La zakat sur l’argent : Conclusion — Sources et références

L’argent en islam · La zakat sur l’argent · Chapitre 5 sur 5

Conclusion

La zakat est la réponse de l’islam à la question que tous les dossiers de cette série ont posée sous des formes différentes : que doit faire l’argent ? Le ribâ le fait croître sans travail, chez celui qui en a déjà ; la zakat le fait circuler sans contrainte, vers celui qui n’en a pas. Le premier est interdit sous les menaces les plus dures du Coran ; la seconde est ordonnée avec la prière, et refusée sous les mêmes menaces. Entre les deux, la richesse est permise, bénie même, à condition de payer son dû.

Ce dossier a voulu rendre ce dû calculable. Les règles tiennent en cinq lignes : une date, un inventaire, les dettes de l’année en moins, le niṣâb, 2,5 %. Les divergences sont réelles, sur le seuil, sur les bijoux, sur les dettes, sur les actions, sur la mosquée, et chacune a été exposée avec ses arguments pour que le lecteur choisisse en connaissance de cause ; dans chaque cas, l’avis le plus sûr pour le pilier est aussi celui qui donne le plus aux pauvres, et ce n’est pas une coïncidence.

Il reste ce que les chiffres ne disent pas. Si les musulmans de France, qui sont plusieurs millions, payaient chacun leur zakat correctement et la distribuaient avec méthode, en commençant par les proches et le quartier, il n’y aurait plus un étudiant musulman contraint au prêt à intérêt, plus une veuve au crédit renouvelable, plus un père de famille à découvert chaque mois ; il y aurait des caisses de prêt sans intérêt dans chaque ville, des bourses, des fonds pour lancer des commerces, et peut-être, un jour, de quoi fonder ce qui manque encore. La zakat n’est pas seulement une purification individuelle : elle est la première économie de la communauté, celle qui précède toutes les banques, et qui n’a besoin d’aucune.

« Prends de leurs biens une aumône par laquelle tu les purifies et les bénis » (9:103). Celui qui la donne est purifié ; celui qui la reçoit est relevé ; et l’argent, pour une fois, a fait ce pour quoi il a été créé.

Et Allah est le plus savant.

Sources et références

Coran et hadiths

  • Coran : 2:245, 2:267, 2:276, 2:280, 9:34-35, 9:60, 9:103, 76:8.
  • Al-Bukhârî 1395 (Muʿâdh au Yémen), 1400 (Abû Bakr et les refuseurs de zakat), 1403 (le serpent chauve), 1405 (cinq onces), 1454 (lettre sur la zakat, le quart du dixième), 1464 (ni esclave ni cheval), 1466 (Zaynab femme d’Ibn Masʿûd), 450 (bâtir une mosquée) ; Muslim 20, 979, 982, 1015 (Allah est bon), 1072 (Banû Hâshim) ; Abû Dâwûd 1563 et 1565 (les bracelets, les bagues), 1573 (le ḥawl), 1624 (zakat d’al-ʿAbbâs en avance), 1630 (les huit parts), 1633 (ni au riche ni au valide) ; at-Tirmidhî 658 (aumône et lien) ; Mâlik, Muwaṭṭa’ (parole de ʿUthmân sur les dettes) ; al-Bayhaqî, as-Sunan al-kubrâ (pratique des Compagnons sur les bijoux).

Savants et écoles

  • Les quatre écoles sur le niṣâb, le ḥawl, les bijoux, les dettes, les biens d’usage (al-Kâsânî, Badâ’iʿ aṣ-ṣanâ’iʿ ; Ibn Rushd, Bidâyat al-mujtahid ; an-Nawawî, al-Majmûʿ ; Ibn Qudâma, al-Mughnî).
  • Ibn ʿUthaymîn, ash-Sharḥ al-mumtiʿ, vol. 6 (dettes et zakat) ; Majmûʿ fatâwâ wa-rasâ’il, vol. 18 (zakat du salaire, date unique).
  • Ibn Bâz, Fatâwâ islâmiyya, 2/84-85 (bijoux, années passées).
  • Commission permanente d’Arabie saoudite, fatwa 9/257 (niṣâb du papier-monnaie) et fatwas 10/36 et suivantes (fî sabîlillâh, mosquées).
  • Yûsuf al-Qaraḍâwî, Fiqh az-zakât (1969) : niṣâb de l’or, zakat du salaire à la source, fî sabîlillâh élargi (avis rapportés comme divergents).
  • Académie internationale du fiqh islamique (OCI), résolution 28 (3/4) 1988 (zakat des actions) ; Académie du fiqh de la Ligue islamique mondiale, résolution n° 6 (niṣâb du papier-monnaie).
  • AAOIFI, norme charia n° 35 (zakat).
  • Conseil supérieur des oulémas du Maroc, fatwa sur la zakat du 24 octobre 2025 (Hespress).

Fatwas en ligne consultées

Cours des métaux

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