Étape 5 — Le Barzakh : félicité et châtiment de l’intermonde

ÉTAPE 05 Le Barzakh : félicité et châtiment de l’intermonde Le grand voyage — de l’agonie aux portes de l’Enfer

En une phrase : entre la mort et la Résurrection, chacun voit sa place matin et soir ; le châtiment et la félicité de l’intermonde sont établis par le Coran (famille de Pharaon, 40:46) et par des hadiths massivement transmis, avec des cas particuliers que les textes nomment.

Établi pour tous / cas particuliers

Établi pour tous

  • Une barrière sépare le mort du retour ici-bas jusqu’à la Résurrection (23:100).
  • Sa place au Paradis ou au Feu lui est montrée matin et soir (al-Bukhârî 1379).
  • Le châtiment de la tombe est vrai, pour qui le mérite (al-Bukhârî 1372 ; credo d’at-Tahâwî).
  • La félicité de la tombe est vraie : couche, vêtement, porte ouverte, élargissement (hadith d’al-Barâ’).

Cas particuliers nommés par les textes

  • La famille de Pharaon, exposée au Feu matin et soir (40:46).
  • Le peuple de Noé, noyé puis « introduit dans un Feu » (71:25).
  • Les hypocrites de Médine, châtiés « deux fois » (9:101).
  • Les martyrs, vivants et pourvus (3:169), leurs âmes dans des oiseaux verts (Muslim 1887).
  • Deux hommes châtiés pour la médisance colportée et le manque de précaution avec l’urine (al-Bukhârî 216).
  • Les suppliciés du songe de Samura : prière négligée, mensonge, fornication, usure (al-Bukhârî 7047).

Les cas particuliers illustrent la règle ; ils ne la définissent pas. Les identifications données dans le songe de Samura sont celles que le hadith lui-même fournit : ne pas en tirer de doctrine plus large sur « qui est châtié pour quoi ».

Les textes

حَتَّىٰٓ إِذَا جَآءَ أَحَدَهُمُ الْمَوْتُ قَالَ رَبِّ ارْجِعُونِ ﴿99﴾ لَعَلِّيٓ أَعْمَلُ صَٰلِحٗا فِيمَا تَرَكْتُۚ كَلَّآۚ إِنَّهَا كَلِمَةٌ هُوَ قَآئِلُهَاۖ وَمِن وَرَآئِهِم بَرْزَخٌ إِلَىٰ يَوْمِ يُبْعَثُونَ ﴿100﴾

Lorsque la mort vient à l’un d’eux, il dit : « Seigneur, fais-moi revenir, afin que je fasse le bien que j’ai délaissé ! » Non ! C’est une parole qu’il prononce ; et derrière eux, une barrière (barzakh) jusqu’au jour où ils seront ressuscités.

Coran 23:99-100

النَّارُ يُعْرَضُونَ عَلَيْهَا غُدُوّٗا وَعَشِيّٗاۚ وَيَوْمَ تَقُومُ السَّاعَةُ أَدْخِلُوٓاْ ءَالَ فِرْعَوْنَ أَشَدَّ الْعَذَابِ ﴿46﴾

Le Feu, auquel ils sont exposés matin et soir ; et le Jour où l’Heure arrivera : « Faites entrer les gens de Pharaon dans le châtiment le plus dur ! »

Coran 40:46

مِّمَّا خَطِيٓـَٰٔتِهِمْ أُغْرِقُواْ فَأُدْخِلُواْ نَارٗا فَلَمْ يَجِدُواْ لَهُم مِّن دُونِ اللَّهِ أَنصَارٗا ﴿25﴾

À cause de leurs fautes, ils ont été noyés, puis introduits dans un Feu ; et ils n’ont trouvé, en dehors d’Allah, aucun secoureur.

