L’argent en islam · Partie 2 · Les banques et la monnaie
Dossier · Banque mondiale et FMI
Le ribâ est interdit à l’État comme à l’individu. La Banque mondiale et le FMI prêtent à intérêt et sous conditions ; quarante ans de programmes dans les pays musulmans en montrent le prix. Le citoyen n’est pas coupable du ribâ de son État ; son épargne, elle, peut le financer.
- 5 chapitres
- 54 min de lecture
L’essentiel
| Situation | Verdict | Fondement |
|---|---|---|
| Un État musulman qui emprunte à intérêt | Interdit | Coran 2:278-279 ; Académie du fiqh, résolution 60 (11/6), 1990 |
| Un État qui emprunte sans intérêt, avec gage | Permis | Le Prophète ﷺ a emprunté pour la communauté (Ḥunayn) |
| La nécessité invoquée pour un emprunt à intérêt | Seulement réelle, sans alternative, mesurée et temporaire | Règle de la ḍarûra ; pas pour un système permanent |
| Le citoyen qui paie l’impôt | Pas coupable du ribâ de l’État | Le péché suit la proximité de l’acte |
| Acheter des obligations d’État, un Livret A, un fonds euros | Interdit | C’est prêter à intérêt à l’État |
| Une dette contractée par un tyran pour lui-même | N’incombe pas à la communauté | Al-Mâwardî ; notion de dette odieuse |
Ce qu’on fait, concrètement
- Ne pas prêter à intérêt aux États : ni Livret A, ni obligations, ni fonds euros.
- Diriger une part de sa zakat vers les pauvres des pays sous programme, par des associations fiables.
- Soutenir les instruments licites quand ils sont accessibles : sukuk adossés à un actif réel, financements de la Banque islamique de développement.
- Parler et voter : ce que la France fait au FMI se décide aussi par l’opinion de ses citoyens.
Les erreurs à éviter
- Voir dans le FMI la cause unique des maux des pays musulmans : gouvernance, corruption, guerres et choix fiscaux comptent aussi.
- Suivre la fatwa d’al-Azhar de 2002 sur l’intérêt : elle est isolée et rejetée par l’Académie du fiqh.
Le dossier complet, chapitre par chapitre
- 1Introduction : quand c’est un pays qui doit — Bretton Woods : naissance, votes, présidence — Comment elles fonctionnent — L’ajustement structurel : du Mexique 1982 à la Grèce 2015
- 2Les pays musulmans sous programme : Égypte, Pakistan, Tunisie, Maroc, Jordanie, Indonésie, Malaisie — La dette de l’Afrique et du monde musulman : les chiffres de 2026
- 3Le fiqh : un État musulman peut-il emprunter à intérêt ? — La Banque islamique de développement et les alternatives
- 4La dette comme dépendance : la main haute et la main basse — Que faire ? Pour les États, pour les savants, pour le musulman de France
- 5En un tableau — Conclusion — Sources
Réponses rapides
Un État musulman peut-il emprunter au FMI ?
Un prêt du FMI porte intérêt : c’est du ribâ pour l’État qui le contracte. La nécessité ne l’autorise que si elle est réelle, sans alternative, mesurée et temporaire ; elle ne justifie pas un endettement permanent.
Le musulman qui paie ses impôts finance-t-il le ribâ ?
Il n’en porte pas le péché : la responsabilité suit la proximité de l’acte, et c’est l’État qui contracte. En revanche, celui qui achète des obligations d’État ou place sur un Livret A prête lui-même à intérêt.
Existe-t-il des alternatives islamiques au FMI ?
Oui : sukuk adossés à des actifs réels, contrats de salam et d’istiṣnâʿ, financements de la Banque islamique de développement, zakat et waqf publics. Le Sénégal a émis des sukuk avec la BID.
Sujets abordés : FMI islam.
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Et Allah est le plus savant.
