
« Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent. » (Coran 51, 56)
Avant-propos
Louange à Allah, Seigneur des mondes, et que la prière et la paix soient sur Son Messager Mouhammad, sur sa famille et l’ensemble de ses compagnons.
Le site convertistoislam.fr vous présente une édition entièrement refondue et augmentée de son livret consacré au monde des djinns. Ce travail a été composé à partir des textes authentiques du Coran et de la Sunna, éclairés par la parole des savants reconnus de la communauté, anciens en premier lieu, ainsi que par celle de savants plus récents connus pour leur attachement à la voie des salafs salih, les pieux prédécesseurs. Nous n’avons fait que rassembler et ordonner les efforts de la Oumma — traductions, compilations, explications — et nous demandons à Allah de rétribuer en bien tous ceux qui y ont contribué.
Le but de ce livret est double. Il s’agit d’abord d’exposer ce que la Révélation enseigne réellement au sujet de ces créatures : leur existence, leur nature, leur religion, leurs capacités et leurs limites. Il s’agit ensuite, et c’est tout aussi important, d’éteindre et de fermer les portes aux exagérations, aux superstitions et aux croyances sans fondement qui circulent à leur sujet, aussi bien chez ceux qui nient tout que chez ceux qui voient des djinns partout. Entre le rationalisme qui rejette une partie de la Révélation et la crédulité qui livre les gens aux charlatans, la voie des gens de la Sunna est une voie d’équilibre : affirmer ce qu’Allah et Son Messager ont affirmé, sans rien y ajouter et sans rien en retrancher.
Le lecteur non musulman trouvera dans ces pages un exposé honnête d’un chapitre du dogme islamique souvent caricaturé ; le lecteur musulman y trouvera, avec la permission d’Allah, de quoi raffermir sa foi, se protéger par les moyens légiférés et se prémunir contre les dérives. Nous demandons à Allah — ‘Azza wa Jalla — de rendre ce travail sincère pour Son Visage et profitable à ceux qui le liront.
Bonne lecture.
Note sur les sources et les conventions
Sauf indication contraire, tous les versets cités le sont dans la traduction française de Rachid Maach (lecoranenfrancais.com), traduction du sens des versets, les appels de notes du traducteur ayant été retirés des citations. Rappelons qu’aucune traduction ne remplace le texte arabe révélé : elle n’en transmet qu’une approche du sens.
Les hadiths sont cités d’après les recueils de référence avec leur numérotation usuelle : Sahih al-Boukhari, Sahih Mouslim, puis les Sounan (Abou Dawoud, at-Tirmidhi, an-Nassa’i, Ibn Majah) et le Mousnad de l’imam Ahmad.
Conformément à la ligne éditoriale du site, seules les sources sunnites sont utilisées : le Coran, la Sunna authentique, les exégètes classiques (at-Tabari, al-Qourtoubi, Ibn Kathir), les monographies spécialisées comme Akam al-marjan fi ahkam al-jann du juge Badr ad-Din ash-Shibli (m. 769 H) et Laqt al-marjan d’as-Souyouti (m. 911 H), ainsi que les écrits d’Ibn Taymiyya (m. 728 H), d’Ibn al-Qayyim (m. 751 H) et d’Ibn Hajar al-‘Asqalani (m. 852 H).
Sommaire
Première partie — L’existence des djinns : une vérité révélée (ch. 1-5)
Deuxième partie — Nature, origine et variétés (ch. 6-13)
Troisième partie — Leur monde : demeures, formes et pouvoirs (ch. 14-18)
Quatrième partie — Leur religion et leur devenir (ch. 19-23)
Cinquième partie — Djinns et humains : les interférences (ch. 24-35)
Sixième partie — La protection légiférée (ch. 36-39)
Septième partie — Fermer les portes des exagérations (ch. 40-43)
Huitième partie — Fantômes, esprits, entités : les grandes questions modernes (ch. 44-47)
Annexe A — Récapitulatif des invocations de protection
Annexe B — L’échelle de certitude
Annexe C — Quarante questions-réponses
Bibliographie
PREMIÈRE PARTIE
L’EXISTENCE DES DJINNS : UNE VÉRITÉ RÉVÉLÉE
1. Que signifie le mot « djinn » ?
En arabe, la racine j-n-n exprime l’idée de ce qui est caché, voilé, soustrait aux regards. On la retrouve dans toute une famille de mots : la janna (le jardin, le Paradis) est ainsi nommée parce que sa végétation dense dissimule le sol ; le janin (le fœtus) est caché dans le ventre de sa mère ; la jounna est le bouclier qui protège et dissimule le combattant ; et le majnoun (le fou, le possédé) est celui dont la raison est comme voilée. Les djinns (al-jinn) sont donc, par définition même, des créatures cachées à la vue des hommes. Le savant du langage ar-Raghib al-Asfahani (m. vers 502 H) écrit dans ses Moufradat que le mot désigne des êtres spirituels dérobés aux sens.
