Mythe nº4 : Contradictions et erreurs dans le Coran ?

Mythe nº4 : Contradictions et erreurs dans le Coran ?

Mythes et préjugés sur l’islam · Dossier n° 4

Contradictions et erreurs dans le Coran ?

Le soleil dans la source, la semence, l’embryon, les sept cieux, la terre étendue, les montagnes-piquets, les étoiles-projectiles, les six jours ; les hadiths du soleil et de la mouche ; Marie « sœur d’Aaron » — chaque texte attaqué, cité et lu avec ses exégètes, sans concordisme ni procès truqué

I. Le mythe — et le double piège

L’accusation est devenue un genre à part entière, avec ses listes et ses vidéos : le Coran contiendrait des erreurs scientifiques qui prouveraient son origine humaine. Le soleil s’y coucherait dans une source boueuse ; la semence sortirait d’entre les reins et les côtes ; l’embryon s’y formerait dans le mauvais ordre, les os avant la chair ; la terre y serait plate et étendue comme un tapis, les montagnes plantées comme des piquets pour l’empêcher de bouger, les étoiles lancées sur les démons ; les cieux y seraient sept, et les terres aussi ; la création y prendrait six jours ici et huit là ; et des hadiths ajouteraient que le soleil se prosterne sous le Trône et qu’une mouche porte un remède dans son aile. Donnons à l’accusation sa forme la plus forte : ces textes refléteraient les représentations du VIIe siècle, et un livre dicté par le Créateur ne devrait pas les porter.

Le piège est double, et il faut l’éviter dans les deux sens. Le premier est celui de l’adversaire : lire un texte de guidance comme un traité de physique, prendre une description à hauteur d’homme pour une affirmation cosmologique, et conclure à l’erreur là où il n’y a qu’une image. Le second est celui de certains défenseurs : le concordisme, qui prétend trouver dans le Coran le Big Bang, l’expansion de l’univers et l’embryologie moderne, et qui, pour sauver le Livre, lui fait dire ce qu’il ne dit pas — exposant la Révélation aux révisions de la science, et offrant à l’adversaire une cible facile. Ce dossier refusera les deux : il citera chaque verset en entier, lira les mots comme les entendaient leurs premiers auditeurs, consultera les exégètes classiques, et demandera, chaque fois, une seule chose : le texte affirme-t-il une proposition physique démentie ? Ni concordisme, ni procès truqué.

Ce que ce dossier ne fera pas : prétendre que le Coran contient la science moderne ; nier qu’il parle le langage de ses premiers auditeurs ; esquiver les passages difficiles. Ce qu’il fera : montrer que, lus honnêtement, les versets attaqués n’affirment aucune erreur — et qu’ils évitent, fait remarquable, les erreurs savantes de leur temps.

II. La méthode — qu’est-ce qu’une erreur, et qu’est-ce qui n’en est pas

Une erreur scientifique est une affirmation précise, portant sur le monde, et démentie par l’observation. Quatre choses n’en sont pas, et l’accusation les confond toutes. D’abord le langage de la perception : toutes les langues, le français compris, disent que le soleil se lève et se couche ; nul n’y voit une thèse géocentrique. Décrire ce que l’on voit n’est pas affirmer ce qui est. Ensuite le genre du texte : le Coran se présente comme une guidance, un rappel, un signe — il parle de la création pour en montrer le Créateur, non pour en donner la mécanique ; on ne reproche pas à un poète de ne pas être un manuel. Ensuite encore le sens des mots : un texte s’entend selon la langue de ses premiers auditeurs, et des termes comme ‘alaqa, sulb, tarâ’ib, dahâhâ ont un sens arabe que ni l’adversaire ni le concordiste ne doivent remplacer par celui qui les arrange. Enfin l’exégèse : les commentateurs classiques — At-Tabarî, Ar-Râzî, Al-Qurtubî, Ibn Kathîr — ont lu ces versets dix siècles avant les polémistes, et leurs lectures ne sont pas des échappatoires modernes.

Posons donc la règle du dossier. Pour chaque texte attaqué, nous donnerons le verset en entier, les mots clés en arabe, ce que les exégètes en ont dit, et nous poserons la question : où est la proposition physique démentie ? Et nous dirons aussi ce que nous ne dirons pas : nous ne prétendrons pas qu’un verset « annonce » une découverte. La position de ce dossier est modeste et solide à la fois : le Coran ne contient pas d’erreur scientifique démontrée, et il ne contient pas davantage de science cachée. Il parle vrai à hauteur d’homme, et c’est tout ce qu’un texte de guidance doit faire.

III. Les versets attaqués — un par un

Le soleil dans une source boueuse (18, 85-86)

حَتَّىٰ إِذَا بَلَغَ مَغْرِبَ الشَّمْسِ وَجَدَهَا تَغْرُبُ فِي عَيْنٍ حَمِئَةٍ وَوَجَدَ عِندَهَا قَوْمًا

Il suivit donc une voie qui le conduisit jusqu’au Couchant où il lui sembla que le soleil se couchait dans une source boueuse et où il trouva un peuple.

