Ce que le musulman de France fait de son argent, du premier salaire au placement, de la banque à l’impôt, de la zakat au waqf. Dix-sept dossiers, appuyés sur les savants classiques et sur le droit français, avec pour chacun un verdict net, les gestes à faire et les erreurs à éviter.
Un waqf est un bien immobilisé pour toujours, dont le revenu sert une œuvre. Il a financé pendant mille ans des hôpitaux, des écoles et des fontaines sans un dinar d’intérêt. En France, le droit offre un véhicule presque parfait : il ne manque que des fondateurs.
L’argent qui se cache et l’argent qui construit obéissent à la même loi : connaître l’origine de ce qu’on reçoit, ne pas prêter la main à celui qui cache, et ne pas déguiser le fond par la forme. Les petites sommes mises en commun sont, elles, l’outil le plus licite et le plus simple d’une communauté.
Les règles tiennent en cinq lignes : une date, un inventaire, les dettes de l’année en moins, le niṣâb, 2,5 %. Dans chaque divergence, l’avis le plus sûr pour le pilier est aussi celui qui donne le plus aux pauvres.
Celui qui vend une méthode pour s’enrichir gagne sur vous, pas avec vous : la formation, la commission du courtier et la marge de l’opérateur de paris sont payées avant votre premier gain. Le Coran a interdit le jeu d’argent (5:90-91), et les chiffres des régulateurs disent la même chose.
Le bitcoin est un bien licite, ce n’est pas une monnaie, et l’essentiel de ce qu’on en fait est interdit. Voilà ce que donne l’application des principes classiques à cet objet nouveau.
L’islam ne demande pas de faire fructifier son argent ; il demande de le gagner licitement, de le dépenser utilement, d’en purifier une part. Celui qui investit le fait selon les règles des marchands de Médine : posséder ce qu’on vend, partager le risque avec le gain, ne pas prêter contre intérêt, ne pas parier.
L’assurance commerciale est illicite pour la majorité des savants, à cause du gharar, du maysir et du ribâ ; l’assurance coopérative est licite. En France, la règle pratique est celle-ci : ce que la loi impose est permis, ce qu’un besoin grave exige est admis faute d’alternative, le reste se refuse.
La dette est permise et redoutable. Au débiteur, l’islam demande de n’emprunter que pour un besoin, d’écrire, de payer à temps et de parler quand il ne peut pas. Au créancier, il demande la patience, l’absence de tout surplus, et lui propose la remise comme l’une des plus grandes œuvres.