: ذِكْرُ اللَّهِ تَعَالَى » (at-Tirmidhī 3377) · « لَا يَزَالُ لِسَانُكَ رَطْبًا مِنْ ذِكْرِ اللَّهِ » (at-Tirmidhī 3375) · « أَحَبُّ الْكَلَامِ إِلَى اللَّهِ أَرْبَعٌ: سُبْحَانَ اللَّهِ، وَالْحَمْدُ لِلَّهِ، وَلَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ، وَاللَّهُ أَكْبَرُ » (Muslim 2137)
Le Coran est la plus haute évocation : « Celui qui lit une lettre du Livre d’Allah a une bonne action, et la bonne action vaut dix fois. Je ne dis pas que Alif Lām Mīm est une lettre, mais Alif est une lettre, Lām est une lettre et Mīm est une lettre » (at-Tirmidhī 2910 ; authentique). Et ‘Uqba ibn ‘Āmir rapporte : « Le Messager d’Allah ﷺ sortit vers nous alors que nous étions dans la ṣuffa, et dit : Lequel d’entre vous aimerait aller chaque matin à Buṭḥān ou à al-‘Aqīq et en ramener deux belles chamelles, sans péché ni rupture de lien de parenté ? Nous dîmes : Nous aimerions tous cela. Il dit : Que l’un de vous aille à la mosquée et apprenne, ou lise, deux versets du Livre d’Allah, cela vaut mieux pour lui que deux chamelles ; trois, mieux que trois ; quatre, mieux que quatre ; et ainsi pour le nombre de chameaux » (Muslim 803).
« مَنْ قَرَأَ حَرْفًا مِنْ كِتَابِ اللَّهِ فَلَهُ بِهِ حَسَنَةٌ، وَالْحَسَنَةُ بِعَشْرِ أَمْثَالِهَا، لَا أَقُولُ الم حَرْفٌ، وَلَكِنْ أَلِفٌ حَرْفٌ وَلَامٌ حَرْفٌ وَمِيمٌ حَرْفٌ » (at-Tirmidhī 2910)
Ce que son absence coûte
« Celui qui s’assied à un endroit sans y évoquer Allah encourt de la part d’Allah un manque, et celui qui se couche sans L’évoquer encourt de la part d’Allah un manque » (Abū Dāwūd 4856 ; ḥasan). « Chaque fois que des gens s’assoient dans une assemblée sans y évoquer Allah ni prier sur leur Prophète ﷺ, c’est pour eux un manque : s’Il veut, Il les châtie ; s’Il veut, Il leur pardonne » (at-Tirmidhī 3380 ; authentique). « Chaque fois que des gens quittent une assemblée où ils n’ont pas évoqué Allah, c’est comme s’ils quittaient la charogne d’un âne, et cela sera pour eux une source de remords » (Abū Dāwūd 4855 ; authentique).
« مَا جَلَسَ قَوْمٌ مَجْلِسًا لَمْ يَذْكُرُوا اللَّهَ فِيهِ وَلَمْ يُصَلُّوا عَلَى نَبِيِّهِمْ إِلَّا كَانَ عَلَيْهِمْ تِرَةً، فَإِنْ شَاءَ عَذَّبَهُمْ وَإِنْ شَاءَ غَفَرَ لَهُمْ » (at-Tirmidhī 3380) · « مَا مِنْ قَوْمٍ يَقُومُونَ مِنْ مَجْلِسٍ لَا يَذْكُرُونَ اللَّهَ فِيهِ إِلَّا قَامُوا عَنْ مِثْلِ جِيفَةِ حِمَارٍ، وَكَانَ لَهُمْ حَسْرَةً » (Abū Dāwūd 4855)
La maison
« Faites une part de vos prières dans vos maisons, et n’en faites pas des tombes » (al-Bukhārī 432, Muslim 777). « Ne faites pas de vos maisons des cimetières ; Satan fuit la maison dans laquelle est récitée la sourate al-Baqara » (Muslim 780). Lorsque l’homme entre chez lui en mentionnant Allah, et mentionne Allah avant de manger, Satan dit à ses compagnons : « Ni logis pour vous ici, ni dîner » (Muslim 2018). La maison où l’on dit « Bismillāh » en entrant, où l’on invoque avant de dormir, où les enfants entendent le Coran, est une maison vivante. Celle où l’on n’entend que l’écran est une maison que les démons habitent, selon le mot même du hadith.
« اجْعَلُوا فِي بُيُوتِكُمْ مِنْ صَلَاتِكُمْ، وَلَا تَتَّخِذُوهَا قُبُورًا » (al-Bukhārī 432, Muslim 777) · « لَا تَجْعَلُوا بُيُوتَكُمْ مَقَابِرَ، إِنَّ الشَّيْطَانَ يَنْفِرُ مِنَ الْبَيْتِ الَّذِي تُقْرَأُ فِيهِ سُورَةُ الْبَقَرَةِ » (Muslim 780) · « إِذَا دَخَلَ الرَّجُلُ بَيْتَهُ فَذَكَرَ اللَّهَ عِنْدَ دُخُولِهِ وَعِنْدَ طَعَامِهِ، قَالَ الشَّيْطَانُ: لَا مَبِيتَ لَكُمْ وَلَا عَشَاءَ » (Muslim 2018)
Les maisons des pieux prédécesseurs étaient de ces maisons vivantes, et c’est de là que sont sortis les savants, les combattants, les femmes vertueuses et les enfants pieux dont nous lisons l’histoire. Elles ne possédaient rien de ce que nous possédons. Elles possédaient l’évocation d’Allah.
Pour une famille en France, concrètement
- Les invocations du matin et du soir, apprises par les parents puis par les enfants, deux ou trois pour commencer : « Ô Allah, par Toi nous entrons dans le matin… », les trois « Qul » soufflés sur soi, le verset du Trône.
- « Bismillāh » à l’entrée, au repas, en montant en voiture ; « al-ḥamdu li-Llāh » à la fin du repas ; l’invocation en se couchant et au réveil. Ce sont des mots de deux secondes, qui changent la nature d’une journée.
- Un moment de Coran par jour dans la maison, même court, lu à voix audible par l’un des membres de la famille.
- Invoquer devant les enfants et pour eux, en les nommant, pour qu’ils apprennent que leur père et leur mère demandent à Allah, et à qui ils doivent demander.
- Terminer les réunions familiales, même ordinaires, par l’invocation d’expiation de l’assemblée : « Gloire et louange à Toi, ô Allah ; je témoigne qu’il n’y a de divinité que Toi ; je Te demande pardon et je me repens à Toi » (at-Tirmidhī 3433 ; authentique).
« سُبْحَانَكَ اللَّهُمَّ وَبِحَمْدِكَ، أَشْهَدُ أَنْ لَا إِلَهَ إِلَّا أَنْتَ، أَسْتَغْفِرُكَ وَأَتُوبُ إِلَيْكَ » (at-Tirmidhī 3433)
Conclusion
L’invocation est le premier mot d’Adam après la faute et le dernier mot du croyant avant la mort. Entre les deux, elle est ce qui tient debout tout le reste : la prière rituelle qui s’ouvre sur une demande, le jeûne qui se rompt sur une demande, le pèlerinage qui culmine en une après-midi de demandes sur une plaine nue. Le Prophète ﷺ n’a pas dit que l’invocation était une partie de l’adoration ; il a dit qu’elle était l’adoration.
Si ce dossier devait se résumer en quelques phrases, ce seraient celles-ci. L’invocation est naturelle à l’homme et l’islam la rend à son seul destinataire. Elle est l’aveu de la pauvreté de la créature, et c’est pourquoi Allah l’aime. Aucune invocation n’est perdue : elle est accordée, réservée ou convertie. Les règles de l’invocation sont des règles d’amour, non des formalités : la louange avant la demande, la voix basse, la certitude, l’insistance sans impatience, le gain licite. Le Prophète ﷺ a laissé des invocations complètes, et le musulman qui les apprend parle à son Seigneur avec les mots de celui qui Le connaissait le mieux. Les divergences entre les écoles sur la forme de certaines pratiques sont anciennes, légitimes et sans gravité ; elles ne doivent diviser personne. Et les deux obstacles les plus courants sont la nourriture illicite et le découragement.
L’invocation peut être formulée en arabe, avec les mots du Coran et de la Sunna ; elle peut aussi être adressée à Allah dans la langue que le croyant comprend et parle, en français notamment. Allah connaît toutes les langues et n’attend pas de Son serviteur qu’il prononce des mots dont il ignore le sens. L’essentiel est la sincérité, l’humilité, la licéité de la demande et la présence du cœur. Le musulman invoque donc en agissant, espère en prenant les moyens, demande en acceptant que la sagesse d’Allah dépasse la sienne. L’exaucement prend la forme d’un don immédiat, d’un mal écarté, d’un bien différé ou d’une récompense gardée pour l’au-delà ; dans tous les cas, l’invocation n’est jamais perdue.
Au lecteur non musulman qui aura lu jusqu’ici, une seule chose : la prochaine fois que la vie vous mettra à genoux, et que vous sentirez monter cette demande qui ne s’adresse à personne de visible, sachez qu’elle a un destinataire, qu’Il est plus proche de vous que la veine de votre cou, et qu’Il a dit : « Invoquez-Moi, Je vous exaucerai. »
﴿وَإِذَا سَأَلَكَ عِبَادِي عَنِّي فَإِنِّي قَرِيبٌ أُجِيبُ دَعْوَةَ الدَّاعِ إِذَا دَعَانِ﴾ (2 : 186) · ﴿ادْعُونِي أَسْتَجِبْ لَكُمْ﴾ (40 : 60)
Au lecteur musulman : « Que ta langue reste humide de l’évocation d’Allah. » Tout le reste viendra avec.
Deuxième partie — Mettre en pratique comme le Prophète ﷺ : le wird de la journée
Introduction : un wird pour toute la journée
Le mot wird désigne une part fixe d’adoration que l’on s’impose chaque jour : une portion de Coran, un nombre d’évocations, des invocations attachées à des moments précis. Les pieux prédécesseurs en avaient tous un, et ils tenaient que l’homme sans wird vit sa journée au hasard. Ce dossier propose le wird le plus naturel qui soit : celui que le Prophète ﷺ a lui-même suivi, en attachant une parole à chaque geste de la vie ordinaire, du réveil au coucher. Il prolonge la première partie de cette page, qui expose les règles, les mérites et les divergences de l’invocation ; ici, on donne les textes eux-mêmes, dans l’ordre de la journée.
Pour chaque invocation, le dossier donne : le texte arabe vocalisé, une translittération simplifiée pour le lecteur francophone, la traduction, la source avec son numéro et son degré d’authenticité, et le mérite rapporté. Les hadiths sont numérotés selon les éditions courantes ; les degrés suivent at-Tirmidhī quand il se prononce, puis an-Nawawī, Ibn Ḥajar, al-Mundhirī, et pour les Sunan les vérifications contemporaines les plus utilisées.
La règle sur les hadiths faibles dans les mérites
Ce dossier cite des hadiths faibles, et il le dit chaque fois. Ce n’est pas un relâchement : c’est l’application d’une règle ancienne. Les savants du hadith, dès ‘Abd ar-Raḥmān ibn Mahdī, Aḥmad ibn Ḥanbal et Ibn al-Mubārak, distinguaient ce qui touche au licite et à l’illicite, où l’on est strict, de ce qui touche aux mérites des œuvres (faḍā’il al-a’māl), où l’on est indulgent. An-Nawawī, dans al-Adhkār, écrit que les savants parmi les traditionnistes, les juristes et les autres ont dit : il est permis et recommandé d’agir, dans les mérites, l’encouragement et la dissuasion, selon le hadith faible tant qu’il n’est pas forgé. Ibn Ḥajar a fixé les trois conditions que tous reprennent : que la faiblesse ne soit pas grave (pas de menteur ni d’accusé de mensonge dans la chaîne), que le hadith rentre sous un principe général établi par des textes authentiques, et qu’on ne croie pas, en agissant, que le Prophète ﷺ l’a dit avec certitude, mais seulement par précaution.
Pourquoi cette indulgence ? Parce qu’un hadith faible sur le mérite d’une invocation ne crée aucune obligation, aucun interdit, aucune croyance nouvelle : il encourage à faire une chose déjà bonne par ailleurs, comme glorifier Allah, et le pire qui puisse arriver est qu’on ait glorifié Allah pour une récompense moindre que celle annoncée. Un courant minoritaire, représenté par Ibn al-‘Arabī al-Mālikī et, à l’époque contemporaine, par al-Albānī, refuse tout usage du hadith faible ; on respecte ce choix, mais la majorité des écoles ne l’a pas suivi, et ce dossier suit la majorité, en marquant chaque degré pour que le lecteur sache ce qu’il tient dans la main.
Comment utiliser ce dossier
On ne commence pas par tout. On choisit trois ou quatre moments (le réveil, la sortie de la maison, le repas, le coucher), on apprend leurs invocations en arabe pendant un mois, puis on ajoute les évocations du matin et du soir, puis le reste. Un converti qui ne lit pas l’arabe peut dire les traductions en français en attendant, pour les invocations hors de la prière rituelle ; dans la prière, il se limite aux formules arabes qu’il connaît. Le programme type en fin de partie donne un ordre de priorité, et l’interrupteur ci-dessus permet de n’afficher que les textes authentiques et ḥasan.
Le réveil
Le Prophète ﷺ a dit : « Satan fait trois nœuds sur la nuque de l’un de vous quand il dort, et frappe sur chaque nœud : tu as une longue nuit, dors. S’il se réveille et évoque Allah, un nœud se défait ; s’il fait ses ablutions, un nœud se défait ; s’il prie, le dernier se défait, et il se lève le matin actif et l’âme en paix ; sinon il se lève l’âme mauvaise et paresseux » (al-Bukhārī 1142, Muslim 776). La première parole du réveil n’est donc pas un détail : elle défait le premier nœud.
Réveil · En ouvrant les yeux
الْحَمْدُ لِلَّهِ الَّذِي أَحْيَانَا بَعْدَ مَا أَمَاتَنَا وَإِلَيْهِ النُّشُورُ
Al-ḥamdu li-Llāhi lladhī aḥyānā ba’da mā amātanā wa ilayhi n-nushūr
Louange à Allah qui nous a rendu la vie après nous avoir fait mourir, et c’est vers Lui que se fera la résurrection
al-Bukhārī 6312, Muslim 2711 Authentique
C’était la parole du Prophète ﷺ au réveil ; le sommeil est appelé « petite mort » (39 : 42), et la première parole est un acte de foi en la résurrection
Réveil · En ouvrant les yeux (variante)
الْحَمْدُ لِلَّهِ الَّذِي عَافَانِي فِي جَسَدِي، وَرَدَّ عَلَيَّ رُوحِي، وَأَذِنَ لِي بِذِكْرِهِ
Al-ḥamdu li-Llāhi lladhī ‘āfānī fī jasadī, wa radda ‘alayya rūḥī, wa adhina lī bi-dhikrih
Louange à Allah qui m’a donné la santé dans mon corps, m’a rendu mon âme et m’a permis de L’évoquer
at-Tirmidhī 3401 Ḥasan
Trois bienfaits reconnus avant toute chose : la santé, la vie, et la permission d’évoquer Allah
Réveil · Au réveil, en se frottant le visage
… (les dix derniers versets de la sourate Āl ‘Imrān, 3 : 190-200)
إِنَّ فِي خَلْقِ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ وَاخْتِلَافِ اللَّيْلِ وَالنَّهَارِ لَآيَاتٍ لِّأُولِي الْأَلْبَابِ
Inna fī khalqi s-samāwāti wa l-arḍi wa khtilāfi l-layli wa n-nahāri la-āyātin li-ulī l-albāb…
Dans la création des cieux et de la terre et dans l’alternance de la nuit et du jour, il y a des signes pour les doués d’intelligence…
al-Bukhārī 183, Muslim 763 (Ibn ‘Abbās, nuit chez Maymūna) Authentique
Le Prophète ﷺ se réveilla, essuya le sommeil de son visage avec ses mains, puis récita ces versets avant de faire ses ablutions ; la journée commence par la contemplation
Réveil · Si l’on se réveille dans la nuit
لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَحْدَهُ لَا شَرِيكَ لَهُ، لَهُ الْمُلْكُ وَلَهُ الْحَمْدُ، وَهُوَ عَلَى كُلِّ شَيْءٍ قَدِيرٌ، الْحَمْدُ لِلَّهِ، وَسُبْحَانَ اللَّهِ، وَلَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ، وَاللَّهُ أَكْبَرُ، وَلَا حَوْلَ وَلَا قُوَّةَ إِلَّا بِاللَّهِ، puis : اللَّهُمَّ اغْفِرْ لِي
Lā ilāha illa Llāhu waḥdahu lā sharīka lah, lahu l-mulku wa lahu l-ḥamd, wa huwa ‘alā kulli shay’in qadīr, al-ḥamdu li-Llāh, wa subḥāna Llāh, wa lā ilāha illa Llāh, wa Llāhu akbar, wa lā ḥawla wa lā quwwata illā bi-Llāh ; puis : Allāhumma ghfir lī
Il n’y a de divinité qu’Allah, Unique, sans associé ; à Lui la royauté et la louange, et Il est capable de toute chose. Louange à Allah, gloire à Allah, il n’y a de divinité qu’Allah, Allah est le plus grand, il n’y a de force ni de puissance que par Allah. Puis : Ô Allah, pardonne-moi
al-Bukhārī 1154 (‘Ubāda ibn aṣ-Ṣāmit) Authentique
« Celui qui se réveille la nuit et dit cela, puis dit : Ô Allah, pardonne-moi, ou invoque, est exaucé ; et s’il fait ses ablutions et prie, sa prière est acceptée »
Réveil · Au réveil nocturne (variante)
لَا إِلَهَ إِلَّا أَنْتَ سُبْحَانَكَ اللَّهُمَّ أَسْتَغْفِرُكَ لِذَنْبِي، وَأَسْأَلُكَ رَحْمَتَكَ، اللَّهُمَّ زِدْنِي عِلْمًا، وَلَا تُزِغْ قَلْبِي بَعْدَ إِذْ هَدَيْتَنِي، وَهَبْ لِي مِنْ لَدُنْكَ رَحْمَةً إِنَّكَ أَنْتَ الْوَهَّابُ
Lā ilāha illā anta subḥānaka Llāhumma astaghfiruka li-dhanbī, wa as’aluka raḥmatak, Allāhumma zidnī ‘ilmā, wa lā tuzigh qalbī ba’da idh hadaytanī, wa hab lī min ladunka raḥmatan innaka anta l-Wahhāb
Il n’y a de divinité que Toi, gloire à Toi, ô Allah ; je Te demande pardon pour mon péché et je Te demande Ta miséricorde. Ô Allah, augmente-moi en science, ne fais pas dévier mon cœur après m’avoir guidé, et accorde-moi une miséricorde venant de Toi, Tu es le Grand Donateur
Abū Dāwūd 5061 (‘Ā’isha) Discutéjugée faible par certains
Rapportée comme parole du Prophète ﷺ lorsqu’il se réveillait la nuit
Les gestes du réveil
- Le siwāk. « Lorsque le Prophète ﷺ se levait la nuit, il se nettoyait la bouche avec le siwāk » (al-Bukhārī 245, Muslim 255). Mérite : « Le siwāk purifie la bouche et satisfait le Seigneur » (an-Nasā’ī 5, Aḥmad ; authentique). Une brosse à dents remplit la fonction ; le bâton d’arāk garde la forme de la Sunna.
- Laver les mains trois fois avant de les plonger dans l’eau : « Quand l’un de vous se réveille de son sommeil, qu’il ne plonge pas sa main dans le récipient avant de l’avoir lavée trois fois, car il ne sait pas où sa main a passé la nuit » (al-Bukhārī 162, Muslim 278). Avec un robinet, le sens demeure : on se lave les mains d’abord.
- Se moucher l’eau trois fois : « Quand l’un de vous se réveille, qu’il aspire de l’eau par le nez et la rejette trois fois, car Satan passe la nuit dans ses narines » (al-Bukhārī 3295, Muslim 238).
- Puis les ablutions et la prière du Fajr. Mérite des deux unités avant le Fajr : « Les deux unités de l’aube valent mieux que ce monde et ce qu’il contient » (Muslim 725).
Les toilettes et la salle de bain
Les lieux d’aisances sont, dans les textes, des lieux fréquentés par les démons ; on y entre avec une demande de protection et on en sort avec une demande de pardon. Entre les deux, on ne parle pas, on n’évoque pas Allah à voix haute, et on n’y emporte rien qui porte Son Nom.
Toilettes · Avant d’entrer
بِسْمِ اللَّهِ
Bismillāh
Au nom d’Allah
at-Tirmidhī 606 (‘Alī) Faiblerenforcée par des témoins selon certains savants
« Le voile entre les yeux des djinns et la nudité des fils d’Adam, quand l’un d’eux entre aux toilettes, est de dire : Bismillāh »
Toilettes · En entrant (avant de franchir le seuil)
اللَّهُمَّ إِنِّي أَعُوذُ بِكَ مِنَ الْخُبْثِ وَالْخَبَائِثِ
Allāhumma innī a’ūdhu bika mina l-khubthi wa l-khabā’ith
Ô Allah, je cherche refuge auprès de Toi contre les démons mâles et femelles
al-Bukhārī 142, Muslim 375 (Anas) Authentique
Le Prophète ﷺ le disait à chaque entrée ; les commentateurs lisent khubth (démons mâles) et khabā’ith (démons femelles), ou, selon une autre lecture, « le mal et les choses mauvaises »
Toilettes · En sortant
غُفْرَانَكَ
Ghufrānak
Ton pardon !
Abū Dāwūd 30, at-Tirmidhī 7, Ibn Mājah 300 (‘Ā’isha) Authentique
Les savants ont donné deux sens : on demande pardon d’avoir été, pendant ce temps, dans l’incapacité d’évoquer Allah ; ou l’on reconnaît, devant le bienfait du soulagement, qu’on ne saurait assez remercier
Toilettes · En sortant (complément)
الْحَمْدُ لِلَّهِ الَّذِي أَذْهَبَ عَنِّي الْأَذَى وَعَافَانِي
Al-ḥamdu li-Llāhi lladhī adhhaba ‘annī l-adhā wa ‘āfānī
Louange à Allah qui a éloigné de moi ce qui me nuisait et m’a donné la santé
Ibn Mājah 301 (Anas) Faible
Remerciement pour un bienfait que l’on oublie tant qu’il ne manque pas
Toilettes · En se déshabillant (salle de bain)
بِسْمِ اللَّهِ
Bismillāh
Au nom d’Allah
at-Tirmidhī 606 ; même hadith, même degré
« Le voile entre les yeux des djinns et la nudité des fils d’Adam, quand l’un d’eux retire son vêtement, est de dire : Bismillāh »
Les règles qui accompagnent
- On entre du pied gauche et on sort du pied droit, par application de la règle générale : « Le Prophète ﷺ aimait commencer par la droite dans sa purification, sa coiffure et ses chaussures » (al-Bukhārī 168, Muslim 268), la gauche étant pour ce qui est bas.
- On ne fait pas face à la qibla ni ne lui tourne le dos en se soulageant, en terrain découvert (al-Bukhārī 394, Muslim 264) ; dans un bâtiment, la majorité des écoles l’admet, les ḥanbalites et une partie des mālikites le déconseillent encore.
- On ne parle pas, et l’on ne répond pas au salut : le Prophète ﷺ ne rendit pas le salut à un homme qui le salua pendant qu’il urinait (Muslim 370).
- On n’emporte pas de Coran ni d’objet portant le Nom d’Allah, par respect ; un téléphone contenant le Coran n’est pas un Coran selon la majorité des savants contemporains, mais on évite d’y afficher le texte.
- Après, la purification à l’eau (istinjā’) ou aux pierres et au papier (istijmār), avec la main gauche : « Que nul de vous ne touche son sexe de la main droite en urinant, ni ne se nettoie de la droite » (al-Bukhārī 153, Muslim 267). Mérite : les gens de Qubā’ furent loués dans le Coran pour leur purification à l’eau (9 : 108 ; Abū Dāwūd 44, ḥasan).
Les ablutions
Les ablutions sont elles-mêmes une adoration dont les mérites sont immenses : « Lorsque le serviteur musulman fait ses ablutions et se lave le visage, tout péché qu’il a regardé de ses yeux sort de son visage avec l’eau, ou avec la dernière goutte ; lorsqu’il se lave les mains, tout péché que ses mains ont saisi en sort avec l’eau ; lorsqu’il se lave les pieds, tout péché vers lequel ses pieds ont marché en sort avec l’eau, jusqu’à ce qu’il en ressorte pur de tout péché » (Muslim 244). « La purification est la moitié de la foi » (Muslim 223). Les membres lavés brilleront au Jour de la Résurrection, et le Prophète ﷺ reconnaîtra sa communauté à cette lumière (al-Bukhārī 136, Muslim 246). Les paroles qui l’encadrent ajoutent à cela.