— Sourate 18, Al-Kahf, versets 85-86

Lisons le verbe : wajadahâ, « il la trouva » — le sujet est Dhû l-Qarnayn, l’homme qui regarde, et le verbe est « constater ». Quatre versets plus loin, même construction pour le levant : « il le trouva se levant sur un peuple » (18, 90). Le texte rapporte ce qu’un voyageur voit, parvenu au bord de l’eau, à l’heure où le soleil descend : il ne dit pas « le soleil entra dans la source ». La traduction de Rachid Maach rend exactement cela — « il lui sembla » — et ce n’est pas une pudeur moderne : Ar-Râzî, au XIIe siècle, pose la difficulté en termes physiques — le soleil est bien plus grand que la terre, il ne peut entrer dans une source — et conclut que Dhû l-Qarnayn, parvenu au dernier rivage habité, le vit comme s’il se couchait dans une source, « de même que celui qui navigue voit le soleil comme s’il disparaissait dans la mer » ; Ibn Kathîr, Al-Qurtubî, Al-Baydâwî lisent de même. Le même Coran dit que le soleil « court vers un point fixe » (36, 38), que les astres « voguent dans une orbite » (21, 33), que la nuit et le jour « s’enroulent » l’un sur l’autre (39, 5) — un verbe, takwîr, qui désigne l’enroulement d’un turban. Ce n’est pas de l’astronomie ; c’est assez pour rendre intenable l’idée d’un texte qui ferait tomber le soleil dans une flaque. Pour parler d’erreur, il faudrait que le verset dise « il entra » ; il dit « il le vit ».

La semence « d’entre les reins et les côtes » (86, 5-7)

« Que l’homme considère de quoi il a été créé : il a été créé d’une eau jaillissante, qui sort d’entre le sulb et les tarâ’ib » (86, 5-7). L’objection : le sperme vient des testicules, non du dos ni des côtes. Trois réponses. Les mots d’abord : sulb est le dos, l’échine, la colonne ; tarâ’ib désigne, selon les lexicographes, la partie haute de la poitrine, ou les côtes, ou — chez plusieurs d’entre eux — une région de la femme. Les exégètes ont divergé sur les référents, et c’est le premier point : un passage dont les anciens discutaient le sens n’est pas une affirmation anatomique univoque. La syntaxe ensuite : « d’entre » (min bayni) désigne une région du corps, le tronc, entre le dos et le devant, non un organe producteur ; et plusieurs commentateurs ont lu le verset comme désignant l’homme et la femme — l’eau « jaillissante » venant de l’homme, les tarâ’ib de la femme —, soit l’union des deux. Le sens enfin : le verset n’est pas une leçon d’anatomie, c’est un rappel de la petitesse de l’origine humaine pour conclure, deux versets plus loin, que Dieu peut la ramener à la vie (86, 8). Nous ne prétendrons pas que le verset « annonce » une vérité physiologique : nous disons qu’il n’affirme aucune proposition anatomique précise et démentie — et que l’objection suppose un sens que ni le texte ni ses lecteurs anciens n’imposent.

L’embryon : « les os avant la chair » (23, 12-14)

Le verset décrit la formation de l’homme par étapes : une goutte (nutfa), puis une ‘alaqa — chose qui s’accroche, ou caillot —, puis une mudgha — un morceau de chair mâché —, puis des os, puis la chair qui les revêt. L’objection porte sur l’ordre : les os ne se forment pas avant les muscles. Répondons sans concordisme, car c’est ici que la tentation est la plus forte, et il faut y résister : nous ne dirons pas que ‘alaqa veut dire « sangsue » ou que le Coran a devancé l’embryologie — ces lectures sont des reconstructions modernes, et elles ont fait du tort. Ce que le verset affirme est une succession de formes visibles à l’œil nu : une goutte, une chose accrochée, une masse informe, une structure qui se dessine, et qui s’habille. Ce n’est ni la terminologie ni la chronologie fine de l’embryologie ; c’est le vocabulaire de l’expérience, celui des fausses couches que tout le monde antique avait vues. Quant à l’« ordre », le texte dit que les os sont « revêtus » de chair — ce qui décrit un résultat, la forme humaine prenant corps, non une datation —, et les exégètes y lisaient précisément cela : les étapes d’une transformation, pour conclure : « béni soit Dieu, le meilleur des créateurs ». Une erreur scientifique exigerait une affirmation précise démentie ; une description à l’œil nu d’étapes réelles ne l’est pas. Et il faut le dire : les notions de Galien — les deux semences, les sept mois — ne sont pas dans le verset. Il décrit moins, et c’est pour cela qu’il ne se trompe pas.