Dans la terminologie de la Révélation, les djinns forment un monde à part entière, distinct du monde des anges et du monde des hommes : des créatures douées de raison et de volonté, créées de feu, invisibles aux hommes sous leur forme réelle, soumises comme nous aux ordres et aux interdits d’Allah. Ce simple point de vocabulaire répond déjà à une objection courante : demander pourquoi on ne les voit pas revient à demander pourquoi le caché est caché. Leur invisibilité n’est pas une anomalie du dogme, elle est contenue dans leur nom.
2. Les preuves tirées du Coran
Le Coran affirme l’existence des djinns d’une manière si abondante et si explicite qu’aucune lecture honnête ne peut l’esquiver. Le mot jinn et ses dérivés y reviennent à des dizaines de reprises, une sourate entière porte leur nom — la sourate 72, Al-Jinn — et ils sont associés aux hommes dans l’adresse divine à de nombreuses reprises. Allah — ‘Azza wa Jalla — déclare le but même de leur création :
« Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent. »
CORAN 51, 56
La sourate Al-Jinn rapporte les paroles d’un groupe de djinns ayant entendu la récitation du Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) :
« Dis : “Il m’a été révélé qu’un groupe de djinns, après m’avoir écouté réciter le Coran, ont affirmé : Nous avons entendu une lecture étonnante, propre à assurer notre salut et à laquelle nous avons cru. Nous n’associerons donc nulle divinité au culte de notre Seigneur !” »
CORAN 72, 1-2
La sourate Al-Ahqaf relate le même événement du point de vue du récit :
« Mentionne également ce groupe de djinns que Nous avons dirigés vers toi afin qu’ils t’écoutent réciter le Coran. Une fois en ta présence, les uns dirent aux autres : “Écoutons attentivement.” Puis, la lecture terminée, ils repartirent avertir les leurs. »
CORAN 46, 29
On citera encore, parmi bien d’autres : leur création à partir du feu (Coran 15, 27 et 55, 15), leur soumission au prophète Soulayman (Coran 34, 12-14 ; 27, 17 et 39 ; 38, 37), leur responsabilité au Jour du jugement (Coran 55, 31 et 39 ; 6, 130), l’adresse commune « Peuples de djinns et d’hommes » (Coran 55, 33), leur mention dans la dernière sourate du Coran (114, 6), ou encore le rappel que les païens leur vouaient un culte (Coran 34, 41 ; 6, 100). Le Coran ne consacre pas aux djinns une allusion marginale : il en fait l’un des deux mondes responsables, aux côtés des hommes, ath-thaqalan, « les deux charges » de la création.
3. Les preuves tirées de la Sunna
La Sunna authentique confirme et détaille ce que le Coran établit. Quelques exemples parmi les plus fermes suffiront ici, chacun étant repris et développé dans la suite du livret.
D’après ‘Aïsha (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (que la prière et la paix soient sur lui) a dit : « Les anges ont été créés de lumière, les djinns ont été créés d’un feu sans fumée, et Adam a été créé de ce qui vous a été décrit. »
Rapporté par Mouslim, n° 2996
D’après Ibn Mas’oud (qu’Allah l’agrée), le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) fut emmené une nuit par un émissaire des djinns : il leur récita le Coran, leur montra les traces de leurs feux, et leur accorda comme nourriture tout os sur lequel le nom d’Allah a été prononcé et le crottin comme fourrage pour leurs montures.
Rapporté par Mouslim, n° 450 — récit connu sous le nom de « nuit des djinns »
D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) a dit : « Un ‘ifrit parmi les djinns s’est jeté sur moi hier soir pour interrompre ma prière. Allah m’a donné pouvoir sur lui et j’ai voulu l’attacher à l’un des piliers de la mosquée afin que vous puissiez tous le voir au matin ; puis je me suis souvenu de la parole de mon frère Soulayman : “Seigneur, accorde-moi un royaume qui n’appartiendra à nul autre après moi”, et je l’ai repoussé, humilié. »
Rapporté par al-Boukhari, n° 461 et Mouslim, n° 541
Le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) a dit : « Il n’est aucun d’entre vous sans qu’un compagnon parmi les djinns ne lui ait été assigné. » Les compagnons demandèrent : « Même toi, ô Messager d’Allah ? » Il répondit : « Même moi, mais Allah m’a aidé contre lui et il s’est soumis : il ne m’ordonne plus que le bien. »
Rapporté par Mouslim, n° 2814
Ces textes, transmis par les voies les plus sûres, ne laissent aucune place au doute : le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) a parlé des djinns comme d’une réalité, a interagi avec eux, leur a prêché l’islam et a enseigné à sa communauté comment s’en protéger.
4. Le consensus des musulmans et le statut de celui qui nie leur existence
L’existence des djinns fait l’objet d’un consensus de la communauté musulmane, toutes tendances confondues, depuis l’époque des compagnons. Sheikh al-islam Ibn Taymiyya écrit dans son épître sur les djinns que leur existence est établie par le Coran, la Sunna et l’accord de la Oumma, et qu’aucun groupe se réclamant de l’islam ne l’a niée ; il relève même que la généralité des peuples non musulmans — gens du Livre, Arabes préislamiques, nations anciennes — en affirmaient l’existence sous une forme ou une autre (Majmou’ al-Fatawa, tome 19, épître Idah ad-dalala fi ‘oumoum ar-rissala).