Ablutions · Avant de commencer
بِسْمِ اللَّهِ
Bismillāh
Au nom d’Allah
Abū Dāwūd 101, at-Tirmidhī 25, Ibn Mājah 399 (Abū Hurayra) : « Pas d’ablutions pour celui qui n’y mentionne pas le Nom d’Allah » Faiblechaînes faibles isolément, ḥasan par leur réunion selon Ibn Ḥajar
Les ḥanbalites y voient une obligation, les trois autres écoles une recommandation ; en l’omettant par oubli, on la dit quand on s’en souvient
Ablutions · Pendant
(aucune invocation particulière n’est établie pour chaque membre ; an-Nawawī dit des formules qui circulent qu’elles n’ont pas de fondement)
an-Nawawī, al-Adhkār
On peut évoquer Allah librement, sans y attacher de formule prescrite
Ablutions · Après, en levant les yeux vers le ciel
أَشْهَدُ أَنْ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَحْدَهُ لَا شَرِيكَ لَهُ، وَأَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا عَبْدُهُ وَرَسُولُهُ
Ashhadu an lā ilāha illa Llāhu waḥdahu lā sharīka lah, wa ashhadu anna Muḥammadan ‘abduhu wa rasūluh
Je témoigne qu’il n’y a de divinité qu’Allah, Unique, sans associé, et je témoigne que Muḥammad est Son serviteur et Son Messager
Muslim 234 (‘Umar) Authentique
« Celui qui fait ses ablutions parfaitement puis dit cela, les huit portes du Paradis lui sont ouvertes, et il entre par celle qu’il veut »
Ablutions · Après (suite)
اللَّهُمَّ اجْعَلْنِي مِنَ التَّوَّابِينَ وَاجْعَلْنِي مِنَ الْمُتَطَهِّرِينَ
Allāhumma j’alnī mina t-tawwābīna wa j’alnī mina l-mutaṭahhirīn
Ô Allah, mets-moi parmi ceux qui se repentent et parmi ceux qui se purifient
at-Tirmidhī 55 (‘Umar) Authentique
Ajout à la formule précédente, avec le même mérite ; les deux qualités sont celles qu’Allah aime (2 : 222)
Ablutions · Après (suite)
سُبْحَانَكَ اللَّهُمَّ وَبِحَمْدِكَ، أَشْهَدُ أَنْ لَا إِلَهَ إِلَّا أَنْتَ، أَسْتَغْفِرُكَ وَأَتُوبُ إِلَيْكَ
Subḥānaka Llāhumma wa bi-ḥamdik, ashhadu an lā ilāha illā ant, astaghfiruka wa atūbu ilayk
Gloire et louange à Toi, ô Allah ; je témoigne qu’il n’y a de divinité que Toi ; je Te demande pardon et je me repens à Toi
an-Nasā’ī, ‘Amal al-yawm wa-l-layla 81 ; al-Ḥākim 1/564 (Abū Sa’īd) Authentiqueselon al-Ḥākim et al-Albānī, mawqūf selon d’autres
« Celui qui fait ses ablutions puis dit cela, c’est écrit sur un parchemin, puis scellé d’un sceau qui ne sera pas brisé jusqu’au Jour de la Résurrection »
Les mérites de bien faire ses ablutions
- « Celui qui fait ses ablutions comme je viens de les faire, puis prie deux unités sans s’y parler à lui-même, ses péchés passés lui sont pardonnés » (al-Bukhārī 159, Muslim 226, d’après ‘Uthmān).
- « Voulez-vous que je vous indique ce par quoi Allah efface les péchés et élève les degrés ? Faire les ablutions complètement malgré ce qui les rend pénibles, multiplier les pas vers les mosquées, et attendre la prière après la prière : voilà le ribāṭ » (Muslim 251).
- Le siwāk avec les ablutions : « Si ce n’était la crainte de peser sur ma communauté, je leur aurais ordonné le siwāk à chaque ablution » (Mālik, al-Muwaṭṭa’ ; an-Nasā’ī 7 ; authentique).
- Faire ses ablutions avant de dormir, avant d’invoquer, avant de lire le Coran : recommandé, non obligatoire, et chaque fois une purification de plus.
S’habiller, se déshabiller, le vêtement neuf, le miroir
Le vêtement est un bienfait que le Coran nomme en premier parmi les dons faits aux fils d’Adam (7 : 26), et le Prophète ﷺ a dit qu’Allah « aime voir la trace de Son bienfait sur Son serviteur » (at-Tirmidhī 2819 ; ḥasan ṣaḥīḥ). On s’habille donc avec une louange, et l’on commence par la droite : « Lorsque vous vous habillez et lorsque vous faites vos ablutions, commencez par votre droite » (Abū Dāwūd 4141 ; authentique).
S’habiller · En mettant n’importe quel vêtement
الْحَمْدُ لِلَّهِ الَّذِي كَسَانِي هَذَا الثَّوْبَ وَرَزَقَنِيهِ مِنْ غَيْرِ حَوْلٍ مِنِّي وَلَا قُوَّةٍ
Al-ḥamdu li-Llāhi lladhī kasānī hādhā th-thawba wa razaqanīhi min ghayri ḥawlin minnī wa lā quwwa
Louange à Allah qui m’a vêtu de ce vêtement et me l’a accordé sans force ni puissance de ma part
Abū Dāwūd 4023, at-Tirmidhī 3458, Ibn Mājah 3285 (Mu’ādh) Ḥasan
« Celui qui met un vêtement et dit cela, ses péchés passés lui sont pardonnés »
S’habiller · En mettant un vêtement neuf, en le nommant (chemise, manteau…)
اللَّهُمَّ لَكَ الْحَمْدُ أَنْتَ كَسَوْتَنِيهِ، أَسْأَلُكَ مِنْ خَيْرِهِ وَخَيْرِ مَا صُنِعَ لَهُ، وَأَعُوذُ بِكَ مِنْ شَرِّهِ وَشَرِّ مَا صُنِعَ لَهُ
Allāhumma laka l-ḥamdu anta kasawtanīh, as’aluka min khayrihi wa khayri mā ṣuni’a lah, wa a’ūdhu bika min sharrihi wa sharri mā ṣuni’a lah
Ô Allah, à Toi la louange, c’est Toi qui m’en as vêtu ; je Te demande son bien et le bien pour lequel il a été fait, et je cherche refuge auprès de Toi contre son mal et le mal pour lequel il a été fait
Abū Dāwūd 4020, at-Tirmidhī 1767 (Abū Sa’īd) Authentique
Le Prophète ﷺ nommait le vêtement (turban, chemise, manteau) ; on demande que le vêtement serve à ce qui est bon et non à l’orgueil ou à l’ostentation
S’habiller · En mettant un vêtement neuf, puis en donnant l’ancien
الْحَمْدُ لِلَّهِ الَّذِي كَسَانِي مَا أُوَارِي بِهِ عَوْرَتِي وَأَتَجَمَّلُ بِهِ فِي حَيَاتِي
Al-ḥamdu li-Llāhi lladhī kasānī mā uwārī bihi ‘awratī wa atajammalu bihi fī ḥayātī
Louange à Allah qui m’a vêtu de quoi couvrir ma nudité et m’embellir dans ma vie
at-Tirmidhī 3560, Ibn Mājah 3557 (‘Umar) Faible
« Celui qui met un vêtement neuf et dit cela, puis prend le vêtement usé et le donne en aumône, est sous la garde d’Allah, sous Sa protection et Son voile, vivant et mort »
S’habiller · À quelqu’un qui porte un vêtement neuf
تُبْلِي وَيُخْلِفُ اللَّهُ تَعَالَى
Tublī wa yukhlifu Llāhu ta’ālā
Puisses-tu l’user, et qu’Allah le remplace
Abū Dāwūd 4020 Authentique
Souhait de longue vie ; le Prophète ﷺ dit à la petite Umm Khālid : « Use-le et mets-le en lambeaux », deux fois (al-Bukhārī 5845)
S’habiller · À quelqu’un qui porte un vêtement neuf (variante)
اِلْبَسْ جَدِيدًا، وَعِشْ حَمِيدًا، وَمُتْ شَهِيدًا
Ilbas jadīdan, wa ‘ish ḥamīdan, wa mut shahīdan
Porte du neuf, vis loué, et meurs martyr
Ibn Mājah 3558 (Ibn ‘Umar) Ḥasan
Le Prophète ﷺ le dit à ‘Umar en le voyant dans un vêtement neuf ; ‘Umar mourut martyr
S’habiller · En se déshabillant
بِسْمِ اللَّهِ
Bismillāh
Au nom d’Allah
at-Tirmidhī 606 Faiblerenforcée selon certains
Voile entre le regard des djinns et la nudité
S’habiller · Devant le miroir
اللَّهُمَّ كَمَا حَسَّنْتَ خَلْقِي فَحَسِّنْ خُلُقِي
Allāhumma kamā ḥassanta khalqī fa-ḥassin khuluqī
Ô Allah, comme Tu as fait belle ma création, rends beau mon caractère
Aḥmad 3823, Ibn Ḥibbān 959 (Ibn Mas’ūd) Authentiqueselon Ibn Ḥibbān et al-Albānī
Le miroir, qui pourrait nourrir l’orgueil, devient le lieu d’une demande sur le caractère ; la version qui commence par « al-ḥamdu li-Llāh » est d’une chaîne plus faible
Les gestes qui accompagnent
- On commence par le côté droit en s’habillant et en se chaussant, et par le gauche en se déshabillant et en se déchaussant : « Quand l’un de vous se chausse, qu’il commence par la droite ; quand il se déchausse, qu’il commence par la gauche ; que la droite soit la première chaussée et la dernière déchaussée » (al-Bukhārī 5856, Muslim 2097).
- On ne marche pas avec une seule chaussure (Muslim 2097), et l’on vérifie ses chaussures avant de les mettre : sens pratique de la Sunna.
- Le vêtement ne descend pas sous les chevilles pour l’homme par orgueil (al-Bukhārī 5787), et la femme couvre ce que le Coran lui demande de couvrir ; le dossier sur le voile en traite.
Les évocations du matin et du soir
Le Coran ordonne l’évocation « matin et soir » (33 : 42 ; 7 : 205 ; 20 : 130). Pour les savants, le matin va de la prière du Fajr au lever du soleil, et à défaut jusqu’au milieu de la journée ; le soir va de la prière du ‘Aṣr au coucher du soleil, et à défaut jusque dans la nuit. Celui qui les dit chaque jour, même en partie, possède une protection quotidienne dont les textes décrivent les effets avec une précision inhabituelle : nul ne lui nuit, les démons s’écartent, le Paradis lui est promis s’il meurt ce jour-là. On commence par les cinq premières de ce tableau, qui sont les plus sûres et les plus courtes, et l’on ajoute au fil des semaines.
Les formules du matin se disent au soir en remplaçant « aṣbaḥnā » (nous voici au matin) par « amsaynā » (nous voici au soir), « hādhā l-yawm » (ce jour) par « hādhihi l-layla » (cette nuit), et « an-nushūr » (la résurrection) par « al-maṣīr » (le retour), là où le hadith le précise.
Matin et soir · 1 fois matin et soir
… (2 : 255)
آيَةُ الْكُرْسِيِّ : اللَّهُ لَا إِلَٰهَ إِلَّا هُوَ الْحَيُّ الْقَيُّومُ
Allāhu lā ilāha illā huwa l-Ḥayyu l-Qayyūm…
Le verset du Trône, en entier
an-Nasā’ī, ‘Amal al-yawm wa-l-layla 960 ; al-Ḥākim 1/562 (Ubayy ibn Ka’b) Authentique
« Celui qui le dit le matin est protégé des djinns jusqu’au soir, et celui qui le dit le soir est protégé jusqu’au matin »
Matin et soir · 3 fois chacune, matin et soir
… (sourates 112, 113, 114)
قُلْ هُوَ اللَّهُ أَحَدٌ … قُلْ أَعُوذُ بِرَبِّ الْفَلَقِ … قُلْ أَعُوذُ بِرَبِّ النَّاسِ
Qul huwa Llāhu aḥad… Qul a’ūdhu bi-rabbi l-falaq… Qul a’ūdhu bi-rabbi n-nās…
Les trois sourates « Dis »
Abū Dāwūd 5082, at-Tirmidhī 3575, an-Nasā’ī 5428 (‘Abdullāh ibn Khubayb) Ḥasan ṣaḥīḥ
« Dis-les trois fois le matin et le soir : elles te suffiront contre toute chose »
Matin et soir · 1 fois ; le soir : amsaynā wa amsā l-mulku…, hādhihi l-layla
أَصْبَحْنَا وَأَصْبَحَ الْمُلْكُ لِلَّهِ، وَالْحَمْدُ لِلَّهِ، لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَحْدَهُ لَا شَرِيكَ لَهُ، لَهُ الْمُلْكُ وَلَهُ الْحَمْدُ وَهُوَ عَلَى كُلِّ شَيْءٍ قَدِيرٌ، رَبِّ أَسْأَلُكَ خَيْرَ مَا فِي هَذَا الْيَوْمِ وَخَيْرَ مَا بَعْدَهُ، وَأَعُوذُ بِكَ مِنْ شَرِّ مَا فِي هَذَا الْيَوْمِ وَشَرِّ مَا بَعْدَهُ، رَبِّ أَعُوذُ بِكَ مِنَ الْكَسَلِ وَسُوءِ الْكِبَرِ، رَبِّ أَعُوذُ بِكَ مِنْ عَذَابٍ فِي النَّارِ وَعَذَابٍ فِي الْقَبْرِ
Aṣbaḥnā wa aṣbaḥa l-mulku li-Llāh, wa l-ḥamdu li-Llāh, lā ilāha illa Llāhu waḥdahu lā sharīka lah, lahu l-mulku wa lahu l-ḥamdu wa huwa ‘alā kulli shay’in qadīr. Rabbi as’aluka khayra mā fī hādhā l-yawmi wa khayra mā ba’dah, wa a’ūdhu bika min sharri mā fī hādhā l-yawmi wa sharri mā ba’dah. Rabbi a’ūdhu bika mina l-kasali wa sū’i l-kibar, rabbi a’ūdhu bika min ‘adhābin fī n-nāri wa ‘adhābin fī l-qabr
Nous voici au matin, et la royauté appartient à Allah ; louange à Allah ; il n’y a de divinité qu’Allah, Unique, sans associé ; à Lui la royauté et la louange, et Il est capable de toute chose. Seigneur, je Te demande le bien de ce jour et le bien de ce qui le suit, et je cherche refuge auprès de Toi contre le mal de ce jour et le mal de ce qui le suit. Seigneur, je cherche refuge auprès de Toi contre la paresse et la mauvaise vieillesse ; Seigneur, je cherche refuge auprès de Toi contre un châtiment dans le Feu et un châtiment dans la tombe
Muslim 2723 (Ibn Mas’ūd) Authentique
La journée entière est placée sous la royauté d’Allah, avec une demande pour le jour et pour l’au-delà du jour
Matin et soir · 1 fois ; le soir : bika amsaynā wa bika aṣbaḥnā… wa ilayka l-maṣīr
اللَّهُمَّ بِكَ أَصْبَحْنَا، وَبِكَ أَمْسَيْنَا، وَبِكَ نَحْيَا، وَبِكَ نَمُوتُ، وَإِلَيْكَ النُّشُورُ
Allāhumma bika aṣbaḥnā, wa bika amsaynā, wa bika naḥyā, wa bika namūt, wa ilayka n-nushūr
Ô Allah, par Toi nous entrons dans le matin, par Toi nous entrons dans le soir, par Toi nous vivons, par Toi nous mourons, et vers Toi est la résurrection
at-Tirmidhī 3391, Abū Dāwūd 5068 (Abū Hurayra) Authentique
Le Prophète ﷺ l’enseignait ; chaque matin est reçu comme un don
Matin et soir · 1 fois matin et soir
سَيِّدُ الِاسْتِغْفَارِ : اللَّهُمَّ أَنْتَ رَبِّي لَا إِلَهَ إِلَّا أَنْتَ، خَلَقْتَنِي وَأَنَا عَبْدُكَ، وَأَنَا عَلَى عَهْدِكَ وَوَعْدِكَ مَا اسْتَطَعْتُ، أَعُوذُ بِكَ مِنْ شَرِّ مَا صَنَعْتُ، أَبُوءُ لَكَ بِنِعْمَتِكَ عَلَيَّ، وَأَبُوءُ بِذَنْبِي، فَاغْفِرْ لِي فَإِنَّهُ لَا يَغْفِرُ الذُّنُوبَ إِلَّا أَنْتَ
Allāhumma anta rabbī lā ilāha illā ant, khalaqtanī wa anā ‘abduk, wa anā ‘alā ‘ahdika wa wa’dika mā staṭa’t, a’ūdhu bika min sharri mā ṣana’t, abū’u laka bi-ni’matika ‘alayy, wa abū’u bi-dhanbī, fa-ghfir lī fa-innahu lā yaghfiru dh-dhunūba illā ant
Ô Allah, Tu es mon Seigneur, il n’y a de divinité que Toi ; Tu m’as créé et je suis Ton serviteur ; je suis fidèle à Ton pacte et à Ta promesse autant que je le peux ; je cherche refuge auprès de Toi contre le mal que j’ai commis ; je reconnais Ton bienfait sur moi et je reconnais mon péché ; pardonne-moi, car nul ne pardonne les péchés sinon Toi
al-Bukhārī 6306 (Shaddād ibn Aws) Authentique
« Celui qui la dit le jour avec certitude et meurt avant le soir est des gens du Paradis ; celui qui la dit la nuit avec certitude et meurt avant le matin est des gens du Paradis »
Matin et soir · 4 fois matin et soir
اللَّهُمَّ إِنِّي أَصْبَحْتُ أُشْهِدُكَ، وَأُشْهِدُ حَمَلَةَ عَرْشِكَ، وَمَلَائِكَتَكَ، وَجَمِيعَ خَلْقِكَ، أَنَّكَ أَنْتَ اللَّهُ لَا إِلَهَ إِلَّا أَنْتَ وَحْدَكَ لَا شَرِيكَ لَكَ، وَأَنَّ مُحَمَّدًا عَبْدُكَ وَرَسُولُكَ
Allāhumma innī aṣbaḥtu ushhiduk, wa ushhidu ḥamalata ‘arshik, wa malā’ikatak, wa jamī’a khalqik, annaka anta Llāhu lā ilāha illā anta waḥdaka lā sharīka lak, wa anna Muḥammadan ‘abduka wa rasūluk
Ô Allah, en ce matin je Te prends à témoin, et je prends à témoin les porteurs de Ton Trône, Tes anges et toute Ta création, que Tu es Allah, il n’y a de divinité que Toi, Unique, sans associé, et que Muḥammad est Ton serviteur et Ton Messager
Abū Dāwūd 5069, at-Tirmidhī 3501 (Anas) Faible
« Celui qui la dit le matin ou le soir quatre fois, Allah l’affranchit du Feu »
Matin et soir · 1 fois matin et soir
اللَّهُمَّ مَا أَصْبَحَ بِي مِنْ نِعْمَةٍ أَوْ بِأَحَدٍ مِنْ خَلْقِكَ فَمِنْكَ وَحْدَكَ لَا شَرِيكَ لَكَ، فَلَكَ الْحَمْدُ وَلَكَ الشُّكْرُ
Allāhumma mā aṣbaḥa bī min ni’matin aw bi-aḥadin min khalqika fa-minka waḥdaka lā sharīka lak, fa-laka l-ḥamdu wa laka sh-shukr
Ô Allah, tout bienfait qui m’atteint en ce matin, ou qui atteint l’une de Tes créatures, vient de Toi seul, sans associé ; à Toi la louange et à Toi la gratitude
Abū Dāwūd 5073 (‘Abdullāh ibn Ghannām) Discuté
« Celui qui le dit le matin a accompli la gratitude de son jour, et celui qui le dit le soir a accompli la gratitude de sa nuit »
Matin et soir · 3 fois matin et soir
اللَّهُمَّ عَافِنِي فِي بَدَنِي، اللَّهُمَّ عَافِنِي فِي سَمْعِي، اللَّهُمَّ عَافِنِي فِي بَصَرِي، لَا إِلَهَ إِلَّا أَنْتَ. اللَّهُمَّ إِنِّي أَعُوذُ بِكَ مِنَ الْكُفْرِ وَالْفَقْرِ، وَأَعُوذُ بِكَ مِنْ عَذَابِ الْقَبْرِ، لَا إِلَهَ إِلَّا أَنْتَ
Allāhumma ‘āfinī fī badanī, Allāhumma ‘āfinī fī sam’ī, Allāhumma ‘āfinī fī baṣarī, lā ilāha illā ant. Allāhumma innī a’ūdhu bika mina l-kufri wa l-faqr, wa a’ūdhu bika min ‘adhābi l-qabr, lā ilāha illā ant
Ô Allah, préserve mon corps ; ô Allah, préserve mon ouïe ; ô Allah, préserve ma vue ; il n’y a de divinité que Toi. Ô Allah, je cherche refuge auprès de Toi contre la mécréance et la pauvreté, et je cherche refuge auprès de Toi contre le châtiment de la tombe ; il n’y a de divinité que Toi
Abū Dāwūd 5090 (Abū Bakra) Ḥasan
Abū Bakra la disait trois fois, et dit : « J’ai entendu le Messager d’Allah ﷺ la dire, et j’aime suivre sa Sunna »
Matin et soir · 1 fois matin et soir
اللَّهُمَّ إِنِّي أَسْأَلُكَ الْعَافِيَةَ فِي الدُّنْيَا وَالْآخِرَةِ، اللَّهُمَّ إِنِّي أَسْأَلُكَ الْعَفْوَ وَالْعَافِيَةَ فِي دِينِي وَدُنْيَايَ وَأَهْلِي وَمَالِي، اللَّهُمَّ اسْتُرْ عَوْرَاتِي وَآمِنْ رَوْعَاتِي، اللَّهُمَّ احْفَظْنِي مِنْ بَيْنِ يَدَيَّ وَمِنْ خَلْفِي وَعَنْ يَمِينِي وَعَنْ شِمَالِي وَمِنْ فَوْقِي، وَأَعُوذُ بِعَظَمَتِكَ أَنْ أُغْتَالَ مِنْ تَحْتِي
Allāhumma innī as’aluka l-‘āfiyata fī d-dunyā wa l-ākhira, Allāhumma innī as’aluka l-‘afwa wa l-‘āfiyata fī dīnī wa dunyāya wa ahlī wa mālī, Allāhumma stur ‘awrātī wa āmin raw’ātī, Allāhumma ḥfaẓnī min bayni yadayya wa min khalfī wa ‘an yamīnī wa ‘an shimālī wa min fawqī, wa a’ūdhu bi-‘aẓamatika an ughtāla min taḥtī
Ô Allah, je Te demande la préservation ici-bas et dans l’au-delà ; ô Allah, je Te demande le pardon et la préservation dans ma religion, ma vie, ma famille et mes biens ; ô Allah, couvre mes défauts et apaise mes frayeurs ; ô Allah, protège-moi par-devant, par-derrière, à ma droite, à ma gauche et au-dessus de moi, et je cherche refuge auprès de Ta grandeur contre le fait d’être pris par en dessous
Abū Dāwūd 5074, Ibn Mājah 3871 (Ibn ‘Umar) Authentique
« Le Messager d’Allah ﷺ ne manquait jamais ces invocations, le matin et le soir » ; protection sur les six directions
Matin et soir · 1 fois matin, soir et au coucher
اللَّهُمَّ عَالِمَ الْغَيْبِ وَالشَّهَادَةِ، فَاطِرَ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ، رَبَّ كُلِّ شَيْءٍ وَمَلِيكَهُ، أَشْهَدُ أَنْ لَا إِلَهَ إِلَّا أَنْتَ، أَعُوذُ بِكَ مِنْ شَرِّ نَفْسِي، وَمِنْ شَرِّ الشَّيْطَانِ وَشِرْكِهِ، وَأَنْ أَقْتَرِفَ عَلَى نَفْسِي سُوءًا أَوْ أَجُرَّهُ إِلَى مُسْلِمٍ
Allāhumma ‘ālima l-ghaybi wa sh-shahāda, fāṭira s-samāwāti wa l-arḍ, rabba kulli shay’in wa malīkah, ashhadu an lā ilāha illā ant, a’ūdhu bika min sharri nafsī, wa min sharri sh-shayṭāni wa shirkih, wa an aqtarifa ‘alā nafsī sū’an aw ajurrahu ilā muslim
Ô Allah, Connaisseur de l’invisible et du visible, Créateur des cieux et de la terre, Seigneur et Souverain de toute chose, je témoigne qu’il n’y a de divinité que Toi ; je cherche refuge auprès de Toi contre le mal de mon âme, contre le mal de Satan et de son associationnisme, et contre le fait de commettre un mal contre moi-même ou de l’attirer sur un musulman
at-Tirmidhī 3392, Abū Dāwūd 5067 (Abū Bakr) Authentique
Enseignée par le Prophète ﷺ à Abū Bakr : « Dis-la le matin, le soir et quand tu te couches »
Matin et soir · 3 fois matin et soir
بِسْمِ اللَّهِ الَّذِي لَا يَضُرُّ مَعَ اسْمِهِ شَيْءٌ فِي الْأَرْضِ وَلَا فِي السَّمَاءِ وَهُوَ السَّمِيعُ الْعَلِيمُ
Bismillāhi lladhī lā yaḍurru ma’a smihi shay’un fī l-arḍi wa lā fī s-samā’i wa huwa s-Samī’u l-‘Alīm
Au nom d’Allah, avec le Nom duquel rien ne peut nuire, ni sur terre ni dans le ciel, et Il est l’Audient, l’Omniscient
Abū Dāwūd 5088, at-Tirmidhī 3388, Ibn Mājah 3869 (‘Uthmān) Ḥasan ṣaḥīḥ
« Celui qui la dit trois fois le matin, rien ne lui nuit jusqu’au soir ; trois fois le soir, rien ne lui nuit jusqu’au matin ». Abān ibn ‘Uthmān, frappé d’une paralysie, dit à qui le regardait : le hadith est vrai, mais ce jour-là je ne l’avais pas dite
Matin et soir · 3 fois matin et soir
رَضِيتُ بِاللَّهِ رَبًّا، وَبِالْإِسْلَامِ دِينًا، وَبِمُحَمَّدٍ ﷺ نَبِيًّا
Raḍītu bi-Llāhi rabban, wa bi-l-islāmi dīnan, wa bi-Muḥammadin nabiyyan
J’agrée Allah comme Seigneur, l’islam comme religion et Muḥammad ﷺ comme prophète
Abū Dāwūd 5072, at-Tirmidhī 3389 (Thawbān) ; chaîne discutée pour la mention du matin et du soir ; la formule elle-même est chez Muslim 1884 (Abū Sa’īd)
« Celui qui la dit, Allah se fait un devoir de le satisfaire au Jour de la Résurrection » ; et chez Muslim : « celui qui la dit, le Paradis lui est dû »
Matin et soir · 1 fois matin et soir
يَا حَيُّ يَا قَيُّومُ بِرَحْمَتِكَ أَسْتَغِيثُ، أَصْلِحْ لِي شَأْنِي كُلَّهُ، وَلَا تَكِلْنِي إِلَى نَفْسِي طَرْفَةَ عَيْنٍ
Yā Ḥayyu yā Qayyūm, bi-raḥmatika astaghīth, aṣliḥ lī sha’nī kullah, wa lā takilnī ilā nafsī ṭarfata ‘ayn
