XII. Conclusion : l’arbre et le jardin

L’arbre de l’éternité · Chapitre 12 sur 12

XII. Conclusion : l’arbre et le jardin

Transhumanisme, intelligence artificielle et la fin de la transmission

L’offre de l’arbre a été faite une fois, et elle a coûté à Adam le Jardin. Puis « Adam reçut de son Seigneur des paroles » (2:37), et le retour commença : non par un fruit qu’on prend, mais par des paroles qu’on reçoit. Toute l’histoire humaine tient dans cette alternative. Le transhumaniste prend ; le croyant reçoit.

Et l’éternité qu’ils cherchent existe. Le royaume impérissable existe ; le Coran parle d’« un royaume immense » (76:20). Iblîs n’a pas menti sur la marchandise ; il a menti sur le chemin. Il proposait ce qu’Allah donne, mais sans Allah, tout de suite, et par nos mains ; et il le propose encore, dans un vocabulaire d’ingénieur.

Il ne faut donc ni tomber dans la peur, ni accepter naïvement toute nouveauté. Il faut distinguer, chaque fois : le remède de l’orgueil, la réparation de l’augmentation, l’outil de l’autorité, l’assistance de la dépendance, l’information de la connaissance, la liberté de la surveillance. La vraie question n’est pas « comment devenir plus qu’un homme ? » ; elle est : « comment rester un serviteur d’Allah dans un monde qui veut faire de l’homme son propre dieu ? »

« Toute âme goûtera la mort » (3:185). La phrase que le transhumanisme déteste est celle qui libère. Ceux qui, en 2050, continueront d’apprendre de bouche à oreille, de marcher derrière un maître, de prier en rangs et d’enterrer leurs morts avec espérance, seront les derniers hommes à savoir quelque chose sans le demander à une machine, et les seuls à savoir où ils vont.