Mythes et préjugés sur l’islam · Dossier n° 35
Ka‘b ibn al-Achraf et les autres : le Prophète faisait-il tuer ses critiques ?
Les récits authentiques et les récits fabriqués triés un par un, ce que Ka‘b avait réellement fait, la distinction entre satire et belligérance, tous ceux qui l’ont insulté et qu’il a laissés vivre — et le verrou qui interdit à quiconque, aujourd’hui, d’en faire un précédent
I. Méthode — trier avant de défendre
Ce dossier traite l’accusation la plus grave que l’on porte contre le Prophète après celle des épouses : il aurait fait assassiner ceux qui le critiquaient. Une défense sérieuse commence par trois exigences. La première est de trier : les récits invoqués n’ont pas tous la même valeur, et l’on verra que la liste habituelle mélange deux affaires solidement attestées dans Al-Bukhârî et Muslim avec des récits sans chaîne de transmission et un récit déclaré fabriqué par les plus grands vérificateurs. La deuxième est de distinguer : un homme qui écrit des vers moqueurs et un homme qui rompt un pacte pour aller armer l’ennemi en temps de guerre ne sont pas dans la même catégorie — et l’on montrera que le Prophète lui-même les a traités différemment, laissant vivre les premiers par dizaines. La troisième est de verrouiller : quoi qu’il en soit des cas examinés, aucun d’eux ne fonde, pour un musulman d’aujourd’hui, le moindre droit de porter la main sur un caricaturiste, un écrivain ou un enseignant. Ce verrou traverse toute la série — dossiers n° 11, 12, 13 et 28 : le sang est protégé, la justice appartient à l’État, et nul individu ne se fait juge. Il est rappelé ici dès la première page, parce que ce dossier-là ne doit pouvoir servir à personne.
Ce que ce dossier ne fera pas : nier que des hommes furent tués sur ordre du Prophète — deux cas au moins sont dans les recueils les plus sûrs ; présenter un récit fabriqué comme authentique parce qu’il nous accuse, ni un récit authentique comme fabriqué parce qu’il nous gêne ; ni laisser croire qu’un précédent de guerre du VIIe siècle autorise quiconque, aujourd’hui, à tuer pour une caricature. Les assassinats commis contre la rédaction de Charlie Hebdo en 2015 et contre Samuel Paty en 2020 sont des meurtres, que l’islam condamne.
II. Le mythe — dans sa version la plus forte
Donnons-lui toute sa force. La thèse : à Médine, une fois le pouvoir acquis, le Prophète aurait fait assassiner ses opposants pour leurs paroles — le poète juif Ka‘b ibn al-Achraf, tué la nuit par ruse ; Abû Râfi‘, tué dans son lit à Khaybar ; le vieillard Abû ‘Afak, poignardé dans son sommeil ; et la poétesse Asmâ’ bint Marwân, tuée alors qu’elle allaitait son enfant, après quoi le Prophète aurait félicité le meurtrier. L’accusation en tire une conclusion et un précédent : l’islam interdirait la critique par le meurtre, et les assassinats de caricaturistes ou d’enseignants, en France, ne feraient qu’imiter leur prophète. L’accusation a pour elle des textes : le nom de Ka‘b ibn al-Achraf figure bien dans Al-Bukhârî et Muslim, et celui d’Abû Râfi‘ dans Al-Bukhârî. Un dossier honnête ne le cache pas : il va lire ces textes en entier, dire ce que les hommes en question avaient fait, trier ce qui est authentique de ce qui est inventé — et poser la seule question qui compte : ces hommes sont-ils morts pour des mots, ou pour des actes de guerre ?
III. Trier les récits — ce qui est authentique et ce qui est fabriqué
La liste que répète l’accusation mélange des sources de valeur radicalement différente. Il faut les séparer, car c’est la première chose que ferait n’importe quel historien devant des récits du VIIe siècle — et c’est ce que les savants musulmans ont fait depuis mille ans.
Ka‘b ibn al-Achraf (an 3) : authentique. L’ordre du Prophète et son exécution par Muhammad ibn Maslama sont rapportés par Al-Bukhârî et Muslim, d’après Jâbir ibn ‘Abdillâh. C’est le cas central, et il est traité en entier au chapitre suivant.
Abû Râfi‘ Sallâm ibn Abî l-Huqayq (vers l’an 4-6) : authentique. L’expédition de ‘Abdullâh ibn ‘Atîk à Khaybar est rapportée par Al-Bukhârî, qui précise le motif : cet homme « nuisait au Messager d’Allah et aidait contre lui » — il fut l’un des organisateurs de la coalition qui assiégea Médine.
Khâlid ibn Sufyân al-Hudhalî : attesté dans les Sunan (Abû Dâwûd, d’après ‘Abdullâh ibn Unays) : un chef qui rassemblait des troupes pour attaquer Médine, et que le Prophète fit intercepter avant qu’il ne marche.
Abû ‘Afak : sans chaîne recevable. Le récit ne figure que chez Ibn Sa‘d, par l’intermédiaire d’Al-Wâqidî — dont les transmissions sont rejetées par la majorité des spécialistes du hadith —, et chez Ibn Ishâq sans aucune chaîne. Il n’existe aucune version authentifiée. Un historien sérieux le mentionne comme récit tardif et non vérifiable, pas comme un fait établi.