Il en découle le statut suivant, mentionné par les savants, dont ash-Shibli dans Akam al-marjan : celui qui, informé des textes, nie l’existence des djinns dément des versets explicites du Coran et des hadiths massivement rapportés ; une telle négation délibérée fait sortir de l’islam, car elle revient à traiter la Révélation de mensonge. On distinguera évidemment le cas du négateur conscient de celui de l’ignorant ou du nouveau converti auquel la preuve n’a pas encore été exposée. Mais le principe demeure : croire aux djinns n’est pas un folklore optionnel, c’est une partie intégrante de la foi au Coran.
5. Réponse à ceux qui réduisent les djinns à des symboles ou à des « microbes »
À l’époque moderne, certains penseurs influencés par le rationalisme ont voulu réinterpréter les djinns : ils n’y voient que des symboles du mal, des forces psychologiques, voire — lecture restée célèbre chez certains modernistes — des microbes que la Révélation aurait désignés par avance. Cette lecture, si séduisante soit-elle pour un esprit du vingtième siècle, se brise sur les textes eux-mêmes. Les microbes n’écoutent pas le Coran, ne pleurent pas, ne croient pas, ne mécroient pas, ne retournent pas avertir leur peuple, ne travaillent pas au service de Soulayman et ne seront pas jugés au Jour de la résurrection. Or le Coran attribue tout cela aux djinns en toutes lettres.
La règle des gens de la Sunna est ici décisive : les textes de la Révélation se comprennent selon leur sens apparent, tel que l’ont compris le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) et ses compagnons, sauf preuve textuelle imposant un autre sens. Détourner le mot « djinn » de son sens pour complaire à l’esprit du temps, c’est ouvrir une porte qui ne se referme plus. L’invisible (al-ghayb) est précisément ce que le croyant accepte sur la parole d’Allah : « Ceux qui croient à l’invisible » est le premier éloge que le Coran adresse aux pieux (Coran 2, 3).
DEUXIÈME PARTIE
NATURE, ORIGINE ET VARIÉTÉS
6. De quoi les djinns ont-ils été créés ?
Allah — ‘Azza wa Jalla — a informé Ses serviteurs de la matière première des trois créatures douées de raison. L’homme fut créé d’argile, les anges de lumière, et les djinns de feu :
« Il a créé l’homme d’une argile semblable à celle du potier, et Il a créé les djinns à partir d’un feu pur de toute fumée. »
CORAN 55, 14-15
Une précision importante, soulignée par Ibn Taymiyya : dire que les djinns ont été créés de feu ne signifie pas qu’ils demeurent aujourd’hui du feu à l’état pur, pas plus que l’homme, créé d’argile, n’est resté de la terre. Le feu est leur origine, comme l’argile est la nôtre ; Allah leur a ensuite donné une forme et une constitution qui leur sont propres.
7. Créés avant l’être humain
Le Coran établit explicitement l’antériorité des djinns sur les hommes dans l’ordre de la création :
« Nous avons, en vérité, créé l’homme d’une argile desséchée et sonore, tirée d’un limon noir et malodorant, tandis que Nous avons créé, avant lui, les djinns d’un feu ardent. »
CORAN 15, 26-27
Quant à la durée qui sépare les deux créations, aucun texte authentique ne la fixe, et les récits qui prétendent la chiffrer relèvent pour l’essentiel des israiliyyat, sur lesquelles on ne bâtit aucune croyance.
8. Iblis est un djinn, non un ange
Une question ancienne mérite d’être tranchée clairement : Iblis — Satan — était-il un ange déchu, comme le veut l’imaginaire chrétien, ou un djinn ? Le Coran répond en toutes lettres :
« Satan, quant à lui, étant du nombre des djinns, a transgressé l’ordre de son Seigneur. Choisirez-vous de le prendre, lui et sa descendance, pour maîtres en dehors de Moi, alors qu’ils sont vos ennemis ? »
CORAN 18, 50
Al-Hassan al-Basri, le grand maître des successeurs, tranche : « Iblis ne fut ange, fût-ce le temps d’un clin d’œil ; il est bien l’origine des djinns comme Adam est l’origine des hommes » — parole rapportée par at-Tabari.
Trois arguments achèvent de clore la question. Premièrement, les anges sont décrits comme des serviteurs qui « ne désobéissent jamais aux ordres d’Allah » (Coran 66, 6). Deuxièmement, Iblis a lui-même revendiqué sa création de feu (Coran 15, 33 ; 7, 12 ; 38, 76). Troisièmement, le Coran attribue à Iblis une descendance (Coran 18, 50), alors que les anges n’en ont pas.
