J’entends souvent cette question, et toujours avec la même douleur dedans : « Ma meilleure amie est athée, c’est quelqu’un de bien, elle n’a juste pas envie d’être croyante… et vous me dites qu’elle va en enfer ? Vous n’avez pas un ami non musulman que vous aimez ? Ça ne vous fait pas mal ? Dites la vérité. »
Je vais y répondre deux fois. D’abord avec les textes et les savants, parce qu’une question aussi grave mérite mieux qu’une impression, dans un sens comme dans l’autre. Ensuite à titre personnel, parce que je suis passé par là.
Première partie — Ce que disent les textes
Deux questions que l’on confond
Le débat mélange presque toujours deux questions que l’islam sépare avec soin. La première : quelle est la religion que Dieu agrée ? La seconde : qui, parmi les hommes, sera effectivement condamné pour ne pas l’avoir suivie ? Un chrétien connaît la différence : son Église a toujours tenu que le Christ est le seul sauveur, et elle a discuté pendant des siècles du sort de ceux qui ne l’ont pas connu. L’islam a les deux mêmes questions.
À la première, il répond sans détour :
« Et quiconque recherche une religion autre que l’islam, cela ne sera pas accepté de lui, et il sera, dans l’au-delà, parmi les perdants. »
(Coran, 3:85)
L’islam n’est pas universaliste, et je ne le ferai pas parler autrement : il se tient pour la religion de tous les prophètes, scellée par Muhammad ﷺ. Mais aucune religion révélée ne dit autre chose d’elle-même — « nul ne vient au Père que par moi », dit l’Évangile (Jean 14, 6) —, et une religion qui affirmerait que tous les chemins se valent ne serait plus une religion, mais une opinion. Remarquez surtout le verbe : « quiconque recherche » — celui qui, la vérité devant lui, choisit autre chose. Pas « quiconque n’a pas entendu ».
La règle : pas de châtiment avant le message
À la seconde question, le Coran répond par une règle que le débat ne cite presque jamais :
« Et Nous ne châtions jamais avant d’avoir envoyé un messager. »
(Coran, 17:15)
Il la répète ailleurs : Dieu a envoyé « des messagers annonciateurs et avertisseurs, afin que les hommes n’aient pas d’argument contre Allah après les messagers » (4:165), et « Allah n’impose à aucune âme une charge supérieure à ce qu’elle peut porter » (2:286). Le châtiment suppose la preuve, et la preuve suppose que le message soit parvenu. C’est du bon sens juridique : même le droit français ne condamne personne au nom d’une loi qui n’a pas été publiée.
Le hadith que les deux camps brandissent contient d’ailleurs cette condition : « Par Celui qui tient l’âme de Muhammad dans Sa main, nul de cette communauté — juif ou chrétien — n’entend parler de moi, puis meurt sans croire en ce avec quoi j’ai été envoyé, sans être des gens du Feu » (Muslim n° 153). La sentence porte sur celui qui a entendu, et qui est mort sans croire. Toute la question devient : qu’est-ce qu’« entendre » ?
Ceux que le message n’a pas atteints
Les plus grands savants de l’islam y ont répondu avec une précision que le débat ignore. Al-Ghazâlî (m. 505 H), dans Faysal at-tafriqa, distingue trois cas :
- celui qui n’a jamais entendu le nom du Prophète : il est excusé ;
- celui qui a entendu son nom, ses qualités et les signes qui l’ont accompagné, et qui a refusé : celui-là est en cause ;
- celui qui n’en a entendu qu’une caricature — on lui a répété depuis l’enfance qu’un imposteur nommé Muhammad avait prétendu à la prophétie — : il est, dit al-Ghazâlî, dans la situation du premier, car il a entendu le contraire de la vérité, et cela n’incite pas à chercher.
Ibn Taymiyya, que personne ne soupçonnera de laxisme, pose le même principe en juriste : nul ne mérite le châtiment avant que la preuve soit établie sur lui, et il distingue le kufr comme état — ne pas être musulman — du kufr comme culpabilité — avoir refusé ce qu’on savait vrai. Ibn al-Qayyim, dans Tarîq al-hijratayn, recense les catégories de ceux dont le sort pose question et retient, avec al-Ash‘arî et les traditionnistes, que ceux à qui la preuve n’a pas été portée seront éprouvés au Jour du Jugement. C’est le sens du hadith des « quatre qui argueront » : le sourd, le faible d’esprit, le vieillard sénile et l’homme mort dans un intervalle sans prophète (Ahmad n° 16301 ; authentifié par Ibn Hibbân, discuté par Ibn ‘Abd al-Barr).
