XI. Que faire ? Un programme concret

L’arbre de l’éternité · Chapitre 11 sur 12

XI. Que faire ? Un programme concret

Transhumanisme, intelligence artificielle et la fin de la transmission

Pour soi

  1. Apprendre le Coran de bouche à oreille. Auprès d’un enseignant, jusqu’à l’ijâza si Allah le permet. Fixez-vous un rythme et tenez-le. Que la récitation s’entende dans votre maison.
  2. Avoir un maître vivant pour les bases : croyance, pratique, vie du Prophète ﷺ. Ce site est une carte ; le cercle d’étude est la route.
  3. Appliquer la règle de l’isnâd à toute information religieuse : « de qui ? » avant « quoi ? ». N’acceptez jamais un hadith cité par une machine sans l’avoir retrouvé dans le livre. Traitez l’IA comme un sahafî d’une assurance infinie.
  4. Utiliser l’IA comme un outil sous autorité, jamais comme une autorité : pour chercher, traduire, mettre en forme ; jamais pour une fatwa, jamais pour la croyance, jamais comme compagnon. Et réfléchissez d’abord, demandez ensuite : c’est, selon les chercheurs eux-mêmes, la condition pour ne pas payer la dette cognitive.
  5. Garder le corps : marcher, travailler de ses mains, jeûner, se prosterner. Accepter le remède, refuser l’augmentation, et savoir où passe la ligne.
  6. Mémoriser : le Coran, les invocations, de la poésie, la généalogie de sa famille. La mémoire est un muscle de la religion.
  7. Se souvenir de la mort : visiter les tombes, comme le Prophète ﷺ l’a recommandé parce qu’elles rappellent l’au-delà (Muslim), rédiger son testament, et reconnaître la « mort de la mort » pour ce qu’elle est : le plus vieux mensonge du monde.
  8. Lire des livres en entier plutôt que des résumés, préserver chaque jour un temps sans écran, et réapprendre à supporter le silence.
  9. Entretenir ce que la machine ne doit pas remplacer : la réflexion, la patience, l’écoute, la présence, le discernement.
  10. Demander conseil (istishâra) à des personnes compétentes avant toute décision importante, et faire l’istikhâra.

Pour sa famille

  1. Élever par la bouche et par la présence : retarder les écrans autant que possible, lire à voix haute, faire réciter, faire des grands-parents une chaîne vivante.
  2. Apprendre aux enfants à expliquer avec leurs propres mots, à distinguer une information d’une preuve, et à se servir des outils sans en dépendre.
  3. Leur montrer, par la façon dont on traite les anciens et les malades à la maison, que la valeur d’un être humain ne dépend pas de sa performance.
  4. Une compagnie choisie : un cercle d’étude ou une réunion de frères en présence chaque semaine ; des amis avant des flux.

Pour sa communauté

  1. Faire de la mosquée un lieu d’apprentissage : soutenir les enseignants, multiplier les cercles, considérer les huffâz comme un trésor commun à entretenir.
  2. Former les musulmans à la vérification des hadiths et des sources ; ne jamais laisser présenter une réponse générée comme une fatwa.
  3. Refuser que l’IA remplace l’accompagnement humain des malades, des personnes âgées et des enfants ; protéger les données des fidèles.
  4. Enseigner une éthique islamique de la médecine et de la technique, fondée sur la distinction entre soin, assistance et augmentation.

Pour ceux qui produisent du contenu

  1. Remettre l’homme dans le texte : citer la chaîne et le livre, dater, montrer des visages et des voix, ne jamais publier un hadith non vérifié, et toujours conduire le lecteur vers un maître vivant.

Pour les médecins, ingénieurs et étudiants musulmans

  1. Vous êtes aux premières loges. Construisez ce qui répare et refusez ce qui altère ; posez les dix questions avant chaque projet ; gardez votre jugement là où l’outil voudrait le remplacer, car c’est vous, et non la machine, qui répondrez de chaque patient et de chaque ligne de code.

Et pour tous

  1. Le tawakkul avant l’outil : la consultation, l’invocation, puis les moyens. Attacher la chamelle ; ne pas l’adorer.