9. Djinn, shaytan, marid, ‘ifrit, qarin : précisions de vocabulaire
« Djinn » est le nom du genre tout entier : il englobe les croyants et les mécréants d’entre eux. « Shaytan » (démon, diable) désigne tout être rebelle et éloigné du bien ; le Coran parle d’ailleurs aussi de « démons parmi les hommes et les djinns » (Coran 6, 112). Iblis est le père et le chef des démons. Le « marid » est le rebelle endurci, et le « ‘ifrit » le plus puissant d’entre eux. Le « qarin », enfin, est le compagnon attitré que chaque être humain se voit assigner.
10. Les trois catégories de djinns
Le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) a dit : « Les djinns sont de trois sortes : une sorte qui a des ailes et vole dans les airs, une sorte faite de serpents et de chiens, et une sorte qui se déplace et voyage. »
Rapporté par at-Tabarani et al-Hakim ; authentifié par al-Albani (Sahih al-Jami’, n° 3114)
Les classifications foisonnantes que proposent certains ouvrages populaires — avec noms, tribus, hiérarchies détaillées — ne reposent sur aucune preuve.
11. Mâles et femelles, mariage et descendance
Les djinns comportent des mâles et des femelles, se marient entre eux et se reproduisent (Coran 72, 6 ; 18, 50 ; 55, 56 et 74). Quant à une union entre humain et djinn, les savants en ont discuté la possibilité théorique et la plupart la déclarent blâmable — l’imam Malik la réprouvait fortement à cause du désordre qu’elle engendrerait. Les récits contemporains de « mariages avec les djinns » relèvent presque toujours de l’affabulation ou du trouble psychique.
12. Les djinns mangent-ils et boivent-ils ?
Lors de la nuit des djinns, une délégation vint demander au Prophète des provisions. Il leur répondit : « Vous avez droit à tout os sur lequel le nom d’Allah a été prononcé… et le crottin est un fourrage pour vos bêtes. »
Rapporté par Mouslim, n° 450 ; voir aussi al-Boukhari, n° 3860
Les démons, quant à eux, participent au repas des hommes insouciants qui omettent la basmala (Mouslim, n° 2018). « Le démon mange de sa main gauche et boit de sa main gauche » (Mouslim, n° 2020).
13. Les djinns meurent-ils ? Leur longévité
Le Prophète invoquait ainsi : « Je me réfugie par Ta puissance, Toi en dehors de qui il n’y a pas de divinité, Toi qui ne meurs pas, tandis que les djinns et les hommes meurent. »
Rapporté par al-Boukhari, n° 7383
Iblis fait exception par le sursis qui lui a été accordé jusqu’au Jour de la résurrection (Coran 15, 36-38) — un sursis, non une immortalité. Aucun texte authentique ne fixe leur longévité.
TROISIÈME PARTIE
LEUR MONDE : DEMEURES, FORMES ET POUVOIRS
14. Où vivent-ils ?
Les djinns habitent la même terre que nous, mais leurs lieux de prédilection sont ceux que les hommes délaissent ou souillent : les ruines et les lieux déserts, les dépotoirs et les lieux d’impureté. Certains djinns, les ‘oummar (« habitants »), résident dans les maisons des hommes. Ils se répandent particulièrement à la tombée de la nuit (al-Boukhari, n° 3280 ; Mouslim, n° 2012). Rien n’autorise la peur maladive des maisons « habitées » dont vivent les charlatans : une maison où Allah est mentionné n’est pas une maison à « nettoyer » par des rituels inventés.
15. Peut-on voir les djinns sous leur forme réelle ?
Non. Allah a établi entre eux et nous une barrière de perception :
« Il vous observe, lui et ses suppôts, tandis que vous-mêmes ne pouvez les voir. »
CORAN 7, 27
L’imam ash-Shafi’i a prononcé sa parole demeurée célèbre : « Quiconque prétend voir les djinns sous leur forme réelle, nous invalidons son témoignage, sauf s’il s’agit d’un prophète. »
16. Peuvent-ils changer de forme et d’apparence ?
Oui, avec la permission d’Allah. Le récit du jeune homme de Médine, rapporté par Mouslim (n° 2236) : un jeune compagnon trouva un serpent lové sur son lit, le transperça de sa lance ; le serpent mourut et le jeune homme mourut sur-le-champ. Le Prophète enseigna alors : « Il y a à Médine des djinns qui ont embrassé l’islam ; sommez-le de partir pendant trois jours ; s’il persiste, tuez-le, car c’est un démon. »
Point de croyance ferme : le démon ne peut pas prendre l’apparence du Prophète en rêve — « celui qui m’a vu en rêve m’a réellement vu » (al-Boukhari, n° 110).
17. Leurs capacités réelles… et leurs limites
« Certains djinns étaient, sur Notre ordre, à son service… Ils exécutaient toutes sortes d’ouvrages : hautes constructions, diverses statues, plateaux larges comme des bassins et chaudrons trop grands pour être déplacés. »
CORAN 34, 12-13
Ce pouvoir était un miracle accordé à Soulayman seul. Nul ne peut donc revendiquer le commandement des djinns après lui ; les grimoires « salomoniens » sont une calomnie démentie par le Coran (2, 102). Mais leurs capacités ont des bornes strictes : ils ne créent rien, ne connaissent pas l’avenir, et n’ont aucun pouvoir de contrainte sur le serviteur sincère (Coran 15, 42).