Asmâ’ bint Marwân : fabriqué. C’est le récit le plus cité par la polémique, parce qu’il est le plus atroce — et c’est celui dont l’invention est la mieux établie. Sa seule chaîne, chez Ibn Sa‘d, passe par Muhammad ibn al-Hajjâj al-Lakhmî : Al-Bukhârî déclare ses transmissions à rejeter, Ibn Ma‘în le qualifie de menteur, Ad-Dâraqutnî de menteur, et Ibn ‘Adî précise que ce récit-là est précisément celui qu’on l’accuse d’avoir forgé. Ibn al-Jawzî le classe parmi les hadiths inventés ; Al-Albânî, dans sa Silsila des hadiths faibles et forgés, le déclare fabriqué. Les versions d’Ibn Ishâq et d’Al-Wâqidî n’ont, elles, aucune chaîne. Il n’existe donc aucune source recevable pour cette histoire — aucune.
| Récit et source | Chaîne et jugement |
| Ka‘b ibn al-Achraf — Al-Bukhârî et Muslim (Jâbir) | Chaîne continue, transmetteurs sûrs : authentique |
| Abû Râfi‘ — Al-Bukhârî (Al-Barâ’ ibn ‘Âzib) | Authentique ; motif donné : « nuisait et aidait contre lui » |
| Khâlid ibn Sufyân — Abû Dâwûd (‘Abdullâh ibn Unays) | Attesté dans les Sunan ; chef levant des troupes |
| Abû ‘Afak — Ibn Sa‘d via Al-Wâqidî ; Ibn Ishâq sans chaîne | Sans chaîne recevable : invérifiable |
| Asmâ’ bint Marwân — Ibn Sa‘d via Muhammad ibn al-Hajjâj | Transmetteur menteur (Al-Bukhârî, Ibn Ma‘în, Ad-Dâraqutnî) ; forgé (Ibn ‘Adî, Ibn al-Jawzî, Al-Albânî) |
Le tri donne un résultat que l’accusation ne peut pas contester sur ses propres bases : si elle veut s’appuyer sur Al-Bukhârî pour Ka‘b, elle doit accepter Al-Bukhârî quand il rejette le transmetteur d’Asmâ’. On ne peut pas invoquer la rigueur du hadith pour accuser et la balayer pour continuer d’accuser. Restent donc deux cas authentiques, et un troisième dans les Sunan — tous trois concernant des hommes engagés dans la guerre contre Médine. C’est ce qu’il faut maintenant établir.
IV. Ka‘b ibn al-Achraf — ce qu’il avait fait
Voici d’abord le texte que l’accusation cite, en entier :
مَنْ لِكَعْبِ بْنِ الْأَشْرَفِ؟ فَإِنَّهُ قَدْ آذَى اللَّهَ وَرَسُولَهُ
« Qui se chargera de Ka‘b ibn al-Achraf ? Car il a nui à Allah et à Son Messager. »
Rapporté par Al-Bukhârî (n° 4037) et Muslim (n° 1801), d’après Jâbir ibn ‘Abdillâh
Il faut d’abord poser une distinction de méthode, par honnêteté. Le hadith donne la qualification — « il a nui » (âdhâ) — sans détailler les actes ; c’est la biographie — Ibn Ishâq et Ibn Hishâm, Ibn Sa‘d, At-Tabarî — qui en donne le contenu, avec les chaînes variables qui sont celles de la Sîra. L’accusation vit de cette coupure : elle lit le hadith sans la biographie, et conclut qu’un poète fut tué pour des mots. Or le hadith ne parle pas de satire, et la biographie, qui converge d’une seule voix, parle de guerre. Ka‘b n’était pas un simple poète : c’était un notable, de père arabe de la tribu de Tayy et de mère issue des Banû Nadîr, l’une des tribus juives de Médine, riche, influent, lié par le pacte que le Prophète avait conclu à son arrivée avec toutes les composantes de la ville — la Sahîfa, la charte de Médine, qu’Ibn Hishâm transmet en entier. Cette charte faisait des tribus juives une communauté liée aux croyants, garantissait leur religion et leurs biens, et stipulait en retour deux choses précises : nul ne protégerait Quraysh ni ceux qui l’aideraient, et tous défendraient Yathrib contre quiconque l’attaquerait. Or après la bataille de Badr, en l’an 2, où les chefs de Quraysh furent tués, Ka‘b fit ce que les biographes rapportent d’une seule voix : il partit pour La Mecque, y rencontra Abû Sufyân, pleura les morts de Quraysh en vers, excita leur soif de vengeance, et les appela à la guerre contre Médine — puis il revint dans la ville qu’il venait de livrer et composa des poèmes contre les femmes des musulmans, dans un registre que la société arabe tenait pour la pire des offenses. Certaines sources ajoutent qu’il chercha à attenter à la vie du Prophète. Un an plus tard, Quraysh marchait sur Médine, et ce fut Uhud, où soixante-dix musulmans moururent.