Les savants ne s’accordent pas sur la mesure : certains estiment qu’à l’heure d’Internet le message est parvenu à presque tout le monde ; d’autres, avec al-Ghazâlî, exigent qu’il soit parvenu sous une forme qui permette de le reconnaître. Mais les uns et les autres, du plus indulgent au plus strict, tiennent que nul n’est châtié pour ce qu’il n’a pas reçu.
Les enfants, les gens du Livre
On a interrogé le Prophète ﷺ sur les enfants des associateurs morts en bas âge ; il a répondu : « Allah sait mieux ce qu’ils auraient fait » (al-Bukhârî n° 1384 ; Muslim n° 2659). Dans un rêve rapporté par Samura, il a vu Abraham dans un jardin, entouré des enfants des hommes — « et les enfants des associateurs », précisa-t-il (al-Bukhârî n° 7047). La majorité des savants, an-Nawawî en tête, les tient pour des gens du Paradis.
Et le Coran ne traite pas les non-musulmans comme une masse. « Ils ne sont pas tous pareils. Parmi les gens du Livre, il est une communauté droite qui récite les versets d’Allah aux heures de la nuit, en se prosternant » (3:113) ; « tu trouveras que les plus proches en affection des croyants sont ceux qui disent : nous sommes chrétiens » (5:82). Il distingue, il nomme, il honore.
Le mérite, et ce que je ne cacherai pas
L’objection suppose souvent que le Paradis est un salaire. L’islam ne raisonne pas ainsi, même pour les musulmans : « Nul n’entrera au Paradis par ses œuvres. » — « Pas même toi, ô Messager d’Allah ? » — « Pas même moi, à moins qu’Allah ne m’enveloppe de Sa miséricorde » (al-Bukhârî n° 5673 ; Muslim n° 2816).
Et je ne cacherai pas la doctrine. Le Coran lie la rétribution de l’au-delà à la foi — « quiconque fait de bonnes œuvres, homme ou femme, tout en étant croyant, ceux-là entreront au Paradis » (4:124) —, et la Sunna enseigne que le bien de celui qui n’a pas la foi lui est rendu dès ce monde (Muslim n° 2808). Pour la majorité des savants, le Feu est éternel pour celui qui y entre en ayant refusé la vérité. Mais ces textes répondent à la question « à quelle condition les œuvres comptent-elles dans l’au-delà ? », non à la question « qui sera effectivement condamné ? ». C’est la confusion des deux qui fabrique l’indignation.
La miséricorde avant la colère
« … et Ma miséricorde embrasse toute chose. »
(Coran, 7:156)
Dieu dit de Lui-même : « Ô Mes serviteurs, Je Me suis interdit l’injustice » (Muslim n° 2577). Le Prophète ﷺ a enseigné qu’Allah a fait la miséricorde en cent parts, qu’Il n’en a fait descendre qu’une seule sur la terre — celle par laquelle la bête lève son sabot au-dessus de son petit de peur de le blesser — et qu’Il a gardé les quatre-vingt-dix-neuf autres auprès de Lui (al-Bukhârî n° 6000 ; Muslim n° 2752) ; et il est écrit auprès du Trône : « Ma miséricorde précède Ma colère » (al-Bukhârî n° 7404). L’image d’un Dieu comptable qui damne par catégories n’est pas celle des textes : ils montrent un Dieu qui ne châtie que celui à qui Il a montré la vérité, et qui l’a refusée.
Le mot « kâfir »
Le mot kâfir vient d’une racine qui veut dire « couvrir » : le Coran appelle ainsi le cultivateur qui enfouit la graine (57:20). Il désigne un état — ne pas être musulman —, non une sentence ; le droit français dit bien « étranger » sans condamner personne. Juger du cœur d’un homme, décider qu’il a refusé une vérité qu’il connaissait, appartient à Dieu seul, et le mot est si lourd que le Prophète ﷺ a averti que celui qui le jette à tort à son frère le voit retomber sur l’un des deux (al-Bukhârî n° 6104). Le musulman qui en fait une insulte se trompe deux fois.