Coran 71:25

وَمِمَّنْ حَوْلَكُم مِّنَ الْأَعْرَابِ مُنَٰفِقُونَۖ وَمِنْ أَهْلِ الْمَدِينَةِ مَرَدُواْ عَلَى النِّفَاقِ لَا تَعْلَمُهُمْۖ نَحْنُ نَعْلَمُهُمْۚ سَنُعَذِّبُهُم مَّرَّتَيْنِ ثُمَّ يُرَدُّونَ إِلَىٰ عَذَابٍ عَظِيمٖ ﴿101﴾ ۝ وَمِمَّنْ حَوْلَكُم مِّنَ الْأَعْرَابِ مُنَٰفِقُونَۖ وَمِنْ أَهْلِ الْمَدِينَةِ مَرَدُواْ عَلَى النِّفَاقِ لَا تَعْلَمُهُمْۖ نَحْنُ نَعْلَمُهُمْۚ سَنُعَذِّبُهُم مَّرَّتَيْنِ ثُمَّ يُرَدُّونَ إِلَىٰ عَذَابٍ عَظِيمٖ ﴿101﴾

Nous les châtierons deux fois, puis ils seront ramenés vers un châtiment terrible.

Coran 9:101 — au sujet des hypocrites de Médine ; l’une des deux fois est comprise par de nombreux exégètes comme le châtiment de la tombe (Ibn Kathîr, Tafsîr, 9:101)

وَلَا تَحْسَبَنَّ الَّذِينَ قُتِلُواْ فِي سَبِيلِ اللَّهِ أَمْوَٰتَۢاۚ بَلْ أَحْيَآءٌ عِندَ رَبِّهِمْ يُرْزَقُونَ ﴿169﴾

Ne crois surtout pas que ceux qui ont été tués dans le chemin d’Allah sont morts : ils sont vivants, auprès de leur Seigneur, pourvus.

Coran 3:169

عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ ـ رضى الله عنهما ـ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم قَالَ  » إِنَّ أَحَدَكُمْ إِذَا مَاتَ عُرِضَ عَلَيْهِ مَقْعَدُهُ بِالْغَدَاةِ وَالْعَشِيِّ، إِنْ كَانَ مِنْ أَهْلِ الْجَنَّةِ فَمِنْ أَهْلِ الْجَنَّةِ، وَإِنْ كَانَ مِنْ أَهْلِ النَّارِ فَمِنْ أَهْلِ النَّارِ، فَيُقَالُ هَذَا مَقْعَدُكَ حَتَّى يَبْعَثَكَ اللَّهُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ « 

« Lorsque l’un de vous meurt, sa place lui est présentée matin et soir : s’il est des gens du Paradis, parmi les gens du Paradis ; s’il est des gens du Feu, parmi les gens du Feu. On lui dit : Voici ta place, jusqu’à ce qu’Allah te ressuscite au Jour de la Résurrection. »

Al-Bukhârî (1379) et Muslim (2866), d’après Ibn ‘Umar

عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ، قَالَ مَرَّ النَّبِيُّ صلى الله عليه وسلم بِحَائِطٍ مِنْ حِيطَانِ الْمَدِينَةِ أَوْ مَكَّةَ، فَسَمِعَ صَوْتَ إِنْسَانَيْنِ يُعَذَّبَانِ فِي قُبُورِهِمَا، فَقَالَ النَّبِيُّ صلى الله عليه وسلم  » يُعَذَّبَانِ، وَمَا يُعَذَّبَانِ فِي كَبِيرٍ « ، ثُمَّ قَالَ  » بَلَى، كَانَ أَحَدُهُمَا لاَ يَسْتَتِرُ مِنْ بَوْلِهِ، وَكَانَ الآخَرُ يَمْشِي بِالنَّمِيمَةِ « . ثُمَّ دَعَا بِجَرِيدَةٍ فَكَسَرَهَا كِسْرَتَيْنِ، فَوَضَعَ عَلَى كُلِّ قَبْرٍ مِنْهُمَا كِسْرَةً. فَقِيلَ لَهُ يَا رَسُولَ اللَّهِ لِمَ فَعَلْتَ هَذَا قَالَ  » لَعَلَّهُ أَنْ يُخَفَّفَ عَنْهُمَا مَا لَمْ تَيْبَسَا أَوْ إِلَى أَنْ يَيْبَسَا « 

Le Prophète ﷺ passa près de deux tombes et dit : « Ils sont tous deux châtiés, et ils ne le sont pas pour une chose difficile à éviter. L’un ne se protégeait pas de son urine ; l’autre colportait la médisance. » Puis il prit une branche de palmier verte, la fendit en deux, en planta une moitié sur chaque tombe et dit : « Peut-être cela leur sera-t-il allégé, tant qu’elles ne seront pas desséchées. »