18. Les djinns ne connaissent pas l’invisible
« Lorsque Nous eûmes décrété sa mort, les djinns ne s’en aperçurent que lorsque des termites eurent rongé le sceptre sur lequel il était appuyé. »
CORAN 34, 14
Des créatures qui traversent les airs ont travaillé des jours durant sous le regard d’un mort, sans s’en apercevoir. Voilà la mesure exacte de leur « science de l’invisible » : néant.
QUATRIÈME PARTIE
LEUR RELIGION ET LEUR DEVENIR
19. Des créatures responsables devant Allah
Les djinns ne sont pas des forces aveugles : ce sont des serviteurs responsables (moukallafoun). Le Prophète Mouhammad a été envoyé aux deux mondes à la fois — il est rassoul ath-thaqalayn, le Messager des hommes et des djinns.
« Peuples de djinns et d’hommes ! Si vous croyez pouvoir franchir les limites des cieux et de la terre, alors faites-le. Mais vous n’y parviendrez pas sans un certain pouvoir. »
CORAN 55, 33
20. Y a-t-il eu des messagers parmi les djinns ?
La position de la majorité des exégètes, dont Ibn Kathir, est que les messagers, au sens propre, sont tous issus des hommes. Les djinns ont des avertisseurs (noudhara) : des croyants d’entre eux qui transmettent la Révélation aux leurs (Coran 46, 29-31).
21. Croyants et mécréants parmi eux
« Certains, parmi nous, se sont soumis, tandis que d’autres se sont détournés du droit chemin. Ceux qui se sont soumis sont ceux qui étaient en quête de vérité. Quant à ceux qui se sont détournés, ils alimenteront le feu de la Géhenne. »
CORAN 72, 14-15
On ne maudit pas « les djinns » en bloc : on est en guerre contre les démons des deux espèces, et en fraternité de foi avec les croyants des deux espèces.
22. Leur récompense et leur châtiment dans l’au-delà
Le châtiment des mécréants ne fait l’objet d’aucune divergence (Coran 72, 15). Quant à l’entrée des croyants au Paradis, c’est l’avis de la grande majorité des savants : la sourate Ar-Rahman promet aux deux mondes deux jardins (Coran 55, 46).
23. La nuit des djinns : un Prophète envoyé aux deux mondes
Ibn Mas’oud raconte : « Nous étions avec le Messager d’Allah une nuit, et nous l’avons perdu… Au matin, il revint et dit : Un émissaire des djinns est venu me chercher ; je suis parti avec lui et je leur ai récité le Coran. »
Rapporté par Mouslim, n° 450
Ce récit renverse bien des idées reçues : c’est un Prophète qui est envoyé aux djinns, leur prêche l’unicité d’Allah. À La Mecque, près du Houjoun, s’élève depuis les premiers siècles la mosquée dite Masjid al-Jinn.
CINQUIÈME PARTIE
DJINNS ET HUMAINS : LES INTERFÉRENCES
24. Le qarin : le compagnon inséparable
« Il n’est aucun d’entre vous sans que ne lui aient été assignés un compagnon parmi les djinns et un compagnon parmi les anges. » — « Même toi, ô Messager d’Allah ? » — « Même moi, mais Allah m’a aidé contre lui et il s’est soumis. »
Rapporté par Mouslim, n° 2814
Chaque être humain vit accompagné d’un qarin, dont la fonction est de suggérer le mal. Le qarin suggère ; l’homme choisit ; et c’est l’homme qui répondra de son choix (Coran 50, 27).
25. Les voies quotidiennes de l’influence des diables
La waswasa, le murmure insinué : « Le démon circule dans le fils d’Adam comme circule le sang » (al-Boukhari, n° 2039 ; Mouslim, n° 2175). Le sommeil (al-Boukhari, n° 1142 ; Mouslim, n° 776). Les rêves, de trois sortes, dont celui « né de ce que l’homme se raconte à lui-même » (Mouslim, n° 2263). Le bâillement (al-Boukhari, n° 3289). La colère (al-Boukhari, n° 3282). La « guerre contre les djinns » se mène chaque jour, dans la maîtrise de sa colère et la garde de sa langue.
26. Le principe fondamental : aucun pouvoir sans la permission d’Allah
Tout ce qui va suivre doit être lu à la lumière d’un principe que le Coran martèle : nul ne nuit à personne sans la permission d’Allah (Coran 2, 102 ; 58, 10). Le croyant vit dans le royaume d’Allah, où pas une aiguille ne pique sans décret.
27. Les djinns peuvent-ils nuire à l’homme ? Les types d’atteinte
Oui, dans le cadre de ce décret. Les savants de la roqya distinguent classiquement : la waswasa, l’effroi, le mass (« toucher » ponctuel), le sar’ (possession caractérisée), la sorcellerie et le mauvais œil. L’atteinte est l’exception et non la règle, et elle ne franchit jamais le décret d’Allah.