C’est sur ce contenu que les juristes ont fondé leur lecture, et il faut la donner exactement. An-Nawawî, dans son commentaire de Muslim, écrit que Ka‘b était lié par un pacte, qu’il le rompit en satirisant le Prophète et en incitant contre lui, et qu’il cessa dès lors d’être un protégé pour devenir un belligérant. Ibn Hajar, dans le Fath al-Bârî, rappelle son voyage à La Mecque et son incitation de Quraysh. Autrement dit : un homme lié par un traité de défense mutuelle, qui en temps de guerre passe chez l’ennemi, l’appelle à attaquer sa propre ville, puis rentre y vivre — cet homme n’est pas un critique : dans n’importe quel droit, ancien ou moderne, il est un traître en temps de guerre. Le droit de la guerre de tous les temps connaît ces trois règles : celui qui viole un pacte de défense et s’allie à l’ennemi perd sa protection ; l’incitation à l’attaque, la levée de troupes et l’alliance militaire sont des actes de guerre, non des opinions ; et contre un belligérant, la ruse est licite — c’est la perfidie envers un protégé qui ne l’est pas. Le droit français lui-même, aujourd’hui, punit l’intelligence avec l’ennemi de la réclusion criminelle à perpétuité. Que Ka‘b ait été poète ne change rien : ses vers n’étaient pas de la satire, ils étaient l’instrument de sa propagande de guerre. On le vérifiera dans un instant par contraste : les poètes qui n’ont fait que satiriser, le Prophète les a laissés vivre.
V. Abû Râfi‘ et Ibn Sufyân — des chefs de guerre, pas des opposants
Le second cas authentique est plus clair encore. Sallâm ibn Abî l-Huqayq, dit Abû Râfi‘, était l’un des chefs juifs de Khaybar, la forteresse au nord de Médine. Al-Bukhârî, qui rapporte son exécution par ‘Abdullâh ibn ‘Atîk, en donne le motif en une phrase : il « nuisait au Messager d’Allah et aidait contre lui ». Ce que cette aide fut, la biographie le précise : Abû Râfi‘ comptait parmi les hommes qui allèrent trouver Quraysh et les tribus bédouines pour former la coalition de dix mille hommes qui vint assiéger Médine en l’an 5 — la bataille du Fossé, la plus grave menace que la communauté ait jamais connue —, et il continuait après l’échec du siège à financer et organiser l’hostilité depuis Khaybar. Il ne s’agit pas ici d’un homme qui parle, mais d’un homme qui lève des armées. Le troisième cas, Khâlid ibn Sufyân al-Hudhalî, est du même ordre : un chef qui rassemblait des troupes pour marcher sur Médine, intercepté avant d’attaquer. Trois hommes, trois chefs de guerre en activité, dans un conflit ouvert où Médine était la cible : voilà ce que donne la liste authentique, une fois débarrassée des récits sans chaîne et des récits forgés.
VI. Ce que l’accusation ne raconte jamais — ceux qu’il a laissés vivre
Si le Prophète avait fait tuer ceux qui le critiquaient, la liste serait longue : il fut insulté, moqué, calomnié et menacé toute sa vie, et par des gens qu’il avait à portée de main. Or ces gens-là, les recueils les plus sûrs les montrent vivants, et parfois honorés. Commençons par le plus éclatant. ‘Abdullâh ibn Ubayy était le chef des hypocrites de Médine : il avait abandonné l’armée avec un tiers des troupes à la veille d’Uhud, il avait été le principal propagateur de la calomnie contre Â’icha, et il avait déclaré publiquement qu’au retour à Médine « le plus puissant en chasserait le plus vil » — parole que le Coran lui-même enregistre (63, 8). ‘Umar demanda la permission de lui trancher la tête :
دَعْهُ، لَا يَتَحَدَّثُ النَّاسُ أَنَّ مُحَمَّدًا يَقْتُلُ أَصْحَابَهُ
« Laisse-le : que les gens n’aillent pas dire que Muhammad tue ses compagnons. »
Rapporté par Al-Bukhârî (n° 4905) et Muslim (n° 2584), d’après Jâbir ibn ‘Abdillâh
Ibn Ubayy mourut dans son lit, des années plus tard ; le Prophète donna sa propre chemise pour l’ensevelir et pria sur lui. Voilà l’homme qui l’avait le plus insulté à Médine même, sous sa main, chaque jour. Poursuivons. À la conquête de La Mecque, en l’an 8, le Prophète entre en vainqueur dans la ville qui l’a persécuté treize ans, chassé, et combattu huit ans encore. Devant lui, les chefs de Quraysh attendent le sort des vaincus. Il leur dit : « Allez, vous êtes libres. » L’amnistie couvre Hind bint ‘Utba, qui avait fait mutiler le corps de son oncle Hamza ; Wahchî, qui l’avait tué ; ‘Ikrima, le fils d’Abû Jahl ; ‘Abdullâh ibn Abî Sarh, son ancien scribe, qui avait apostasié et prétendu qu’il altérait la Révélation à sa guise — pardonné sur l’intercession de ‘Uthmân ; et — c’est ici que l’argument devient décisif — les poètes qui l’avaient satirisé pendant des années : ‘Abdullâh ibn az-Ziba‘râ, dont les vers contre lui étaient célèbres, vint se convertir et fut accueilli ; Abû Sufyân ibn al-Hârith, son propre cousin, qui l’avait raillé vingt ans, fut pardonné ; et Ka‘b ibn Zuhayr — un autre Ka‘b, poète lui aussi, qui avait composé contre lui — vint réciter devant lui son poème de repentir et reçut en cadeau le manteau du Prophète, la Burda, dont le nom est resté dans toute la poésie arabe. Si la satire était un crime capital, ces trois-là seraient morts. Ils ont vécu, parce que la satire n’était pas leur crime : celle de Ka‘b ibn al-Achraf ne l’était pas non plus — son crime était d’avoir livré sa ville.