Al-Bukhârî (216, 218) et Muslim (292), d’après Ibn ‘Abbâs

أَنَّ النَّبِيَّ صلى الله عليه وسلم قَالَ  » لَوْلاَ أَنْ لاَ تَدَافَنُوا لَدَعَوْتُ اللَّهَ أَنْ يُسْمِعَكُمْ مِنْ عَذَابِ الْقَبْرِ « 

Le Prophète ﷺ passait avec sa mule près de tombes de polythéistes ; la mule fit un écart et faillit le jeter à terre. Il dit : « Cette communauté est éprouvée dans ses tombes. Si vous ne deviez pas cesser de vous enterrer les uns les autres, j’aurais demandé à Allah de vous faire entendre le châtiment de la tombe que j’entends. » Puis : « Cherchez refuge auprès d’Allah contre le châtiment du Feu, contre le châtiment de la tombe, contre les épreuves apparentes et cachées, et contre l’épreuve du Faux-Messie. »

Muslim (2868), d’après Zayd ibn Thâbit

أَنَّ أَبَاهُ كَانَ يُحَدِّثُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ ـ صلى الله عليه وسلم ـ قَالَ :  » إِنَّمَا نَسَمَةُ الْمُؤْمِنِ طَائِرٌ يَعْلُقُ فِي شَجَرِ الْجَنَّةِ حَتَّى يَرْجِعَ إِلَى جَسَدِهِ يَوْمَ يُبْعَثُ « 

« L’âme du croyant est un oiseau qui se nourrit des arbres du Paradis, jusqu’à ce qu’Allah la ramène dans son corps le jour où Il le ressuscitera. »

Mâlik (Muwatta’, Kitâb al-Janâ’iz), an-Nasâ’î (2073), Ibn Mâjah (4271), Ahmad, d’après Ka‘b ibn Mâlik — sahîh (al-Albânî, Ahkâm al-Janâ’iz ; Sahîh al-Jâmi‘). Le verbe arabe (ya‘laq) signifie « se nourrir, picorer », non « être suspendu ».

عَنْ مَسْرُوقٍ، قَالَ سَأَلْنَا عَبْدَ اللَّهِ عَنْ هَذِهِ الآيَةِ، { وَلاَ تَحْسَبَنَّ الَّذِينَ قُتِلُوا فِي سَبِيلِ اللَّهِ أَمْوَاتًا بَلْ أَحْيَاءٌ عِنْدَ رَبِّهِمْ يُرْزَقُونَ} قَالَ أَمَا إِنَّا قَدْ سَأَلْنَا عَنْ ذَلِكَ فَقَالَ  » أَرْوَاحُهُمْ فِي جَوْفِ طَيْرٍ خُضْرٍ لَهَا قَنَادِيلُ مُعَلَّقَةٌ بِالْعَرْشِ تَسْرَحُ مِنَ الْجَنَّةِ حَيْثُ شَاءَتْ ثُمَّ تَأْوِي إِلَى تِلْكَ الْقَنَادِيلِ فَاطَّلَعَ إِلَيْهِمْ رَبُّهُمُ اطِّلاَعَةً فَقَالَ هَلْ تَشْتَهُونَ شَيْئًا قَالُوا أَىَّ شَىْءٍ نَشْتَهِي وَنَحْنُ نَسْرَحُ مِنَ الْجَنَّةِ حَيْثُ شِئْنَا فَفَعَلَ ذَلِكَ بِهِمْ ثَلاَثَ مَرَّاتٍ فَلَمَّا رَأَوْا أَنَّهُمْ لَنْ يُتْرَكُوا مِنْ أَنْ يُسْأَلُوا قَالُوا يَا رَبِّ نُرِيدُ أَنْ تَرُدَّ أَرْوَاحَنَا فِي أَجْسَادِنَا حَتَّى نُقْتَلَ فِي سَبِيلِكَ مَرَّةً أُخْرَى . فَلَمَّا رَأَى أَنْ لَيْسَ لَهُمْ حَاجَةٌ تُرِكُوا « 