En résumé
- L’islam affirme qu’il est la religion que Dieu agrée, et que celui qui l’a reçu dans sa vérité et l’a refusé en connaissance de cause en répondra.
- Il affirme aussi que Dieu ne châtie pas avant d’avoir fait parvenir Son message, qu’Il n’impose à personne plus qu’il ne peut porter, et qu’Il S’est interdit l’injustice.
- Les enfants, ceux que le message n’a pas atteints et ceux qui n’en ont reçu qu’une caricature ne sont pas châtiés pour ce qu’ils n’ont pas reçu.
- Personne ne sait ce qui est parvenu à chacun, ni ce qu’il en a fait dans son cœur : le musulman espère, prie, transmet, et ne prononce de sentence sur personne.
Deuxième partie — Ce que j’en ai vécu
Maintenant, je vais vous parler autrement. Vous demandiez la vérité : oui, ça fait mal. Je me définissais comme un athée cartésien. Je me suis reconverti il y a une quinzaine d’années, et à mes débuts je trouvais horrible le sort qui attendait mes parents, et les gens que j’apprécie, pour avoir mécru en Allah et au dernier des messagers — l’islam, quoi. J’ai aussi connu un aveugle qui s’était converti, puis qui est retourné à son ancienne religion à cause de cette ambiguïté. Les mots m’ont manqué à l’époque. Qaddara Allâhu wa mâ shâ’a fa‘ala. C’est aussi pour lui que j’écris.
J’essaie un parallèle pour changer légèrement votre vision très « humaniste », mais légitime. Commençons par définir ce qu’est « la bonté ». Dans le dictionnaire, c’est la disposition de quelqu’un à être bienveillant, compatissant, charitable. Si on s’arrête là, elle ne concerne que les interactions entre les gens ; on pourrait lui donner comme synonyme la serviabilité. Le Coran en donne une définition plus large :
« La bonté pieuse ne consiste pas à tourner vos visages vers le Levant ou le Couchant. Mais la bonté pieuse est de croire en Allah, au Jour dernier, aux anges, au Livre et aux prophètes ; de donner de son bien, quelque amour qu’on en ait, aux proches, aux orphelins, aux nécessiteux, aux voyageurs indigents et à ceux qui demandent l’aide, et pour délier les jougs ; d’accomplir la prière et d’acquitter l’aumône ; de remplir ses engagements lorsqu’on s’est engagé ; et d’être endurant dans l’adversité, la détresse et quand les combats font rage. Les voilà les véridiques, et les voilà les vrais pieux. »
(Coran, 2:177)
C’est une interaction à la fois verticale — avec le Créateur — et horizontale — avec les gens. Et que personne ne me fasse dire que le bien fait aux gens ne compte pas : le bon comportement compte parmi les plus hauts rangs du musulman, et « quiconque aura fait un atome de bien le verra » (99:7).
« Et hâtez-vous vers le pardon de votre Seigneur, et un Jardin large comme les cieux et la terre, préparé pour les pieux, qui dépensent dans l’aisance et dans l’adversité, qui dominent leur rage et pardonnent à autrui, car Allah aime les bienfaisants. »
(Coran, 3:133-134)
Alors, la question : est-ce suffisant d’être gentil, de faire le bien autour de soi, d’adhérer à des œuvres humanitaires, tout en reniant le Seigneur de l’univers et en pensant que, « s’il existe », un paradis, on le méritera bien de par nos bonnes œuvres ? Un ancien disait : « Comment espères-tu rencontrer le roi alors que tu ne frappes pas à sa porte ? »
Je vous donne l’image qui m’a aidé. Un père et une mère ont un enfant. Ils se ruent sur lui dès ses premiers pleurs, se lèvent la nuit pour voir s’il respire, s’inquiètent du moindre symptôme, le bercent de tendresse, travaillent pour lui, s’enquièrent de son éducation, de ses fréquentations, de son bien-être. L’enfant grandit, devient ingrat, rebelle, distant, et finit par dire qu’ils n’ont rien fait pour lui et qu’il préfère ses amis. Tout le monde, athée ou croyant, appelle ça une injustice. Pourtant cet enfant peut être adorable avec ses copains : sa gentillesse avec les autres n’efface pas ce qu’il doit à ceux-là. Personnellement, cette image décrit bien ce qu’est la mécréance : cette injustice flagrante.