La même conduite se lit dans les détails de la vie quotidienne. Un bédouin le tire par son manteau au point d’en marquer son cou, en exigeant des biens : il se retourne, sourit et ordonne qu’on lui donne (Al-Bukhârî). Des juifs de Médine le saluent en déformant le salut en « que la mort soit sur toi » : Â’icha s’emporte, et c’est elle qu’il reprend — « doucement, Â’icha, Allah aime la douceur » —, se contentant de répondre « et sur vous » (Al-Bukhârî, Muslim). Un homme, Ghawrath ibn al-Hârith, le surprend seul et lève l’épée sur lui : « Qui te protégera de moi ? » — « Allah » ; l’épée tombe, le Prophète la ramasse, et le laisse partir (Al-Bukhârî, Muslim). Et avant Médine, treize années à La Mecque : insulté en public, couvert d’immondices en prière, lapidé à Tâ’if jusqu’au sang, il n’a ordonné ni riposte ni vengeance. Le Coran lui-même, dans la sourate qui contient les versets sur les hypocrites, lui donne l’ordre qui résume cette conduite — avec le même mot, adhâ, que le hadith sur Ka‘b :
وَلَا تُطِعِ الْكَافِرِينَ وَالْمُنَافِقِينَ وَدَعْ أَذَاهُمْ وَتَوَكَّلْ عَلَى اللَّهِ وَكَفَىٰ بِاللَّهِ وَكِيلًا
N’obéis ni aux mécréants, ni aux hypocrites. Ne réponds pas à leurs attaques. Place ta confiance en Allah qui est un protecteur amplement suffisant.
— Sourate 33, Al-Ahzâb, verset 48
Le traducteur Maach note : « mais supporte patiemment leur tort ». Voilà la règle pour l’offense verbale — la supporter. Le même mot désigne donc deux réalités que le Prophète a traitées de deux manières : l’attaque des hypocrites de Médine, qu’il a supportée jusqu’à prier sur leur chef, et l’attaque de Ka‘b, qui n’était pas une parole mais une guerre. Ce n’est pas le mot qui fait la différence, c’est l’acte.
VII. Le cadre coranique — qui l’on combat, et qui l’on ne combat pas
Le Coran fixe lui-même la ligne que ce dossier vient de vérifier dans les faits, et il la fixe en deux versets consécutifs qu’il faut lire ensemble :
لَّا يَنْهَاكُمُ اللَّهُ عَنِ الَّذِينَ لَمْ يُقَاتِلُوكُمْ فِي الدِّينِ وَلَمْ يُخْرِجُوكُم مِّن دِيَارِكُمْ أَن تَبَرُّوهُمْ وَتُقْسِطُوا إِلَيْهِمْ إِنَّ اللَّهَ يُحِبُّ الْمُقْسِطِينَ إِنَّمَا يَنْهَاكُمُ اللَّهُ عَنِ الَّذِينَ قَاتَلُوكُمْ فِي الدِّينِ وَأَخْرَجُوكُم مِّن دِيَارِكُمْ وَظَاهَرُوا عَلَىٰ إِخْرَاجِكُمْ أَن تَوَلَّوْهُمْ وَمَن يَتَوَلَّهُمْ فَأُولَٰئِكَ هُمُ الظَّالِمُونَ
Allah ne vous défend pas de traiter avec bonté et équité ceux d’entre eux qui ne vous ont ni persécutés en raison de votre foi, ni contraints à l’exil. Allah aime les hommes justes. Allah vous défend seulement de vous lier à ceux qui vous ont persécutés en raison de votre foi, vous ont contraints à l’exil ou ont prêté main forte à ceux qui vous ont expulsés. Quiconque se lierait à eux ferait preuve d’une grande injustice.
— Sourate 60, Al-Mumtahana, versets 8-9
La ligne n’est pas la croyance, ni la parole : c’est le combat, l’expulsion, et — le verset le dit expressément — le fait de « prêter main forte » à ceux qui combattent. Ka‘b ibn al-Achraf et Abû Râfi‘ sont exactement dans cette troisième catégorie : ils ont prêté main forte à Quraysh. Les poètes de La Mecque, les hypocrites de Médine, les juifs qui déformaient le salut, sont dans la première : ils n’ont pas combattu, et le verset ordonne à leur égard la bonté et l’équité. Le dossier n° 12 a détaillé les conditions du jihad et le dossier n° 21 le sens du verset 5, 51 ; ce que l’on constate ici, c’est que la conduite du Prophète envers ses ennemis suit exactement la règle que le Livre énonce — et que cette règle ne connaît pas de délit d’opinion.