Ô Vivant, ô Subsistant par Toi-même, j’implore le secours par Ta miséricorde ; réforme toute mon affaire, et ne me laisse pas à moi-même le temps d’un clin d’œil
al-Ḥākim 1/545 (Anas) Discutéḥasan selon certains, chaîne discutée
Le Prophète ﷺ l’enseigna à Fāṭima : « Qu’est-ce qui t’empêche de dire le matin et le soir… »
Matin et soir · 1 fois matin et soir
أَصْبَحْنَا عَلَى فِطْرَةِ الْإِسْلَامِ، وَعَلَى كَلِمَةِ الْإِخْلَاصِ، وَعَلَى دِينِ نَبِيِّنَا مُحَمَّدٍ ﷺ، وَعَلَى مِلَّةِ أَبِينَا إِبْرَاهِيمَ حَنِيفًا مُسْلِمًا وَمَا كَانَ مِنَ الْمُشْرِكِينَ
Aṣbaḥnā ‘alā fiṭrati l-islām, wa ‘alā kalimati l-ikhlāṣ, wa ‘alā dīni nabiyyinā Muḥammad, wa ‘alā millati abīnā Ibrāhīma ḥanīfan musliman wa mā kāna mina l-mushrikīn
Nous voici au matin sur la nature originelle de l’islam, sur la parole de la sincérité, sur la religion de notre Prophète Muḥammad ﷺ, et sur la voie de notre père Ibrāhīm, monothéiste pur et soumis, qui n’était pas des associateurs
Aḥmad 15360 (‘Abd ar-Raḥmān ibn Abzā) Authentique
Rappel quotidien de la foi dans laquelle on a commencé le jour
Matin et soir · 100 fois matin et soir
سُبْحَانَ اللَّهِ وَبِحَمْدِهِ
Subḥāna Llāhi wa bi-ḥamdih
Gloire et louange à Allah
Muslim 2692 ; al-Bukhārī 6405, Muslim 2691 (Abū Hurayra) Authentique
« Celui qui dit cent fois matin et soir Subḥāna Llāhi wa bi-ḥamdih, nul ne viendra au Jour de la Résurrection avec mieux que lui, sauf celui qui aura dit la même chose ou davantage » ; et « cent fois par jour, ses péchés sont effacés, fussent-ils comme l’écume de la mer »
Matin et soir · 10 fois matin et soir, ou 100 fois dans la journée
لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَحْدَهُ لَا شَرِيكَ لَهُ، لَهُ الْمُلْكُ وَلَهُ الْحَمْدُ، وَهُوَ عَلَى كُلِّ شَيْءٍ قَدِيرٌ
Lā ilāha illa Llāhu waḥdahu lā sharīka lah, lahu l-mulku wa lahu l-ḥamd, wa huwa ‘alā kulli shay’in qadīr
Il n’y a de divinité qu’Allah, Unique, sans associé ; à Lui la royauté et la louange, et Il est capable de toute chose
al-Bukhārī 3293, Muslim 2691 (100 fois) ; al-Bukhārī 6404, Muslim 2693 (10 fois) ; an-Nasā’ī, ‘Amal 27 (Abū Ayyūb, 10 fois le matin ; ḥasan) Authentique
100 fois : « cela lui vaut l’affranchissement de dix esclaves, cent bonnes actions lui sont inscrites, cent péchés effacés, et c’est pour lui une protection contre Satan ce jour-là jusqu’au soir » ; 10 fois : « comme celui qui affranchit quatre personnes de la descendance d’Ismā’īl »
Matin et soir · 3 fois le matin
سُبْحَانَ اللَّهِ وَبِحَمْدِهِ عَدَدَ خَلْقِهِ، وَرِضَا نَفْسِهِ، وَزِنَةَ عَرْشِهِ، وَمِدَادَ كَلِمَاتِهِ
Subḥāna Llāhi wa bi-ḥamdihi ‘adada khalqih, wa riḍā nafsih, wa zinata ‘arshih, wa midāda kalimātih
Gloire et louange à Allah, autant que le nombre de Ses créatures, autant que Lui plaît, autant que pèse Son Trône, autant que l’encre de Ses paroles
Muslim 2726 (Juwayriya) Authentique
Le Prophète ﷺ dit à Juwayriya, qui avait évoqué Allah toute la matinée : « J’ai dit après toi quatre paroles, trois fois ; si on les pesait contre ce que tu as dit depuis ce matin, elles l’emporteraient »
Matin et soir · 10 fois matin et soir
اللَّهُمَّ صَلِّ وَسَلِّمْ عَلَى نَبِيِّنَا مُحَمَّدٍ
Allāhumma ṣalli wa sallim ‘alā nabiyyinā Muḥammad
Ô Allah, prie sur notre Prophète Muḥammad et salue-le
aṭ-Ṭabarānī (Abū d-Dardā’) Faibleretenue par al-Mundhirī dans at-Targhīb
« Celui qui prie sur moi dix fois le matin et dix fois le soir, mon intercession l’atteindra au Jour de la Résurrection » ; le mérite général de la prière sur le Prophète ﷺ est authentique : « celui qui prie sur moi une fois, Allah prie sur lui dix fois » (Muslim 408)
Matin et soir · 100 fois dans la journée
أَسْتَغْفِرُ اللَّهَ وَأَتُوبُ إِلَيْهِ
Astaghfiru Llāha wa atūbu ilayh
Je demande pardon à Allah et je me repens à Lui
al-Bukhārī 6307, Muslim 2702 Authentique
« Ô gens, repentez-vous à Allah, car je me repens à Lui cent fois par jour »
Matin et soir · 3 fois le soir
أَعُوذُ بِكَلِمَاتِ اللَّهِ التَّامَّاتِ مِنْ شَرِّ مَا خَلَقَ
A’ūdhu bi-kalimāti Llāhi t-tāmmāti min sharri mā khalaq
Je cherche refuge dans les paroles parfaites d’Allah contre le mal de ce qu’Il a créé
Muslim 2709 ; at-Tirmidhī 3604 (Abū Hurayra) Authentiqueḥasan pour le nombre
Un homme piqué par un scorpion vint se plaindre ; le Prophète ﷺ dit : « Si tu avais dit le soir : je cherche refuge…, cela ne t’aurait pas nui » ; et « celui qui la dit trois fois le soir, aucune piqûre venimeuse ne lui nuit cette nuit-là »
Matin et soir · 7 fois matin et soir
حَسْبِيَ اللَّهُ لَا إِلَهَ إِلَّا هُوَ، عَلَيْهِ تَوَكَّلْتُ، وَهُوَ رَبُّ الْعَرْشِ الْعَظِيمِ
Ḥasbiya Llāhu lā ilāha illā huw, ‘alayhi tawakkalt, wa huwa rabbu l-‘arshi l-‘aẓīm
Allah me suffit, il n’y a de divinité que Lui ; en Lui je place ma confiance, et Il est le Seigneur du Trône immense (9 : 129)
Abū Dāwūd 5081, parole d’Abū d-Dardā’ Faible
« Celui qui la dit sept fois le matin et le soir, Allah lui suffit contre ce qui le préoccupe, qu’il la dise sincèrement ou non » ; le verset lui-même est Coran
Matin et soir · 1 fois matin et soir
اللَّهُمَّ إِنِّي أَعُوذُ بِكَ مِنَ الْهَمِّ وَالْحَزَنِ، وَالْعَجْزِ وَالْكَسَلِ، وَالْبُخْلِ وَالْجُبْنِ، وَضَلَعِ الدَّيْنِ وَغَلَبَةِ الرِّجَالِ
Allāhumma innī a’ūdhu bika mina l-hammi wa l-ḥazan, wa l-‘ajzi wa l-kasal, wa l-bukhli wa l-jubn, wa ḍala’i d-dayni wa ghalabati r-rijāl
Ô Allah, je cherche refuge auprès de Toi contre le souci et la tristesse, l’incapacité et la paresse, l’avarice et la lâcheté, le poids de la dette et la domination des hommes
al-Bukhārī 6369 (Anas) pour le texte AuthentiqueAbū Dāwūd 1555 (Abū Umāma) pour « matin et soir », chaîne faible
Le Prophète ﷺ l’enseigna à un homme accablé de dettes et de soucis : « Dis-la le matin et le soir » ; l’homme dit : « Je l’ai fait, et Allah a dissipé mon souci et payé ma dette »
Remarque sur l’ordre et le nombre : aucun hadith ne fixe l’ordre des évocations entre elles. Les nombres (3, 4, 7, 10, 100) sont ceux des textes ; en deçà, l’évocation reste valable et récompensée, et au-delà, on ne doit pas croire ajouter un mérite que le texte n’a pas donné. Le matin et le soir sont les moments ; celui qui les manque les dit plus tard dans la journée ou la nuit, sans considérer le mérite perdu : Allah ne perd rien de ce qu’on Lui adresse.
Sortir de la maison et y rentrer
Le seuil de la maison est une frontière. En le franchissant vers l’extérieur, on se remet à Allah pour tout ce que la journée contiendra ; en le franchissant vers l’intérieur, on fait entrer la bénédiction avec soi. Deux hadiths suffisent pour la sortie, et leur mérite est l’un des plus concrets de tout ce dossier.
Sortie · En sortant de chez soi
بِسْمِ اللَّهِ، تَوَكَّلْتُ عَلَى اللَّهِ، وَلَا حَوْلَ وَلَا قُوَّةَ إِلَّا بِاللَّهِ
Bismillāh, tawakkaltu ‘ala Llāh, wa lā ḥawla wa lā quwwata illā bi-Llāh
Au nom d’Allah ; je place ma confiance en Allah ; il n’y a de force ni de puissance que par Allah
Abū Dāwūd 5095, at-Tirmidhī 3426 (Anas) Authentique
« Celui qui dit cela en sortant de chez lui, on lui dit : tu es guidé, tu es suffi, tu es protégé ; et les démons s’écartent de lui. Un démon dit à un autre : que peux-tu contre un homme qui a été guidé, suffi et protégé ? »
Sortie · En sortant de chez soi (complément)
اللَّهُمَّ إِنِّي أَعُوذُ بِكَ أَنْ أَضِلَّ أَوْ أُضَلَّ، أَوْ أَزِلَّ أَوْ أُزَلَّ، أَوْ أَظْلِمَ أَوْ أُظْلَمَ، أَوْ أَجْهَلَ أَوْ يُجْهَلَ عَلَيَّ
Allāhumma innī a’ūdhu bika an aḍilla aw uḍall, aw azilla aw uzall, aw aẓlima aw uẓlam, aw ajhala aw yujhala ‘alayy
Ô Allah, je cherche refuge auprès de Toi contre le fait de m’égarer ou d’être égaré, de glisser ou d’être fait glisser, d’opprimer ou d’être opprimé, d’agir avec ignorance ou qu’on agisse avec ignorance envers moi
Abū Dāwūd 5094, at-Tirmidhī 3427 (Umm Salama) Authentique
Le Prophète ﷺ ne sortait jamais de chez lui sans lever les yeux au ciel et dire cela ; huit protections pour les deux sens de chaque danger : ce que je ferais et ce qu’on me ferait
Sortie · En entrant chez soi
puis le salut aux siens
بِسْمِ اللَّهِ وَلَجْنَا، وَبِسْمِ اللَّهِ خَرَجْنَا، وَعَلَى اللَّهِ رَبِّنَا تَوَكَّلْنَا،
Bismillāhi walajnā, wa bismillāhi kharajnā, wa ‘ala Llāhi rabbinā tawakkalnā
Au nom d’Allah nous entrons, au nom d’Allah nous sortons, et en Allah notre Seigneur nous plaçons notre confiance
Abū Dāwūd 5096 (Abū Mālik al-Ash’arī) Faible
Le hadith ajoute : « puis qu’il salue sa famille ». Le principe est coranique : « Quand vous entrez dans des maisons, saluez-vous les uns les autres d’une salutation venant d’Allah, bénie et bonne » (24 : 61)
Sortie · En entrant chez soi : le Bismillāh et le salut
بِسْمِ اللَّهِ، السَّلَامُ عَلَيْكُمْ
Bismillāh, as-salāmu ‘alaykum
Au nom d’Allah ; que la paix soit sur vous
Muslim 2018 (Jābir) pour le Bismillāh Authentiqueat-Tirmidhī 2698 (Anas) pour le salut, chaîne faible
« Lorsque l’homme entre chez lui et mentionne Allah en entrant et en mangeant, Satan dit à ses compagnons : ni logis pour vous ici, ni dîner ; s’il entre sans mentionner Allah, Satan dit : vous avez trouvé le logis ; s’il ne mentionne pas Allah en mangeant : vous avez trouvé le logis et le dîner ». Et au jeune Anas : « Mon fils, quand tu entres chez les tiens, salue-les : ce sera une bénédiction pour toi et pour les gens de ta maison »
Sortie · En entrant dans une maison vide
السَّلَامُ عَلَيْنَا وَعَلَى عِبَادِ اللَّهِ الصَّالِحِينَ
As-salāmu ‘alaynā wa ‘alā ‘ibādi Llāhi ṣ-ṣāliḥīn
Que la paix soit sur nous et sur les serviteurs vertueux d’Allah
Parole d’Ibn ‘Umar, rapportée par al-Bukhārī dans al-Adab al-Mufrad 1055 Authentiquecomme parole de Compagnon
Le salut n’est pas suspendu à la présence des hommes ; les anges de la maison le reçoivent, selon les commentateurs
Deux remarques
- Le premier hadith donne trois mots pour trois besoins : « Bismillāh » pour la bénédiction, « tawakkaltu ‘ala Llāh » pour la confiance, « lā ḥawla wa lā quwwata illā bi-Llāh » pour la force. Ibn al-Qayyim relève que la réponse promise est à la mesure des trois : guidé, suffi, protégé.
- Le musulman qui sort pour un travail licite est en adoration par ce travail même : « Celui qui sort en quête de subsistance pour ses jeunes enfants est dans le chemin d’Allah ; pour ses vieux parents, dans le chemin d’Allah ; pour lui-même afin de se préserver, dans le chemin d’Allah » (aṭ-Ṭabarānī ; authentique selon al-Mundhirī et al-Albānī). La sortie de la maison n’est pas une parenthèse entre deux adorations.
L’appel à la prière, le chemin de la mosquée, l’entrée et la sortie
L’appel à la prière est le seul moment de la journée où l’on reçoit une invitation explicite, et la Sunna lui attache une réponse mot à mot, une prière sur le Prophète ﷺ, une invocation pour lui, et un temps d’exaucement. Puis chaque pas vers la mosquée est compté : « Celui qui se purifie chez lui puis marche vers une maison d’Allah pour y accomplir une prière prescrite, chacun de ses pas efface un péché et l’autre élève un degré » (Muslim 666). Et « Annoncez à ceux qui marchent dans l’obscurité vers les mosquées une lumière complète au Jour de la Résurrection » (Abū Dāwūd 561, at-Tirmidhī 223 ; authentique).
Mosquée · Pendant l’adhān
On répète chaque phrase après le muezzin ; à « ḥayya ‘alā ṣ-ṣalāh » et « ḥayya ‘alā l-falāḥ », on dit :
لَا حَوْلَ وَلَا قُوَّةَ إِلَّا بِاللَّهِ
Lā ḥawla wa lā quwwata illā bi-Llāh
Il n’y a de force ni de puissance que par Allah
al-Bukhārī 611, Muslim 383 ; Muslim 385 (‘Umar) Authentique
« Celui qui dit cela du fond du cœur entre au Paradis » (Muslim 385)
Mosquée · Après les deux témoignages de l’adhān
وَأَنَا أَشْهَدُ أَنْ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَحْدَهُ لَا شَرِيكَ لَهُ، وَأَنَّ مُحَمَّدًا عَبْدُهُ وَرَسُولُهُ، رَضِيتُ بِاللَّهِ رَبًّا، وَبِمُحَمَّدٍ رَسُولًا، وَبِالْإِسْلَامِ دِينًا
Wa anā ashhadu an lā ilāha illa Llāhu waḥdahu lā sharīka lah, wa anna Muḥammadan ‘abduhu wa rasūluh, raḍītu bi-Llāhi rabban, wa bi-Muḥammadin rasūlan, wa bi-l-islāmi dīnan
Et moi je témoigne qu’il n’y a de divinité qu’Allah, Unique, sans associé, et que Muḥammad est Son serviteur et Son Messager ; j’agrée Allah comme Seigneur, Muḥammad comme Messager et l’islam comme religion
Muslim 386 (Sa’d ibn Abī Waqqāṣ) Authentique
« Celui qui dit cela en entendant le muezzin, ses péchés lui sont pardonnés »
Mosquée · Après l’adhān : la prière sur le Prophète ﷺ
…
اللَّهُمَّ صَلِّ عَلَى مُحَمَّدٍ وَعَلَى آلِ مُحَمَّدٍ
Allāhumma ṣalli ‘alā Muḥammad wa ‘alā āli Muḥammad…
Ô Allah, prie sur Muḥammad et sur la famille de Muḥammad…
Muslim 384 (‘Abdullāh ibn ‘Amr) Authentique
« Quand vous entendez le muezzin, dites comme il dit, puis priez sur moi, car celui qui prie sur moi une fois, Allah prie sur lui dix fois ; puis demandez pour moi la wasīla… »
Mosquée · Après l’adhān : l’invocation de la wasīla
اللَّهُمَّ رَبَّ هَذِهِ الدَّعْوَةِ التَّامَّةِ، وَالصَّلَاةِ الْقَائِمَةِ، آتِ مُحَمَّدًا الْوَسِيلَةَ وَالْفَضِيلَةَ، وَابْعَثْهُ مَقَامًا مَحْمُودًا الَّذِي وَعَدْتَهُ
Allāhumma rabba hādhihi d-da’wati t-tāmma, wa ṣ-ṣalāti l-qā’ima, āti Muḥammadani l-wasīlata wa l-faḍīla, wa b’athhu maqāman maḥmūdani lladhī wa’adtah
Ô Allah, Seigneur de cet appel parfait et de la prière qui va s’accomplir, accorde à Muḥammad la wasīla et l’excellence, et élève-le au rang glorieux que Tu lui as promis
al-Bukhārī 614 (Jābir) Authentique
« Celui qui dit cela en entendant l’appel, mon intercession lui sera due au Jour de la Résurrection ». La wasīla est le plus haut rang du Paradis, qui ne revient qu’à un seul serviteur (Muslim 384). Les ajouts « wa d-darajata r-rafī’a » et « innaka lā tukhlifu l-mī’ād » ne sont pas dans al-Bukhārī ; le second est chez al-Bayhaqī avec une chaîne discutée
Mosquée · Entre l’adhān et l’iqāma
(toute invocation personnelle)
Abū Dāwūd 521, at-Tirmidhī 212 (Anas) Authentique
« L’invocation entre l’adhān et l’iqāma n’est pas repoussée »
Mosquée · À l’adhān du Fajr, à « aṣ-ṣalātu khayrun mina n-nawm »
(on répète la phrase)
an-Nawawī, al-Adhkār
La réponse « ṣadaqta wa bararta » que l’on entend n’a pas de fondement ; on répète simplement les mots du muezzin
Mosquée · À l’iqāma, à « qad qāmati ṣ-ṣalāh »
أَقَامَهَا اللَّهُ وَأَدَامَهَا
Aqāmaha Llāhu wa adāmahā
Qu’Allah l’établisse et la perpétue
Abū Dāwūd 528 (Abū Umāma) Faible
Rapporté comme réponse du Prophète ﷺ à Bilāl ; faible, mais sans mal à dire
Mosquée · En chemin vers la mosquée (du Fajr)
اللَّهُمَّ اجْعَلْ فِي قَلْبِي نُورًا، وَفِي لِسَانِي نُورًا، وَفِي سَمْعِي نُورًا، وَفِي بَصَرِي نُورًا، وَمِنْ فَوْقِي نُورًا، وَمِنْ تَحْتِي نُورًا، وَعَنْ يَمِينِي نُورًا، وَعَنْ شِمَالِي نُورًا، وَمِنْ أَمَامِي نُورًا، وَمِنْ خَلْفِي نُورًا، وَاجْعَلْ فِي نَفْسِي نُورًا، وَأَعْظِمْ لِي نُورًا
Allāhumma j’al fī qalbī nūran, wa fī lisānī nūran, wa fī sam’ī nūran, wa fī baṣarī nūran, wa min fawqī nūran, wa min taḥtī nūran, wa ‘an yamīnī nūran, wa ‘an shimālī nūran, wa min amāmī nūran, wa min khalfī nūran, wa j’al fī nafsī nūran, wa a’ẓim lī nūran
Ô Allah, mets une lumière dans mon cœur, dans ma langue, dans mon ouïe, dans ma vue, au-dessus de moi, au-dessous de moi, à ma droite, à ma gauche, devant moi, derrière moi ; mets une lumière dans mon âme, et agrandis pour moi la lumière
al-Bukhārī 6316, Muslim 763 (Ibn ‘Abbās) Authentique
Le Prophète ﷺ la disait en sortant pour la prière du Fajr ; douze lumières demandées, pour un corps entier tourné vers la mosquée
Mosquée · En entrant à la mosquée (pied droit)
أَعُوذُ بِاللَّهِ الْعَظِيمِ، وَبِوَجْهِهِ الْكَرِيمِ، وَسُلْطَانِهِ الْقَدِيمِ، مِنَ الشَّيْطَانِ الرَّجِيمِ، بِسْمِ اللَّهِ، وَالصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ عَلَى رَسُولِ اللَّهِ، اللَّهُمَّ افْتَحْ لِي أَبْوَابَ رَحْمَتِكَ
A’ūdhu bi-Llāhi l-‘Aẓīm, wa bi-wajhihi l-karīm, wa sulṭānihi l-qadīm, mina sh-shayṭāni r-rajīm. Bismillāh, wa ṣ-ṣalātu wa s-salāmu ‘alā rasūli Llāh, Allāhumma ftaḥ lī abwāba raḥmatik
Je cherche refuge auprès d’Allah l’Immense, auprès de Sa noble Face et de Son autorité éternelle, contre Satan le lapidé. Au nom d’Allah ; que la prière et la paix soient sur le Messager d’Allah ; ô Allah, ouvre-moi les portes de Ta miséricorde
Abū Dāwūd 466 (‘Abdullāh ibn ‘Amr) pour la première partie ; Muslim 713, Abū Dāwūd 465 (Abū Usayd, Abū Ḥumayd) pour la seconde Authentique
« Quand il dit cela, Satan dit : il est protégé de moi pour le reste de la journée » (Abū Dāwūd 466)
Mosquée · En sortant de la mosquée (pied gauche)
بِسْمِ اللَّهِ، وَالصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ عَلَى رَسُولِ اللَّهِ، اللَّهُمَّ إِنِّي أَسْأَلُكَ مِنْ فَضْلِكَ، اللَّهُمَّ اعْصِمْنِي مِنَ الشَّيْطَانِ الرَّجِيمِ
Bismillāh, wa ṣ-ṣalātu wa s-salāmu ‘alā rasūli Llāh, Allāhumma innī as’aluka min faḍlik, Allāhumma ‘ṣimnī mina sh-shayṭāni r-rajīm
Au nom d’Allah ; que la prière et la paix soient sur le Messager d’Allah ; ô Allah, je Te demande de Ta grâce ; ô Allah, préserve-moi de Satan le lapidé
Muslim 713 ; Ibn Mājah 773 (Abū Hurayra) pour la dernière phrase Authentique
En entrant on demande la miséricorde (le lieu de la prière), en sortant la grâce (le lieu du travail et de la subsistance) ; Ibn al-Qayyim relève la justesse de l’ordre
Les gestes qui accompagnent
- On entre du pied droit et l’on sort du pied gauche : « Il est de la Sunna, quand tu entres à la mosquée, de commencer par ton pied droit, et quand tu sors, par ton pied gauche » (al-Ḥākim 1/218, parole d’Anas ; authentique selon al-Ḥākim).
- On ne s’assied pas avant d’avoir prié deux unités de salutation de la mosquée : « Quand l’un de vous entre à la mosquée, qu’il ne s’asseye pas avant d’avoir prié deux unités » (al-Bukhārī 444, Muslim 714).
- On attend la prière : « L’un de vous est en prière tant que la prière le retient, et les anges invoquent pour lui tant qu’il reste à l’endroit où il a prié : Ô Allah, pardonne-lui, ô Allah, fais-lui miséricorde » (al-Bukhārī 659, Muslim 649).
- Celui dont le cœur est attaché aux mosquées est l’un des sept qu’Allah abritera sous Son ombre le jour où il n’y aura d’ombre que la Sienne (al-Bukhārī 660, Muslim 1031).
Dans la prière, position par position
La prière rituelle est elle-même une suite d’invocations : chaque position a ses paroles, et la plupart ont été rapportées en plusieurs versions que l’on peut alterner, comme le faisait le Prophète ﷺ. Les formules obligatoires (takbīr d’ouverture, Fātiḥa, tashahhud final selon les écoles, salut) sont signalées ; le reste est recommandé, et c’est là que se joue la différence entre une prière récitée et une prière vécue. La Fātiḥa est un dialogue : « J’ai partagé la prière entre Moi et Mon serviteur en deux moitiés. Quand il dit : Louange à Allah, Seigneur des mondes, Allah dit : Mon serviteur M’a loué… Quand il dit : Guide-nous dans le droit chemin…, Il dit : ceci est pour Mon serviteur, et Mon serviteur aura ce qu’il demande » (Muslim 395).
Sur l’invocation d’ouverture (istiftāḥ), les écoles divergent : les ḥanafites et les ḥanbalites préfèrent « Subḥānaka Llāhumma », les shāfi’ites « Wajjahtu wajhiya », et les mālikites n’en disent aucune, Mālik commençant directement par la Fātiḥa après le takbīr. Les trois formules sont authentiques ; celui qui suit l’école mālikite et veut en dire une ne commet pas de faute, et celui qui n’en dit aucune non plus.