Alors je me suis dit : mais que doit penser de nous Celui qui a créé l’homme d’un liquide sans valeur, entre ceux qui Le prient seul, ceux qui Lui associent un fils ou autre chose, ceux qui se croient immunisés, et ceux qui L’insultent et se moquent de Lui jour et nuit ? Et pourquoi ne les châtie-t-Il pas directement ? Les gens sont bien loin de connaître Sa patience.
« Et ton Seigneur est le Pardonneur, le Détenteur de la miséricorde. S’Il s’en prenait à eux pour ce qu’ils ont acquis, Il leur hâterait certes le châtiment. »
(Coran, 18:58)
Allah laisse du temps, par une sagesse qui dépasse notre entendement, pour que les gens réfléchissent à leur nature, cherchent avec leur raison, se remettent en question par leur mal-être, méditent sur la création, mais aussi sur l’actualité… en cherchant ce que tout le monde cherche : le bonheur, cette fameuse paix intérieure.
Mais j’ajoute ce que les textes de la première partie m’ont appris, et qui m’a apaisé : l’ingratitude suppose qu’on sache à qui l’on doit. L’enfant qui n’a jamais su qui étaient ses parents n’est pas un ingrat. Toute la différence est là, entre celui qui a vu et qui a refusé, et celui à qui on n’a rien montré — ou qu’une caricature.
Et comment l’humain, qui sait être longanime avec ses pairs — lui qui est, de par sa nature, instable, injuste, ingrat, orgueilleux, pressé —, pourrait-il ne pas être reconnaissant envers Celui qui l’a créé du néant, l’a façonné et nourri dans le ventre de sa mère sans qu’il demande rien, lui a donné des parents, un toit, des nourritures en toutes saisons, des fruits et de l’eau à portée de main, des animaux pour ses carences et ses vêtements, un ciel comme toit et des étoiles magnifiques qui ne lui tombent pas sur la tête, un système planétaire et un cycle cosmique parfaitement rodés, un soleil ni trop près pour ne pas le brûler ni trop loin pour ne pas le laisser mourir de froid, des abeilles, du lait et des plantes où il trouve des remèdes, le jour pour vaquer à ses occupations, dont la lumière l’empêche de sombrer dans le désespoir, et la nuit pour se reposer et méditer ?
« Et si vous comptez les bienfaits d’Allah, vous ne saurez pas les dénombrer. Car Allah est Pardonneur et Miséricordieux. »
(Coran, 16:18)
Voilà pourquoi je pense que le Seigneur de l’univers n’est pas injuste en ayant créé l’enfer. Que Dieu ait créé l’enfer et le paradis, et que des gens aient un bon comportement avec nous mais pas avec leur Seigneur… franchement, c’est affligeant ; je l’ai vécu avec mon paternel et d’autres. Mais je suis convaincu qu’Allah n’est pas injuste, contrairement aux choix de vie des gens.
« En vérité, Allah n’est point injuste à l’égard des gens, mais ce sont les gens qui font du tort à eux-mêmes. »
(Coran, 10:44)
Il nous montre à tous des signes, à un moment donné de notre vie. Mais veut-on les voir, ou nos passions ont-elles pris le dessus ?
« Ce ne sont pas les yeux qui s’aveuglent, ce sont les cœurs dans les poitrines qui s’aveuglent. »
(Coran, 22:46)
Même le Prophète ﷺ était peiné pour son oncle, qui s’est occupé de lui après la mort de son grand-père et l’a protégé durant toute sa prédication à La Mecque. À son agonie, il le pressait de dire la profession de foi ; Abû Tâlib est mort en déclarant rester sur la religion de ses ancêtres (al-Bukhârî n° 1360). Et il lui a été révélé :
« Tu ne diriges pas celui que tu aimes, mais c’est Allah qui guide qui Il veut. Il connaît mieux cependant les bien-guidés. »
(Coran, 28:56)
Il lui a ensuite été interdit d’implorer le pardon pour ceux qui meurent dans l’association, fussent-ils des proches (9:113) ; je ne vais pas le cacher. Mais regardez la différence entre le mort et le vivant : pour les vivants, le Prophète demandait la guidée. Quand on lui a demandé d’invoquer contre la tribu des Daws, qui refusait de croire, il a dit : « Ô Allah, guide Daws et amène-les » (al-Bukhârî n° 2937). Votre amie est vivante. Vous n’avez pas à demander pour elle une « dérogation » : demandez pour elle la guidée, et montrez-lui, par votre manière d’être, ce que la foi a de beau.