VIII. La part de vérité — ce qu’un dossier honnête doit dire
Cette série ne maquille rien, et quatre points méritent d’être posés en face. Le premier : la ruse. Al-Bukhârî rapporte que Muhammad ibn Maslama demanda au Prophète la permission de « dire quelque chose » pour approcher Ka‘b — c’est-à-dire de feindre la défection —, et qu’elle lui fut accordée. C’est un fait, et l’accusation le brandit. Il faut répondre sans esquive : le Prophète a dit que « la guerre est ruse » (Al-Bukhârî, Muslim), et le droit de la guerre de tous les temps, y compris le nôtre, admet la ruse contre un belligérant — ce qu’il interdit, c’est la perfidie envers celui qui bénéficie d’un pacte. Or Ka‘b avait rompu le sien. Contre un homme qui vous a livré à l’ennemi, la ruse n’est pas une trahison : c’est une opération militaire. Le deuxième point : les prisonniers de Badr. Deux captifs mecquois, An-Nadr ibn al-Hârith et ‘Uqba ibn Abî Mu‘ayt, furent exécutés après la bataille, alors que les autres furent rançonnés ou libérés. Il faut le dire : c’est une exécution de prisonniers, admise par le droit de la guerre de l’époque — et les sources la motivent par ce que ces deux hommes avaient fait à La Mecque, où ils avaient torturé des musulmans et tenté d’étrangler le Prophète en prière. Un lecteur moderne peut juger cette exécution sévère ; il ne peut pas la ranger sous le délit d’opinion. Le troisième point : le jour de la conquête de La Mecque, l’amnistie eut quelques exceptions nommées, et il faut les dire. ‘Abdullâh ibn Khatal, musulman devenu apostat, avait tué le compagnon musulman qui l’accompagnait, s’était enfui à La Mecque et faisait chanter des satires contre le Prophète par deux chanteuses ; il fut exécuté, accroché aux tentures de la Kaaba, pour le meurtre et la trahison, non pour les chansons — et de ses deux chanteuses, l’une fut mise à mort et l’autre pardonnée, ce qui montre que la chanson n’était pas le motif, et que le pardon restait ouvert à qui le demandait (Al-Bukhârî pour l’exécution d’Ibn Khatal ; la Sîra pour les détails).
Le quatrième point est le plus important, et c’est celui que les défenses faciles esquivent. Le droit musulman classique connaît bien une règle sur l’insulte au Prophète — le sabb ar-Rasûl —, et Ibn Taymiyya lui a consacré un livre entier, As-Sârim al-maslûl, où il expose la position des écoles qui y voient un crime passible de la peine capitale, y compris pour le protégé non musulman, dont l’insulte rompt le pacte ; les hanafites, eux, ne retiennent pour le protégé qu’une peine discrétionnaire, et les juristes ont discuté le repentir. Ce dossier ne le cache pas : c’est un point dur, comme la lapidation au dossier n° 11 ou l’apostasie au dossier n° 13. Mais il faut dire aussi, exactement, ce que cette règle est et n’est pas. Elle est une peine judiciaire, prononcée par une autorité légitime, dans un État qui applique la loi islamique, après procès — comme toute peine légale. Elle n’est en aucun cas un droit conféré à l’individu : aucun juriste d’aucune école n’a jamais autorisé un particulier à tuer de sa propre initiative, et tous rangent celui qui le fait parmi les criminels — c’est le verrou que cette série répète dossier après dossier, parce qu’il est le cœur du droit musulman : le sang est protégé, et la justice appartient à l’État. Et elle ne s’applique pas en terre non musulmane, où le musulman vit sous un pacte qui l’oblige — dossier n° 28.
IX. Le verrou décisif — pour la France
Il faut donc le dire sans détour, et pour la France : l’homme qui tue un caricaturiste ou un enseignant ne suit pas le Prophète — le Prophète a laissé vivre ses caricaturistes —, il n’applique pas le droit musulman — aucun droit musulman ne donne à un individu ce pouvoir —, et il viole le pacte qui le lie à son pays. Il commet un meurtre, que le Coran punit du feu éternel : « Quiconque tue délibérément un croyant aura pour rétribution la Géhenne, où il demeurera éternellement » (4, 93), et le meurtre d’un non-musulman sous pacte prive du parfum même du Paradis (Al-Bukhârî, dossier n° 6). Ka‘b ibn al-Achraf ne lui sert d’aucun précédent : Ka‘b fut traité comme un traître par le chef d’un État en guerre ; le caricaturiste n’est ni traître, ni en guerre, ni justiciable de qui que ce soit d’autre que les tribunaux de son pays. Et il faut ajouter, pour qui serait tenté : celui qui vous pousse à tuer au nom de Ka‘b vous ment deux fois — sur le droit, qui ne lui donne rien, et sur le Prophète, qui a pardonné à ceux qui l’insultaient. On ne venge pas un homme en faisant ce qu’il a refusé de faire.