Prière · Takbīr d’ouverture (obligatoire)
اللَّهُ أَكْبَرُ
Allāhu akbar
Allah est le plus grand
al-Bukhārī 733, Muslim 390 Authentique
« La clé de la prière est la purification, ce qui la rend inviolable est le takbīr, et ce qui la clôt est le salut » (Abū Dāwūd 61, at-Tirmidhī 3 ; authentique). Mérite du premier takbīr avec l’imam pendant quarante jours : « deux affranchissements, du Feu et de l’hypocrisie » (at-Tirmidhī 241 ; chaîne discutée)
Prière · Ouverture (1)
سُبْحَانَكَ اللَّهُمَّ وَبِحَمْدِكَ، وَتَبَارَكَ اسْمُكَ، وَتَعَالَى جَدُّكَ، وَلَا إِلَهَ غَيْرُكَ
Subḥānaka Llāhumma wa bi-ḥamdik, wa tabāraka smuk, wa ta’ālā jadduk, wa lā ilāha ghayruk
Gloire et louange à Toi, ô Allah ; béni soit Ton Nom, exaltée soit Ta majesté, et il n’y a de divinité que Toi
Abū Dāwūd 775, at-Tirmidhī 243 ; Muslim 399 (pratique de ‘Umar) Authentique
Formule des ḥanafites et des ḥanbalites, la plus courte ; ‘Umar la disait à voix haute pour l’enseigner
Prière · Ouverture (2)
اللَّهُمَّ بَاعِدْ بَيْنِي وَبَيْنَ خَطَايَايَ كَمَا بَاعَدْتَ بَيْنَ الْمَشْرِقِ وَالْمَغْرِبِ، اللَّهُمَّ نَقِّنِي مِنْ خَطَايَايَ كَمَا يُنَقَّى الثَّوْبُ الْأَبْيَضُ مِنَ الدَّنَسِ، اللَّهُمَّ اغْسِلْنِي مِنْ خَطَايَايَ بِالثَّلْجِ وَالْمَاءِ وَالْبَرَدِ
Allāhumma bā’id baynī wa bayna khaṭāyāya kamā bā’adta bayna l-mashriqi wa l-maghrib, Allāhumma naqqinī min khaṭāyāya kamā yunaqqā th-thawbu l-abyaḍu mina d-danas, Allāhumma ghsilnī min khaṭāyāya bi-th-thalji wa l-mā’i wa l-barad
Ô Allah, éloigne-moi de mes fautes comme Tu as éloigné l’orient de l’occident ; ô Allah, purifie-moi de mes fautes comme on purifie le vêtement blanc de la souillure ; ô Allah, lave-moi de mes fautes avec la neige, l’eau et la grêle
al-Bukhārī 744, Muslim 598 (Abū Hurayra) Authentique
Le Prophète ﷺ la disait dans le silence entre le takbīr et la récitation ; Abū Hurayra lui demanda ce qu’il disait, et il la lui enseigna
Prière · Ouverture (3)
وَجَّهْتُ وَجْهِيَ لِلَّذِي فَطَرَ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضَ حَنِيفًا وَمَا أَنَا مِنَ الْمُشْرِكِينَ، إِنَّ صَلَاتِي وَنُسُكِي وَمَحْيَايَ وَمَمَاتِي لِلَّهِ رَبِّ الْعَالَمِينَ، لَا شَرِيكَ لَهُ وَبِذَلِكَ أُمِرْتُ وَأَنَا مِنَ الْمُسْلِمِينَ، اللَّهُمَّ أَنْتَ الْمَلِكُ لَا إِلَهَ إِلَّا أَنْتَ، أَنْتَ رَبِّي وَأَنَا عَبْدُكَ، ظَلَمْتُ نَفْسِي وَاعْتَرَفْتُ بِذَنْبِي، فَاغْفِرْ لِي ذُنُوبِي جَمِيعًا، إِنَّهُ لَا يَغْفِرُ الذُّنُوبَ إِلَّا أَنْتَ
Wajjahtu wajhiya li-lladhī faṭara s-samāwāti wa l-arḍa ḥanīfan wa mā anā mina l-mushrikīn, inna ṣalātī wa nusukī wa maḥyāya wa mamātī li-Llāhi rabbi l-‘ālamīn, lā sharīka lahu wa bi-dhālika umirtu wa anā mina l-muslimīn. Allāhumma anta l-Maliku lā ilāha illā ant, anta rabbī wa anā ‘abduk, ẓalamtu nafsī wa ‘taraftu bi-dhanbī, fa-ghfir lī dhunūbī jamī’ā, innahu lā yaghfiru dh-dhunūba illā ant
J’ai tourné mon visage vers Celui qui a créé les cieux et la terre, en monothéiste pur, et je ne suis pas des associateurs ; ma prière, mes rites, ma vie et ma mort appartiennent à Allah, Seigneur des mondes, sans associé ; c’est ce qui m’a été ordonné, et je suis des soumis. Ô Allah, Tu es le Roi, il n’y a de divinité que Toi ; Tu es mon Seigneur et je suis Ton serviteur ; je me suis fait du tort et je reconnais mon péché ; pardonne-moi tous mes péchés, car nul ne pardonne les péchés sinon Toi
Muslim 771 (‘Alī) Authentique
Formule des shāfi’ites ; elle reprend les mots d’Ibrāhīm (6 : 79, 162-163), et le Prophète ﷺ la disait surtout dans la prière de nuit
Prière · Refuge et basmala
أَعُوذُ بِاللَّهِ مِنَ الشَّيْطَانِ الرَّجِيمِ، بِسْمِ اللَّهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيمِ
A’ūdhu bi-Llāhi mina sh-shayṭāni r-rajīm, bismillāhi r-Raḥmāni r-Raḥīm
Je cherche refuge auprès d’Allah contre Satan le lapidé ; au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux
16 : 98 ; Muslim 399 pour la basmala à voix basse Coran
Le refuge est recommandé par toutes les écoles (obligatoire selon un avis ḥanbalite) ; la basmala est dite à voix basse selon la majorité, à voix haute chez les shāfi’ites, omise par Mālik dans l’obligatoire
Prière · La Fātiḥa (obligatoire) puis Āmīn
الْحَمْدُ لِلَّهِ رَبِّ الْعَالَمِينَ … وَلَا الضَّالِّينَ، آمِينَ
Al-ḥamdu li-Llāhi rabbi l-‘ālamīn… wa lā ḍ-ḍāllīn. Āmīn
Louange à Allah, Seigneur des mondes… ni des égarés. Āmīn
al-Bukhārī 756, Muslim 394 (« pas de prière pour qui ne récite pas la Fātiḥa ») ; al-Bukhārī 780 pour Āmīn
« Quand l’imam dit Āmīn, dites Āmīn, car celui dont le Āmīn coïncide avec celui des anges, ses péchés passés lui sont pardonnés »
Prière · Inclinaison (1)
(3 fois ou plus)
سُبْحَانَ رَبِّيَ الْعَظِيمِ
Subḥāna rabbiya l-‘Aẓīm
Gloire à mon Seigneur l’Immense
Muslim 772 (Ḥudhayfa) ; Abū Dāwūd 871 Authentique
« Dans l’inclinaison, glorifiez le Seigneur » (Muslim 479) ; formule recommandée par les quatre écoles, obligatoire une fois selon les ḥanbalites
Prière · Inclinaison (2)
سُبُّوحٌ قُدُّوسٌ رَبُّ الْمَلَائِكَةِ وَالرُّوحِ
Subbūḥun quddūsun rabbu l-malā’ikati wa r-rūḥ
Infiniment glorifié, infiniment saint, Seigneur des anges et de l’Esprit
Muslim 487 (‘Ā’isha) Authentique
Dite aussi dans la prosternation
Prière · Inclinaison (3)
سُبْحَانَكَ اللَّهُمَّ رَبَّنَا وَبِحَمْدِكَ، اللَّهُمَّ اغْفِرْ لِي
Subḥānaka Llāhumma rabbanā wa bi-ḥamdik, Allāhumma ghfir lī
Gloire et louange à Toi, ô Allah notre Seigneur ; ô Allah, pardonne-moi
al-Bukhārī 794, Muslim 484 (‘Ā’isha) Authentique
Le Prophète ﷺ la multipliait dans l’inclinaison et la prosternation, « en application du Coran » : « Glorifie ton Seigneur par la louange et demande-Lui pardon » (110 : 3)
Prière · Inclinaison (4)
اللَّهُمَّ لَكَ رَكَعْتُ، وَبِكَ آمَنْتُ، وَلَكَ أَسْلَمْتُ، خَشَعَ لَكَ سَمْعِي وَبَصَرِي وَمُخِّي وَعَظْمِي وَعَصَبِي
Allāhumma laka raka’t, wa bika āmant, wa laka aslamt, khasha’a laka sam’ī wa baṣarī wa mukhkhī wa ‘aẓmī wa ‘aṣabī
Ô Allah, c’est devant Toi que je m’incline, en Toi que je crois, à Toi que je me soumets ; devant Toi se sont humiliés mon ouïe, ma vue, ma moelle, mes os et mes nerfs
Muslim 771 (‘Alī) Authentique
Le corps entier est nommé dans l’inclinaison
Prière · Redressement (en se relevant)
سَمِعَ اللَّهُ لِمَنْ حَمِدَهُ
Sami’a Llāhu li-man ḥamidah
Allah entend celui qui Le loue
al-Bukhārī 795, Muslim 392 Authentique
Dite par l’imam et par celui qui prie seul ; le fidèle derrière l’imam dit la suite
Prière · Redressement (debout) (1)
رَبَّنَا وَلَكَ الْحَمْدُ
Rabbanā wa laka l-ḥamd
Notre Seigneur, et à Toi la louange
al-Bukhārī 796, Muslim 409 Authentique
« Quand l’imam dit Sami’a Llāhu li-man ḥamidah, dites : Allāhumma rabbanā laka l-ḥamd, car celui dont la parole coïncide avec celle des anges, ses péchés passés lui sont pardonnés »
Prière · Redressement (2)
رَبَّنَا وَلَكَ الْحَمْدُ، حَمْدًا كَثِيرًا طَيِّبًا مُبَارَكًا فِيهِ
Rabbanā wa laka l-ḥamd, ḥamdan kathīran ṭayyiban mubārakan fīh
Notre Seigneur, et à Toi la louange, une louange abondante, bonne et bénie
al-Bukhārī 799 (Rifā’a ibn Rāfi’) Authentique
Un homme la dit derrière le Prophète ﷺ ; après la prière, il demanda qui avait parlé, et dit : « J’ai vu plus de trente anges se précipiter pour être le premier à l’inscrire »
Prière · Redressement (3)
رَبَّنَا لَكَ الْحَمْدُ مِلْءَ السَّمَاوَاتِ وَمِلْءَ الْأَرْضِ وَمِلْءَ مَا شِئْتَ مِنْ شَيْءٍ بَعْدُ، أَهْلَ الثَّنَاءِ وَالْمَجْدِ، أَحَقُّ مَا قَالَ الْعَبْدُ، وَكُلُّنَا لَكَ عَبْدٌ، اللَّهُمَّ لَا مَانِعَ لِمَا أَعْطَيْتَ، وَلَا مُعْطِيَ لِمَا مَنَعْتَ، وَلَا يَنْفَعُ ذَا الْجَدِّ مِنْكَ الْجَدُّ
Rabbanā laka l-ḥamdu mil’a s-samāwāti wa mil’a l-arḍi wa mil’a mā shi’ta min shay’in ba’d, ahla th-thanā’i wa l-majd, aḥaqqu mā qāla l-‘abd, wa kullunā laka ‘abd, Allāhumma lā māni’a limā a’ṭayt, wa lā mu’ṭiya limā mana’t, wa lā yanfa’u dhā l-jaddi minka l-jadd
Notre Seigneur, à Toi la louange, qui remplit les cieux, remplit la terre, et remplit ce que Tu veux au-delà ; Toi qui es digne d’éloge et de gloire, c’est la parole la plus vraie que puisse dire le serviteur, et nous sommes tous Tes serviteurs ; ô Allah, nul ne peut retenir ce que Tu donnes, nul ne peut donner ce que Tu retiens, et la fortune du fortuné ne lui sert de rien contre Toi
Muslim 477 (Abū Sa’īd) Authentique
La plus complète ; elle se dit aussi après le salut (al-Bukhārī 844)
Prière · Prosternation (1)
(3 fois ou plus)
سُبْحَانَ رَبِّيَ الْأَعْلَى
Subḥāna rabbiya l-A’lā
Gloire à mon Seigneur le Très-Haut
Muslim 772 ; Abū Dāwūd 871 Authentique
« Le serviteur n’est jamais plus proche de son Seigneur que prosterné » (Muslim 482) ; « Prosterne-toi beaucoup, car tu ne fais pas une prosternation sans qu’Allah t’élève d’un degré et t’efface un péché » (Muslim 488)
Prière · Prosternation (2)
سُبْحَانَكَ اللَّهُمَّ رَبَّنَا وَبِحَمْدِكَ، اللَّهُمَّ اغْفِرْ لِي
Subḥānaka Llāhumma rabbanā wa bi-ḥamdik, Allāhumma ghfir lī
Gloire et louange à Toi, ô Allah notre Seigneur ; ô Allah, pardonne-moi
al-Bukhārī 817, Muslim 484 Authentique
Voir l’inclinaison
Prière · Prosternation (3)
اللَّهُمَّ لَكَ سَجَدْتُ، وَبِكَ آمَنْتُ، وَلَكَ أَسْلَمْتُ، سَجَدَ وَجْهِيَ لِلَّذِي خَلَقَهُ وَصَوَّرَهُ، وَشَقَّ سَمْعَهُ وَبَصَرَهُ، تَبَارَكَ اللَّهُ أَحْسَنُ الْخَالِقِينَ
Allāhumma laka sajadt, wa bika āmant, wa laka aslamt, sajada wajhiya li-lladhī khalaqahu wa ṣawwarah, wa shaqqa sam’ahu wa baṣarah, tabāraka Llāhu aḥsanu l-khāliqīn
Ô Allah, c’est devant Toi que je me prosterne, en Toi que je crois, à Toi que je me soumets ; mon visage s’est prosterné devant Celui qui l’a créé et façonné, qui a fendu son ouïe et sa vue ; béni soit Allah, le meilleur des créateurs
Muslim 771 Authentique
Prière · Prosternation (4)
اللَّهُمَّ اغْفِرْ لِي ذَنْبِي كُلَّهُ، دِقَّهُ وَجِلَّهُ، وَأَوَّلَهُ وَآخِرَهُ، وَعَلَانِيَتَهُ وَسِرَّهُ
Allāhumma ghfir lī dhanbī kullah, diqqahu wa jillah, wa awwalahu wa ākhirah, wa ‘alāniyatahu wa sirrah
Ô Allah, pardonne-moi tout mon péché, le petit et le grand, le premier et le dernier, le public et le secret
Muslim 483 (Abū Hurayra) Authentique
Prière · Prosternation (5)
اللَّهُمَّ إِنِّي أَعُوذُ بِرِضَاكَ مِنْ سَخَطِكَ، وَبِمُعَافَاتِكَ مِنْ عُقُوبَتِكَ، وَأَعُوذُ بِكَ مِنْكَ، لَا أُحْصِي ثَنَاءً عَلَيْكَ، أَنْتَ كَمَا أَثْنَيْتَ عَلَى نَفْسِكَ
Allāhumma innī a’ūdhu bi-riḍāka min sakhaṭik, wa bi-mu’āfātika min ‘uqūbatik, wa a’ūdhu bika mink, lā uḥṣī thanā’an ‘alayk, anta kamā athnayta ‘alā nafsik
Ô Allah, je cherche refuge dans Ta satisfaction contre Ta colère, dans Ton pardon contre Ta punition, et je cherche refuge auprès de Toi contre Toi ; je ne saurais Te louer comme Tu le mérites, Tu es tel que Tu T’es loué Toi-même
Muslim 486 (‘Ā’isha) Authentique
‘Ā’isha chercha le Prophète ﷺ une nuit et le trouva prosterné disant cela
Prière · Prosternation : invocation libre
(toute demande, de préférence rapportée)
Muslim 482 Authentique
« Multipliez l’invocation dans la prosternation, car il est digne qu’on vous y exauce » (Muslim 479) ; dans la prière, en arabe selon les écoles
Prière · Assise entre les deux prosternations (1)
رَبِّ اغْفِرْ لِي، رَبِّ اغْفِرْ لِي
Rabbi ghfir lī, rabbi ghfir lī
Seigneur, pardonne-moi ; Seigneur, pardonne-moi
Abū Dāwūd 874, an-Nasā’ī 1069 (Ḥudhayfa) Authentique
Obligatoire une fois selon les ḥanbalites
Prière · Assise entre les deux prosternations (2)
اللَّهُمَّ اغْفِرْ لِي، وَارْحَمْنِي، وَاهْدِنِي، وَاجْبُرْنِي، وَعَافِنِي، وَارْزُقْنِي، وَارْفَعْنِي
Allāhumma ghfir lī, wa rḥamnī, wa hdinī, wa jburnī, wa ‘āfinī, wa rzuqnī, wa rfa’nī
Ô Allah, pardonne-moi, fais-moi miséricorde, guide-moi, répare-moi, préserve-moi, accorde-moi ma subsistance et élève-moi
Abū Dāwūd 850, at-Tirmidhī 284, Ibn Mājah 898 (Ibn ‘Abbās) Ḥasan
Sept demandes qui couvrent la religion et le monde
Prière · Tashahhud (obligatoire dans la dernière assise selon la majorité)
التَّحِيَّاتُ لِلَّهِ وَالصَّلَوَاتُ وَالطَّيِّبَاتُ، السَّلَامُ عَلَيْكَ أَيُّهَا النَّبِيُّ وَرَحْمَةُ اللَّهِ وَبَرَكَاتُهُ، السَّلَامُ عَلَيْنَا وَعَلَى عِبَادِ اللَّهِ الصَّالِحِينَ، أَشْهَدُ أَنْ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَأَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا عَبْدُهُ وَرَسُولُهُ
At-taḥiyyātu li-Llāhi wa ṣ-ṣalawātu wa ṭ-ṭayyibāt, as-salāmu ‘alayka ayyuha n-nabiyyu wa raḥmatu Llāhi wa barakātuh, as-salāmu ‘alaynā wa ‘alā ‘ibādi Llāhi ṣ-ṣāliḥīn, ashhadu an lā ilāha illa Llāhu wa ashhadu anna Muḥammadan ‘abduhu wa rasūluh
Les salutations sont à Allah, ainsi que les prières et les bonnes paroles ; que la paix soit sur toi, ô Prophète ﷺ, ainsi que la miséricorde d’Allah et Ses bénédictions ; que la paix soit sur nous et sur les serviteurs vertueux d’Allah ; je témoigne qu’il n’y a de divinité qu’Allah et je témoigne que Muḥammad est Son serviteur et Son Messager
al-Bukhārī 831, Muslim 402 (Ibn Mas’ūd) Authentique
« Quand vous dites : que la paix soit sur nous et sur les serviteurs vertueux d’Allah, cela atteint tout serviteur vertueux dans le ciel et sur la terre ». Les mālikites disent la version de ‘Umar (al-Muwaṭṭa’ : at-taḥiyyātu li-Llāh, az-zākiyātu li-Llāh…), les shāfi’ites celle d’Ibn ‘Abbās (Muslim 403 : at-taḥiyyātu l-mubārakātu…) ; toutes sont authentiques
Prière · Prière sur le Prophète ﷺ (obligatoire dans la dernière assise selon les shāfi’ites et les ḥanbalites, recommandée selon les ḥanafites et les mālikites)
اللَّهُمَّ صَلِّ عَلَى مُحَمَّدٍ وَعَلَى آلِ مُحَمَّدٍ، كَمَا صَلَّيْتَ عَلَى إِبْرَاهِيمَ وَعَلَى آلِ إِبْرَاهِيمَ، إِنَّكَ حَمِيدٌ مَجِيدٌ، اللَّهُمَّ بَارِكْ عَلَى مُحَمَّدٍ وَعَلَى آلِ مُحَمَّدٍ، كَمَا بَارَكْتَ عَلَى إِبْرَاهِيمَ وَعَلَى آلِ إِبْرَاهِيمَ، إِنَّكَ حَمِيدٌ مَجِيدٌ
Allāhumma ṣalli ‘alā Muḥammadin wa ‘alā āli Muḥammad, kamā ṣallayta ‘alā Ibrāhīma wa ‘alā āli Ibrāhīm, innaka Ḥamīdun Majīd, Allāhumma bārik ‘alā Muḥammadin wa ‘alā āli Muḥammad, kamā bārakta ‘alā Ibrāhīma wa ‘alā āli Ibrāhīm, innaka Ḥamīdun Majīd
Ô Allah, prie sur Muḥammad et sur la famille de Muḥammad, comme Tu as prié sur Ibrāhīm et sur la famille d’Ibrāhīm ; Tu es Digne de louange et de gloire. Ô Allah, bénis Muḥammad et la famille de Muḥammad, comme Tu as béni Ibrāhīm et la famille d’Ibrāhīm ; Tu es Digne de louange et de gloire
al-Bukhārī 3370, Muslim 406 (Ka’b ibn ‘Ujra) Authentique
Les Compagnons demandèrent : « Nous savons comment te saluer, mais comment prier sur toi ? », et le Prophète ﷺ enseigna ces mots
Prière · Avant le salut (1)
اللَّهُمَّ إِنِّي أَعُوذُ بِكَ مِنْ عَذَابِ الْقَبْرِ، وَمِنْ عَذَابِ جَهَنَّمَ، وَمِنْ فِتْنَةِ الْمَحْيَا وَالْمَمَاتِ، وَمِنْ شَرِّ فِتْنَةِ الْمَسِيحِ الدَّجَّالِ
Allāhumma innī a’ūdhu bika min ‘adhābi l-qabr, wa min ‘adhābi jahannam, wa min fitnati l-maḥyā wa l-mamāt, wa min sharri fitnati l-masīḥi d-dajjāl
Ô Allah, je cherche refuge auprès de Toi contre le châtiment de la tombe, contre le châtiment de l’Enfer, contre l’épreuve de la vie et de la mort, et contre le mal de l’épreuve de l’Antéchrist
Muslim 588 (Abū Hurayra) Authentique
« Quand l’un de vous a fini le tashahhud, qu’il cherche refuge auprès d’Allah contre quatre choses » ; Ṭāwūs fit refaire la prière à son fils qui l’avait omise (Muslim 588)
Prière · Avant le salut (2)
اللَّهُمَّ إِنِّي ظَلَمْتُ نَفْسِي ظُلْمًا كَثِيرًا، وَلَا يَغْفِرُ الذُّنُوبَ إِلَّا أَنْتَ، فَاغْفِرْ لِي مَغْفِرَةً مِنْ عِنْدِكَ وَارْحَمْنِي، إِنَّكَ أَنْتَ الْغَفُورُ الرَّحِيمُ
Allāhumma innī ẓalamtu nafsī ẓulman kathīrā, wa lā yaghfiru dh-dhunūba illā ant, fa-ghfir lī maghfiratan min ‘indika wa rḥamnī, innaka anta l-Ghafūru r-Raḥīm
Ô Allah, je me suis fait beaucoup de tort, et nul ne pardonne les péchés sinon Toi ; accorde-moi un pardon venant de Toi et fais-moi miséricorde, Tu es le Pardonneur, le Miséricordieux
al-Bukhārī 834, Muslim 2705 (Abū Bakr) Authentique
Enseignée à Abū Bakr qui demandait une invocation pour sa prière
Prière · Avant le salut (3)
اللَّهُمَّ إِنِّي أَعُوذُ بِكَ مِنَ الْمَأْثَمِ وَالْمَغْرَمِ
Allāhumma innī a’ūdhu bika mina l-ma’thami wa l-maghram
Ô Allah, je cherche refuge auprès de Toi contre le péché et la dette
al-Bukhārī 832, Muslim 589 Authentique
On demanda au Prophète ﷺ pourquoi il cherchait tant refuge contre la dette ; il répondit : « L’homme endetté, quand il parle, ment, et quand il promet, manque à sa parole »
Prière · Avant le salut (4)
اللَّهُمَّ أَعِنِّي عَلَى ذِكْرِكَ وَشُكْرِكَ وَحُسْنِ عِبَادَتِكَ
Allāhumma a’innī ‘alā dhikrika wa shukrika wa ḥusni ‘ibādatik
Ô Allah, aide-moi à T’évoquer, à Te remercier et à T’adorer de la meilleure manière
Abū Dāwūd 1522 (Mu’ādh) Authentique
« Ô Mu’ādh, par Allah je t’aime ; ne manque pas de dire à la fin de chaque prière… » ; selon la lecture, avant ou après le salut
Prière · Avant le salut (5)
اللَّهُمَّ إِنِّي أَسْأَلُكَ الْجَنَّةَ وَأَعُوذُ بِكَ مِنَ النَّارِ
Allāhumma innī as’aluka l-jannata wa a’ūdhu bika mina n-nār
Ô Allah, je Te demande le Paradis et je cherche refuge auprès de Toi contre le Feu
Abū Dāwūd 792 Authentique
Un homme dit au Prophète ﷺ : « Je ne sais pas faire tes murmures ni ceux de Mu’ādh ; moi je dis : Ô Allah, je Te demande le Paradis et je cherche refuge contre le Feu. » Il répondit : « C’est autour de cela que nous murmurons »
Prière · Avant le salut : invocation libre
(ce que l’on veut)
al-Bukhārī 835, Muslim 402 Authentique
« Puis qu’il choisisse l’invocation qui lui plaît le plus, et qu’il invoque »
Prière · Salut (obligatoire)
(à droite, puis à gauche)
السَّلَامُ عَلَيْكُمْ وَرَحْمَةُ اللَّهِ
As-salāmu ‘alaykum wa raḥmatu Llāh
Que la paix et la miséricorde d’Allah soient sur vous
Muslim 582 Authentique
Un seul salut suffit chez les mālikites pour celui qui prie seul ou derrière un imam, deux chez les autres ; l’ajout « wa barakātuh » est rapporté chez Abū Dāwūd 997 avec une chaîne authentique selon certains
Après le salut final
Les évocations après la prière obligatoire sont parmi les mieux établies de toute la Sunna : Ibn ‘Abbās disait reconnaître la fin de la prière du Prophète ﷺ au takbīr qu’on entendait de loin (al-Bukhārī 842, Muslim 583). Elles se disent chacun pour soi, à voix basse ou audible, sans forme collective obligatoire ; la première partie traite des divergences sur l’invocation collective de l’imam.