28. La possession (mass, sar’) : une réalité affirmée par les gens de la Sunna
« Quant à ceux qui se nourrissent de l’usure, ils se lèveront de leurs tombes, le Jour de la résurrection, dans un état comparable à celui de l’homme possédé du démon. »
CORAN 2, 275
Ibn Taymiyya conclut : « Il n’est aucun des imams des musulmans qui nie l’entrée du djinn dans le corps du possédé » (Majmou’ al-Fatawa, 24/276-277). Ibn Taymiyya lui-même exorcisait les possédés, s’adressant directement au djinn par la parole d’Allah — aux antipodes des séances filmées d’aujourd’hui.
29. Pourquoi et comment un djinn s’en prend-il à un homme ?
Ibn Taymiyya ramène les causes à trois : la passion et le désir ; la vengeance — l’homme a nui aux djinns sans le savoir ; et la pure malveillance. Les cartographies proposées par certains « spécialistes » contemporains relèvent de l’invention, pas de la science léguée.
30. Distinguer la maladie organique de l’atteinte des djinns
Ibn al-Qayyim écrit dans Zad al-ma’ad que le sar’ est de deux sortes : celui causé par les esprits malfaisants, et celui causé par les humeurs du corps. La règle pratique : on consulte les médecins et l’on se soigne par la roqya légiférée — les deux ensemble, sans contradiction.
31. Le mauvais œil et son lien avec les djinns
« Le mauvais œil est une réalité ; et si une chose devait devancer le destin, le mauvais œil l’aurait devancé. »
Rapporté par Mouslim, n° 2188 ; voir aussi al-Boukhari, n° 5740
32. Sorciers, devins, astrologues : le commerce avec les diables
La sorcellerie n’est pas un pouvoir personnel du sorcier : c’est un pacte de servitude avec les démons (Coran 2, 102). Le devin exploite l’ancienne écoute dérobée : « Celui qui se rend chez un devin et croit en ce qu’il dit a mécru en ce qui a été révélé à Mouhammad » (Abou Dawoud, n° 3904). L’astrologie en fait partie (Abou Dawoud, n° 3905).
33. L’enlèvement d’humains par les djinns
Al-Bayhaqi rapporte le récit de l’homme enlevé par les djinns à l’époque du califat de ‘Omar, puis libéré par des djinns musulmans. Ces cas sont l’exception des exceptions.
34. Les djinns ont-ils peur des humains ?
Le croyant fort en foi effraie son démon (al-Boukhari, n° 3683). L’appel à la prière le met en déroute (al-Boukhari, n° 608). La sourate Al-Baqara le chasse des maisons (Mouslim, n° 780).
35. Khanzab, le démon de la prière
‘Outhman ibn Abi al-‘As vint dire : « Le démon s’interpose entre moi et ma prière. » Le Messager d’Allah répondit : « C’est un démon appelé Khanzab. Réfugie-toi auprès d’Allah contre lui et crache légèrement trois fois sur ta gauche. »
Rapporté par Mouslim, n° 2203
SIXIÈME PARTIE
LA PROTECTION LÉGIFÉRÉE
36. Faut-il avoir peur des djinns ?
« Certains hommes imploraient la protection de certains djinns, ce qui ne fit qu’ajouter à leur rébellion. »
CORAN 72, 6
« Ce n’est que le Diable qui vous fait peur de ses partisans ; n’ayez donc pas peur d’eux, mais ayez peur de Moi » (Coran 3, 175). Le musulman prend les moyens de protection par prudence sereine, non par terreur.
37. Les fortifications quotidiennes
Les deux sourates protectrices, le verset du Trône, les deux derniers versets d’Al-Baqara, la sourate Al-Baqara dans la maison, la basmala en entrant chez soi et en mangeant, les invocations des moments. Ce bouclier ne s’achète pas : il se pratique. (Détail complet en Annexe A.)
38. La roqya légiférée et la mise en garde contre les charlatans
La roqya est légiférée : le Prophète l’a pratiquée, l’ange Jibril l’a pratiquée sur lui (Mouslim, n° 2186). Fuir sans discussion quiconque demande le prénom de la mère, réclame un talisman, dialogue en spectacle avec les djinns, ou transforme le soin en fonds de commerce.
39. Ce qui est interdit : amulettes, talismans, recours aux djinns
« Celui qui suspend une amulette a commis une association. »
Rapporté par Ahmad ; authentifié par al-Albani
Les savants contemporains attachés à la voie des anciens, tels Ibn Baz et al-Albani, ont fermement condamné les roqyeurs qui prétendent se faire assister de « djinns musulmans ».
SEPTIÈME PARTIE
FERMER LES PORTES DES EXAGÉRATIONS
40. Superstitions et croyances populaires à rejeter
« Pas de contagion par elle-même, pas de mauvais augure, pas de hibou de malheur, pas de ghoule » (Mouslim, n° 2222). À rejeter : le mauvais augure, le diagnostic réflexe de sihr derrière chaque malheur, les rituels de « protection » inventés, les cartographies imaginaires de leur monde.
