L’argent en islam · Partie 4 · Investir sans se faire piéger
Dossier · Le bitcoin
Le bitcoin est un bien licite, ce n’est pas une monnaie, et l’essentiel de ce qu’on en fait est interdit. Voilà ce que donne l’application des principes classiques à cet objet nouveau.
- 5 chapitres
- 49 min de lecture
L’essentiel
| Situation | Verdict | Fondement |
|---|---|---|
| Acheter du bitcoin au comptant et le conserver | Permis selon l’avis retenu | Un bien (mâl) qui a une valeur aux yeux des gens ; trois courants chez les savants : interdiction, permission, attente |
| Recevoir un paiement en bitcoin pour un bien ou un service licite | Permis | Même fondement |
| Levier, contrats à terme, « perpétuels », options | Interdit | Jeu, aléa, vente de ce qu’on ne possède pas, frais de financement |
| Produits qui rémunèrent un dépôt (« earn », « yield », « lending ») | Interdit | Prêt à intérêt |
| Vente à découvert | Interdit | « Ne vends pas ce qui n’est pas chez toi » (Abû Dâwûd, Tirmidhî) |
| Trading de court terme au comptant | Déconseillé par tous | Relève du jeu plus que du commerce |
| Memecoins, jetons sans usage, projets vendus avant d’exister | Interdit | Loterie et aléa ; le jugement sur le bitcoin ne s’étend pas à eux |
| Acheter du bitcoin à crédit | Réprouvé par tous ; interdit si le crédit est à intérêt | S’endetter pour spéculer |
| Zakat sur le bitcoin détenu | Obligatoire | 2,5 % de la valeur une fois l’an, avec le reste des biens |
Ce qu’on fait, concrètement
- N’y mettre que ce dont la perte totale ne changerait rien à la vie de la famille : le bitcoin a perdu plus de la moitié de sa valeur à chaque cycle.
- Acheter uniquement sur une plateforme enregistrée auprès de l’AMF, qui crédite immédiatement les deux parties.
- Désactiver tout produit de rendement, de prêt ou de levier proposé par la plateforme.
- Compter le bitcoin dans sa zakat chaque année, à sa valeur du jour.
- Laisser avec son testament des instructions scellées pour que les héritiers accèdent aux portefeuilles.
- Vérifier son intention : mettre une part d’épargne à l’abri n’est pas « faire fois dix ». Celui qui achète pour jouer joue, même avec un bien licite.
Les erreurs à éviter
- Croire qu’un achat licite rend licite tout ce que la plateforme propose autour.
- Prendre le bitcoin pour une réserve de valeur stable.
- Acheter une « crypto » sur le conseil d’un influenceur qui la vend.
Le dossier complet, chapitre par chapitre
- 1Introduction : une vieille question sous une forme neuve — D’où vient le bitcoin — Comment ça marche, expliqué simplement — Chronologie 2009–2026 : dix-sept ans de montagnes russes — Vivre avec le bitcoin au quotidien
- 2Est-ce une monnaie fiable, alors qu’elle est virtuelle ? — Que dit l’islam de la monnaie : les principes classiques
- 3Le bitcoin devant les savants : trois courants — Examen des arguments : ce qui tient et ce qui tient moins
- 4Si l’on en détient : zakat, héritage, et ce qu’il faut éviter — Perspectives d’avenir : ce qui est probable et ce qui ne l’est pas — Faut-il y croire ? Faut-il y investir ?
- 5Conclusion — Sources et références
Réponses rapides
Le bitcoin est-il halal ou haram ?
L’avis retenu ici, fondé sur les principes classiques, est que le bitcoin est un bien licite, sans être une monnaie : l’acheter au comptant et le garder est permis. Le levier, les produits de rendement, la vente à découvert et les memecoins sont interdits. Les savants se partagent en trois courants : interdiction, permission, attente.
Faut-il payer la zakat sur le bitcoin ?
Oui. Pour tous ceux qui le tiennent pour un bien, la zakat est due au taux de 2,5 % de sa valeur, une fois l’an, en l’additionnant au reste de l’épargne pour savoir si le niṣâb est atteint.
Le staking et les rendements crypto sont-ils permis ?
Les produits qui versent un pourcentage pour avoir déposé ses cryptos, que la plateforme prête à d’autres, sont des prêts à intérêt : du ribâ, quel que soit leur nom.
Sujets abordés : bitcoin halal.
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Et Allah est le plus savant.