Interrogé sur le verset « ceux qui ont été tués dans le chemin d’Allah sont vivants », le Prophète ﷺ dit : « Leurs âmes sont dans le jabot d’oiseaux verts, qui ont des lanternes suspendues au Trône ; ils parcourent le Paradis où ils veulent, puis reviennent à ces lanternes. Leur Seigneur se penche vers eux et dit : Désirez-vous quelque chose ? Ils répondent : Que pourrions-nous désirer, nous qui parcourons le Paradis où nous voulons ? Il les interroge trois fois ; lorsqu’ils voient qu’on ne les laissera pas sans demander, ils disent : Seigneur, nous voudrions que Tu remettes nos âmes dans nos corps, pour être tués à nouveau dans Ton chemin. Lorsqu’Il voit qu’ils n’ont aucun besoin, on les laisse. »

Muslim (1887), d’après Ibn Mas‘ûd

 » هَلْ رَأَى أَحَدٌ مِنْكُمْ مِنْ رُؤْيَا « . قَالَ فَيَقُصُّ عَلَيْهِ مَنْ شَاءَ اللَّهُ أَنْ يَقُصَّ، وَإِنَّهُ قَالَ ذَاتَ غَدَاةٍ  » إِنَّهُ أَتَانِي اللَّيْلَةَ آتِيَانِ، وَإِنَّهُمَا ابْتَعَثَانِي، وَإِنَّهُمَا قَالاَ لِي انْطَلِقْ. وَإِنِّي انْطَلَقْتُ مَعَهُمَا، وَإِنَّا أَتَيْنَا عَلَى رَجُلٍ مُضْطَجِعٍ، وَإِذَا آخَرُ قَائِمٌ عَلَيْهِ بِصَخْرَةٍ، وَإِذَا هُوَ يَهْوِي بِالصَّخْرَةِ لِرَأْسِهِ، فَيَثْلَغُ رَأْسَهُ فَيَتَهَدْهَدُ الْحَجَرُ هَا هُنَا، فَيَتْبَعُ الْحَجَرَ فَيَأْخُذُهُ، فَلاَ يَرْجِعُ إِلَيْهِ حَتَّى يَصِحَّ رَأْسُهُ كَمَا كَانَ، ثُمَّ يَعُودُ عَلَيْهِ، فَيَفْعَلُ بِهِ مِثْلَ مَا فَعَلَ الْمَرَّةَ الأُولَى. قَالَ قُلْتُ لَهُمَا سُبْحَانَ اللَّهِ مَا هَذَانِ قَالَ قَالاَ لِي انْطَلِقْ ـ قَالَ ـ فَانْطَلَقْنَا فَأَتَيْنَا عَلَى رَجُلٍ مُسْتَلْقٍ لِقَفَاهُ، وَإِذَا آخَرُ قَائِمٌ عَلَيْهِ بِكَلُّوبٍ مِنْ حَدِيدٍ، وَإِذَا هُوَ يَأْتِي أَحَدَ شِقَّىْ وَجْهِهِ فَيُشَرْشِرُ شِدْقَهُ إِلَى قَفَاهُ، وَمَنْخِرَهُ إِلَى قَفَاهُ وَعَيْنَهُ إِلَى قَفَاهُ ـ قَالَ وَرُبَّمَا قَالَ أَبُو رَجَاءٍ فَيَشُقُّ ـ قَالَ ثُمَّ يَتَحَوَّلُ إِلَى الْجَانِبِ الآخَرِ، فَيَفْعَلُ بِهِ مِثْلَ مَا فَعَلَ بِالْجَانِبِ الأَوَّلِ، فَمَا يَفْرُغُ مِنْ ذَلِكَ الْجَانِبِ حَتَّى يَصِحَّ ذَلِكَ الْجَانِبُ كَمَا كَانَ، ثُمَّ يَعُودُ عَلَيْهِ فَيَفْعَلُ مِثْلَ مَا فَعَلَ الْمَرَّةَ الأُولَى. قَالَ قُلْتُ سُبْحَانَ اللَّهِ مَا هَذَانِ قَالَ قَالاَ لِي انْطَلِقْ. فَانْطَلَقْنَا فَأَتَيْنَا عَلَى مِثْلِ التَّنُّورِ ـ قَالَ فَأَحْسِبُ أَنَّهُ كَانَ يَقُولُ ـ فَإِذَا فِيهِ لَغَطٌ وَأَصْوَاتٌ ـ قَالَ ـ فَاطَّلَعْنَا فِيهِ، فَإِذَا فِيهِ رِجَالٌ وَنِسَاءٌ عُرَاةٌ، وَإِذَا هُمْ يَأْتِيهِمْ لَهَبٌ مِنْ أَسْفَلَ مِنْهُمْ … [texte abrégé]