Après la prière · 3 fois
أَسْتَغْفِرُ اللَّهَ
Astaghfiru Llāh
Je demande pardon à Allah
Muslim 591 (Thawbān) Authentique
Le Prophète ﷺ commençait ainsi : la prière vient d’être faite, et l’on demande pardon pour ses manques
Après la prière · 1 fois
اللَّهُمَّ أَنْتَ السَّلَامُ وَمِنْكَ السَّلَامُ، تَبَارَكْتَ يَا ذَا الْجَلَالِ وَالْإِكْرَامِ
Allāhumma anta s-Salāmu wa minka s-salām, tabārakta yā dhā l-jalāli wa l-ikrām
Ô Allah, Tu es la Paix et de Toi vient la paix ; béni sois-Tu, ô Détenteur de la majesté et de la générosité
Muslim 591 Authentique
Le Prophète ﷺ ne restait assis tourné vers la qibla que le temps de dire cela, avant de se tourner vers les fidèles
Après la prière · 1 fois
لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَحْدَهُ لَا شَرِيكَ لَهُ، لَهُ الْمُلْكُ وَلَهُ الْحَمْدُ وَهُوَ عَلَى كُلِّ شَيْءٍ قَدِيرٌ، اللَّهُمَّ لَا مَانِعَ لِمَا أَعْطَيْتَ، وَلَا مُعْطِيَ لِمَا مَنَعْتَ، وَلَا يَنْفَعُ ذَا الْجَدِّ مِنْكَ الْجَدُّ
Lā ilāha illa Llāhu waḥdahu lā sharīka lah, lahu l-mulku wa lahu l-ḥamdu wa huwa ‘alā kulli shay’in qadīr, Allāhumma lā māni’a limā a’ṭayt, wa lā mu’ṭiya limā mana’t, wa lā yanfa’u dhā l-jaddi minka l-jadd
Il n’y a de divinité qu’Allah, Unique, sans associé ; à Lui la royauté et la louange, et Il est capable de toute chose. Ô Allah, nul ne peut retenir ce que Tu donnes, nul ne peut donner ce que Tu retiens, et la fortune du fortuné ne lui sert de rien contre Toi
al-Bukhārī 844, Muslim 593 (al-Mughīra) Authentique
Al-Mughīra l’écrivit à Mu’āwiya pour témoigner que c’était la parole du Prophète ﷺ après chaque prière prescrite
Après la prière · 1 fois
لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَحْدَهُ لَا شَرِيكَ لَهُ، لَهُ الْمُلْكُ وَلَهُ الْحَمْدُ وَهُوَ عَلَى كُلِّ شَيْءٍ قَدِيرٌ، لَا حَوْلَ وَلَا قُوَّةَ إِلَّا بِاللَّهِ، لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَلَا نَعْبُدُ إِلَّا إِيَّاهُ، لَهُ النِّعْمَةُ وَلَهُ الْفَضْلُ وَلَهُ الثَّنَاءُ الْحَسَنُ، لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ مُخْلِصِينَ لَهُ الدِّينَ وَلَوْ كَرِهَ الْكَافِرُونَ
Lā ilāha illa Llāhu waḥdahu lā sharīka lah, lahu l-mulku wa lahu l-ḥamdu wa huwa ‘alā kulli shay’in qadīr, lā ḥawla wa lā quwwata illā bi-Llāh, lā ilāha illa Llāhu wa lā na’budu illā iyyāh, lahu n-ni’matu wa lahu l-faḍlu wa lahu th-thanā’u l-ḥasan, lā ilāha illa Llāhu mukhliṣīna lahu d-dīna wa law kariha l-kāfirūn
Il n’y a de divinité qu’Allah, Unique, sans associé ; à Lui la royauté et la louange, et Il est capable de toute chose ; il n’y a de force ni de puissance que par Allah ; il n’y a de divinité qu’Allah et nous n’adorons que Lui ; à Lui le bienfait, à Lui la grâce, à Lui le bel éloge ; il n’y a de divinité qu’Allah, nous Lui vouons un culte exclusif, dussent les mécréants en avoir de l’aversion
Muslim 594 (Ibn az-Zubayr) Authentique
« Le Messager d’Allah ﷺ proclamait l’unicité par ces mots à la fin de chaque prière »
Après la prière · 33, 33, 33 fois, puis la formule suivante une fois ; ou 33, 33, 34 ; ou 10, 10, 10
سُبْحَانَ اللَّهِ، الْحَمْدُ لِلَّهِ، اللَّهُ أَكْبَرُ
Subḥāna Llāh, al-ḥamdu li-Llāh, Allāhu akbar
Gloire à Allah ; louange à Allah ; Allah est le plus grand
Muslim 597 (Abū Hurayra) ; Muslim 596 (Ka’b ibn ‘Ujra) ; al-Bukhārī 6329 (10 fois) Authentique
« Celui qui glorifie Allah 33 fois à la fin de chaque prière, Le loue 33 fois, Le magnifie 33 fois, cela fait 99, puis complète le cent par : Lā ilāha illa Llāhu waḥdahu…, ses péchés sont pardonnés, fussent-ils comme l’écume de la mer » (Muslim 597). Et avec 34 takbīr : « des suites que celui qui les dit ne regrette jamais » (Muslim 596)
Après la prière · 1 fois pour compléter le cent ; 10 fois après le Fajr et le Maghrib
لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَحْدَهُ لَا شَرِيكَ لَهُ، لَهُ الْمُلْكُ وَلَهُ الْحَمْدُ وَهُوَ عَلَى كُلِّ شَيْءٍ قَدِيرٌ
Lā ilāha illa Llāhu waḥdahu lā sharīka lah, lahu l-mulku wa lahu l-ḥamdu wa huwa ‘alā kulli shay’in qadīr
Il n’y a de divinité qu’Allah, Unique, sans associé ; à Lui la royauté et la louange, et Il est capable de toute chose
Muslim 597 ; at-Tirmidhī 3474 (Abū Dharr, 10 fois) Authentiquechaîne discutée pour les 10 fois, ḥasan selon certains
10 fois après le Fajr et le Maghrib, avant de bouger ou de parler : « dix bonnes actions lui sont inscrites, dix péchés effacés, il est élevé de dix degrés, c’est pour lui une protection contre tout mal et contre Satan le lapidé, et aucun péché ne peut l’atteindre ce jour-là sauf l’associationnisme »
Après la prière · 1 fois
(2 : 255)
آيَةُ الْكُرْسِيِّ
Āyat al-Kursī
Le verset du Trône
an-Nasā’ī, ‘Amal al-yawm wa-l-layla 100 ; aṭ-Ṭabarānī (Abū Umāma) Authentiqueselon Ibn Ḥibbān, al-Mundhirī et al-Albānī
« Celui qui récite le verset du Trône à la fin de chaque prière prescrite, rien ne l’empêche d’entrer au Paradis sinon la mort »
Après la prière · 1 fois chacune (3 fois après le Fajr et le Maghrib, avec le matin et le soir)
قُلْ هُوَ اللَّهُ أَحَدٌ، قُلْ أَعُوذُ بِرَبِّ الْفَلَقِ، قُلْ أَعُوذُ بِرَبِّ النَّاسِ
Les trois sourates « Dis »
Abū Dāwūd 1523, at-Tirmidhī 2903 (‘Uqba ibn ‘Āmir) Authentique
« Le Messager d’Allah ﷺ m’ordonna de réciter les protectrices (al-mu’awwidhāt) à la fin de chaque prière »
Après la prière · 7 fois après le Fajr et le Maghrib
اللَّهُمَّ أَجِرْنِي مِنَ النَّارِ
Allāhumma ajirnī mina n-nār
Ô Allah, préserve-moi du Feu
Abū Dāwūd 5079 (al-Ḥārith at-Tamīmī) Faible
« Celui qui dit sept fois après le Maghrib, avant de parler à quiconque : Ô Allah, préserve-moi du Feu, et meurt cette nuit-là, Allah lui écrit la préservation du Feu ; de même après le Fajr pour la journée »
Après la prière · 1 fois après le salut du Fajr
اللَّهُمَّ إِنِّي أَسْأَلُكَ عِلْمًا نَافِعًا، وَرِزْقًا طَيِّبًا، وَعَمَلًا مُتَقَبَّلًا
Allāhumma innī as’aluka ‘ilman nāfi’an, wa rizqan ṭayyiban, wa ‘amalan mutaqabbalan
Ô Allah, je Te demande une science utile, une subsistance bonne et une œuvre agréée
Ibn Mājah 925 (Umm Salama) Authentique
La journée de travail s’ouvre sur trois demandes : savoir, subsistance, acceptation
Après la prière · 1 fois
اللَّهُمَّ أَعِنِّي عَلَى ذِكْرِكَ وَشُكْرِكَ وَحُسْنِ عِبَادَتِكَ
Allāhumma a’innī ‘alā dhikrika wa shukrika wa ḥusni ‘ibādatik
Ô Allah, aide-moi à T’évoquer, à Te remercier et à T’adorer de la meilleure manière
Abū Dāwūd 1522 Authentique
Voir la section précédente ; les deux lectures sont admises
Remarques
- Le takbīr et les évocations sont dits à voix basse par chacun ; les hadiths qui rapportent qu’on « entendait » le takbīr décrivent une voix audible, non un chœur. L’imam ne les dirige pas ; chacun va à son rythme.
- Celui qui est pressé dit au moins les trois istighfār, « Allāhumma anta s-Salām », et le tasbīḥ dix fois ; les textes récompensent aussi le peu fait avec constance : « L’œuvre la plus aimée d’Allah est la plus constante, fût-elle petite » (al-Bukhārī 6464, Muslim 783).
- Après les prières surérogatoires, aucune évocation particulière n’est rapportée ; on invoque librement.
Le repas et la boisson
Le repas est le lieu de deux hadiths qui disent tout : « Allah est satisfait du serviteur qui mange une bouchée et L’en loue, ou boit une gorgée et L’en loue » (Muslim 2734), et « Satan rend licite pour lui la nourriture sur laquelle le Nom d’Allah n’a pas été mentionné » (Muslim 2017). Entre les deux, le Bismillāh ferme la porte à Satan et la louange ouvre celle de la satisfaction d’Allah.
Repas · Avant de manger ou de boire
بِسْمِ اللَّهِ
Bismillāh
Au nom d’Allah
al-Bukhārī 5376, Muslim 2022 (‘Umar ibn Abī Salama) Authentique
« Mon garçon, mentionne le Nom d’Allah, mange de ta main droite, et mange de ce qui est devant toi » ; « Satan rend licite pour lui la nourriture sur laquelle le Nom d’Allah n’a pas été mentionné » (Muslim 2017). La formule complète « Bismillāhi r-Raḥmāni r-Raḥīm » est admise, mais le texte dit Bismillāh
Repas · Si l’on a oublié au début
بِسْمِ اللَّهِ أَوَّلَهُ وَآخِرَهُ
Bismillāhi awwalahu wa ākhirah
Au nom d’Allah, au début et à la fin
Abū Dāwūd 3767, at-Tirmidhī 1858 (‘Ā’isha) Authentique
« Quand l’un de vous mange, qu’il mentionne le Nom d’Allah ; s’il oublie au début, qu’il dise : Bismillāhi awwalahu wa ākhirah ». Le Prophète ﷺ vit un homme oublier, puis le dire à la dernière bouchée, et il rit : « Satan mangeait avec lui ; quand il a mentionné le Nom d’Allah, il a vomi ce qu’il avait dans le ventre » (Abū Dāwūd 3768 ; authentique)
Repas · Après le repas (1)
الْحَمْدُ لِلَّهِ الَّذِي أَطْعَمَنِي هَذَا وَرَزَقَنِيهِ مِنْ غَيْرِ حَوْلٍ مِنِّي وَلَا قُوَّةٍ
Al-ḥamdu li-Llāhi lladhī aṭ’amanī hādhā wa razaqanīhi min ghayri ḥawlin minnī wa lā quwwa
Louange à Allah qui m’a nourri de ceci et me l’a accordé sans force ni puissance de ma part
Abū Dāwūd 4023, at-Tirmidhī 3458, Ibn Mājah 3285 (Mu’ādh) Ḥasan
« Celui qui mange un repas et dit cela, ses péchés passés lui sont pardonnés »
Repas · Après le repas (2)
الْحَمْدُ لِلَّهِ حَمْدًا كَثِيرًا طَيِّبًا مُبَارَكًا فِيهِ، غَيْرَ مَكْفِيٍّ وَلَا مُوَدَّعٍ وَلَا مُسْتَغْنًى عَنْهُ رَبَّنَا
Al-ḥamdu li-Llāhi ḥamdan kathīran ṭayyiban mubārakan fīh, ghayra makfiyyin wa lā muwadda’in wa lā mustaghnan ‘anhu rabbanā
Louange à Allah, une louange abondante, bonne et bénie ; une louange qui ne saurait suffire, qu’on ne saurait abandonner, et dont on ne saurait se passer, ô notre Seigneur
al-Bukhārī 5458 (Abū Umāma) Authentique
Le Prophète ﷺ la disait quand on retirait la table ; le sens : nous ne pouvons nous passer d’Allah, ni Lui rendre une louange qui soit à la mesure
Repas · Après le repas (3)
الْحَمْدُ لِلَّهِ الَّذِي أَطْعَمَنَا وَسَقَانَا وَجَعَلَنَا مُسْلِمِينَ
Al-ḥamdu li-Llāhi lladhī aṭ’amanā wa saqānā wa ja’alanā muslimīn
Louange à Allah qui nous a nourris, abreuvés, et a fait de nous des musulmans
Abū Dāwūd 3850, at-Tirmidhī 3457 (Abū Sa’īd) Faible
Trois bienfaits dans l’ordre inverse de leur importance : la nourriture, la boisson, et l’islam, qui vaut plus que les deux premiers
Repas · Après avoir bu de l’eau
الْحَمْدُ لِلَّهِ الَّذِي سَقَانَا عَذْبًا فُرَاتًا بِرَحْمَتِهِ، وَلَمْ يَجْعَلْهُ مِلْحًا أُجَاجًا بِذُنُوبِنَا
Al-ḥamdu li-Llāhi lladhī saqānā ‘adhban furātan bi-raḥmatih, wa lam yaj’alhu milḥan ujājan bi-dhunūbinā
Louange à Allah qui nous a abreuvés d’une eau douce et agréable par Sa miséricorde, et n’en a pas fait une eau salée et amère à cause de nos péchés
Abū Nu’aym, Ḥilyat al-awliyā’ Faible
Rapporté d’une pratique de certains prédécesseurs ; le sens vient du Coran (56 : 68-70)
Repas · En buvant du lait
اللَّهُمَّ بَارِكْ لَنَا فِيهِ وَزِدْنَا مِنْهُ
Allāhumma bārik lanā fīhi wa zidnā minh
Ô Allah, bénis-le pour nous et donne-nous-en davantage
Abū Dāwūd 3730, at-Tirmidhī 3455 (Ibn ‘Abbās) Ḥasan
« Pour toute autre nourriture, on dit : bénis-le pour nous et donne-nous mieux ; pour le lait : bénis-le pour nous et donne-nous-en davantage, car rien ne tient lieu à la fois de nourriture et de boisson comme le lait »
Repas · Pour celui qui vous a nourri
اللَّهُمَّ أَطْعِمْ مَنْ أَطْعَمَنِي، وَاسْقِ مَنْ سَقَانِي
Allāhumma aṭ’im man aṭ’amanī, wa sqi man saqānī
Ô Allah, nourris celui qui m’a nourri, et abreuve celui qui m’a abreuvé
Muslim 2055 (al-Miqdād) Authentique
Le Prophète ﷺ la dit après avoir bu le lait qu’on lui avait gardé
Repas · Pour l’hôte qui vous reçoit
اللَّهُمَّ بَارِكْ لَهُمْ فِيمَا رَزَقْتَهُمْ، وَاغْفِرْ لَهُمْ وَارْحَمْهُمْ
Allāhumma bārik lahum fīmā razaqtahum, wa ghfir lahum wa rḥamhum
Ô Allah, bénis-les dans ce que Tu leur as accordé, pardonne-leur et fais-leur miséricorde
Muslim 2042 (‘Abdullāh ibn Busr) Authentique
Le père d’Ibn Busr demanda au Prophète ﷺ d’invoquer pour eux après le repas, et il dit cela
Repas · Quand on rompt le jeûne chez quelqu’un
أَفْطَرَ عِنْدَكُمُ الصَّائِمُونَ، وَأَكَلَ طَعَامَكُمُ الْأَبْرَارُ، وَصَلَّتْ عَلَيْكُمُ الْمَلَائِكَةُ
Afṭara ‘indakumu ṣ-ṣā’imūn, wa akala ṭa’āmakumu l-abrār, wa ṣallat ‘alaykumu l-malā’ika
Que les jeûneurs rompent leur jeûne chez vous, que les vertueux mangent de votre nourriture, et que les anges invoquent pour vous
Abū Dāwūd 3854 (Anas) Authentique
Souhait fait à l’hôte ; celui qui nourrit un jeûneur reçoit sa récompense sans rien lui ôter (at-Tirmidhī 807 ; authentique)
Repas · En rompant le jeûne
ذَهَبَ الظَّمَأُ، وَابْتَلَّتِ الْعُرُوقُ، وَثَبَتَ الْأَجْرُ إِنْ شَاءَ اللَّهُ
Dhahaba ẓ-ẓama’, wa btallati l-‘urūq, wa thabata l-ajru in shā’a Llāh
La soif est partie, les veines sont humectées, et la récompense est acquise, si Allah veut
Abū Dāwūd 2357 (Ibn ‘Umar) Ḥasan
Se dit après avoir bu, non avant ; avant, on dit Bismillāh, et l’invocation du jeûneur à la rupture est un moment d’exaucement (at-Tirmidhī 3598 ; ḥasan). La formule « Allāhumma laka ṣumtu wa ‘alā rizqika afṭartu » est chez Abū Dāwūd 2358 avec une chaîne faible
Les règles qui accompagnent
- Manger de la main droite : « Que nul de vous ne mange de sa main gauche ni ne boive de sa main gauche, car Satan mange de sa gauche et boit de sa gauche » (Muslim 2020).
- Manger de ce qui est devant soi, assis, sans s’appuyer (al-Bukhārī 5398), en trois gorgées en respirant hors du récipient (Muslim 2028), sans souffler dans la boisson (at-Tirmidhī 1888).
- Lécher les doigts et nettoyer le plat : « Vous ne savez pas dans quelle partie de la nourriture est la bénédiction » (Muslim 2033).
- Manger ensemble : « Réunissez-vous autour de votre nourriture et mentionnez le Nom d’Allah : elle vous sera bénie » (Abū Dāwūd 3764 ; ḥasan).
- Ne pas critiquer la nourriture : « Le Prophète ﷺ n’a jamais critiqué un plat ; s’il l’aimait, il en mangeait, sinon il le laissait » (al-Bukhārī 5409, Muslim 2064).
La voiture, le voyage, l’étape, l’entrée dans une ville, le retour, les adieux
Le Coran a lié la monture à la louange : « Afin que vous vous installiez sur leur dos, puis que vous vous rappeliez le bienfait de votre Seigneur une fois installés, et que vous disiez : Gloire à Celui qui nous a soumis cela, alors que nous n’étions pas capables de le dominer ; et c’est vers notre Seigneur que nous retournerons » (43 : 13-14). La voiture, le train, l’avion sont des montures ; l’invocation du départ est la même, et le voyageur est l’un des trois dont l’invocation n’est pas repoussée (at-Tirmidhī 1905 ; ḥasan).