X. Le retournement — et la question-test
Au polémiste qui cite Ka‘b : citez-le en entier — le pacte rompu, le voyage à La Mecque, l’appel à la guerre, Uhud un an plus tard — et citez avec lui Asmâ’ bint Marwân, dont vous savez, si vous avez ouvert Al-Bukhârî, que le transmetteur est un menteur reconnu ; vous ne pouvez pas emprunter la rigueur du hadith pour l’un et la jeter pour l’autre. Question-test : nommez un seul homme que le Prophète ait fait tuer pour des paroles, sans acte de guerre — et expliquez alors pourquoi Ibn Ubayy est mort dans son lit sous sa chemise, pourquoi Ibn az-Ziba‘râ et Abû Sufyân ibn al-Hârith ont été pardonnés, pourquoi Ka‘b ibn Zuhayr est reparti avec son manteau, pourquoi Ghawrath est reparti avec son épée. Un homme qui tue ses critiques ne laisse pas derrière lui une telle liste de critiques vivants. Et au lecteur musulman — c’est à lui que ce dossier s’adresse en dernier, et c’est le plus grave : si quelqu’un te dit que Ka‘b ibn al-Achraf justifie de frapper celui qui insulte ton Prophète, réponds-lui que ton Prophète a pardonné à ceux qui l’insultaient, qu’il a interdit à ‘Umar de frapper le pire d’entre eux, que le sang est protégé et que nul n’est juge de sa propre cause — et que celui qui te pousse à tuer ne défend pas le Prophète : il le calomnie une seconde fois, en lui prêtant ce qu’il n’a jamais fait.
XI. Objections et questions fréquentes
Q. Ka‘b a-t-il été tué pour ses poèmes ?
Non. Ses poèmes étaient l’instrument d’une action de guerre : après Badr, lié par le pacte de Médine, il partit à La Mecque appeler Quraysh à la vengeance, puis revint vivre dans la ville qu’il venait de livrer. An-Nawawî et Ibn Hajar le qualifient de belligérant ayant rompu son pacte. La preuve par contraste : les poètes qui n’ont fait que satiriser — Ibn az-Ziba‘râ, Abû Sufyân ibn al-Hârith, Ka‘b ibn Zuhayr — ont été pardonnés.
Q. Mais le hadith lui-même ne parle que de « nuisance », pas de guerre.
Exact, et nous le disons : le hadith qualifie, la biographie détaille. Mais le même mot, adhâ, désigne en 33, 48 l’attaque des hypocrites que le Prophète reçoit l’ordre de supporter — et qu’il a supportée. Si la nuisance verbale suffisait à faire tuer, Ibn Ubayy serait mort le premier. C’est l’acte, attesté par tous les biographes, qui a fait la différence.
Q. Et Asmâ’ bint Marwân, tuée en allaitant ?
Ce récit est fabriqué. Sa seule chaîne passe par Muhammad ibn al-Hajjâj al-Lakhmî, que Al-Bukhârî rejette et que Ibn Ma‘în, Ad-Dâraqutnî et Ibn ‘Adî qualifient de menteur — Ibn ‘Adî précisant qu’on l’accuse d’avoir forgé précisément celui-ci. Ibn al-Jawzî le classe parmi les hadiths inventés, Al-Albânî le déclare fabriqué. Les autres versions n’ont aucune chaîne. Il n’existe aucune source recevable.
Q. Et Abû ‘Afak ?
Aucune chaîne recevable : le récit ne figure que chez Ibn Sa‘d via Al-Wâqidî, dont les transmissions sont rejetées, et chez Ibn Ishâq sans chaîne. C’est un récit tardif et invérifiable, pas un fait établi.
Q. Le Prophète a autorisé le mensonge pour tuer Ka‘b : n’est-ce pas de la perfidie ?
Il a autorisé une ruse de guerre contre un homme qui avait rompu son pacte et livré sa ville à l’ennemi. La perfidie, que l’islam interdit, est la tromperie envers celui qui bénéficie d’une protection ; la ruse contre un belligérant est admise par le droit de la guerre de tous les temps — « la guerre est ruse » (Al-Bukhârî, Muslim).
Q. Ibn Ubayy n’a-t-il pas été épargné par simple calcul politique ?
Le hadith donne le motif : « que les gens n’aillent pas dire que Muhammad tue ses compagnons » — un souci de la réputation de la communauté, en effet. Mais le calcul n’explique pas la chemise donnée pour son linceul ni la prière sur sa tombe ; et il n’explique pas les dizaines d’autres pardons, à La Mecque, où il n’y avait plus rien à calculer : il était vainqueur.
Q. Ibn Khatal et ses chanteuses prouvent qu’on tuait pour des chansons.
Ibn Khatal avait tué un musulman et apostasié ; il fut exécuté pour cela. De ses deux chanteuses, l’une fut mise à mort et l’autre pardonnée quand elle le demanda : si la chanson était le crime, les deux auraient subi le même sort. Le pardon restait ouvert — c’est tout le contraire d’une chasse aux critiques.