Sept cieux, sept terres (65, 12)

« Allah a créé sept cieux, et autant de terres » (65, 12). L’objection : il n’y a pas sept cieux, ni sept terres. Mais que sont les « cieux » du Coran ? Le texte ne les définit jamais : couches, étendues, degrés, sphères ; les exégètes ont proposé des lectures diverses et reconnu que la nature de ces cieux relève de ce que Dieu seul connaît. Le nombre sept, dans les langues sémitiques, dit aussi la plénitude : « soixante-dix fois », « sept portes ». Quant aux sept terres, le verset dit « autant de terres » sans plus, et les commentateurs ont hésité : couches de la terre, régions, mondes. Pour parler d’erreur, il faudrait que le Coran dise ce qu’est un ciel et où sont ces terres : il ne le dit pas. On ne peut démentir ce qui n’est pas défini. Et notons ce qu’il ne dit pas non plus : ni sphères cristallines, ni ciel solide reposant sur des piliers, ni terre portée par un animal — les cosmologies de son temps.

La terre « étendue » — plate ? (79, 30 ; 88, 20 ; 15, 19)

Le Coran dit que Dieu a « étendu » la terre (dahâhâ, 79, 30), qu’elle a été « nivelée » (88, 20), « déployée » (15, 19). L’objection : une terre plate. Réponse : étendre, niveler, déployer, c’est ce que la terre est à l’échelle de l’homme qui y marche — et c’est exactement ce qu’un texte de guidance décrit, la terre rendue habitable, praticable, comme un tapis sous les pieds. Aucun de ces mots ne contient la forme de la planète ; et pour la forme, il faut écouter les savants musulmans, qui l’ont dite : Ibn Hazm, au XIe siècle, écrit dans Al-Fisal que les docteurs de l’islam s’accordent sur la sphéricité de la terre, et il le prouve par le Coran lui-même — la nuit et le jour qui « s’enroulent » (39, 5) ne se conçoivent que sur une sphère ; Ibn Taymiyya le répète, et les géographes musulmans calculaient la circonférence terrestre depuis le IXe siècle. Un livre lu pendant mille ans par des hommes qui tenaient la terre pour ronde, et qui y trouvaient la preuve de sa rondeur, n’enseigne pas qu’elle est plate.

Les montagnes-piquets (78, 7 ; 16, 15)

« Et les montagnes comme des piquets » (78, 7) ; « Il a placé sur la terre des montagnes fermes, de peur qu’elle ne vous ébranle » (16, 15). L’objection : les montagnes ne stabilisent pas la terre, elles résultent de la tectonique qui la fait trembler. Deux lectures sont possibles, et il faut choisir honnêtement. La lecture concordiste dit : les racines des montagnes dans la croûte, l’isostasie, le Coran savait — nous ne la suivrons pas : elle prête au texte une géophysique qu’il n’énonce pas. La lecture simple dit : le verset parle de stabilité pour l’homme — la terre comme un lieu ferme, les montagnes comme des piquets qui fixent une tente —, dans un passage qui énumère les bienfaits : la terre pour couche, les montagnes pour piquets, le sommeil pour repos, la nuit pour vêtement. C’est le registre du don, non de la mécanique. Pour parler d’erreur, il faudrait que le Coran affirme un mécanisme — que sans montagnes la planète oscillerait sur son axe ; il affirme une fermeté dont tout homme fait l’expérience, et il en rend grâce.

Les étoiles-projectiles (67, 5 ; 37, 6-10)

« Nous avons orné le ciel le plus proche de lampes, dont Nous avons fait des projectiles contre les démons » (67, 5). L’objection : les étoiles ne sont pas lancées sur des démons, et les météores ne sont pas des étoiles. Lisons le mot : le Coran parle de lampes (masâbîh) qui ornent le ciel, et de shihâb — un trait de feu, une flamme fusante — qui poursuit celui qui écoute en cachette (37, 10). Ibn Kathîr précise que ce ne sont pas les astres eux-mêmes qui sont lancés, mais des traits qui en procèdent : le texte distingue donc l’ornement fixe et le projectile. Que ces traits de feu, que tout Arabe voyait filer dans la nuit, aient une fonction dans le monde invisible est une affirmation sur l’invisible — sur les djinns et ce qui leur est interdit —, non une affirmation sur la nature physique des météores, que le texte ne décrit pas. Une erreur scientifique porte sur le visible ; une affirmation sur l’invisible ne se réfute pas au télescope. On peut ne pas y croire ; on ne peut pas la dire démentie.