Voyage · En montant en voiture (ou sur toute monture)
بِسْمِ اللَّهِ، الْحَمْدُ لِلَّهِ، سُبْحَانَ الَّذِي سَخَّرَ لَنَا هَذَا وَمَا كُنَّا لَهُ مُقْرِنِينَ، وَإِنَّا إِلَى رَبِّنَا لَمُنْقَلِبُونَ، الْحَمْدُ لِلَّهِ، الْحَمْدُ لِلَّهِ، الْحَمْدُ لِلَّهِ، اللَّهُ أَكْبَرُ، اللَّهُ أَكْبَرُ، اللَّهُ أَكْبَرُ، سُبْحَانَكَ اللَّهُمَّ إِنِّي ظَلَمْتُ نَفْسِي فَاغْفِرْ لِي، فَإِنَّهُ لَا يَغْفِرُ الذُّنُوبَ إِلَّا أَنْتَ
Bismillāh, al-ḥamdu li-Llāh, subḥāna lladhī sakhkhara lanā hādhā wa mā kunnā lahu muqrinīn, wa innā ilā rabbinā la-munqalibūn ; al-ḥamdu li-Llāh (3 fois), Allāhu akbar (3 fois), subḥānaka Llāhumma innī ẓalamtu nafsī fa-ghfir lī, fa-innahu lā yaghfiru dh-dhunūba illā ant
Au nom d’Allah ; louange à Allah ; gloire à Celui qui nous a soumis cela, alors que nous n’étions pas capables de le dominer, et c’est vers notre Seigneur que nous retournerons. Louange à Allah, louange à Allah, louange à Allah ; Allah est le plus grand, Allah est le plus grand, Allah est le plus grand ; gloire à Toi, ô Allah, je me suis fait du tort, pardonne-moi, car nul ne pardonne les péchés sinon Toi
Abū Dāwūd 2602, at-Tirmidhī 3446 (‘Alī) ; authentique ; Muslim 1342 pour la partie coranique
‘Alī la dit en montant sur sa monture, puis rit ; on lui demanda pourquoi : « J’ai vu le Prophète ﷺ faire comme je viens de faire, puis rire ; je lui ai demandé pourquoi, et il a dit : Ton Seigneur s’émerveille de Son serviteur quand il dit : pardonne-moi mes péchés, et qu’il sait que nul ne pardonne les péchés sinon Lui »
Voyage · Au départ en voyage
اللَّهُ أَكْبَرُ، اللَّهُ أَكْبَرُ، اللَّهُ أَكْبَرُ، سُبْحَانَ الَّذِي سَخَّرَ لَنَا هَذَا وَمَا كُنَّا لَهُ مُقْرِنِينَ وَإِنَّا إِلَى رَبِّنَا لَمُنْقَلِبُونَ، اللَّهُمَّ إِنَّا نَسْأَلُكَ فِي سَفَرِنَا هَذَا الْبِرَّ وَالتَّقْوَى، وَمِنَ الْعَمَلِ مَا تَرْضَى، اللَّهُمَّ هَوِّنْ عَلَيْنَا سَفَرَنَا هَذَا وَاطْوِ عَنَّا بُعْدَهُ، اللَّهُمَّ أَنْتَ الصَّاحِبُ فِي السَّفَرِ وَالْخَلِيفَةُ فِي الْأَهْلِ، اللَّهُمَّ إِنِّي أَعُوذُ بِكَ مِنْ وَعْثَاءِ السَّفَرِ، وَكَآبَةِ الْمَنْظَرِ، وَسُوءِ الْمُنْقَلَبِ فِي الْمَالِ وَالْأَهْلِ
Allāhu akbar (3 fois), subḥāna lladhī sakhkhara lanā hādhā wa mā kunnā lahu muqrinīn wa innā ilā rabbinā la-munqalibūn. Allāhumma innā nas’aluka fī safarinā hādhā l-birra wa t-taqwā, wa mina l-‘amali mā tarḍā. Allāhumma hawwin ‘alaynā safaranā hādhā wa ṭwi ‘annā bu’dah. Allāhumma anta ṣ-ṣāḥibu fī s-safar, wa l-khalīfatu fī l-ahl. Allāhumma innī a’ūdhu bika min wa’thā’i s-safar, wa ka’ābati l-manẓar, wa sū’i l-munqalabi fī l-māli wa l-ahl
Allah est le plus grand (trois fois) ; gloire à Celui qui nous a soumis cela… Ô Allah, nous Te demandons dans ce voyage la bonté et la piété, et des œuvres que Tu agrées ; ô Allah, facilite-nous ce voyage et replie pour nous sa distance ; ô Allah, Tu es le Compagnon dans le voyage et le Gardien de la famille ; ô Allah, je cherche refuge auprès de Toi contre les peines du voyage, contre un spectacle affligeant, et contre un mauvais retour dans les biens et la famille
Muslim 1342 (Ibn ‘Umar) Authentique
Le Prophète ﷺ la disait sur sa monture au moment de partir ; Allah est pris comme compagnon de route et comme gardien de ceux qu’on laisse, les deux soucis du voyageur
Voyage · En montant (une côte, un escalier, en avion qui décolle)
اللَّهُ أَكْبَرُ
Allāhu akbar
Allah est le plus grand
al-Bukhārī 2993 (Jābir) Authentique
« Quand nous montions, nous disions Allāhu akbar, et quand nous descendions, Subḥāna Llāh »
Voyage · En descendant
سُبْحَانَ اللَّهِ
Subḥāna Llāh
Gloire à Allah
al-Bukhārī 2993 Authentique
Le takbīr en haut contre l’orgueil de la hauteur, le tasbīḥ en bas contre la crainte de la descente, disent les commentateurs
Voyage · En arrivant en vue d’une ville ou d’un lieu
اللَّهُمَّ رَبَّ السَّمَاوَاتِ السَّبْعِ وَمَا أَظْلَلْنَ، وَرَبَّ الْأَرَضِينَ السَّبْعِ وَمَا أَقْلَلْنَ، وَرَبَّ الشَّيَاطِينِ وَمَا أَضْلَلْنَ، وَرَبَّ الرِّيَاحِ وَمَا ذَرَيْنَ، أَسْأَلُكَ خَيْرَ هَذِهِ الْقَرْيَةِ وَخَيْرَ أَهْلِهَا وَخَيْرَ مَا فِيهَا، وَأَعُوذُ بِكَ مِنْ شَرِّهَا وَشَرِّ أَهْلِهَا وَشَرِّ مَا فِيهَا
Allāhumma rabba s-samāwāti s-sab’i wa mā aẓlaln, wa rabba l-araḍīna s-sab’i wa mā aqlaln, wa rabba sh-shayāṭīni wa mā aḍlaln, wa rabba r-riyāḥi wa mā dharayn, as’aluka khayra hādhihi l-qaryati wa khayra ahlihā wa khayra mā fīhā, wa a’ūdhu bika min sharrihā wa sharri ahlihā wa sharri mā fīhā
Ô Allah, Seigneur des sept cieux et de ce qu’ils couvrent, Seigneur des sept terres et de ce qu’elles portent, Seigneur des démons et de ceux qu’ils égarent, Seigneur des vents et de ce qu’ils dispersent, je Te demande le bien de cette cité, le bien de ses habitants et le bien de ce qu’elle contient, et je cherche refuge auprès de Toi contre son mal, le mal de ses habitants et le mal de ce qu’elle contient
an-Nasā’ī, ‘Amal al-yawm wa-l-layla 548 ; al-Ḥākim 2/100 (Ṣuhayb) Ḥasanselon Ibn Ḥajar
Le Prophète ﷺ ne voyait jamais une cité où il voulait entrer sans dire cela
Voyage · En s’arrêtant quelque part (hôtel, aire, campement)
أَعُوذُ بِكَلِمَاتِ اللَّهِ التَّامَّاتِ مِنْ شَرِّ مَا خَلَقَ
A’ūdhu bi-kalimāti Llāhi t-tāmmāti min sharri mā khalaq
Je cherche refuge dans les paroles parfaites d’Allah contre le mal de ce qu’Il a créé
Muslim 2708 (Khawla bint Ḥakīm) Authentique
« Celui qui s’arrête en un lieu et dit cela, rien ne lui nuit jusqu’à ce qu’il reparte de ce lieu »
Voyage · La nuit en voyage
يَا أَرْضُ، رَبِّي وَرَبُّكِ اللَّهُ، أَعُوذُ بِاللَّهِ مِنْ شَرِّكِ وَشَرِّ مَا فِيكِ، وَشَرِّ مَا خُلِقَ فِيكِ، وَشَرِّ مَا يَدِبُّ عَلَيْكِ، وَأَعُوذُ بِاللَّهِ مِنْ أَسَدٍ وَأَسْوَدَ، وَمِنَ الْحَيَّةِ وَالْعَقْرَبِ، وَمِنْ سَاكِنِ الْبَلَدِ، وَمِنْ وَالِدٍ وَمَا وَلَدَ
Yā arḍu, rabbī wa rabbuki Llāh, a’ūdhu bi-Llāhi min sharriki wa sharri mā fīk, wa sharri mā khuliqa fīk, wa sharri mā yadibbu ‘alayk, wa a’ūdhu bi-Llāhi min asadin wa aswad, wa mina l-ḥayyati wa l-‘aqrab, wa min sākini l-balad, wa min wālidin wa mā walad
Ô terre, mon Seigneur et ton Seigneur est Allah ; je cherche refuge auprès d’Allah contre ton mal, le mal de ce qui est en toi, le mal de ce qui a été créé en toi, et le mal de ce qui rampe sur toi ; je cherche refuge auprès d’Allah contre le lion et le serpent noir, contre le serpent et le scorpion, contre l’habitant du lieu, et contre le père et ce qu’il a engendré
Abū Dāwūd 2603 (Ibn ‘Umar) Faible
Le « père et ce qu’il a engendré » est, pour les commentateurs, Iblīs et sa descendance
Voyage · Le voyageur avant l’aube
سَمِعَ سَامِعٌ بِحَمْدِ اللَّهِ وَحُسْنِ بَلَائِهِ عَلَيْنَا، رَبَّنَا صَاحِبْنَا وَأَفْضِلْ عَلَيْنَا، عَائِذًا بِاللَّهِ مِنَ النَّارِ
Sami’a sāmi’un bi-ḥamdi Llāhi wa ḥusni balā’ihi ‘alaynā, rabbanā ṣāḥibnā wa afḍil ‘alaynā, ‘ā’idhan bi-Llāhi mina n-nār
Qu’un témoin témoigne de notre louange à Allah et de Ses beaux bienfaits sur nous ; notre Seigneur, accompagne-nous et comble-nous de Ta grâce, en cherchant refuge auprès d’Allah contre le Feu
Muslim 2718 (Abū Hurayra) Authentique
Le Prophète ﷺ le disait à voix haute en voyage quand l’aube approchait
Voyage · Au retour, en apercevant sa ville
آيِبُونَ تَائِبُونَ عَابِدُونَ، لِرَبِّنَا حَامِدُونَ
Āyibūna tā’ibūna ‘ābidūn, li-rabbinā ḥāmidūn
Nous revenons, repentants, adorateurs, louant notre Seigneur
al-Bukhārī 1797, Muslim 1342 (Ibn ‘Umar, Anas) Authentique
Le Prophète ﷺ la disait au retour de tout voyage, en commençant par trois takbīr sur chaque hauteur, et il la répétait jusqu’à entrer à Médine ; il commençait par la mosquée, où il priait deux unités (al-Bukhārī 3088, Muslim 716)
Voyage · Celui qui part, à celui qui reste
أَسْتَوْدِعُكَ اللَّهَ الَّذِي لَا تَضِيعُ وَدَائِعُهُ
Astawdi’uka Llāha lladhī lā taḍī’u wadā’i’uh
Je te confie à Allah, chez qui les dépôts ne se perdent pas
Ibn Mājah 2825 (Abū Hurayra) Authentique
Les Compagnons se saluaient ainsi au départ ; ce qu’on confie à Allah, Il le garde
Voyage · Celui qui reste, à celui qui part
أَسْتَوْدِعُ اللَّهَ دِينَكَ وَأَمَانَتَكَ وَخَوَاتِيمَ عَمَلِكَ
Astawdi’u Llāha dīnaka wa amānataka wa khawātīma ‘amalik
Je confie à Allah ta religion, ce qui t’a été confié, et la fin de tes œuvres
Abū Dāwūd 2600, at-Tirmidhī 3443 (Ibn ‘Umar) Authentique
« Quand le Prophète ﷺ faisait ses adieux à un homme, il lui prenait la main et ne la lâchait pas avant que l’homme ne la retire, et il disait cela »
Voyage · Celui qui reste, à celui qui part (2)
زَوَّدَكَ اللَّهُ التَّقْوَى، وَغَفَرَ ذَنْبَكَ، وَيَسَّرَ لَكَ الْخَيْرَ حَيْثُ مَا كُنْتَ
Zawwadaka Llāhu t-taqwā, wa ghafara dhanbak, wa yassara laka l-khayra ḥaythu mā kunt
Qu’Allah te donne la piété pour provision, pardonne ton péché, et te facilite le bien où que tu sois
at-Tirmidhī 3444 (Anas) Ḥasan
Un homme demanda au Prophète ﷺ une provision pour son voyage, et le Prophète ﷺ lui donna celle-là
Voyage · Le voyageur, pour ceux qui restent
(toute invocation, en les nommant)
at-Tirmidhī 1905 Ḥasan
L’invocation du voyageur est l’une des trois exaucées sans doute ; on l’utilise pour les siens
Les règles qui accompagnent
- On ne voyage pas seul si l’on peut l’éviter : « Si les gens savaient ce que je sais sur la solitude, nul cavalier ne voyagerait seul la nuit » (al-Bukhārī 2998).
- On prie deux unités en partant et en revenant, à la mosquée : « Le Prophète ﷺ, quand il revenait de voyage, commençait par la mosquée et y priait deux unités » (al-Bukhārī 3088).
- Les prières peuvent être raccourcies et regroupées en voyage ; le dossier sur la prière en traite.
- On ne rentre pas chez soi à l’improviste la nuit après une longue absence (al-Bukhārī 5244, Muslim 715), par égard pour les siens.
- Le voyage de la nuit est béni : « Voyagez de nuit, car la terre est repliée la nuit » (Abū Dāwūd 2571 ; authentique) ; l’invocation du voyageur à l’aube se dit à ce moment-là.
Le marché, le supermarché, les achats et les dettes
« Les lieux les plus aimés d’Allah sont les mosquées, et les lieux qu’Il aime le moins sont les marchés » (Muslim 671). Le marché, et aujourd’hui le centre commercial, est le lieu de l’insouciance, du mensonge et de la convoitise ; c’est pourquoi la Sunna y attache l’invocation dont le mérite est, de tout ce dossier, le plus démesuré. Les savants expliquent cette démesure par le lieu : évoquer Allah là où tout le monde L’oublie vaut plus que L’évoquer dans l’assemblée des croyants.
Marché · En entrant au marché, au supermarché, au centre commercial
لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَحْدَهُ لَا شَرِيكَ لَهُ، لَهُ الْمُلْكُ وَلَهُ الْحَمْدُ، يُحْيِي وَيُمِيتُ، وَهُوَ حَيٌّ لَا يَمُوتُ، بِيَدِهِ الْخَيْرُ، وَهُوَ عَلَى كُلِّ شَيْءٍ قَدِيرٌ
Lā ilāha illa Llāhu waḥdahu lā sharīka lah, lahu l-mulku wa lahu l-ḥamd, yuḥyī wa yumīt, wa huwa ḥayyun lā yamūt, bi-yadihi l-khayr, wa huwa ‘alā kulli shay’in qadīr
Il n’y a de divinité qu’Allah, Unique, sans associé ; à Lui la royauté et la louange ; Il donne la vie et la mort, et Il est Vivant et ne meurt pas ; le bien est dans Sa main, et Il est capable de toute chose
at-Tirmidhī 3428, Ibn Mājah 2235, al-Ḥākim 1/538 (‘Umar) Faibleselon at-Tirmidhī et beaucoup de savants, ḥasan par la réunion de ses voies selon al-Mundhirī et al-Albānī
« Celui qui entre au marché et dit cela, Allah lui inscrit un million de bonnes actions, lui efface un million de péchés, l’élève d’un million de degrés » ; une version ajoute : « et lui bâtit une maison au Paradis ». Le hadith est faible, mais c’est l’exemple type du mérite qu’on applique sans y voir d’obligation : la formule elle-même est pure unicité, et ne peut nuire
Marché · En voyant quelque chose qui plaît, chez soi ou chez un autre
)
اللَّهُمَّ بَارِكْ فِيهِ (ou : بَارَكَ اللَّهُ فِيكَ
Allāhumma bārik fīh (ou : bāraka Llāhu fīk)
Ô Allah, bénis-le (ou : qu’Allah te bénisse)
Aḥmad 15700, al-Ḥākim 4/215 (Sahl ibn Ḥunayf) Authentique
« Quand l’un de vous voit chez lui-même, dans ses biens ou chez son frère quelque chose qui lui plaît, qu’il invoque la bénédiction, car le mauvais œil est une réalité »
Marché · En voyant quelque chose qui plaît (2)
مَا شَاءَ اللَّهُ لَا قُوَّةَ إِلَّا بِاللَّهِ
Mā shā’a Llāh, lā quwwata illā bi-Llāh
Ce qu’Allah veut ; il n’y a de force que par Allah
18 : 39 Coranle hadith qui en fait une protection (Ibn as-Sunnī 207) est de chaîne faible
Le Coran met ces mots dans la bouche du croyant devant le jardin de son voisin ; le hadith faible ajoute : « celui qui voit une chose qui lui plaît et dit cela, rien ne lui nuit »
Marché · En achetant une voiture, une monture, une maison (ou en épousant)
اللَّهُمَّ إِنِّي أَسْأَلُكَ خَيْرَهَا وَخَيْرَ مَا جُبِلَتْ عَلَيْهِ، وَأَعُوذُ بِكَ مِنْ شَرِّهَا وَشَرِّ مَا جُبِلَتْ عَلَيْهِ
Allāhumma innī as’aluka khayrahā wa khayra mā jubilat ‘alayh, wa a’ūdhu bika min sharrihā wa sharri mā jubilat ‘alayh
Ô Allah, je Te demande son bien et le bien de ce pour quoi elle a été faite, et je cherche refuge auprès de Toi contre son mal et le mal de ce pour quoi elle a été faite
Abū Dāwūd 2160, Ibn Mājah 1918 (‘Amr ibn Shu’ayb) Ḥasan
« Quand l’un de vous épouse une femme ou achète un serviteur ou une monture, qu’il la prenne par le front et dise… » ; la voiture tient lieu de monture, et l’on pose la main sur elle
Marché · En remboursant une dette
بَارَكَ اللَّهُ لَكَ فِي أَهْلِكَ وَمَالِكَ، إِنَّمَا جَزَاءُ السَّلَفِ الْحَمْدُ وَالْأَدَاءُ
Bāraka Llāhu laka fī ahlika wa mālik, innamā jazā’u s-salafi l-ḥamdu wa l-adā’
Qu’Allah te bénisse dans ta famille et tes biens ; la récompense du prêt, c’est le remerciement et le remboursement
an-Nasā’ī 4683, Ibn Mājah 2424 (‘Abdullāh ibn Abī Rabī’a) Authentique
Le Prophète ﷺ le dit en remboursant un prêt de quarante mille dirhams ; rendre avec un mot de gratitude est la Sunna du débiteur
Marché · Pour celui qui est endetté
اللَّهُمَّ اكْفِنِي بِحَلَالِكَ عَنْ حَرَامِكَ، وَأَغْنِنِي بِفَضْلِكَ عَمَّنْ سِوَاكَ
Allāhumma kfinī bi-ḥalālika ‘an ḥarāmik, wa aghninī bi-faḍlika ‘amman siwāk
Ô Allah, suffis-moi par Ton licite contre Ton illicite, et enrichis-moi par Ta grâce à l’égard de tout autre que Toi
at-Tirmidhī 3563 (‘Alī) Ḥasan
Un esclave vint demander de l’aide pour payer son affranchissement ; ‘Alī lui dit : « Veux-tu que je t’enseigne des mots que le Messager d’Allah ﷺ m’a enseignés ? Si tu avais une dette comme la montagne de Ṣīr, Allah la paierait pour toi »
Marché · Pour celui qui est endetté (2)
اللَّهُمَّ إِنِّي أَعُوذُ بِكَ مِنَ الْهَمِّ وَالْحَزَنِ … وَضَلَعِ الدَّيْنِ وَغَلَبَةِ الرِّجَالِ
Allāhumma innī a’ūdhu bika mina l-hammi wa l-ḥazan… wa ḍala’i d-dayni wa ghalabati r-rijāl
Ô Allah, je cherche refuge auprès de Toi contre le souci et la tristesse… le poids de la dette et la domination des hommes
al-Bukhārī 6369 AuthentiqueAbū Dāwūd 1555 (chaîne faible pour « matin et soir »)
Abū Umāma la dit matin et soir, et témoigna : « Allah a dissipé mon souci et payé ma dette »
Marché · En entrant dans tout lieu, aux gens présents
السَّلَامُ عَلَيْكُمْ
As-salāmu ‘alaykum
Que la paix soit sur vous
Muslim 54 ; al-Bukhārī 12, 6236
« Vous n’entrerez au Paradis que lorsque vous croirez, et vous ne croirez que lorsque vous vous aimerez ; voulez-vous que je vous indique ce qui vous fera vous aimer ? Répandez le salut entre vous » (Muslim 54) ; on salue celui qu’on connaît et celui qu’on ne connaît pas (al-Bukhārī 12)
Les règles qui accompagnent
- On ne jure pas pour vendre : « Le serment fait vendre la marchandise et efface la bénédiction » (al-Bukhārī 2087, Muslim 1606).
- On dit ce qu’on sait du produit : « Les deux parties ont le choix tant qu’elles ne se sont pas séparées ; si elles sont sincères et claires, leur transaction est bénie ; si elles mentent et cachent, la bénédiction en est effacée » (al-Bukhārī 2079, Muslim 1532).
- Le commerçant honnête et digne de confiance sera avec les prophètes, les véridiques et les martyrs (at-Tirmidhī 1209 ; ḥasan).
- Celui qui évoque Allah parmi les insouciants : plusieurs hadiths faibles lui promettent une place à part ; le hadith authentique suffit : « L’exemple de celui qui évoque son Seigneur et de celui qui ne L’évoque pas est comme l’exemple du vivant et du mort » (al-Bukhārī 6407), et c’est au marché que le mort et le vivant se distinguent le plus.
Les circonstances de la journée
Le Prophète ﷺ avait une parole pour presque tout ce qui peut arriver dans une journée : un éternuement, une colère, un orage, une nouvelle, une rencontre. Cette section les regroupe par situation. Elles ne se disent pas toutes chaque jour ; elles se tiennent prêtes.
Le corps et les émotions
Circonstances · Quand on éternue
الْحَمْدُ لِلَّهِ
Al-ḥamdu li-Llāh
Louange à Allah
al-Bukhārī 6224 (Abū Hurayra) Authentique
« Allah aime l’éternuement et déteste le bâillement » (al-Bukhārī 6223) ; « quand l’un de vous éternue, qu’il dise al-ḥamdu li-Llāh, et que son frère lui dise yarḥamuka Llāh »
Circonstances · À celui qui éternue et dit al-ḥamdu li-Llāh
يَرْحَمُكَ اللَّهُ
Yarḥamuka Llāh
Qu’Allah te fasse miséricorde
al-Bukhārī 6224 Authentique
C’est un droit du musulman sur son frère (al-Bukhārī 1240) ; on ne répond pas à celui qui n’a pas loué Allah (Muslim 2991), et pas plus de trois fois (Abū Dāwūd 5034)
Circonstances · Réponse de celui qui a éternué
يَهْدِيكُمُ اللَّهُ وَيُصْلِحُ بَالَكُمْ
Yahdīkumu Llāhu wa yuṣliḥu bālakum
Qu’Allah vous guide et améliore votre état
al-Bukhārī 6224 Authentique
Circonstances · Quand on bâille
(on retient le bâillement, la main sur la bouche, sans son)
Muslim 2994 ; al-Bukhārī 6226
« Si l’un de vous bâille, qu’il le retienne autant qu’il peut, car Satan entre » ; « quand l’un de vous dit hā, Satan rit de lui »
Circonstances · Quand on se met en colère
أَعُوذُ بِاللَّهِ مِنَ الشَّيْطَانِ الرَّجِيمِ
A’ūdhu bi-Llāhi mina sh-shayṭāni r-rajīm
Je cherche refuge auprès d’Allah contre Satan le lapidé
al-Bukhārī 3282, Muslim 2610 (Sulaymān ibn Ṣurad) Authentique
Deux hommes s’injuriaient devant le Prophète ﷺ ; il dit : « Je connais une parole qui, s’il la disait, ferait partir ce qu’il ressent ». On change aussi de position : « si l’un de vous se met en colère debout, qu’il s’asseye ; si cela ne passe pas, qu’il s’allonge » (Abū Dāwūd 4782 ; authentique), et l’on fait ses ablutions (Abū Dāwūd 4784 ; chaîne discutée)
Circonstances · Quand on a peur ou qu’on est menacé
حَسْبُنَا اللَّهُ وَنِعْمَ الْوَكِيلُ
Ḥasbuna Llāhu wa ni’ma l-wakīl
Allah nous suffit, et quel excellent garant
3 : 173 ; al-Bukhārī 4563 (Ibn ‘Abbās) CoranHadith authentique
« Ibrāhīm l’a dit quand on l’a jeté dans le feu, et Muḥammad ﷺ l’a dit quand on lui a dit : les gens se sont rassemblés contre vous, craignez-les ; cela ne fit qu’accroître leur foi »
Circonstances · Quand on redoute un groupe de gens
اللَّهُمَّ إِنَّا نَجْعَلُكَ فِي نُحُورِهِمْ، وَنَعُوذُ بِكَ مِنْ شُرُورِهِمْ
Allāhumma innā naj’aluka fī nuḥūrihim, wa na’ūdhu bika min shurūrihim
Ô Allah, nous Te plaçons face à eux, et nous cherchons refuge auprès de Toi contre leurs maux
Abū Dāwūd 1537 (Abū Mūsā) Authentique
Parole du Prophète ﷺ quand il craignait un peuple
Circonstances · Quand on est angoissé, dans la détresse
لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ الْعَظِيمُ الْحَلِيمُ، لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ رَبُّ الْعَرْشِ الْعَظِيمِ، لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ رَبُّ السَّمَاوَاتِ وَرَبُّ الْأَرْضِ وَرَبُّ الْعَرْشِ الْكَرِيمِ
Lā ilāha illa Llāhu l-‘Aẓīmu l-Ḥalīm, lā ilāha illa Llāhu rabbu l-‘arshi l-‘aẓīm, lā ilāha illa Llāhu rabbu s-samāwāti wa rabbu l-arḍi wa rabbu l-‘arshi l-karīm
Il n’y a de divinité qu’Allah, l’Immense, le Longanime ; il n’y a de divinité qu’Allah, Seigneur du Trône immense ; il n’y a de divinité qu’Allah, Seigneur des cieux, de la terre et du Trône noble
al-Bukhārī 6346, Muslim 2730 (Ibn ‘Abbās) Authentique
« Le Prophète ﷺ disait dans l’angoisse… » ; l’invocation ne demande rien, elle affirme la seigneurie, et c’est ce qui soulage
Circonstances · Dans la détresse (2)
لَا إِلَهَ إِلَّا أَنْتَ سُبْحَانَكَ إِنِّي كُنْتُ مِنَ الظَّالِمِينَ
Lā ilāha illā anta subḥānaka innī kuntu mina ẓ-ẓālimīn
Il n’y a de divinité que Toi, gloire à Toi, j’ai été du nombre des injustes
21 : 87 ; at-Tirmidhī 3505 (Sa’d) CoranHadith authentique
« Aucun musulman n’invoque par elle, en quelque chose que ce soit, sans qu’Allah ne l’exauce »
