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Quatrième partie — Les livres des savants · Chapitre XXV sur XXVIII
XXV. Le débat contemporain
Termes et graphies : madhhab (aussi écrit madhab ou mazhab : école juridique) · madhāhib (madhahib) · taqlīd (taqlid) · ittibāʿ (ittiba) · mujtahid (moujtahid) · dalil (preuve).
Au XXᵉ siècle, la question revient au premier plan avec la diffusion du discours « pas de madhhab, seulement le dalil ». Ces ouvrages sont présentés pour situer la controverse actuelle, et non comme des autorités du même rang que les précédents.
1. Al-Maʿṣūmī al-Khujandī, Hal al-muslim mulzam bi-ittibāʿ madhhab muʿayyan min al-madhāhib al-arbaʿa ?
هل المسلم ملزم باتباع مذهب معين من المذاهب الأربعة؟ — « Le musulman est-il tenu de suivre une école déterminée parmi les quatre ? » (Sharikat al-Aṣdiqāʾ, 3ᵉ éd., 1401/1981).
Thèse. Aucune obligation de suivre une école déterminée. « Suivre l’école d’un imam déterminé sans regarder la preuve est une grande ignorance et une lourde épreuve » ; et « celui qui suit la preuve suit son imam et tous les imams » (p. 25-26).
Fiabilité : vu en source secondaire.
2. Al-Būṭī (m. 1434), al-Lā-madhhabiyya akhṭar bidʿa tuhaddid al-sharīʿa al-islāmiyya
اللامذهبية أخطر بدعة تهدد الشريعة الإسلامية — « Le rejet des écoles, la plus dangereuse innovation qui menace la Loi islamique ».
Thèse. Le livre répond à l’opuscule précédent. Al-Būṭī y défend que le non-mujtahid doit suivre les savants, et que le rejet des écoles ouvre la porte à l’interprétation personnelle des ignorants.
Fiabilité : non vérifié. Le texte n’a pas pu être consulté ; la thèse est donnée d’après sa réputation.
3. Muḥammad Taqī ʿUthmānī, The Legal Status of Following a Madhab
Traduction anglaise de l’ourdou Taqlīd kī sharʿī ḥaythiyyat.
Thèse. Le taqlīd est légitime pour qui ne peut tirer les règles du Coran et de la Sunna, et seulement dans les questions où leur compréhension est difficile (p. 9). Il distingue deux formes :
- le taqlīd général, qui consiste à consulter différents savants selon les questions, pratiqué au temps des compagnons ;
- le taqlīd personnel, qui consiste à suivre un seul imam, adopté plus tard pour empêcher qu’on suive ses désirs en choisissant à la carte : « on a encouragé le commun à ne suivre qu’un seul imam et mujtahid au lieu d’en consulter plusieurs » (p. 35).
Arguments. Les versets 4:59, 4:83, 9:122 et 16:43 ; l’exemple de Zayd ibn Thābit et d’Ibn ʿAbbās ; l’envoi de Muʿādh au Yémen, où les gens le suivaient ; Ibn Taymiyya, al-Nawawī, al-Shāṭibī et Ibn Khaldūn sur le danger de la passion.
Portée. Cette distinction est la clé historique du débat. Elle explique pourquoi les deux camps peuvent citer les Salaf : le taqlīd général est la pratique des premières générations, le taqlīd personnel la protection adoptée ensuite.
Fiabilité : vérifié dans le texte, en traduction anglaise.
4. Muḥammad ʿAwwāma, Athar al-ḥadīth al-sharīf fī ikhtilāf al-aʾimma al-fuqahāʾ
أثر الحديث الشريف في اختلاف الأئمة الفقهاء — « L’influence du noble hadith dans la divergence des imams juristes ».
Thèse. Les divergences des imams viennent de causes liées au hadith lui-même, à son authentification, à sa compréhension et aux conditions de son acceptation, et non d’un mépris de la Sunna. Le livre prolonge la démarche du Rafʿ al-malām d’Ibn Taymiyya.
Fiabilité : non vérifié. Aucune citation de la thèse n’a été trouvée en ligne.
5. Bakr Abū Zayd (m. 1429, hanbalite), al-Madkhal al-mufaṣṣal ilā fiqh al-Imām Aḥmad
المدخل المفصل إلى فقه الإمام أحمد وتخريجات الأصحاب (Dār al-ʿĀṣima, 1417, 2 vol.).
Thèse. L’un de ses chapitres porte un titre qui résume sa position : « Se rattacher à une école signifie la concorde, non le fanatisme et la division » (الانتساب لمذهب يعني الوفاق، لا العصبية والشقاق). Il distingue celui qui se rattache à l’imam et étudie ses preuves, et le fanatique blâmable.
Passages clés :
- 1/55. Le blâme vise « un fanatique blâmable, qui s’est attaché au bas-fond du taqlīd ».
- 1/64. « Se contenter des écoles consignées est l’un des plus grands faux, et contredit les imams mêmes de ces écoles. » Mais aussi : « Les gens du commun incapables d’apprendre doivent interroger les savants et agir selon leurs réponses » (يجب على العوام الذين لا قُدرة لهم على التعلم، سؤال أهل العلم، والعمل بما أفتوهم به).
- 1/66, citant Ibn al-Qayyim : « Ni Allah ni Son Messager n’ont obligé quiconque à adopter l’école d’un homme de la communauté. »
- 1/70. « Une fois l’avis le plus fort établi, on ne dénigre ni n’accuse de péché celui qui a soutenu l’avis le plus faible. »
Portée. Bakr Abū Zayd, savant hanbalite saoudien, défend le rattachement à une école comme voie de concorde et d’étude, tout en refusant d’en faire une obligation révélée.
Fiabilité : vérifié dans le texte.
Et Allah est le plus savant.