Le soleil « qui court vers son gîte » (36, 38) — et l’ordre de la création

« Et le soleil court vers un point fixe qui lui est assigné » (36, 38). L’objection : le soleil ne court nulle part. Mais il court — il tourne autour du centre galactique, il se déplace dans l’espace, et le verset, qui ne dit rien de l’orbite, dit une chose vraie à toute échelle : un mouvement et une limite. Nous ne prétendrons pas que le verset décrit la rotation galactique ; nous disons qu’il affirme un mouvement et une mesure, et que ni l’un ni l’autre ne sont démentis. Restent les « contradictions » de la création. Le ciel avant la terre (79, 27-30) ou la terre avant le ciel (2, 29) ? Ibn ‘Abbâs a répondu il y a treize siècles, dans un passage qu’Al-Bukhârî rapporte : la terre fut créée, puis le ciel, puis la terre fut « étendue » — le verbe de 79, 30 est dahâhâ, l’étendre, non la créer. Six jours (7, 54) ou huit (41, 9-12 : deux, puis quatre, puis deux) ? Les exégètes lisent depuis toujours les « quatre jours » de 41, 10 comme incluant les deux de 41, 9 — la terre en deux jours, ses subsistances en deux autres, soit quatre en tout —, et le total fait six : c’est la lecture d’At-Tabarî, et c’est la plus naturelle en arabe. Et « jour », ici, est yawm, une période — le Coran dit lui-même qu’un jour auprès de Dieu vaut mille ans (22, 47).

IV. Les hadiths attaqués — le soleil sous le Trône, la mouche

Deux hadiths authentiques reviennent dans toutes les listes, et il faut les lire en face plutôt que les contourner.

أَتَدْرِي أَيْنَ تَذْهَبُ هَذِهِ الشَّمْسُ؟ قُلْتُ: اللَّهُ وَرَسُولُهُ أَعْلَمُ. قَالَ: فَإِنَّهَا تَذْهَبُ حَتَّى تَسْجُدَ تَحْتَ الْعَرْشِ، فَتَسْتَأْذِنُ فَيُؤْذَنُ لَهَا

« Sais-tu où va ce soleil ? — Allah et Son Messager le savent mieux. — Il va jusqu’à se prosterner sous le Trône ; il demande la permission, et elle lui est accordée. »

Rapporté par Al-Bukhârî (n° 3199) et Muslim (n° 159), d’après Abû Dharr

Le Prophète parle à un bédouin, au coucher du soleil, et le hadith se termine par la récitation de 36, 38 : « le soleil court vers un point fixe ». Ce qu’il dit n’est pas une position dans l’espace : c’est que le soleil, chaque jour, se soumet à son Seigneur — la prosternation des créatures que le Coran affirme de tout ce qui est (22, 18) —, et qu’il reprendra sa course quand Dieu le lui permettra, jusqu’au jour où l’ordre lui sera donné de se lever à l’Occident, signe de la fin. Le Trône n’est pas un lieu sur une carte, et « sous le Trône » ne désigne pas une coordonnée : tout l’univers est sous le Trône. Ibn Hajar et les commentateurs l’ont dit : le hadith parle de la soumission du soleil, non de sa trajectoire, et il n’affirme ni qu’il s’arrête, ni qu’il quitte le ciel. Pour parler d’erreur, il faudrait qu’il décrive une mécanique ; il décrit une obéissance.

إِذَا وَقَعَ الذُّبَابُ فِي شَرَابِ أَحَدِكُمْ فَلْيَغْمِسْهُ ثُمَّ لِيَنْزِعْهُ، فَإِنَّ فِي إِحْدَى جَنَاحَيْهِ دَاءً وَالْأُخْرَى شِفَاءً

« Quand une mouche tombe dans la boisson de l’un de vous, qu’il l’y plonge puis la retire, car dans l’une de ses ailes il y a un mal et dans l’autre un remède. »

Rapporté par Al-Bukhârî (n° 3320 et 5782), d’après Abû Hurayra

Ici encore, refusons les deux pièges. Le concordiste cite des études sur les bactéries ou les champignons des surfaces de la mouche : ces travaux sont fragiles, et le hadith n’a pas besoin d’eux. Le polémiste dit : une mouche est un vecteur de maladies, le conseil est absurde : mais le hadith ne dit pas qu’une mouche est saine — il dit au contraire qu’elle porte un mal —, et il donne une consigne pour une situation précise, le récipient d’un homme du désert qui ne va pas jeter son eau. Ce qu’il affirme — qu’un remède accompagne le mal dans l’animal — est une parole sur ce que les sens ne vérifient pas, que le musulman reçoit comme telle, et qui ne contredit aucune observation : nul n’a jamais mesuré qu’il n’y a rien dans l’autre aile. Ibn Hajar rapporte que les anciens eux-mêmes ont débattu de ce hadith ; les uns l’ont reçu, d’autres l’ont tenu pour une pratique du temps. L’honnêteté est de dire : ce hadith est authentique, il ne porte pas de science et n’en contredit pas ; on peut n’y rien comprendre et le laisser à son Prophète, ce qu’ont fait des savants bien plus rigoureux que nous.