41. Les faux prodiges : quand les diables servent les hommes
Ibn Taymiyya, dans Al-Fourqan bayna awliya ar-Rahman wa awliya ash-shaytan, rapporte des cas de prodiges sataniques. Le critère : le prodige se juge à la lumière de la Loi. Deux récits : ‘Abd al-Qadir al-Jilani confronté à une voix trompeuse dans le désert ; et Ibn Taymiyya lui-même, dont des démons prenaient l’apparence pour tromper les gens.
42. Les djinns face à la science moderne
La science expérimentale étudie l’observable ; les djinns sont, par définition révélée, soustraits à l’observation (Coran 7, 27). Il n’y a donc aucune « réfutation scientifique » des djinns — seulement une limite de méthode.
43. Conclusion : l’équilibre des gens de la Sunna
Les djinns existent : un monde créé de feu, invisible à nos yeux, comprenant des croyants et des mécréants, responsable devant Allah. Ni négation, ni obsession. Le croyant marche le cœur tourné vers Allah seul.
HUITIÈME PARTIE
FANTÔMES, ESPRITS, ENTITÉS : LES GRANDES QUESTIONS MODERNES
44. Fantôme, esprit, entité, djinn : de quoi parlons-nous ?
Le djinn est une catégorie précise de la Révélation : une créature réelle, créée de feu avant l’homme, distincte des anges, des hommes et des âmes des morts. La grille islamique offre trois tiroirs devant un phénomène rapporté : l’explication naturelle, l’intervention d’un djinn (possible, jamais certifiable au cas par cas), et le mensonge ou l’erreur du témoin.
45. Les morts reviennent-ils ? Le barzakh et la porte fermée du spiritisme
« Lorsque la mort se présente à l’un d’entre eux, il dit : “Seigneur ! Rends-moi à la vie…” Sûrement pas ! Ils en seront empêchés jusqu’au Jour où ils seront ressuscités. »
CORAN 23, 99-100
Le mot barzakh désigne la barrière infranchissable entre la mort et la Résurrection. Les prétendues communications avec les morts — spiritisme, tables tournantes — ne font pas parler les morts : les démons, en particulier le qarin, imitent le mort pour égarer les vivants.
46. Maisons « hantées », bruits, silhouettes, vidéos : la méthode du croyant
Trois règles : un témoignage n’est pas une preuve ; les causes naturelles d’abord ; ni identification, ni dialogue. On assainit le foyer par la mention d’Allah et l’on dort tranquille — ni sel dans les angles, ni exorciste payé au forfait.
47. Le génie de la lampe, les Mille et Une Nuits et Hollywood
L’image du « génie » vient des Mille et Une Nuits, traduites par Antoine Galland qui choisit ce mot pour rendre jinni. Le conte d’Aladdin ne figure dans aucun manuscrit arabe ancien du recueil. Rien, dans la Révélation, ne fait d’un djinn le serviteur d’un anneau ou d’une lampe. Le musulman prend sa croyance dans le Livre d’Allah et la Sunna de Son Messager.
ANNEXE A
RÉCAPITULATIF DES INVOCATIONS DE PROTECTION
1. Le verset du Trône — après chaque prière et au coucher (Coran 2, 255). Vertu : « aucun démon ne t’approchera jusqu’au matin » (al-Boukhari, n° 2311).
2. Les trois dernières sourates — Al-Ikhlas, Al-Falaq (Coran 113), An-Nas (Coran 114) — trois fois matin et soir, et au coucher.
3. Les deux derniers versets d’Al-Baqara — chaque nuit (al-Boukhari, n° 4008 ; Mouslim, n° 808).
4. La halte et le voyage — « A’oudhou bi-kalimati Llahi t-tammati min sharri ma khalaq » (Mouslim, n° 2708).
5. La sortie de la maison — « Bismillah, tawakkaltou ‘ala Llah, wa la hawla wa la qouwwata illa billah » (Abou Dawoud, n° 5095).
6. L’entrée aux toilettes — « Allahoumma inni a’oudhou bika mina l-khoubouthi wa l-khaba’ith » (al-Boukhari, n° 142).
7. Le repas et l’entrée dans la maison — « Bismillah » (Mouslim, n° 2018 et 2012).
8. Les rapports conjugaux — « Bismillah. Allahoumma jannibna sh-shaytan, wa jannibi sh-shaytana ma razaqtana » (al-Boukhari, n° 141).
9. La colère, le mauvais rêve, les bruits de la nuit — « A’oudhou billahi mina sh-shaytani r-rajim » (al-Boukhari, n° 3282, 3292, 3303).
10. Matin et soir — protection globale — « Bismillahi lladhi la yadourrou ma’a smihi shay’oun fil-ardi wa la fis-sama’i wa houwa s-Sami’ou l-‘Alim » (trois fois) (Abou Dawoud, n° 5088).
11. Dans la prière, contre Khanzab — « A’oudhou billahi mina sh-shaytani r-rajim » puis souffler légèrement trois fois vers la gauche (Mouslim, n° 2203).