Q. Le droit musulman ne punit-il pas l’insulte au Prophète ?
Si, dans les écoles classiques, et Ibn Taymiyya y a consacré un livre : ce dossier le dit, avec la divergence hanafite sur le protégé. Mais c’est une peine judiciaire, prononcée par une autorité légitime après procès, dans un État qui applique cette loi — jamais un droit de l’individu, et jamais en terre non musulmane, où le pacte lie le musulman. Celui qui tue de sa propre initiative est un meurtrier selon tous les juristes.
Q. Les tueurs de caricaturistes n’imitent-ils pas Ka‘b ?
Non, et c’est le point le plus important du dossier. Ka‘b fut traité comme un traître en temps de guerre par le chef d’un État, après avoir livré sa ville à l’ennemi. Un caricaturiste n’est ni traître, ni en guerre, ni justiciable d’un particulier. Le Prophète a laissé vivre ses caricaturistes et pardonné à ceux qui l’insultaient. Celui qui tue en son nom commet un meurtre, que le Coran punit du feu éternel (4, 93), et le calomnie en lui prêtant ce qu’il n’a jamais fait.
Q. Pourquoi des prisonniers ont-ils été exécutés après Badr ?
Deux captifs sur soixante-dix — An-Nadr ibn al-Hârith et ‘Uqba ibn Abî Mu‘ayt —, les autres ayant été rançonnés ou libérés. Les sources motivent ces deux exécutions par les tortures qu’ils avaient infligées aux musulmans à La Mecque. C’est le droit de la guerre du VIIe siècle, qu’un lecteur moderne peut juger sévère ; ce n’est pas un délit d’opinion.
Synthèse
L’accusation mélange quatre noms de valeur radicalement différente. Le tri, fait avec les critères mêmes du hadith que l’accusation invoque, laisse deux cas authentiques — Ka‘b ibn al-Achraf (Al-Bukhârî, Muslim) et Abû Râfi‘ (Al-Bukhârî) —, un cas dans les Sunan, un récit sans chaîne (Abû ‘Afak) et un récit fabriqué par un menteur reconnu (Asmâ’ bint Marwân : Al-Bukhârî, Ibn Ma‘în, Ad-Dâraqutnî, Ibn ‘Adî, Ibn al-Jawzî, Al-Albânî). Les trois cas authentiques concernent des chefs de guerre : Ka‘b, lié par le pacte de Médine, alla après Badr appeler Quraysh à la guerre et revint vivre dans la ville qu’il avait livrée — un traître en temps de guerre, selon An-Nawawî et Ibn Hajar, et selon n’importe quel droit ; Abû Râfi‘ organisa la coalition qui assiégea Médine ; Ibn Sufyân levait des troupes. Ceux qui n’ont fait que parler, le Prophète les a laissés vivre : Ibn Ubayy, chef des hypocrites, mort dans son lit sous la chemise du Prophète après que celui-ci eut interdit à ‘Umar de le frapper ; les poètes satiriques de La Mecque, pardonnés à la conquête, l’un d’eux reparti avec le manteau du Prophète ; son scribe apostat pardonné ; Ghawrath, reparti avec son épée ; treize années mecquoises d’insultes supportées. Le Coran ordonne de « ne pas répondre » aux attaques des hypocrites (33, 48) et trace la ligne en 60, 8-9 : bonté envers qui ne combat pas, rupture avec qui combat ou prête main forte — la catégorie exacte de Ka‘b et d’Abû Râfi‘. La part de vérité est dite : la ruse contre un belligérant, les deux prisonniers exécutés à Badr, Ibn Khatal exécuté pour meurtre et apostasie, et la règle classique sur l’insulte au Prophète — peine judiciaire d’un État, jamais droit d’un individu, jamais applicable en terre de pacte. D’où le verrou qui clôt le dossier : celui qui tue un caricaturiste n’imite pas le Prophète, il le calomnie — le Prophète a laissé vivre ses caricaturistes.
◆ À retenir — mémo
– Trier d’abord : Ka‘b (Al-Bukhârî n° 4037, Muslim n° 1801) et Abû Râfi‘ (Al-Bukhârî) sont authentiques ; Ibn Sufyân est dans les Sunan ; Abû ‘Afak est sans chaîne ; Asmâ’ bint Marwân est fabriqué — transmetteur déclaré menteur par Al-Bukhârî, Ibn Ma‘în, Ad-Dâraqutnî ; récit classé inventé par Ibn ‘Adî, Ibn al-Jawzî, Al-Albânî.
– On ne peut pas invoquer la rigueur du hadith pour Ka‘b et la jeter pour Asmâ’.
– Hadith et Sîra : le hadith qualifie (« il a nui »), la biographie détaille — et elle converge : pacte rompu, voyage à La Mecque après Badr, appel de Quraysh à la guerre, retour à Médine, vers contre les musulmanes ; Uhud un an plus tard. An-Nawawî et Ibn Hajar : belligérance.