V. Les « erreurs historiques » qu’on y joint

Les listes ajoutent trois « erreurs » qui ne sont pas scientifiques mais historiques, et qu’il faut traiter puisqu’on les joint toujours. Marie, mère de Jésus, est appelée « sœur d’Aaron » (19, 28) : le Coran confondrait-il avec Myriam, sœur de Moïse ? L’objection a été posée au Prophète lui-même, par les chrétiens de Najrân, et sa réponse est dans Muslim :

إِنَّهُمْ كَانُوا يُسَمُّونَ بِأَنْبِيَائِهِمْ وَالصَّالِحِينَ قَبْلَهُمْ

« Ils donnaient les noms de leurs prophètes et des justes qui les avaient précédés. »

Rapporté par Muslim (n° 2135), d’après Al-Mughîra ibn Shu‘ba

« Sœur d’Aaron » est une appellation de lignée ou d’affiliation — Marie était de la maison sacerdotale, et les Évangiles disent sa parente Élisabeth « des filles d’Aaron » (Luc 1, 5) —, ou le nom d’un homonyme, selon l’usage que le Prophète décrit ; en arabe, « frère de » désigne couramment l’appartenance à un peuple ou à une tribu. Le Coran, qui connaît parfaitement Moïse et sa sœur, ne les confond pas : il emploie une expression que ses auditeurs comprenaient. Haman, ensuite : le Coran place un Hâmân auprès de Pharaon (28, 38), quand la Bible connaît un Haman à la cour de Perse (Esther). Mais le Coran ne dit pas que ce sont les mêmes : il nomme un dignitaire égyptien, et l’objection suppose que tout nom biblique n’a qu’un porteur. Que le nom soit égyptien ou non, on en discute ; nous ne reprendrons pas les hypothèses hiéroglyphiques fragiles qui circulent. Et le Coran a, sur l’Égypte, une précision que la Bible n’a pas : il réserve le titre de « Pharaon » à l’Égypte de Moïse et appelle « le roi » celui de Joseph (12, 43), quand la Genèse emploie « Pharaon » pour les deux — or le titre n’est attesté comme titre royal qu’à partir du Nouvel Empire. Le Samaritain, enfin (20, 85) : le Coran attribue le veau d’or à as-Sâmirî, et l’on objecte que les Samaritains n’existaient pas encore. Mais le texte dit « le Sâmirî », un homme désigné par son origine ou son clan, non « le peuple samaritain » ; les exégètes y ont vu un individu, et l’objection repose sur une identification qu’elle a elle-même posée.

VI. L’argument positif — l’absence des erreurs de son époque

Renversons maintenant la perspective, car c’est ici que le dossier devient fort. Le VIIe siècle avait une science — celle de Galien, de Ptolémée, des Grecs, des Perses et des Indiens —, et cette science contenait des erreurs précises, que tout texte savant de l’époque reprend : les sphères célestes emboîtées et la terre immobile au centre ; les quatre humeurs et les quatre éléments ; les deux semences de Galien et sa physiologie de l’embryon ; les mondes portés par des animaux, les cieux solides reposant sur des piliers, dans les cosmologies voisines. Le Coran, qui parle pourtant du ciel, de la terre, de l’embryon et de l’eau, ne reprend aucune de ces erreurs. Il n’affirme pas les sphères ; il dit que les astres « voguent ». Il ne décrit pas les humeurs. Il ne mentionne pas les deux semences. Il parle d’un ciel « élevé sans piliers que vous puissiez voir » (13, 2). Il décrit le cycle de l’eau — la pluie, les sources, les rivières, la végétation — avec une exactitude que les Anciens n’avaient pas (39, 21 ; 23, 18). Il dit que tout être vivant est fait d’eau (21, 30), que chaque chose est créée par couples (51, 49). Nous ne faisons pas de ces versets des miracles : nous constatons un silence. Un homme du VIIe siècle qui aurait composé un livre sur le monde y aurait mis la science de son temps, avec ses erreurs ; le Coran ne les contient pas. Il en dit moins qu’un traité, et c’est pour cela qu’il ne se trompe pas — ce qui est exactement ce qu’on attend d’un texte de guidance, et ce qu’aucun texte humain de son époque n’a su faire.

VII. Le concordisme — la défense qui nuit

Il faut maintenant dire un mot à nos frères, car la moitié des « erreurs » alléguées ne sont pas des erreurs du Coran : ce sont des erreurs de ses défenseurs. Quand on prétend que ‘alaqa signifie « sangsue », que dukhân est le plasma primordial, que mûsi‘ûn annonce l’expansion de l’univers et que le Coran a devancé Darwin ou Hubble, on offre à l’adversaire un terrain où il gagne toujours : il lui suffit de montrer que le mot ne dit pas cela, ou que la science a changé. Maurice Bucaille a lancé ce genre en 1976 ; des prédicateurs en ont fait une industrie ; et ils ont ainsi suspendu la crédibilité du Livre à des traductions forcées et à des théories révisables. La tradition n’a jamais lu le Coran ainsi : les exégètes classiques cherchaient le sens que les mots avaient pour leurs auditeurs, et Ash-Shâtibî a posé la règle — le Coran s’adresse aux Arabes dans leur langue, et l’on ne doit pas lui faire porter des sciences qu’ils ne connaissaient pas. Un texte qui dit vrai à hauteur d’homme n’a pas besoin qu’on lui prête une physique ; il a besoin qu’on le lise (voir le dossier n° 3).