Circonstances · Dans la détresse (3)
اللَّهُمَّ رَحْمَتَكَ أَرْجُو فَلَا تَكِلْنِي إِلَى نَفْسِي طَرْفَةَ عَيْنٍ، وَأَصْلِحْ لِي شَأْنِي كُلَّهُ، لَا إِلَهَ إِلَّا أَنْتَ
Allāhumma raḥmataka arjū fa-lā takilnī ilā nafsī ṭarfata ‘ayn, wa aṣliḥ lī sha’nī kullah, lā ilāha illā ant
Ô Allah, c’est Ta miséricorde que j’espère ; ne me laisse pas à moi-même le temps d’un clin d’œil, et réforme pour moi toute mon affaire ; il n’y a de divinité que Toi
Abū Dāwūd 5090 (Abū Bakra) Ḥasan
« Les invocations de celui qui est dans la détresse (al-makrūb) »
Circonstances · Devant une tâche difficile
اللَّهُمَّ لَا سَهْلَ إِلَّا مَا جَعَلْتَهُ سَهْلًا، وَأَنْتَ تَجْعَلُ الْحَزْنَ إِذَا شِئْتَ سَهْلًا
Allāhumma lā sahla illā mā ja’altahu sahlā, wa anta taj’alu l-ḥazna idhā shi’ta sahlā
Ô Allah, rien n’est facile sinon ce que Tu rends facile, et Tu rends facile, quand Tu veux, ce qui est difficile
Ibn Ḥibbān 974 (Anas) Authentiqueselon Ibn Ḥibbān et al-Albānī
Pour l’examen, l’entretien, le dossier administratif, la réparation qui résiste
Circonstances · Quand on est frappé par un malheur (deuil, perte, accident)
إِنَّا لِلَّهِ وَإِنَّا إِلَيْهِ رَاجِعُونَ، اللَّهُمَّ أْجُرْنِي فِي مُصِيبَتِي وَأَخْلِفْ لِي خَيْرًا مِنْهَا
Innā li-Llāhi wa innā ilayhi rāji’ūn, Allāhumma ‘jurnī fī muṣībatī wa akhlif lī khayran minhā
Nous appartenons à Allah et c’est vers Lui que nous retournons ; ô Allah, récompense-moi dans mon malheur et remplace-le pour moi par quelque chose de meilleur
2 : 156 ; Muslim 918 (Umm Salama) CoranHadith authentique
« Il n’y a pas un serviteur frappé par un malheur qui dise cela sans qu’Allah ne le récompense dans son malheur et ne le remplace par mieux ». Umm Salama la dit à la mort d’Abū Salama en pensant : qui est meilleur qu’Abū Salama ? Allah lui donna le Prophète ﷺ pour époux
Circonstances · Quand une chose plaisante arrive
الْحَمْدُ لِلَّهِ الَّذِي بِنِعْمَتِهِ تَتِمُّ الصَّالِحَاتُ
Al-ḥamdu li-Llāhi lladhī bi-ni’matihi tatimmu ṣ-ṣāliḥāt
Louange à Allah par le bienfait de qui s’accomplissent les bonnes choses
Ibn Mājah 3803, al-Ḥākim 1/499 (‘Ā’isha) Ḥasan
« Quand il voyait ce qu’il aimait, le Prophète ﷺ disait cela »
Circonstances · Quand une chose déplaisante arrive
الْحَمْدُ لِلَّهِ عَلَى كُلِّ حَالٍ
Al-ḥamdu li-Llāhi ‘alā kulli ḥāl
Louange à Allah en toute circonstance
Ibn Mājah 3803 Ḥasan
« Et quand il voyait ce qu’il n’aimait pas, il disait cela ». Deux louanges pour deux états : la louange n’a pas d’exception
Circonstances · Quand une bonne nouvelle arrive
(une prosternation de remerciement)
Abū Dāwūd 2774 (Abū Bakra) Ḥasan
« Lorsqu’une chose réjouissante arrivait au Prophète ﷺ, il se prosternait en remerciement à Allah » ; sans ablutions nécessaires selon la majorité
Circonstances · En voyant quelqu’un d’éprouvé (malade, handicapé, affligé)
الْحَمْدُ لِلَّهِ الَّذِي عَافَانِي مِمَّا ابْتَلَاكَ بِهِ، وَفَضَّلَنِي عَلَى كَثِيرٍ مِمَّنْ خَلَقَ تَفْضِيلًا
Al-ḥamdu li-Llāhi lladhī ‘āfānī mimmā btalāka bih, wa faḍḍalanī ‘alā kathīrin mimman khalaqa tafḍīlā
Louange à Allah qui m’a préservé de ce dont Il t’a éprouvé, et m’a favorisé par rapport à beaucoup de Ses créatures
at-Tirmidhī 3432 (Abū Hurayra, Ibn ‘Umar) Ḥasanselon at-Tirmidhī
« Celui qui voit un éprouvé et dit cela ne sera pas atteint par cette épreuve, quelle qu’elle soit » ; on le dit à voix basse, pour ne pas blesser
Circonstances · Quand on sent une douleur dans le corps
(la main sur l’endroit) (7 fois)
بِسْمِ اللَّهِ (3 fois), puis أَعُوذُ بِاللَّهِ وَقُدْرَتِهِ مِنْ شَرِّ مَا أَجِدُ وَأُحَاذِرُ
Bismillāh (3 fois) ; a’ūdhu bi-Llāhi wa qudratihi min sharri mā ajidu wa uḥādhir (7 fois)
Au nom d’Allah ; je cherche refuge auprès d’Allah et de Sa puissance contre le mal que je ressens et que je redoute
Muslim 2202 (‘Uthmān ibn Abī l-‘Āṣ) Authentique
‘Uthmān se plaignit d’une douleur ; le Prophète ﷺ lui enseigna cela, et il dit : « Je l’ai fait, et Allah a fait partir ce que j’avais »
Le ciel et les éléments
Circonstances · Quand le vent se lève
اللَّهُمَّ إِنِّي أَسْأَلُكَ خَيْرَهَا وَخَيْرَ مَا فِيهَا وَخَيْرَ مَا أُرْسِلَتْ بِهِ، وَأَعُوذُ بِكَ مِنْ شَرِّهَا وَشَرِّ مَا فِيهَا وَشَرِّ مَا أُرْسِلَتْ بِهِ
Allāhumma innī as’aluka khayrahā wa khayra mā fīhā wa khayra mā ursilat bih, wa a’ūdhu bika min sharrihā wa sharri mā fīhā wa sharri mā ursilat bih
Ô Allah, je Te demande son bien, le bien de ce qu’il porte et le bien de ce pour quoi il a été envoyé, et je cherche refuge auprès de Toi contre son mal, le mal de ce qu’il porte et le mal de ce pour quoi il a été envoyé
Muslim 899 (‘Ā’isha) Authentique
On ne maudit pas le vent : « Le vent vient de l’esprit d’Allah ; il apporte la miséricorde et le châtiment ; ne le maudissez pas, demandez à Allah son bien » (Abū Dāwūd 5097 ; authentique)
Circonstances · Quand on entend le tonnerre
سُبْحَانَ الَّذِي يُسَبِّحُ الرَّعْدُ بِحَمْدِهِ وَالْمَلَائِكَةُ مِنْ خِيفَتِهِ
Subḥāna lladhī yusabbiḥu r-ra’du bi-ḥamdihi wa l-malā’ikatu min khīfatih
Gloire à Celui que le tonnerre glorifie par Sa louange, et les anges par crainte de Lui
Mālik, al-Muwaṭṭa’ 1796 ; parole de ‘Abdullāh ibn az-Zubayr Authentiquecomme parole de Compagnon
‘Abdullāh ibn az-Zubayr cessait de parler quand il entendait le tonnerre et disait cela ; les mots sont du Coran (13 : 13)
Circonstances · Quand la pluie tombe
اللَّهُمَّ صَيِّبًا نَافِعًا
Allāhumma ṣayyiban nāfi’ā
Ô Allah, une pluie bienfaisante
al-Bukhārī 1032 (‘Ā’isha) Authentique
Le moment de la pluie est un moment d’exaucement (section des moments) ; le Prophète ﷺ découvrait un pan de son vêtement pour que la pluie le touche : « elle vient tout juste de son Seigneur » (Muslim 898)
Circonstances · Après la pluie
مُطِرْنَا بِفَضْلِ اللَّهِ وَرَحْمَتِهِ
Muṭirnā bi-faḍli Llāhi wa raḥmatih
Nous avons reçu la pluie par la grâce d’Allah et Sa miséricorde
al-Bukhārī 846, Muslim 71 (Zayd ibn Khālid) Authentique
« Celui qui dit : nous avons reçu la pluie par la grâce d’Allah et Sa miséricorde, celui-là croit en Moi et mécroit en l’astre ; celui qui dit : par telle étoile, celui-là mécroit en Moi et croit en l’astre » (hadith qudsī)
Circonstances · Quand la pluie devient excessive
اللَّهُمَّ حَوَالَيْنَا وَلَا عَلَيْنَا، اللَّهُمَّ عَلَى الْآكَامِ وَالظِّرَابِ وَبُطُونِ الْأَوْدِيَةِ وَمَنَابِتِ الشَّجَرِ
Allāhumma ḥawālaynā wa lā ‘alaynā, Allāhumma ‘alā l-ākāmi wa ẓ-ẓirābi wa buṭūni l-awdiyati wa manābiti sh-shajar
Ô Allah, autour de nous et non sur nous ; ô Allah, sur les collines, les monts, le fond des vallées et les lieux où poussent les arbres
al-Bukhārī 1013, Muslim 897 (Anas) Authentique
Dite par le Prophète ﷺ le vendredi suivant la pluie qu’il avait demandée, quand elle ne cessait plus ; les nuages s’ouvrirent autour de Médine
Circonstances · En voyant le nouveau croissant
اللَّهُ أَكْبَرُ، اللَّهُمَّ أَهِلَّهُ عَلَيْنَا بِالْأَمْنِ وَالْإِيمَانِ، وَالسَّلَامَةِ وَالْإِسْلَامِ، وَالتَّوْفِيقِ لِمَا تُحِبُّ وَتَرْضَى، رَبُّنَا وَرَبُّكَ اللَّهُ
Allāhu akbar, Allāhumma ahillahu ‘alaynā bi-l-amni wa l-īmān, wa s-salāmati wa l-islām, wa t-tawfīqi limā tuḥibbu wa tarḍā, rabbunā wa rabbuka Llāh
Allah est le plus grand ; ô Allah, fais-le apparaître sur nous avec la sécurité et la foi, le salut et l’islam, et le succès dans ce que Tu aimes et agrées ; notre Seigneur et ton Seigneur est Allah
at-Tirmidhī 3451 (Ṭalḥa) ; ad-Dārimī 1729 (Ibn ‘Umar, avec le takbīr) Ḥasan
On s’adresse au croissant comme à une créature, en lui rappelant qu’Allah est son Seigneur ; on ne se tourne pas vers lui
Circonstances · En entendant le coq
اللَّهُمَّ إِنِّي أَسْأَلُكَ مِنْ فَضْلِكَ
Allāhumma innī as’aluka min faḍlik
Ô Allah, je Te demande de Ta grâce
al-Bukhārī 3303, Muslim 2729 Authentique
« Quand vous entendez le chant des coqs, demandez à Allah de Sa grâce, car ils ont vu un ange »
Circonstances · En entendant l’âne braire ou le chien aboyer la nuit
أَعُوذُ بِاللَّهِ مِنَ الشَّيْطَانِ الرَّجِيمِ
A’ūdhu bi-Llāhi mina sh-shayṭāni r-rajīm
Je cherche refuge auprès d’Allah contre Satan le lapidé
al-Bukhārī 3303, Muslim 2729 ; Abū Dāwūd 5103 (chiens) Authentique
« Quand vous entendez l’âne braire, cherchez refuge contre Satan, car il a vu un démon » ; « quand vous entendez les chiens aboyer et les ânes braire la nuit, cherchez refuge auprès d’Allah, car ils voient ce que vous ne voyez pas »
Circonstances · Lors d’une éclipse
(la prière de l’éclipse, le takbīr, l’invocation, l’aumône)
al-Bukhārī 1044, Muslim 901 Authentique
« Le soleil et la lune ne s’éclipsent pour la mort ni pour la vie de personne ; quand vous le voyez, invoquez Allah, dites Allāhu akbar, priez et faites l’aumône »
Les rencontres et les liens
Circonstances · Quand on rencontre un musulman
السَّلَامُ عَلَيْكُمْ وَرَحْمَةُ اللَّهِ وَبَرَكَاتُهُ
As-salāmu ‘alaykum wa raḥmatu Llāhi wa barakātuh
Que la paix, la miséricorde d’Allah et Ses bénédictions soient sur vous
Abū Dāwūd 5195, at-Tirmidhī 2689 (‘Imrān ibn Ḥuṣayn) Ḥasan
Un homme dit as-salāmu ‘alaykum : « dix » ; un autre ajouta wa raḥmatu Llāh : « vingt » ; un troisième ajouta wa barakātuh : « trente » (bonnes actions). On répond par autant ou mieux (4 : 86)
Circonstances · Quand on serre la main
(la poignée de main avec le salut)
Abū Dāwūd 5212, at-Tirmidhī 2727 (al-Barā’) Ḥasan
« Il n’y a pas deux musulmans qui se rencontrent et se serrent la main sans qu’ils soient pardonnés avant de se séparer »
Circonstances · À celui qui vous dit « je t’aime en Allah »
أَحَبَّكَ الَّذِي أَحْبَبْتَنِي لَهُ
Aḥabbaka lladhī aḥbabtanī lah
Que t’aime Celui pour qui tu m’as aimé
Abū Dāwūd 5125 (Anas) Ḥasan
Un homme dit : « Ô Messager d’Allah, j’aime cet homme. » Il dit : « Le lui as-tu fait savoir ? Va le lui dire. » L’homme le lui dit, et l’autre répondit cela
Circonstances · À celui qui vous a fait du bien
جَزَاكَ اللَّهُ خَيْرًا
Jazāka Llāhu khayran
Qu’Allah te récompense en bien
at-Tirmidhī 2035 (Usāma ibn Zayd) Authentique
« Celui à qui l’on a fait du bien et qui dit à son bienfaiteur : jazāka Llāhu khayran, a remercié abondamment »
Circonstances · Quand quelqu’un vous dit « Allah te pardonne » ou invoque pour vous
)
وَلَكَ (وَأَنْتَ فَجَزَاكَ اللَّهُ خَيْرًا
Wa lak (ou : wa anta fa-jazāka Llāhu khayran)
Et pour toi aussi
Muslim 2733 (le principe) ; Aḥmad 20200 (Usayd ibn Ḥuḍayr) Ḥasan
Le Prophète ﷺ répondait à qui invoquait pour lui par une invocation en retour
Circonstances · En entrant au cimetière ou en passant devant
السَّلَامُ عَلَيْكُمْ أَهْلَ الدِّيَارِ مِنَ الْمُؤْمِنِينَ وَالْمُسْلِمِينَ، وَإِنَّا إِنْ شَاءَ اللَّهُ بِكُمْ لَاحِقُونَ، نَسْأَلُ اللَّهَ لَنَا وَلَكُمُ الْعَافِيَةَ
As-salāmu ‘alaykum ahla d-diyāri mina l-mu’minīna wa l-muslimīn, wa innā in shā’a Llāhu bikum lāḥiqūn, nas’alu Llāha lanā wa lakumu l-‘āfiya
Que la paix soit sur vous, gens de ces demeures, croyants et musulmans ; nous vous rejoindrons, si Allah veut ; nous demandons à Allah la préservation pour nous et pour vous
Muslim 975 (Buraydah) Authentique
La visite des tombes rappelle l’au-delà (Muslim 976) ; le mort connaît celui qui le salue (chaînes discutées)
Circonstances · En visitant un malade
أَسْأَلُ اللَّهَ الْعَظِيمَ رَبَّ الْعَرْشِ الْعَظِيمِ أَنْ يَشْفِيَكَ (7 fois) ; لَا بَأْسَ طَهُورٌ إِنْ شَاءَ اللَّهُ
As’alu Llāha l-‘Aẓīma rabba l-‘arshi l-‘aẓīmi an yashfiyak (7 fois) ; lā ba’sa ṭahūrun in shā’a Llāh
Je demande à Allah l’Immense, Seigneur du Trône immense, de te guérir ; pas de mal, c’est une purification, si Allah veut
Abū Dāwūd 3106, at-Tirmidhī 2083 ; ḥasan ; al-Bukhārī 3616 pour la seconde
« Celui qui visite un malade dont l’heure n’est pas venue et dit sept fois cela, Allah le guérit » ; et pour le visiteur : « il reste dans la récolte du Paradis jusqu’à son retour » (Muslim 2568)
Circonstances · Pour celui qui se marie
بَارَكَ اللَّهُ لَكَ، وَبَارَكَ عَلَيْكَ، وَجَمَعَ بَيْنَكُمَا فِي خَيْرٍ
Bāraka Llāhu lak, wa bāraka ‘alayk, wa jama’a baynakumā fī khayr
Qu’Allah te bénisse, qu’Il te couvre de bénédictions, et qu’Il vous unisse dans le bien
Abū Dāwūd 2130, at-Tirmidhī 1091 (Abū Hurayra) Authentique
La félicitation prophétique, à la place des vœux hérités de l’ignorance (« bi-r-rifā’i wa-l-banīn »), que le Prophète ﷺ avait écartés
Circonstances · Avant les rapports conjugaux
بِسْمِ اللَّهِ، اللَّهُمَّ جَنِّبْنَا الشَّيْطَانَ، وَجَنِّبِ الشَّيْطَانَ مَا رَزَقْتَنَا
Bismillāh, Allāhumma jannibnā sh-shayṭān, wa jannibi sh-shayṭāna mā razaqtanā
Au nom d’Allah ; ô Allah, éloigne de nous Satan, et éloigne Satan de ce que Tu nous accorderas
al-Bukhārī 141, Muslim 1434 (Ibn ‘Abbās) Authentique
« S’il leur est destiné un enfant de cette union, Satan ne lui nuira jamais »
Circonstances · À la naissance d’un enfant
(l’appel à la prière à l’oreille droite ; le taḥnīk ; le nom le septième jour ; la ‘aqīqa) ; pour le féliciter :
بَارَكَ اللَّهُ لَكَ فِي الْمَوْهُوبِ لَكَ، وَشَكَرْتَ الْوَاهِبَ، وَبَلَغَ أَشُدَّهُ، وَرُزِقْتَ بِرَّهُ
Bāraka Llāhu laka fī l-mawhūbi lak, wa shakarta l-Wāhib, wa balagha ashuddah, wa ruziqta birrah
Qu’Allah te bénisse dans ce qui t’a été donné ; puisses-tu remercier le Donateur ; que l’enfant atteigne sa pleine force, et que tu sois gratifié de sa piété
Abū Dāwūd 5105 pour l’adhān (chaîne discutée) ; al-Bukhārī 5467 pour le taḥnīk ; la félicitation est rapportée d’al-Ḥasan al-Baṣrī (an-Nawawī, al-Adhkār), non du Prophète ﷺ
Le père répond : « Qu’Allah te bénisse et te couvre de bénédictions, et te récompense en bien »
Circonstances · Pour protéger ses enfants
أُعِيذُكَ بِكَلِمَاتِ اللَّهِ التَّامَّةِ مِنْ كُلِّ شَيْطَانٍ وَهَامَّةٍ، وَمِنْ كُلِّ عَيْنٍ لَامَّةٍ
U’īdhuka bi-kalimāti Llāhi t-tāmmati min kulli shayṭānin wa hāmma, wa min kulli ‘aynin lāmma
Je te place sous la protection des paroles parfaites d’Allah contre tout démon et toute bête venimeuse, et contre tout mauvais œil
al-Bukhārī 3371 (Ibn ‘Abbās) Authentique
« Le Prophète ﷺ plaçait al-Ḥasan et al-Ḥusayn sous cette protection et disait : votre père Ibrāhīm en protégeait Ismā’īl et Isḥāq »
Circonstances · En quittant une assemblée
سُبْحَانَكَ اللَّهُمَّ وَبِحَمْدِكَ، أَشْهَدُ أَنْ لَا إِلَهَ إِلَّا أَنْتَ، أَسْتَغْفِرُكَ وَأَتُوبُ إِلَيْكَ
Subḥānaka Llāhumma wa bi-ḥamdik, ashhadu an lā ilāha illā ant, astaghfiruka wa atūbu ilayk
Gloire et louange à Toi, ô Allah ; je témoigne qu’il n’y a de divinité que Toi ; je Te demande pardon et je me repens à Toi
at-Tirmidhī 3433 (Abū Hurayra) Authentique
« Celui qui s’assied dans une assemblée où le bavardage a été nombreux, et dit avant de se lever…, Allah lui pardonne ce qui s’est passé dans cette assemblée »
Le soir et le coucher
Le soir reprend les évocations du matin avec leurs variantes (section correspondante), puis vient le coucher, qui est dans la Sunna le moment le plus riche de la journée : le Prophète ﷺ y attachait des ablutions, une position, des sourates, des évocations et des invocations, et promettait à celui qui les disait la protection jusqu’au matin et la mort sur la foi s’il mourait dans la nuit. Le hadith qui résume l’esprit du coucher : « Lorsque tu vas te coucher, fais tes ablutions comme pour la prière, puis allonge-toi sur ton côté droit, et dis… Si tu meurs cette nuit, tu meurs sur la nature originelle ; et fais-en tes dernières paroles » (al-Bukhārī 247, Muslim 2710).
Avant de dormir
Coucher
(les ablutions, puis s’allonger sur le côté droit, la main droite sous la joue)
al-Bukhārī 247, Muslim 2710 ; al-Bukhārī 6314
« Fais tes ablutions comme pour la prière, puis allonge-toi sur ton côté droit »
Coucher · 1 fois
(épousseter le lit trois fois)
بِسْمِ اللَّهِ
Bismillāh
Au nom d’Allah
al-Bukhārī 6320, Muslim 2714 Authentique
« Quand l’un de vous va se coucher, qu’il époussette son lit avec l’intérieur de son vêtement, car il ne sait pas ce qui s’y est glissé après lui »
Coucher · 3 fois
(soufflées dans les mains réunies, puis passées sur tout le corps en commençant par la tête et le visage)
سورة الإخلاص، الفلق، الناس
Les trois sourates « Dis »
al-Bukhārī 5017, Muslim 2192 (‘Ā’isha) Authentique
« Chaque nuit, quand le Prophète ﷺ se couchait, il réunissait ses mains, soufflait dedans et y récitait les trois sourates, puis passait ses mains sur ce qu’il pouvait de son corps, en commençant par la tête, le visage et le devant du corps, trois fois »
Coucher · 1 fois
(2 : 255)
آيَةُ الْكُرْسِيِّ
Āyat al-Kursī
Le verset du Trône
al-Bukhārī 2311 (Abū Hurayra) Authentique
Le démon qui volait les dattes de l’aumône dit à Abū Hurayra : « Quand tu vas te coucher, récite le verset du Trône : un gardien d’Allah restera avec toi, et aucun démon ne t’approchera jusqu’au matin ». Le Prophète ﷺ dit : « Il t’a dit vrai, bien qu’il soit menteur »
Coucher · 1 fois
… (les deux derniers versets de la sourate al-Baqara, 2 : 285-286)
آمَنَ الرَّسُولُ
Āmana r-rasūlu bimā unzila ilayhi min rabbihi wa l-mu’minūn…
Le Messager a cru en ce qui lui a été révélé de la part de son Seigneur…
al-Bukhārī 5009, Muslim 808 (Abū Mas’ūd) Authentique
« Celui qui récite les deux derniers versets de la sourate al-Baqara dans la nuit, ils lui suffisent » : contre tout mal, ou en place de la prière de nuit, selon les commentateurs
Coucher · 1 fois
(sourate 67)
سُورَةُ الْمُلْكِ
Tabāraka lladhī bi-yadihi l-mulk…
Béni soit Celui dans la main de qui est la royauté…
at-Tirmidhī 2891 (Abū Hurayra) ; ḥasan ; at-Tirmidhī 3404 (Jābir) pour as-Sajda et al-Mulk Authentique
« Une sourate du Coran, trente versets, intercède pour un homme jusqu’à ce qu’il soit pardonné : Tabāraka lladhī bi-yadihi l-mulk » ; « le Prophète ﷺ ne dormait pas avant d’avoir récité Alif Lām Mīm tanzīl (as-Sajda) et Tabāraka ». Elle est appelée « la protectrice contre le châtiment de la tombe »
Coucher · 1 fois
(sourate 109)
قُلْ يَا أَيُّهَا الْكَافِرُونَ
Qul yā ayyuha l-kāfirūn…
Dis : ô vous les mécréants…
Abū Dāwūd 5055, at-Tirmidhī 3403 (Farwa ibn Nawfal) Ḥasan
« Récite Qul yā ayyuha l-kāfirūn, puis dors sur sa fin : c’est un désaveu de l’associationnisme »
Coucher · 33, 33, 34 fois
(34)
سُبْحَانَ اللَّهِ (33)، الْحَمْدُ لِلَّهِ (33)، اللَّهُ أَكْبَرُ
Subḥāna Llāh, al-ḥamdu li-Llāh, Allāhu akbar
Gloire à Allah ; louange à Allah ; Allah est le plus grand
al-Bukhārī 3705, Muslim 2727 (‘Alī) Authentique
Fāṭima demanda une servante pour l’aider aux tâches ; le Prophète ﷺ répondit : « Vous dirai-je quelque chose de meilleur qu’une servante ? Quand vous vous couchez, dites… c’est mieux pour vous qu’une servante ». ‘Alī dit ne l’avoir jamais délaissé depuis, même la nuit de Ṣiffīn
Coucher · 1 fois
بِاسْمِكَ رَبِّي وَضَعْتُ جَنْبِي وَبِكَ أَرْفَعُهُ، فَإِنْ أَمْسَكْتَ نَفْسِي فَارْحَمْهَا، وَإِنْ أَرْسَلْتَهَا فَاحْفَظْهَا بِمَا تَحْفَظُ بِهِ عِبَادَكَ الصَّالِحِينَ
Bismika rabbī waḍa’tu janbī wa bika arfa’uh, fa-in amsakta nafsī fa-rḥamhā, wa in arsaltahā fa-ḥfaẓhā bimā taḥfaẓu bihi ‘ibādaka ṣ-ṣāliḥīn
En Ton Nom, mon Seigneur, je pose mon flanc, et par Toi je le relève ; si Tu retiens mon âme, fais-lui miséricorde, et si Tu la renvoies, garde-la comme Tu gardes Tes serviteurs vertueux
al-Bukhārī 6320, Muslim 2714 Authentique
Le sommeil est remis à Allah comme la mort : Il retient ou renvoie l’âme (39 : 42)
Coucher · 1 fois, en dernières paroles
اللَّهُمَّ أَسْلَمْتُ نَفْسِي إِلَيْكَ، وَفَوَّضْتُ أَمْرِي إِلَيْكَ، وَوَجَّهْتُ وَجْهِي إِلَيْكَ، وَأَلْجَأْتُ ظَهْرِي إِلَيْكَ، رَغْبَةً وَرَهْبَةً إِلَيْكَ، لَا مَلْجَأَ وَلَا مَنْجَا مِنْكَ إِلَّا إِلَيْكَ، آمَنْتُ بِكِتَابِكَ الَّذِي أَنْزَلْتَ، وَبِنَبِيِّكَ الَّذِي أَرْسَلْتَ
Allāhumma aslamtu nafsī ilayk, wa fawwaḍtu amrī ilayk, wa wajjahtu wajhī ilayk, wa alja’tu ẓahrī ilayk, raghbatan wa rahbatan ilayk, lā malja’a wa lā manjā minka illā ilayk, āmantu bi-kitābika lladhī anzalt, wa bi-nabiyyika lladhī arsalt
Ô Allah, je T’ai remis mon âme, je T’ai confié mon affaire, j’ai tourné mon visage vers Toi, j’ai appuyé mon dos sur Toi, par désir et par crainte de Toi ; il n’y a de refuge ni d’échappatoire à Toi qu’auprès de Toi ; je crois en Ton Livre que Tu as révélé et en Ton Prophète ﷺ que Tu as envoyé
al-Bukhārī 247, Muslim 2710 (al-Barā’) Authentique
« Si tu meurs cette nuit, tu meurs sur la nature originelle ; fais-en tes dernières paroles ». Al-Barā’ voulut répéter en disant « et en Ton Messager que Tu as envoyé » ; le Prophète ﷺ corrigea : « Non : et en Ton Prophète ﷺ que Tu as envoyé », parce que les mots d’une invocation enseignée se gardent tels quels