– Trois règles du droit de la guerre, de tous les temps : le pacte rompu ôte la protection ; l’incitation et la levée de troupes sont des actes de guerre ; la ruse contre un belligérant est licite, la perfidie envers un protégé ne l’est pas (« la guerre est ruse », Al-Bukhârî, Muslim).
– Abû Râfi‘ : « nuisait au Messager et aidait contre lui » (Al-Bukhârî) — organisateur de la coalition du Fossé ; Ibn Sufyân : levait des troupes (Abû Dâwûd). Trois chefs de guerre, aucun critique.
– Ceux qu’il a laissés vivre : Ibn Ubayy — « laisse-le, que les gens n’aillent pas dire que Muhammad tue ses compagnons » (Al-Bukhârî n° 4905, Muslim n° 2584), mort dans son lit sous la chemise du Prophète ; à La Mecque : Hind, Wahchî, ‘Ikrima, Ibn Abî Sarh, et les poètes Ibn az-Ziba‘râ, Abû Sufyân ibn al-Hârith, Ka‘b ibn Zuhayr (la Burda) ; Ghawrath reparti avec son épée ; treize ans d’insultes à La Mecque.
– Le même mot, adhâ, en 33, 48 : « ne réponds pas à leurs attaques » — la règle pour l’offense verbale est de la supporter. 60, 8-9 : bonté envers qui ne combat pas ; rupture avec qui combat ou prête main forte — la catégorie de Ka‘b et d’Abû Râfi‘.
– Part de vérité : la ruse ; An-Nadr et ‘Uqba exécutés à Badr pour leurs tortures ; Ibn Khatal exécuté pour meurtre et apostasie, une chanteuse pardonnée ; le sabb ar-Rasûl (Ibn Taymiyya, As-Sârim al-maslûl ; divergence hanafite sur le protégé) — peine d’État après procès, jamais droit individuel, jamais en terre de pacte.
– Le verrou : tuer un caricaturiste ou un enseignant est un meurtre (4, 93), une violation du pacte (dossier n° 28) et une calomnie contre le Prophète, qui a laissé vivre ses caricaturistes. Ka‘b n’est pas un précédent : un traître en guerre, jugé par le chef d’un État.
– Question-test : nommez un seul homme tué pour des paroles sans acte de guerre — et expliquez Ibn Ubayy, les poètes pardonnés, le manteau de Ka‘b ibn Zuhayr et l’épée de Ghawrath.
Sources
Coran : traduction française des sens par Rachid Maach (33, 48 et 60, 8-9, vérifiés) ; en prose : 4, 93 ; 63, 8.
Hadith : Ka‘b ibn al-Achraf : Al-Bukhârî n° 4037 et Muslim n° 1801, d’après Jâbir ; Abû Râfi‘ : Al-Bukhârî n° 4039-4040, d’après Al-Barâ’ ibn ‘Âzib ; Khâlid ibn Sufyân : Abû Dâwûd n° 1249, d’après ‘Abdullâh ibn Unays ; Ibn Ubayy : Al-Bukhârî n° 4905 et Muslim n° 2584 ; « la guerre est ruse » : Al-Bukhârî n° 3030 et Muslim n° 1739 ; le bédouin et le manteau : Al-Bukhârî n° 3149 ; « doucement, Â’icha » : Al-Bukhârî n° 6024 et Muslim n° 2165 ; Ghawrath : Al-Bukhârî n° 2910 et Muslim n° 843 ; Ibn Khatal : Al-Bukhârî n° 1846 et Muslim n° 1357 ; la chemise pour Ibn Ubayy : Al-Bukhârî n° 1269 ; « celui qui tue un homme sous pacte » : Al-Bukhârî n° 3166.
Critique des récits : Ibn Sa‘d, At-Tabaqât (récits d’Abû ‘Afak et d’Asmâ’ bint Marwân, chaînes d’Al-Wâqidî et de Muhammad ibn al-Hajjâj) ; Ibn ‘Adî, Al-Kâmil fî du‘afâ’ ar-rijâl (sur Muhammad ibn al-Hajjâj al-Lakhmî) ; Ibn al-Jawzî, Al-Mawdû‘ât ; Al-Albânî, Silsilat al-ahâdîth ad-da‘îfa wa l-mawdû‘a ; Adh-Dhahabî, Mîzân al-i‘tidâl ; Ibn Hajar, Lisân al-mîzân.
Sîra, commentaires et fiqh : Ibn Ishâq et Ibn Hishâm, As-Sîra an-nabawiyya (la charte de Médine, Ka‘b, la conquête de La Mecque, Ka‘b ibn Zuhayr) ; At-Tabarî, Ta’rîkh ; An-Nawawî, Sharh Sahîh Muslim (sur Ka‘b) ; Ibn Hajar, Fath al-Bârî (sur Ka‘b, Abû Râfi‘, Ibn Khatal) ; Ibn Taymiyya, As-Sârim al-maslûl ‘alâ shâtim ar-Rasûl ; Al-Qâdî ‘Iyâd, Ash-Shifâ ; les manuels hanafites sur le protégé insulteur ; renvois aux dossiers n° 6, 11, 12, 13, 21 et 28 ; Code pénal français, article 411-4 (intelligence avec une puissance étrangère).
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