Et une chose nous regarde, nous : si celui qui n’a entendu qu’une caricature est excusé, alors chaque musulman qui donne de l’islam une image de violence ou de mépris fabrique des gens qui n’ont entendu que le contraire de la vérité — et il en répondra.
Reste une question de bon sens. Si l’enjeu est ce que les croyants disent — le sens de la vie, la mort, les comptes à rendre —, la moindre des choses est de l’examiner avec le sérieux qu’on met dans un contrat ou un diagnostic médical. Où sur terre le mot « islam » n’a-t-il pas résonné ? Oui, les médias et les actes de certains dits musulmans, en contradiction avec leur propre législation, ne facilitent pas le message. Mais qu’est-ce que ça coûte de lire le Coran, de lire la biographie du Prophète, et quand quelque chose paraît « étrange », de chercher l’explication qu’on trouve en quelques clics ?
Ça fait dix-huit ans que je vois revenir les mêmes trois sujets — l’esclavage, l’âge du mariage d’Aïcha, les versets dits « du combat » — sur les milliers de textes et de livres que comporte le patrimoine islamique. Ces questions méritent des réponses avec leur contexte historique, linguistique et juridique, et elles en ont, sourcées, y compris par des non-musulmans. Mais ça vaut dans les deux sens : le croyant doit accepter qu’on les lui pose sans y voir une attaque, et le critique doit accepter de lire les réponses qui existent.
Et puis il y a les lunettes qu’on porte. On nous dit que la vérité est subjective, relative, alors que personne n’est neutre : les croyants, les athées, les libertins, les philosophes et même les journalistes ont des convictions. Nos idéologies, marquées par notre milieu — en Occident, très matérialiste, voire hédoniste, humaniste, voire universaliste — sont des croyances aussi. Ça ne veut pas dire que tout se vaut : deux affirmations contradictoires ne peuvent pas être vraies en même temps. Ça veut dire qu’il faut examiner les points de départ, de tous les côtés, y compris le nôtre. Il y a un juste milieu entre une modernité antireligieuse qui finit en « liberté de tout et n’importe quoi » et une lecture littérale qui ignore les défis de son temps. Il demande d’être exigeant des deux côtés.
À un moment, il faut se déconnecter de cet environnement polluant et se poser les questions existentielles : pourquoi suis-je sur terre ? Où vais-je, une fois sous terre ? Est-ce que je ne serai que de la chair pour les asticots, ou vais-je rendre des comptes ? Si Dieu m’a créé, alors quel mode de vie suivre ? « Ce n’est pas possible qu’Il m’ait créé sans but et sans règles, sinon c’est l’anarchie… » « Ah oui, Il a envoyé des prophètes depuis Adam jusqu’à Muhammad ? »
« Pensiez-vous que Nous vous avions créés sans but, et que vous ne seriez pas ramenés vers Nous ? »
(Coran, 23:115)
L’islam reconnaît tous les prophètes et messagers, tous leurs livres : c’est une chaîne qui délivre le même message, adorer le Dieu unique. Quelle est cette vie qu’on mène, remplie de nourriture, de sommeil, de travail et de divertissements éphémères, en boucle, pendant des années, sans savoir où finira le voyage ?
Alors à celle qui m’a posé la question, je réponds ceci. Oui, ça fait mal, et ce n’est pas un défaut de cœur : le Prophète l’a ressenti pour son oncle. Non, ton amie n’est pas condamnée d’avance parce qu’elle est athée : Dieu jugera ce qui lui est réellement parvenu, avec une justice parfaite. Ni toi ni moi ne savons ce qu’elle en a fait. Et elle est vivante : demande pour elle la guidée.
Je demande à mon Seigneur et au vôtre de nous accorder la sincérité, la clairvoyance, la justice dans nos jugements, et Son Paradis par Sa miséricorde. Amîn.
Lâ ilâha illâ Allâh ☝🏻 Muhammad Rasûlu Allâh ❤️