Le Prophète ﷺ raconta un songe : deux hommes vinrent le prendre et l’emmenèrent. Il vit un homme couché, tandis qu’un autre, debout au-dessus de lui, lui écrasait la tête d’un rocher ; la tête se reformait, et le supplice reprenait. Il vit un homme dont on déchirait la bouche, le nez et les yeux jusqu’à la nuque avec un crochet de fer, d’un côté puis de l’autre, la chair se reformant à mesure. Il vit une fosse semblable à un four, étroite en haut, large en bas, où brûlait un feu ; des hommes et des femmes nus y étaient, et le feu les faisait remonter puis retomber. Il vit un fleuve de sang où nageait un homme ; sur la rive, un autre lui jetait des pierres dans la bouche chaque fois qu’il voulait sortir. À la fin, on lui expliqua : le premier est celui qui avait reçu le Coran, l’avait délaissé et dormait sans accomplir la prière obligatoire ; le second, l’homme qui sortait le matin et disait un mensonge qui atteignait les horizons ; ceux de la fosse, les fornicateurs et les fornicatrices ; celui du fleuve, le mangeur d’usure. Il vit aussi, près d’un feu qu’il attisait, un homme au visage repoussant : « C’est Mâlik, le gardien de l’Enfer. »

Al-Bukhârî (7047, 1386), d’après Samura ibn Jundub — résumé. Ibn Hajar (Fath al-Bârî, Kitâb at-Ta‘bîr, commentaire du hadith 7047) : ces scènes se déroulent dans le Barzakh.

عَنْ أَبِي سَعِيدٍ، قَالَ دَخَلَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم مُصَلاَّهُ فَرَأَى نَاسًا كَأَنَّهُمْ يَكْتَشِرُونَ قَالَ  » أَمَا إِنَّكُمْ لَوْ أَكْثَرْتُمْ ذِكْرَ هَاذِمِ اللَّذَّاتِ لَشَغَلَكُمْ عَمَّا أَرَى فَأَكْثِرُوا مِنْ ذِكْرِ هَاذِمِ اللَّذَّاتِ الْمَوْتِ فَإِنَّهُ لَمْ يَأْتِ عَلَى الْقَبْرِ يَوْمٌ إِلاَّ تَكَلَّمَ فِيهِ فَيَقُولُ أَنَا بَيْتُ الْغُرْبَةِ وَأَنَا بَيْتُ الْوَحْدَةِ وَأَنَا بَيْتُ التُّرَابِ وَأَنَا بَيْتُ الدُّودِ . فَإِذَا دُفِنَ الْعَبْدُ الْمُؤْمِنُ قَالَ لَهُ الْقَبْرُ مَرْحَبًا وَأَهْلاً أَمَا إِنْ كُنْتَ لأَحَبَّ مَنْ يَمْشِي عَلَى ظَهْرِي إِلَىَّ فَإِذْ وُلِّيتُكَ الْيَوْمَ وَصِرْتَ إِلَىَّ فَسَتَرَى صَنِيعِي بِكَ . قَالَ فَيَتَّسِعُ لَهُ مَدَّ بَصَرِهِ وَيُفْتَحُ لَهُ بَابٌ إِلَى الْجَنَّةِ . وَإِذَا دُفِنَ الْعَبْدُ الْفَاجِرُ أَوِ الْكَافِرُ قَالَ لَهُ الْقَبْرُ لاَ مَرْحَبًا وَلاَ أَهْلاً أَمَا إِنْ كُنْتَ لأَبْغَضَ مَنْ يَمْشِي عَلَى ظَهْرِي إِلَىَّ فَإِذْ وُلِّيتُكَ الْيَوْمَ وَصِرْتَ إِلَىَّ فَسَتَرَى صَنِيعِي بِكَ . قَالَ فَيَلْتَئِمُ عَلَيْهِ حَتَّى تَلْتَقِيَ عَلَيْهِ وَتَخْتَلِفَ أَضْلاَعُهُ . قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم بِأَصَابِعِهِ فَأَدْخَلَ بَعْضَهَا فِي جَوْفِ بَعْضٍ قَالَ  » وَيُقَيِّضُ اللَّهُ لَهُ سَبْعِينَ تِنِّينًا لَوْ أَنَّ وَاحِدًا مِنْهَا نَفَخَ فِي الأَرْضِ مَا أَنْبَتَتْ شَيْئًا مَا بَقِيَتِ الدُّنْيَا فَيَنْهَشْنَهُ وَيَخْدِشْنَهُ حَتَّى يُفْضَى بِهِ إِلَى الْحِسَابِ  » . قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم  » إِنَّمَا الْقَبْرُ رَوْضَةٌ مِنْ رِيَاضِ الْجَنَّةِ أَوْ حُفْرَةٌ مِنْ حُفَرِ النَّارِ « 