VIII. La part de vérité

Concédons ce que l’accusation contient de vrai. Oui, le Coran parle le langage de ses premiers auditeurs : il dit que le soleil se couche, il décrit l’embryon à l’œil nu, il parle de sept cieux sans les définir, il emploie des mots — sulb, tarâ’ib — dont le sens exact se discutait déjà. Oui, certains passages restent difficiles, et nous ne prétendons pas que chacun a une explication qui satisfait tout lecteur : le hadith de la mouche a divisé les anciens, et nous le laissons à sa place. Oui, une partie des musulmans a lu dans ces textes une cosmologie ancienne, et une autre partie y lit aujourd’hui une science moderne — et les deux se trompent de la même façon, en cherchant dans un rappel ce qu’il ne contient pas. Mais aucune de ces concessions n’établit ce que l’accusation veut établir : une affirmation physique précise, démentie par l’observation. Quand on applique à chaque verset la question du chapitre II, il ne reste rien : des descriptions à hauteur d’homme, des mots discutés, des affirmations sur l’invisible, et un silence remarquable sur les erreurs savantes du temps. Ce n’est pas une preuve de la révélation — nous n’avons pas prétendu la fournir —, c’est l’absence de la preuve contraire.

IX. Le retournement — et la question-test

L’adversaire fait au Coran ce que les juges de Galilée ont fait aux Psaumes : lire un langage de perception comme une thèse de physique, et condamner. Quand le psalmiste dit que la terre « ne sera jamais ébranlée », quand Josué arrête le soleil, quand la Bible parle des « piliers de la terre » et de ses « quatre coins », nul lecteur sérieux n’y voit aujourd’hui une cosmologie — et c’est l’erreur de l’Église de 1633 d’y en avoir vu une. Le polémiste qui lit 18, 86 comme un soleil tombant dans la boue commet, à rebours, exactement la même faute : il prend le registre de la perception pour celui de l’affirmation, afin de condamner. Nous ne faisons pas de ce rappel une attaque contre la Bible ; nous faisons remarquer que le langage de toute Écriture est celui des hommes à qui elle s’adresse, et que la critique honnête le sait. Question-test, à poser à quiconque brandit une liste d’« erreurs » : citez le verset où le Coran affirme — non « il trouva », non « vous voyez », non une image, mais une proposition — un fait physique précis que l’observation dément : le soleil entre dans la boue, la terre est un disque, l’embryon se forme en tant de jours. Quand on exige l’affirmation, la liste se vide. Et la question symétrique, à nos frères : citez le verset qui annonce le Big Bang — vous ne le trouverez pas davantage, et c’est tant mieux : le Livre n’a jamais promis la physique ; il a promis la guidance, et il l’a tenue.

X. Objections et questions fréquentes

Q. Le soleil se couche dans une source boueuse.

« Il la trouva se couchant » : le sujet est l’homme qui regarde, le verbe est « constater », et la même construction décrit le levant au verset 90. Ar-Râzî, au XIIe siècle, l’explique par la perception du navigateur. Maach traduit « il lui sembla ». Pour une erreur, il faudrait « il entra ».

Q. Le Coran dit que la terre est plate.

Il dit qu’elle est étendue, nivelée, déployée — ce qu’elle est sous les pieds de l’homme. Ibn Hazm rapporte le consensus des savants sur sa sphéricité et le prouve par 39, 5 ; les géographes musulmans en calculaient la circonférence. Un livre dont les lecteurs ont tenu la terre pour ronde pendant mille ans n’enseigne pas qu’elle est plate.

Q. L’embryologie coranique est celle de Galien.

Non : Galien a deux semences, des phases datées, une physiologie ; le Coran décrit des formes visibles à l’œil nu, sans dates ni mécanismes. Il en dit moins, et c’est pour cela qu’il ne reprend pas les erreurs de Galien. Et nous refusons l’excès inverse : il n’a pas devancé l’embryologie moderne non plus.

Q. Les os avant la chair, c’est faux.

Le verset dit que les os sont « revêtus » de chair — la forme humaine prenant corps —, sans chronologie. C’est une description d’étapes visibles, non une datation du développement ; une erreur exigerait une affirmation précise, et il n’y en a pas.

Q. Le sperme ne vient pas du dos ni des côtes.

Les mots sulb et tarâ’ib désignent des régions du tronc, discutées par les lexicographes dès l’origine, et plusieurs exégètes y lisent l’homme et la femme. Un passage dont les anciens discutaient le sens n’est pas une affirmation anatomique univoque ; et le verset parle de l’origine humble de l’homme, non de physiologie.