Coucher · 1 fois
بِاسْمِكَ اللَّهُمَّ أَمُوتُ وَأَحْيَا
Bismika Llāhumma amūtu wa aḥyā
En Ton Nom, ô Allah, je meurs et je vis
al-Bukhārī 6324 (Ḥudhayfa) Authentique
La parole du Prophète ﷺ en posant la tête
Coucher · 3 fois
اللَّهُمَّ قِنِي عَذَابَكَ يَوْمَ تَبْعَثُ عِبَادَكَ
Allāhumma qinī ‘adhābaka yawma tab’athu ‘ibādak
Ô Allah, préserve-moi de Ton châtiment le jour où Tu ressusciteras Tes serviteurs
Abū Dāwūd 5045, at-Tirmidhī 3398 (Ḥafṣa) Authentique
Dite la main droite sous la joue droite
Coucher · 1 fois
الْحَمْدُ لِلَّهِ الَّذِي أَطْعَمَنَا وَسَقَانَا، وَكَفَانَا وَآوَانَا، فَكَمْ مِمَّنْ لَا كَافِيَ لَهُ وَلَا مُؤْوِيَ
Al-ḥamdu li-Llāhi lladhī aṭ’amanā wa saqānā, wa kafānā wa āwānā, fa-kam mimman lā kāfiya lahu wa lā mu’wiy
Louange à Allah qui nous a nourris et abreuvés, qui nous a suffi et nous a donné un abri ; combien n’ont ni qui leur suffise ni qui les abrite
Muslim 2715 (Anas) Authentique
La louange du coucher pense à ceux qui n’ont pas de toit
Coucher · 1 fois
اللَّهُمَّ رَبَّ السَّمَاوَاتِ وَرَبَّ الْأَرْضِ وَرَبَّ الْعَرْشِ الْعَظِيمِ، رَبَّنَا وَرَبَّ كُلِّ شَيْءٍ، فَالِقَ الْحَبِّ وَالنَّوَى، وَمُنْزِلَ التَّوْرَاةِ وَالْإِنْجِيلِ وَالْفُرْقَانِ، أَعُوذُ بِكَ مِنْ شَرِّ كُلِّ شَيْءٍ أَنْتَ آخِذٌ بِنَاصِيَتِهِ، اللَّهُمَّ أَنْتَ الْأَوَّلُ فَلَيْسَ قَبْلَكَ شَيْءٌ، وَأَنْتَ الْآخِرُ فَلَيْسَ بَعْدَكَ شَيْءٌ، وَأَنْتَ الظَّاهِرُ فَلَيْسَ فَوْقَكَ شَيْءٌ، وَأَنْتَ الْبَاطِنُ فَلَيْسَ دُونَكَ شَيْءٌ، اقْضِ عَنَّا الدَّيْنَ وَأَغْنِنَا مِنَ الْفَقْرِ
Allāhumma rabba s-samāwāti wa rabba l-arḍi wa rabba l-‘arshi l-‘aẓīm, rabbanā wa rabba kulli shay’, fāliqa l-ḥabbi wa n-nawā, wa munzila t-tawrāti wa l-injīli wa l-furqān, a’ūdhu bika min sharri kulli shay’in anta ākhidhun bi-nāṣiyatih, Allāhumma anta l-Awwalu fa-laysa qablaka shay’, wa anta l-Ākhiru fa-laysa ba’daka shay’, wa anta ẓ-Ẓāhiru fa-laysa fawqaka shay’, wa anta l-Bāṭinu fa-laysa dūnaka shay’, iqḍi ‘annā d-dayna wa aghninā mina l-faqr
Ô Allah, Seigneur des cieux, Seigneur de la terre et Seigneur du Trône immense ; notre Seigneur et Seigneur de toute chose ; Toi qui fends la graine et le noyau, qui as fait descendre la Torah, l’Évangile et le Discernement ; je cherche refuge auprès de Toi contre le mal de toute chose dont Tu tiens le toupet. Ô Allah, Tu es le Premier, rien n’est avant Toi ; Tu es le Dernier, rien n’est après Toi ; Tu es l’Apparent, rien n’est au-dessus de Toi ; Tu es le Caché, rien n’est en deçà de Toi ; acquitte notre dette et enrichis-nous contre la pauvreté
Muslim 2713 (Abū Hurayra) Authentique
Fāṭima vint demander une servante ; le Prophète ﷺ lui enseigna cela à la place
Coucher · 1 fois
… (voir le matin)
اللَّهُمَّ عَالِمَ الْغَيْبِ وَالشَّهَادَةِ
Allāhumma ‘ālima l-ghaybi wa sh-shahāda…
Ô Allah, Connaisseur de l’invisible et du visible…
at-Tirmidhī 3392 Authentique
« Dis-la le matin, le soir et quand tu te couches »
Coucher · 1 fois
اللَّهُمَّ خَلَقْتَ نَفْسِي وَأَنْتَ تَوَفَّاهَا، لَكَ مَمَاتُهَا وَمَحْيَاهَا، إِنْ أَحْيَيْتَهَا فَاحْفَظْهَا، وَإِنْ أَمَتَّهَا فَاغْفِرْ لَهَا، اللَّهُمَّ إِنِّي أَسْأَلُكَ الْعَافِيَةَ
Allāhumma khalaqta nafsī wa anta tawaffāhā, laka mamātuhā wa maḥyāhā, in aḥyaytahā fa-ḥfaẓhā, wa in amattahā fa-ghfir lahā, Allāhumma innī as’aluka l-‘āfiya
Ô Allah, Tu as créé mon âme et c’est Toi qui la reprends ; à Toi sa mort et sa vie ; si Tu la fais vivre, garde-la, et si Tu la fais mourir, pardonne-lui ; ô Allah, je Te demande la préservation
Muslim 2712 (Ibn ‘Umar) Authentique
Coucher · 3 fois
أَسْتَغْفِرُ اللَّهَ الَّذِي لَا إِلَهَ إِلَّا هُوَ الْحَيَّ الْقَيُّومَ وَأَتُوبُ إِلَيْهِ
Astaghfiru Llāha lladhī lā ilāha illā huwa l-Ḥayya l-Qayyūma wa atūbu ilayh
Je demande pardon à Allah, il n’y a de divinité que Lui, le Vivant, le Subsistant, et je me repens à Lui
at-Tirmidhī 3397 (Abū Sa’īd) Faible
« Celui qui dit cela en allant se coucher, Allah lui pardonne ses péchés, fussent-ils comme l’écume de la mer, le nombre des feuilles des arbres, les grains de sable d’un désert, ou les jours de ce monde »
Pendant la nuit
Coucher · En se retournant dans le lit
لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ الْوَاحِدُ الْقَهَّارُ، رَبُّ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ وَمَا بَيْنَهُمَا الْعَزِيزُ الْغَفَّارُ
Lā ilāha illa Llāhu l-Wāḥidu l-Qahhār, rabbu s-samāwāti wa l-arḍi wa mā baynahumā l-‘Azīzu l-Ghaffār
Il n’y a de divinité qu’Allah, l’Unique, le Dominateur, Seigneur des cieux, de la terre et de ce qui est entre eux, le Puissant, le Grand Pardonneur
al-Ḥākim 1/540, an-Nasā’ī, ‘Amal 864 (‘Ā’isha) Authentiqueselon al-Ḥākim et al-Albānī
« Le Prophète ﷺ, quand il se retournait la nuit, disait cela »
Coucher · Après un cauchemar
(cracher légèrement à gauche trois fois) (puis changer de côté, ne le raconter à personne)
أَعُوذُ بِاللَّهِ مِنَ الشَّيْطَانِ الرَّجِيمِ وَمِنْ شَرِّ مَا رَأَيْتُ
A’ūdhu bi-Llāhi mina sh-shayṭāni r-rajīm wa min sharri mā ra’ayt
Je cherche refuge auprès d’Allah contre Satan le lapidé et contre le mal de ce que j’ai vu
Muslim 2261, 2262 (Abū Qatāda, Jābir) Authentique
« Le bon rêve vient d’Allah, le mauvais de Satan ; si l’un de vous voit ce qu’il déteste, qu’il crache trois fois à sa gauche, cherche refuge contre Satan, et il ne lui nuira pas ; et qu’il ne le raconte à personne » ; se lever et prier est aussi rapporté (al-Bukhārī 7044)
Coucher · Après un beau rêve
(et l’on ne le raconte qu’à qui l’on aime)
الْحَمْدُ لِلَّهِ
Al-ḥamdu li-Llāh
Louange à Allah
al-Bukhārī 7045, Muslim 2261 Authentique
« Si l’un de vous voit ce qu’il aime, qu’il loue Allah et le raconte ; s’il voit ce qu’il déteste, qu’il n’en parle à personne »
Coucher · Insomnie
اللَّهُمَّ غَارَتِ النُّجُومُ وَهَدَأَتِ الْعُيُونُ، وَأَنْتَ حَيٌّ قَيُّومٌ لَا تَأْخُذُكَ سِنَةٌ وَلَا نَوْمٌ، يَا حَيُّ يَا قَيُّومُ أَهْدِئْ لَيْلِي وَأَنِمْ عَيْنِي
Allāhumma ghārati n-nujūmu wa hada’ati l-‘uyūn, wa anta Ḥayyun Qayyūmun lā ta’khudhuka sinatun wa lā nawm, yā Ḥayyu yā Qayyūm ahdi’ laylī wa anim ‘aynī
Ô Allah, les étoiles se sont couchées et les yeux se sont apaisés, et Tu es le Vivant, le Subsistant, que ne saisissent ni somnolence ni sommeil ; ô Vivant, ô Subsistant, apaise ma nuit et endors mes yeux
Ibn as-Sunnī 752 (Zayd ibn Thābit) Faible
Zayd se plaignit d’insomnie, et le Prophète ﷺ lui enseigna cela ; une autre, pour la peur dans la nuit : « A’ūdhu bi-kalimāti Llāhi t-tāmmāti min ghaḍabihi wa ‘iqābihi wa sharri ‘ibādihi wa min hamazāti sh-shayāṭīni wa an yaḥḍurūn » (Abū Dāwūd 3893, at-Tirmidhī 3528 ; ḥasan)
Coucher · Réveil dans la nuit
(voir la section « Le réveil »)
al-Bukhārī 1154 Authentique
Celui qui se réveille, évoque Allah, fait ses ablutions et prie défait les trois nœuds de Satan
Les règles qui accompagnent
- On ne dort pas sur le ventre : « C’est une position qu’Allah n’aime pas » (Abū Dāwūd 5040 ; authentique).
- On éteint le feu, on ferme les portes et les récipients en mentionnant le Nom d’Allah : « Couvrez les récipients, fermez les outres, fermez les portes et éteignez les lampes, car Satan ne défait pas une outre, n’ouvre pas une porte et ne découvre pas un récipient » (Muslim 2012). Les commentateurs appliquent la règle aux fenêtres, aux appareils et au gaz.
- On fait les comptes de sa journée avant de dormir, comme le faisaient les prédécesseurs, et l’on pardonne : « Celui qui va se coucher le cœur pur envers tous » est celui que le Prophète ﷺ désigna trois fois comme homme du Paradis (Aḥmad 12697 ; chaîne discutée, sens confirmé par Muslim 2564).
- On se couche tôt après la ‘Ishā’ : le Prophète ﷺ n’aimait ni dormir avant elle ni parler après elle (al-Bukhārī 568, Muslim 647), sauf pour un bien.
- On fait de ses dernières paroles l’invocation du coucher, et l’on dort sur le côté droit, tourné si possible vers la qibla.
La semaine : le vendredi
« Le meilleur jour sur lequel le soleil s’est levé est le vendredi : Adam y fut créé, il y entra au Paradis, il en fut sorti, et l’Heure n’aura lieu qu’un vendredi » (Muslim 854). Le wird de la semaine se concentre sur ce jour, qui a trois pratiques propres et une heure d’exaucement.
Vendredi · Multiplier la prière sur le Prophète ﷺ, le jeudi soir et toute la journée du vendredi
…
اللَّهُمَّ صَلِّ عَلَى مُحَمَّدٍ وَعَلَى آلِ مُحَمَّدٍ، كَمَا صَلَّيْتَ عَلَى إِبْرَاهِيمَ
Allāhumma ṣalli ‘alā Muḥammadin wa ‘alā āli Muḥammad, kamā ṣallayta ‘alā Ibrāhīm…
Ô Allah, prie sur Muḥammad et sur la famille de Muḥammad, comme Tu as prié sur Ibrāhīm…
Abū Dāwūd 1047, an-Nasā’ī 1374 (Aws ibn Aws) Authentique
« Parmi vos meilleurs jours est le vendredi ; multipliez-y la prière sur moi, car votre prière m’est présentée. » Ils dirent : « Comment, alors que tu seras décomposé ? » Il dit : « Allah a interdit à la terre les corps des prophètes »
Vendredi · Réciter la sourate al-Kahf (18)
(la sourate entière, dans la nuit du jeudi au vendredi ou dans la journée)
al-Ḥākim 2/368, al-Bayhaqī 3/249 (Abū Sa’īd) Authentiqueselon al-Ḥākim et al-Albānī, mawqūf selon d’autres
« Celui qui récite la sourate al-Kahf le jour du vendredi, une lumière brille pour lui d’un vendredi à l’autre » ; et « celui qui en mémorise les dix premiers versets est protégé de l’Antéchrist » (Muslim 809)
Vendredi · Chercher l’heure d’exaucement
(toute invocation)
al-Bukhārī 935, Muslim 852 ; Muslim 853 (entre le moment où l’imam s’assied et la fin de la prière) ; Abū Dāwūd 1048 (la dernière heure après le ‘Aṣr) Authentique
« Il y a dans le vendredi une heure où aucun serviteur musulman, debout en prière, ne demande à Allah une chose sans qu’Il la lui accorde » ; les deux avis les plus forts sont le temps de la prière et la dernière heure avant le Maghrib
Vendredi · Les préparatifs du vendredi
(le bain, le siwāk, le parfum, les beaux vêtements, venir tôt, écouter en silence)
al-Bukhārī 877, 880, 910 ; Muslim 846, 857
« Celui qui fait le bain le vendredi, se purifie autant qu’il peut, se parfume de son huile ou du parfum de sa maison, sort, ne sépare pas deux personnes, prie ce qui lui est prescrit, puis se tait quand l’imam parle, ses péchés entre ce vendredi et l’autre lui sont pardonnés » (al-Bukhārī 910) ; et « celui qui vient à la première heure est comme celui qui offre un chameau… » (al-Bukhārī 881)
Vendredi · Réponse à l’invocation de l’imam
آمِينَ
Āmīn
Ô Allah, exauce
Admis à voix basse par les mālikites, les shāfi’ites et les ḥanbalites ; dans le cœur selon Abū Ḥanīfa
Le lever discret des mains par l’assistance est admis par beaucoup et déconseillé par d’autres ; pour l’imam sur la chaire, la majorité préfère l’index levé, sauf pour la demande de pluie (Muslim 874 ; al-Bukhārī 1029). Voir la première partie, section sur les divergences
Le vendredi n’a pas d’évocation du matin et du soir qui lui soit propre ; ce sont les mêmes qu’aux autres jours, mais le vendredi, celui qui les dit entre la prière du ‘Aṣr et le Maghrib, assis là où il a prié, peut y joindre l’heure d’exaucement.
Programme type d’une journée
Ce tableau donne l’ordre d’une journée ordinaire, avec le temps que prend chaque étape une fois les formules apprises, et un niveau de priorité pour celui qui commence : 1 pour ce qu’on apprend en premier, 2 pour la suite, 3 pour ce qu’on ajoute quand le reste est acquis. Les sections correspondantes donnent les textes.
Au réveil · 1 minute
La louange du réveil ; se moucher, se laver les mains, le siwāk
Aux toilettes · 20 secondes
Bismillāh et le refuge en entrant ; Ghufrānak en sortant
Aux ablutions · 1 minute
Bismillāh avant ; la shahāda et les deux formules après
En s’habillant · 20 secondes
La louange du vêtement ; le miroir
Prière du Fajr · 10 minutes
Les deux unités de la Sunna, puis l’obligatoire, avec les paroles de chaque position
Après le Fajr · 5 minutes
Istighfār, « Allāhumma anta s-Salām », le tahlīl, le tasbīḥ, le verset du Trône, les trois sourates ; les 10 tahlīl ; « Allāhumma ajirnī » 7 fois ; « ‘ilman nāfi’an »
Évocations du matin · 5 à 15 minutes · priorité 1 puis 3
Les cinq premières (verset du Trône, les trois sourates, « aṣbaḥnā », « bika aṣbaḥnā », le sayyid al-istighfār), puis le reste
En sortant · 15 secondes
« Bismillāh, tawakkaltu… » et « a’ūdhu bika an aḍilla… »
En voiture · 30 secondes
« Subḥāna lladhī sakhkhara lanā… »
Au travail, dans la journée · continu
Le salut, l’évocation libre, « lā ḥawla wa lā quwwata illā bi-Llāh » ; au marché, le tahlīl du marché ; l’istighfār cent fois réparti dans la journée
Aux repas · 15 secondes
Bismillāh avant, la louange après
À chaque prière · 5 minutes de plus par prière · priorité 1 pour la prière, 2 pour le reste
Réponse à l’adhān, invocation de la wasīla, entrée et sortie de la mosquée, les paroles de chaque position, les évocations après le salut
Après le ‘Aṣr · 5 à 15 minutes · priorité 1 puis 3
Les évocations du soir, de préférence avant le Maghrib
Après le Maghrib · 3 minutes
Les 10 tahlīl ; « Allāhumma ajirnī » 7 fois ; les trois sourates 3 fois
En rentrant · 10 secondes
Bismillāh et le salut aux siens
Au coucher · 10 minutes · priorité 1 pour les quatre premières lignes, 2 pour le reste
Ablutions, les trois sourates soufflées, le verset du Trône, les deux derniers versets d’al-Baqara, al-Mulk, le tasbīḥ 33-33-34, « bismika Llāhumma amūtu wa aḥyā », « Allāhumma aslamtu nafsī… » en dernières paroles
Dans la nuit, si l’on se réveille · 30 secondes
Le tahlīl du réveil nocturne, puis une demande
Le vendredi · 20 minutes
La prière sur le Prophète ﷺ en abondance, la sourate al-Kahf, l’heure d’exaucement
Point plein : à apprendre en premier · point creux : ensuite · tiret : quand le reste est acquis
Le total des priorités 1 tient en moins de trente minutes par jour, prières non comprises, et la plupart de ces trente minutes se passent dans des temps déjà perdus : le trajet, l’attente, le lit. Ibn al-Qayyim écrit dans al-Wābil aṣ-Ṣayyib que l’évocation est l’adoration la plus facile et la plus rentable, parce qu’elle ne demande ni temps pris sur autre chose, ni argent, ni force, et que son fruit, la présence d’Allah dans la journée, n’a pas de prix.
Sources et méthode
Sources de la première partie
Méthode
Les versets sont cités par sourate et verset (ex. 2 : 186) ; les traductions sont faites à partir de l’arabe en s’appuyant sur les traductions françaises courantes. Les hadiths d’al-Bukhārī et de Muslim sont numérotés selon l’édition de Muḥammad Fu’ād ‘Abd al-Bāqī ; ceux d’Abū Dāwūd, d’at-Tirmidhī et d’Ibn Mājah selon les éditions courantes. Les degrés d’authenticité suivent le jugement d’at-Tirmidhī quand il le donne, puis les vérifications classiques (an-Nawawī, Ibn Ḥajar, al-Mundhirī) et, pour les Sunan et le Musnad, les vérifications contemporaines les plus utilisées (al-Albānī, Shu’ayb al-Arna’ūṭ). Quand les savants divergent sur un degré, le dossier le dit. Les hadiths faibles cités le sont toujours avec la mention de leur faiblesse. Le texte arabe des versets et des principaux hadiths est donné à la suite du paragraphe qui les cite, entre crochets ornés ﴿ ﴾ pour le Coran et entre guillemets pour les hadiths ; il doit être relu sur une édition de référence avant mise en ligne.
Recueils de hadith
- Al-Bukhārī, aṣ-Ṣaḥīḥ ; al-Adab al-Mufrad
- Muslim, aṣ-Ṣaḥīḥ
- Abū Dāwūd, as-Sunan
- At-Tirmidhī, al-Jāmi’
- Ibn Mājah, as-Sunan
- An-Nasā’ī, as-Sunan
- Aḥmad ibn Ḥanbal, al-Musnad
- Mālik, al-Muwaṭṭa’
- Ad-Dārimī, as-Sunan ; Ibn Abī Shayba, al-Muṣannaf
- Al-Ḥākim, al-Mustadrak ; aṭ-Ṭabarānī, al-Mu’jam al-Kabīr et al-Awsaṭ ; al-Bayhaqī, as-Sunan al-Kubrā
Commentaires du Coran
- Aṭ-Ṭabarī, Jāmi’ al-bayān
- Al-Qurṭubī, al-Jāmi’ li-aḥkām al-Qur’ān (en particulier 2 : 186, 7 : 55, 40 : 60)
- Ibn Kathīr, Tafsīr al-Qur’ān al-‘Aẓīm
- As-Sa’dī, Taysīr al-Karīm ar-Raḥmān
Traités et ouvrages des savants
- Al-Khaṭṭābī, Sha’n ad-du’ā’
- Al-Ghazālī, Iḥyā’ ‘ulūm ad-dīn, livre des évocations et des invocations (les dix règles de bienséance)
- An-Nawawī, al-Adhkār ; al-Majmū’ sharḥ al-Muhadhdhab ; Sharḥ Ṣaḥīḥ Muslim
- Ibn Taymiyya, Majmū’ al-Fatāwā (notamment 22/488-489 sur la langue de l’invocation, 22/506 sur le chapelet, et les passages sur l’invocation après la prière) ; al-‘Ubūdiyya
- Ibn al-Qayyim, al-Jawāb al-Kāfī (ad-Dā’ wa-d-Dawā’) ; al-Wābil aṣ-Ṣayyib ; Madārij as-Sālikīn ; Ṭarīq al-Hijratayn
- Ibn Rajab, Jāmi’ al-‘Ulūm wa-l-Ḥikam (commentaire du hadith « Allah est bon et n’accepte que ce qui est bon »)
- Ibn Ḥajar, Fatḥ al-Bārī (livre des invocations) ; Bulūgh al-Marām
- Ash-Shāṭibī, al-I’tiṣām (sur l’innovation par addition)
- Saḥnūn, al-Mudawwana al-Kubrā (positions de Mālik)
- Ibn ‘Aṭā’ Allāh al-Iskandarī, al-Ḥikam
- As-Suyūṭī, Faḍḍ al-wi’ā’ fī aḥādīth raf’ al-yadayn fī d-du’ā’ ; al-Minḥa fī s-subḥa (sur le chapelet)
- Mullā ‘Alī al-Qārī, al-Asrār al-marfū’a ; as-Sakhāwī, al-Maqāṣid al-ḥasana (sur les hadiths non établis)
Ouvrages contemporains utilisés avec précaution
- Bakr Abū Zayd, Taṣḥīḥ ad-du’ā’ : utilisé pour l’inventaire des pratiques liées à la levée des mains ; ses jugements d’« innovation » sur les questions discutées sont présentés comme l’avis d’une école, non comme le consensus.
- Sa’īd al-Qaḥṭānī, Ḥiṣn al-Muslim : recueil pratique d’invocations sourcées, recommandé pour l’usage quotidien.
Sur ce site
Les questions du tawassul (invocation par le rang de quelqu’un) et du tabarruk (recherche de bénédiction), qui touchent à l’invocation mais relèvent d’un autre débat, sont traitées dans les dossiers qui leur sont consacrés.
Sources de la deuxième partie
Méthode
Les hadiths d’al-Bukhārī et de Muslim sont numérotés selon l’édition de Muḥammad Fu’ād ‘Abd al-Bāqī ; ceux d’Abū Dāwūd, d’at-Tirmidhī, d’an-Nasā’ī et d’Ibn Mājah selon les éditions courantes. Les degrés suivent le jugement d’at-Tirmidhī quand il le donne, puis les vérifications classiques (an-Nawawī dans al-Adhkār, Ibn Ḥajar dans Natā’ij al-afkār, al-Mundhirī dans at-Targhīb) et contemporaines (al-Albānī, Shu’ayb al-Arna’ūṭ). Le texte arabe doit être relu sur une édition de référence avant mise en ligne, en particulier les vocalisations ; les translittérations sont simplifiées et servent à la prononciation, non à la restitution savante.
Les hadiths faibles sont cités avec leur degré, en application de la règle exposée dans l’introduction. Le lecteur qui suit l’avis minoritaire refusant tout hadith faible peut s’en tenir aux lignes marquées « authentique » et « ḥasan » : il y trouvera largement de quoi remplir sa journée.
Les recueils d’évocations classiques
- An-Nawawī (m. 676), al-Adhkār : le recueil de référence, organisé par moments de la journée ; la plupart des sections de ce dossier en suivent l’ordre.
- Ibn al-Qayyim (m. 751), al-Wābil aṣ-Ṣayyib : sur les mérites de l’évocation en général, avec un recueil d’évocations de la journée en seconde partie.
- Ibn as-Sunnī (m. 364), ‘Amal al-yawm wa-l-layla ; an-Nasā’ī (m. 303), ‘Amal al-yawm wa-l-layla : les deux sources anciennes des évocations de la journée, avec leurs chaînes.
- Ibn Taymiyya (m. 728), al-Kalim aṭ-ṭayyib, et sa vérification par al-Albānī (Ṣaḥīḥ al-Kalim aṭ-ṭayyib).
- Ibn Ḥajar (m. 852), Natā’ij al-afkār fī takhrīj aḥādīth al-Adhkār : la vérification hadith par hadith de l’ouvrage d’an-Nawawī.
- Al-Mundhirī (m. 656), at-Targhīb wa-t-tarhīb : les mérites des œuvres, avec les degrés.
- Al-Ghazālī (m. 505), Iḥyā’ ‘ulūm ad-dīn, livre des évocations et des invocations, et livre des awrād.
- Sa’īd al-Qaḥṭānī, Ḥiṣn al-Muslim : le recueil contemporain le plus répandu, sourcé, qui ne retient que les hadiths authentiques et ḥasan selon al-Albānī.
Les recueils de hadith
- Al-Bukhārī, aṣ-Ṣaḥīḥ ; al-Adab al-Mufrad
- Muslim, aṣ-Ṣaḥīḥ
- Abū Dāwūd, at-Tirmidhī, an-Nasā’ī, Ibn Mājah, as-Sunan
- Aḥmad, al-Musnad ; Mālik, al-Muwaṭṭa’ ; ad-Dārimī, as-Sunan
- Ibn Ḥibbān, aṣ-Ṣaḥīḥ ; al-Ḥākim, al-Mustadrak ; aṭ-Ṭabarānī, al-Mu’jam ; al-Bayhaqī, as-Sunan al-Kubrā ; Abū Nu’aym, Ḥilyat al-awliyā’
Sur ce site
La deuxième partie prolonge la première, qui donne les règles, les mérites et les divergences de l’invocation ; les deux se lisent ensemble. Les règles de la prière sont dans la série sur le fiqh mālikite de la prière ; l’intimité conjugale et le voile ont leurs dossiers propres.