« La tombe est un jardin des jardins du Paradis ou une fosse des fosses du Feu » ; avec, dans le même hadith, quatre-vingt-dix-neuf serpents à sept têtes qui mordent le mécréant jusqu’à la Résurrection.

At-Tirmidhî (2460) — at-Tirmidhî : gharîb ; al-Albânî : da‘îf. Ne pas citer. Le sens en est établi par le hadith d’al-Barâ’ (porte ouverte sur le Paradis ou sur le Feu) et par al-Bukhârî 1379 (la place montrée matin et soir) : employer ces formulations.

La lecture des savants

At-Tahâwî : « Nous croyons au châtiment de la tombe pour qui le mérite. » Ibn Rajab (Ahwâl al-qubûr) et Ibn al-Qayyim (ar-Rûh, troisième et quatrième questions) répondent aux deux objections classiques. À qui demande comment le corps peut souffrir alors qu’il se décompose, ils répondent que le châtiment et la félicité atteignent d’abord l’âme, et le corps avec elle dans une mesure qu’Allah connaît, sans que cela soit soumis aux lois de ce monde. À qui demande pourquoi nous ne voyons ni n’entendons rien, ils rappellent le hadith de Zayd ibn Thâbit : le Prophète ﷺ entendait, et nous en sommes préservés par miséricorde. Ibn al-Qayyim (ar-Rûh, question sur les causes du châtiment de la tombe) dresse, à partir des hadiths authentiques, la liste des fautes que les textes nomment : la médisance colportée, la négligence de la pureté, le mensonge, l’usure, la fornication, la prière négligée ; il remarque que le Prophète ﷺ a d’abord cité des fautes que les gens tiennent pour petites. Ibn Kathîr (Tafsîr, 40:46) y voit la preuve coranique la plus nette du châtiment de l’intermonde : la famille de Pharaon est déjà exposée au Feu matin et soir alors que l’Heure n’est pas venue.

Ce que les textes ne disent pas

  • Ce que ressent le croyant ordinaire pendant le Barzakh, au-delà de la couche, du vêtement, de l’élargissement, du parfum et du sommeil du jeune marié.
  • La forme exacte du châtiment pour d’autres fautes que celles nommées : le dossier ne dresse pas de liste au-delà des textes.
  • Si le mort a conscience du temps qui passe : le seul indice est le verset 20:103-104 et 30:55, où les ressuscités croient n’être restés qu’un jour ou une heure.
Pour le récit — C’est l’étape des « fenêtres » : le mort voit sa place deux fois par jour sans y être encore. Le songe de Samura donne des tableaux forts, tous rattachés à des fautes ordinaires ; les raconter avec la sobriété du hadith, sans amplification, et en donnant les identifications exactement comme le hadith les donne. Le contraste avec les oiseaux verts des martyrs évite de laisser le spectateur dans la seule peur.

Transition — Combien de temps dure cette attente ? Nul ne le sait, et un ange tient déjà la Trompe à la bouche. → étape suivante