Q. Il n’y a pas sept cieux.

Le Coran ne définit pas ce qu’est un ciel, et sept dit aussi la plénitude. On ne dément pas ce qui n’est pas défini. Et il ne dit pas ce que son époque disait : sphères solides, piliers, terre portée.

Q. Les montagnes ne stabilisent pas la terre.

Le verset parle de fermeté pour l’homme, dans une liste de bienfaits — la terre pour couche, les montagnes pour piquets, la nuit pour vêtement. Il n’affirme aucun mécanisme planétaire ; nous refusons d’ailleurs la lecture concordiste des « racines ».

Q. Les étoiles ne sont pas lancées sur des démons.

Le texte distingue les lampes qui ornent le ciel et le shihâb, le trait de feu (Ibn Kathîr) ; ce qu’il affirme de ces traits concerne l’invisible, les djinns et ce qui leur est interdit — ce qu’un télescope ne réfute pas. On peut n’y pas croire ; on ne peut pas le dire démenti.

Q. Six jours ici, huit là : contradiction.

Les « quatre jours » de 41, 10 incluent les deux de 41, 9 — c’est la lecture d’At-Tabarî et la plus naturelle en arabe : deux pour la terre, deux pour ses subsistances, quatre en tout, puis deux pour le ciel, six. Et yawm est une période (22, 47).

Q. Le soleil se prosterne sous le Trône : il s’arrête ?

Le hadith ne décrit pas une position ni un arrêt : il décrit la soumission quotidienne du soleil à son Seigneur, comme 22, 18 l’affirme de toute créature, et il se termine par 36, 38. Tout l’univers est sous le Trône ; « sous le Trône » n’est pas une coordonnée.

Q. La mouche porte un remède dans son aile ?

Le hadith est authentique ; il dit que la mouche porte un mal, et qu’un remède l’accompagne — une affirmation sur ce que les sens ne vérifient pas, que nul n’a jamais démentie, et que nous ne faisons pas confirmer par des études fragiles. Les anciens eux-mêmes en ont débattu ; on peut le laisser à son Prophète.

Q. Marie « sœur d’Aaron » : une confusion avec Myriam.

L’objection fut posée au Prophète par les chrétiens de Najrân, et sa réponse est dans Muslim : on nommait les gens d’après les prophètes et les justes. Marie était de la maison sacerdotale — sa parente Élisabeth est « des filles d’Aaron » (Luc 1, 5) —, et « frère de » dit en arabe l’appartenance. Le Coran, qui connaît Moïse et sa sœur, ne les confond pas.

Synthèse

Le Coran contient-il des erreurs scientifiques ? Aucune qui résiste à la question qu’il faut poser : le texte affirme-t-il une proposition physique précise que l’observation dément ? Le soleil « trouvé » se couchant dans une source est une perception — Maach traduit « il lui sembla », Ar-Râzî l’expliquait déjà par le navigateur ; la semence « d’entre le sulb et les tarâ’ib » emploie des mots que les lexicographes discutaient et ne décrit aucun organe ; l’embryon est décrit à l’œil nu, par étapes visibles, sans les erreurs de Galien et sans la science de Moore ; les sept cieux ne sont pas définis, donc pas démentis ; la terre « étendue » l’est sous les pieds, et Ibn Hazm tirait du Coran la preuve de sa rondeur ; les montagnes-piquets sont un bienfait, non un mécanisme ; les étoiles-projectiles concernent l’invisible ; le soleil court, et les six jours sont six. Les hadiths du soleil et de la mouche disent une soumission et un remède invisible, non une astronomie ni une biologie ; Marie « sœur d’Aaron » a reçu sa réponse du Prophète lui-même. Et l’argument positif demeure : parlant du ciel, de la terre, de l’embryon et de l’eau, le Coran ne reprend aucune erreur savante de son temps — ni sphères, ni humeurs, ni deux semences, ni piliers — parce qu’il en dit moins qu’un traité, et dit vrai à hauteur d’homme. Le concordisme qui lui prête la physique moderne est une faute symétrique de l’accusation, et nous la refusons. Reste la question-test : citez l’affirmation démentie. Quand on l’exige, la liste se vide — et le Livre reste ce qu’il a toujours dit être : non une physique, mais une guidance.

◆ À retenir — mémo

– Le double piège : lire un texte de guidance comme un traité de physique (l’adversaire), ou lui prêter la science moderne (le concordiste). La question unique : y a-t-il une proposition physique précise démentie ?

– Quatre choses qui ne sont pas des erreurs : le langage de la perception (« le soleil se couche »), le genre du texte (un rappel), le sens des mots pour leurs premiers auditeurs, l’exégèse classique antérieure à toute polémique.