ANNEXE B
L’ÉCHELLE DE CERTITUDE
Six niveaux de sources, par autorité décroissante : le Coran ; le hadith authentique ; la compréhension des compagnons ; les avis des savants ; les récits historiques rapportés ; les témoignages contemporains et le folklore.
| Sujet | Établi | Discuté | Interdit / sans preuve |
|---|---|---|---|
| Existence et nature | Réels, créés de feu, avant Adam | Durée de vie | Cartes de leur monde, tribus |
| Formes | Métamorphoses attestées | Formes privilégiées | Silhouette = djinn |
| Pouvoirs | Vitesse, force ; limites strictes | Modalités des actes | Connaissance de l’avenir |
| Morts / « fantômes » | Âme retenue au barzakh | Nature du phénomène | Spiritisme |
| Possession | Réelle mais rare | Frontière avec la maladie | Tout trouble attribué aux djinns |
| Protection | Adhkar, roqya légiférée | Modalités précises | Amulettes, devins |
ANNEXE C
QUARANTE QUESTIONS-RÉPONSES
1. Les djinns existent-ils vraiment ? Oui : Coran, Sunna, consensus.
2. De quoi sont-ils créés ? D’un feu pur (Coran 55, 15).
3. Avant Adam ? Oui (Coran 15, 27).
4. Iblis, ange déchu ? Non, un djinn (Coran 18, 50).
5. Tous mauvais ? Non (Coran 72, 11 et 14).
6. Djinn vs shaytan ? Genre / rebelle malfaisant.
7. Le qarin ? Compagnon djinn qui suggère le mal.
8. Pourquoi invisibles ? Décret d’Allah (Coran 7, 27).
9. Peuvent-ils nous voir ? Oui.
10. Changer de forme ? Oui, avec permission d’Allah.
11. Apparence du Prophète en rêve ? Impossible (al-Boukhari, n° 110).
12. Imiter un mort ? Possible.
13. Fantômes ? Pas d’âmes errantes (Coran 23, 100).
14. Hanter une maison ? Non.
15. Spiritisme ? Les démons imitent les morts.
16. Mangent-ils ? Oui.
17. Se marient-ils ? Oui (Coran 72, 6 ; 18, 50).
18. Mariage humain-djinn ? Réprouvé.
19. Meurent-ils ? Oui (al-Boukhari, n° 7383).
20. Tuer un djinn ? Possible sous forme empruntée.
21. Où vivent-ils ? Ruines, marchés, parfois nos maisons.
22. Maison « hantée » ? Non certifiable ; remède : dhikr.
23. Pourquoi bismillah ? Prive le démon du gîte.
24. Serpent trouvé chez soi ? Le sommer 3 jours.
25. Lisent-ils nos pensées ? Non, ils suggèrent.
26. Connaissent-ils l’avenir ? Non (Coran 34, 14).
27. Voyants parfois vrais ? Bribe volée + cent mensonges.
28. Consulter un voyant ? Prière refusée 40 nuits.
29. Astrologie ? Une branche de la sorcellerie.
30. Possession réelle ? Oui, mais rare.
31. Épilepsie = djinn ? Non, consulter médecins + roqya.
32. Pourquoi un djinn attaque ? Passion, vengeance, malveillance.
33. Se protéger au quotidien ? Invocations légiférées.
34. Roqya soi-même ? Oui, la meilleure.
35. Reconnaître un charlatan ? Prénom mère, talismans, commerce.
36. Amulettes avec Coran ? Prudence : s’abstenir.
37. Djinn « musulman » assistant ? Interdit (Ibn Baz, al-Albani).
38. Sel, encens ? Aucun fondement.
39. Génie de la lampe ? Personnage littéraire.
40. Peur des djinns ? Non (Coran 3, 175).
Bibliographie
Sources scripturaires. Le Noble Coran — traduction du sens des versets par Rachid Maach (lecoranenfrancais.com). Sahih al-Boukhari. Sahih Mouslim. Sounan Abou Dawoud. Jami’ at-Tirmidhi. Mousnad de l’imam Ahmad.
Exégèses. Jami’ al-bayan (Tafsir at-Tabari). Al-Jami’ li-ahkam al-Qour’an (Tafsir al-Qourtoubi). Tafsir al-Qour’an al-‘adhim (Ibn Kathir).
Monographies classiques. Akam al-marjan fi ahkam al-jann (ash-Shibli, m. 769 H). Laqt al-marjan (as-Souyouti, m. 911 H). Majmou’ al-Fatawa et Al-Fourqan bayna awliya ar-Rahman wa awliya ash-shaytan (Ibn Taymiyya, m. 728 H). Zad al-ma’ad (Ibn al-Qayyim, m. 751 H). Fath al-Bari (Ibn Hajar, m. 852 H). Al-Minhaj (an-Nawawi, m. 676 H).
Ouvrages récents. ‘Alam al-jinn wa ash-shayatin (‘Omar Soulayman al-Ashqar). Sahih al-Jami’ as-saghir et les Silsila d’al-Albani.
Composition : convertistoislam.fr — libre diffusion à des fins d’enseignement, avec mention de la source. Qu’Allah rétribue tous ceux dont les efforts ont nourri ce travail.