L’argent en islam · Partie 2 · Les banques et la monnaie
Dossier · Les banques
Une banque ne prête pas l’argent de ses déposants : elle crée par une écriture l’argent qu’elle prête, et le prête à intérêt. C’est ce surplus que le Coran interdit (2:275-279). Comprendre la banque, c’est savoir où passe la ligne, et comment vivre en France sans la franchir.
- 7 chapitres
- 76 min de lecture
L’essentiel
| Situation | Verdict | Fondement |
|---|---|---|
| Prêter ou emprunter à intérêt | Interdit, par consensus | Coran 2:275-279 ; les juristes rapportent l’accord sur l’interdiction de tout surplus stipulé sur un prêt |
| Compte courant non rémunéré | Permis par nécessité | Commission permanente d’Arabie saoudite ; on n’y laisse que le nécessaire |
| Livret A, LDDS, LEP, compte à terme, PEL | Interdit | Intérêt sur une somme prêtée à la banque |
| Intérêts déjà perçus | À donner aux pauvres et aux œuvres, sans en tirer profit | On ne les garde pas et on ne les laisse pas à la banque |
| Prêt à intérêt déjà contracté | Le capital reste dû ; rembourser au plus vite | « Vous aurez vos capitaux » (2:279) |
| « Une famille possède toutes les banques » | Faux | La propriété est concentrée chez quelques gestionnaires d’actifs, des fonds souverains et des États |
Ce qu’on fait, concrètement
- Ne plus être débiteur : couper le crédit à la consommation, solder ce qui existe, ne rien contracter de nouveau.
- Garder un compte courant pour le salaire et les factures, sans livret rattaché, sans découvert autorisé.
- Mettre son épargne dans des choses réelles : outil de travail, or physique, parts d’entreprises licites, immobilier payé comptant.
- Prêter sans intérêt à ses proches, entrer dans une tontine ou une caisse d’entraide de mosquée.
- Vivre en dessous de ses moyens : c’est la seule position d’où l’on peut dire non à une banque.
Les erreurs à éviter
- Croire au mythe d’une famille qui tiendrait le monde : il détourne de la vraie question, celle de l’intérêt.
- Laisser dormir une épargne importante sur un compte conventionnel par paresse : la nécessité couvre le compte du salaire, pas la fortune.
- Garder pour soi les intérêts d’un livret « pour ne pas les laisser à la banque ».
Le dossier complet, chapitre par chapitre
- 1Introduction : comprendre la banque avant de parler d’argent — Avant la banque : quatre mille ans de prêteurs — La naissance de la banque moderne : de Florence à Londres
- 2Comment une banque fonctionne vraiment — L’intérêt : ce qu’il est, ce qu’il n’est pas
- 3Les grandes familles de la banque, du XIIIe siècle à aujourd’hui
- 4Qui possède les banques aujourd’hui — L’influence : comment la banque pèse sur les États
- 5Les crises : sont-elles liées à l’intérêt ? — 2008 et après : pourquoi on a redonné l’argent aux banques
- 6Pourquoi le système tient à peu de chose — Comment s’en sortir
- 7Conclusion — Sources et références
Réponses rapides
Un musulman peut-il avoir un compte en banque ?
Oui, un compte courant non rémunéré, parce que la vie en France l’exige. Il n’y laisse que le nécessaire et n’ouvre ni livret ni compte à terme, qui sont des prêts à intérêt.
Que faire des intérêts d’un livret ?
On ne les garde pas et on ne les laisse pas à la banque : on les donne aux pauvres, aux malades, aux endettés ou à des travaux d’utilité publique, sans en tirer aucun profit, puis on ferme le livret.
Les crises financières viennent-elles de l’intérêt ?
L’intérêt n’est pas la seule cause, mais il en est le moteur : il fait croître la dette plus vite que les revenus qui doivent la rembourser, jusqu’au retournement. Fisher, Minsky, Reinhart et Rogoff ont décrit ce cycle.
Sujets abordés : banque et ribâ.
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Et Allah est le plus savant.