– 18, 86 : « il la trouva » (wajadahâ), même construction pour le levant (18, 90) ; Maach : « il lui sembla » ; Ar-Râzî et le navigateur ; 36, 38, 21, 33 et 39, 5 (takwîr) rendent le soleil-dans-la-flaque intenable.

– 86, 5-7 : sulb et tarâ’ib, régions du tronc discutées dès l’origine, lecture homme-femme chez plusieurs exégètes ; aucune anatomie affirmée. 23, 12-14 : étapes visibles à l’œil nu, sans Galien et sans concordisme ; « revêtus » décrit un résultat, non une date.

– Sept cieux et sept terres (65, 12) : non définis, donc non démentis ; sept dit la plénitude. Terre « étendue » (79, 30 ; 88, 20) : sous les pieds de l’homme ; Ibn Hazm (Al-Fisal) : consensus sur la sphéricité, prouvée par 39, 5.

– Montagnes-piquets (78, 7 ; 16, 15) : le registre du bienfait, non du mécanisme — et pas de lecture concordiste des « racines ». Étoiles-projectiles (67, 5 ; 37, 10) : lampes et shihâb distingués (Ibn Kathîr) ; affirmation sur l’invisible.

– Ordre de la création : Ibn ‘Abbâs (Al-Bukhârî) — créée, puis le ciel, puis étendue (dahâhâ). Six jours : 41, 10 inclut 41, 9 (At-Tabarî) ; yawm = période (22, 47).

– Hadiths : le soleil sous le Trône (Al-Bukhârî n° 3199) = soumission, non trajectoire, conclu par 36, 38 ; la mouche (Al-Bukhârî n° 3320) = un mal et un remède invisibles, débattue par les anciens, ni confirmée par des études fragiles ni démentie.

– « Erreurs historiques » : Marie sœur d’Aaron — la réponse du Prophète aux chrétiens de Najrân (Muslim n° 2135), Luc 1, 5 ; Hâmân, un dignitaire égyptien, non celui d’Esther ; « le roi » de Joseph (12, 43) contre « Pharaon » ; as-Sâmirî, un homme, non un peuple.

– L’argument positif : aucune erreur savante du VIIe siècle — ni sphères, ni humeurs, ni deux semences, ni piliers (13, 2) ; le cycle de l’eau (39, 21), la vie faite d’eau (21, 30). Le Coran en dit moins qu’un traité, et dit vrai.

– Le concordisme (Bucaille) nuit : Ash-Shâtibî — le Coran parle la langue de ses auditeurs. Question-test : citez l’affirmation démentie — et, à nos frères, citez le verset du Big Bang. Ni l’un ni l’autre n’existent.

Sources

Coran : traduction française des sens par Rachid Maach (18, 85-86, vérifié) ; en prose : 2, 29 ; 7, 54 ; 12, 43 ; 13, 2 ; 15, 19 ; 16, 15 ; 18, 90 ; 19, 28 ; 20, 85 ; 21, 30 et 33 ; 22, 18 et 47 ; 23, 12-14 et 18 ; 28, 38 ; 36, 38 ; 37, 6-10 ; 39, 5 et 21 ; 41, 9-12 ; 51, 49 ; 65, 12 ; 67, 5 ; 78, 7 ; 79, 27-30 ; 86, 5-8 ; 88, 20.

Hadith : le soleil sous le Trône : Al-Bukhârî n° 3199 et Muslim n° 159, d’après Abû Dharr ; la mouche : Al-Bukhârî n° 3320 et 5782, d’après Abû Hurayra ; Marie sœur d’Aaron : Muslim n° 2135, d’après Al-Mughîra ibn Shu‘ba ; Ibn ‘Abbâs sur l’ordre de la création : Al-Bukhârî, livre de l’exégèse (sourate Fussilat).

Exégèse et savants : At-Tabarî (41, 9-12 ; 18, 86) ; Ar-Râzî, Mafâtîh al-ghayb (18, 86 ; 86, 7) ; Al-Qurtubî ; Ibn Kathîr (18, 86 ; 67, 5 ; 23, 14) ; Al-Baydâwî ; Ibn Hazm, Al-Fisal (la sphéricité de la terre) ; Ibn Taymiyya, Majmû‘ al-fatâwâ (idem) ; Ibn Hajar, Fath al-Bârî (hadiths du soleil et de la mouche) ; Ash-Shâtibî, Al-Muwâfaqât (le Coran et la langue de ses auditeurs) ; lexicographes sur sulb et tarâ’ib (Ibn Manzûr, Lisân al-‘Arab).

Contexte et comparaison : Galien, Ptolémée et la science du VIIe siècle ; M. Bucaille, La Bible, le Coran et la science (1976), méthode refusée ; Évangile selon Luc 1, 5 ; Josué 10, Psaumes 93 et 104, Job 38 (le langage phénoménologique des Écritures) ; renvoi au dossier n° 3.

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