Étape 21 — Les épouses du Paradis

ÉTAPE 21 Les épouses du Paradis

Le grand voyage — vers le Paradis

En une phrase : le Coran décrit les épouses du Paradis par la pureté, la beauté, l’amour, l’âge égal et le regard réservé à leur époux ; les hadiths ajoutent que si l’une d’elles paraissait, elle illuminerait la terre ; et les femmes de ce monde, recréées jeunes, y entrent avec leur époux croyant, ou sont mariées à un homme du Paradis, car il n’y a pas de célibataire au Paradis.

Ce que les femmes auront

Une parenthèse avant les textes, pour éviter le contresens le plus fréquent. Tout ce qui est dit du Paradis est dit aux croyants et aux croyantes ensemble : « Allah a promis aux croyants et aux croyantes des jardins » (9:72), « quiconque fait le bien, homme ou femme, en étant croyant, Nous le ferons vivre d’une belle vie » (16:97), « eux et leurs épouses, dans des ombrages, accoudés sur des divans » (36:56), « entrez au Paradis, vous et vos épouses, vous y serez comblés » (43:70). Les degrés, la vision d’Allah, les vêtements, la jeunesse, les demeures, tout cela leur est promis au même titre. Les textes disent de plus : la femme de ce monde est recréée au Paradis jeune, vierge, aimante, d’âge égal (56:35-37, que les anciens rapportent aux femmes de ce monde) ; elle y est avec son époux s’il est des gens du Paradis (13:23 ; 40:8) ; « il n’y a pas de célibataire au Paradis » (Muslim 2834) ; celle qui a eu plusieurs époux est avec le dernier d’entre eux (hadith d’Abû ad-Dardâ’, al-Albânî : sahîh) ; et les savants tiennent que celle qui n’a pas eu d’époux, ou dont l’époux n’entre pas au Paradis, est mariée par Allah à un homme des gens du Paradis (Ibn al-Qayyim, Hâdî al-arwâh ; Ibn Kathîr sur 36:56). Enfin, les savants (Ibn al-Qayyim, même chapitre) rapportent que les femmes de ce monde entrées au Paradis y surpassent les houris en rang, par ce qu’elles ont adoré et enduré ; le hadith d’Umm Salama qui le dit explicitement a une chaîne faible, mais les savants retiennent le sens. Les textes ci-dessous se lisent avec cette parenthèse.

Les textes

وَبَشِّرِ الَّذِينَ ءَامَنُواْ وَعَمِلُواْ الصَّـٰلِحَٰتِ أَنَّ لَهُمْ جَنَّـٰتٖ تَجْرِي مِن تَحْتِهَا الْأَنْهَٰرُۖ كُلَّمَا رُزِقُواْ مِنْهَا مِن ثَمَرَةٖ رِّزْقٗا قَالُواْ هَٰذَا الَّذِي رُزِقْنَا مِن قَبْلُۖ وَأُتُواْ بِهِي مُتَشَٰبِهٗاۖ وَلَهُمْ فِيهَآ أَزْوَٰجٞ مُّطَهَّرَةٞۖ وَهُمْ فِيهَا خَٰلِدُونَ ﴿25﴾

Ils y auront des épouses purifiées, et ils y demeureront éternellement.

Coran 2:25

كَذَٰلِكَ وَزَوَّجْنَٰهُم بِحُورٍ عِينٖ ﴿54﴾

Ainsi en sera-t-il ; et Nous les marierons à des houris aux grands yeux.

Coran 44:54

فِيهِنَّ قَٰصِرَٰتُ الطَّرْفِ لَمْ يَطْمِثْهُنَّ إِنسٞ قَبْلَهُمْ وَلَا جَآنّٞ ﴿56﴾ ۝ كَأَنَّهُنَّ الْيَاقُوتُ وَالْمَرْجَانُ ﴿58﴾

Là seront celles au regard réservé, que nul homme ni djinn n’aura touchées avant eux. (…) Elles sont comme le rubis et le corail.

Coran 55:56 et 55:58

فِيهِنَّ خَيْرَٰتٌ حِسَانٞ ﴿70﴾ فَبِأَيِّ ءَالَآءِ رَبِّكُمَا تُكَذِّبَانِ ﴿71﴾ حُورٞ مَّقْصُورَٰتٞ فِي الْخِيَامِ ﴿72﴾

Là seront des femmes bonnes et belles ; (…) des houris retirées dans des tentes.

Coran 55:70-72

وَحُورٌ عِينٞ ﴿22﴾ كَأَمْثَٰلِ اللُّؤْلُوِٕ الْمَكْنُونِ ﴿23﴾ جَزَآءَۢ بِمَا كَانُواْ يَعْمَلُونَ ﴿24﴾

Et des houris aux grands yeux, semblables à des perles bien gardées, en récompense de ce qu’ils faisaient.

Coran 56:22-24

إِنَّآ أَنشَأْنَٰهُنَّ إِنشَآءٗ ﴿35﴾ فَجَعَلْنَٰهُنَّ أَبْكَارًا ﴿36﴾ عُرُبًا أَتْرَابٗا ﴿37﴾ لِّأَصْحَٰبِ الْيَمِينِ ﴿38﴾

Nous les avons créées d’une création nouvelle, et Nous en avons fait des vierges, aimantes, d’un âge égal, pour les gens de la droite.

Coran 56:35-38

وَعِندَهُمْ قَٰصِرَٰتُ الطَّرْفِ عِينٞ ﴿48﴾ كَأَنَّهُنَّ بَيْضٞ مَّكْنُونٞ ﴿49﴾

Auprès d’eux, des femmes au regard réservé, aux grands yeux, semblables à des œufs bien gardés.

Coran 37:48-49

رَبَّنَا وَأَدْخِلْهُمْ جَنَّـٰتِ عَدْنٍ الَّتِي وَعَدتَّهُمْ وَمَن صَلَحَ مِنْ ءَابَآئِهِمْ وَأَزْوَٰجِهِمْ وَذُرِّيَّـٰتِهِمْۚ إِنَّكَ أَنتَ الْعَزِيزُ الْحَكِيمُ ﴿8﴾

Ils entreront dans les jardins d’Éden, ainsi que les vertueux parmi leurs pères, leurs épouses et leurs descendants.

Coran 40:8

ادْخُلُواْ الْجَنَّةَ أَنتُمْ وَأَزْوَٰجُكُمْ تُحْبَرُونَ ﴿70﴾

« Entrez au Paradis, vous et vos épouses ; vous y serez comblés. »

Coran 43:70

 » لَرَوْحَةٌ فِي سَبِيلِ اللَّهِ أَوْ غَدْوَةٌ خَيْرٌ مِنَ الدُّنْيَا وَمَا فِيهَا، وَلَقَابُ قَوْسِ أَحَدِكُمْ مِنَ الْجَنَّةِ أَوْ مَوْضِعُ قِيدٍ ـ يَعْنِي سَوْطَهُ ـ خَيْرٌ مِنَ الدُّنْيَا وَمَا فِيهَا، وَلَوْ أَنَّ امْرَأَةً مِنْ أَهْلِ الْجَنَّةِ اطَّلَعَتْ إِلَى أَهْلِ الأَرْضِ لأَضَاءَتْ مَا بَيْنَهُمَا وَلَمَلأَتْهُ رِيحًا، وَلَنَصِيفُهَا عَلَى رَأْسِهَا خَيْرٌ مِنَ الدُّنْيَا وَمَا فِيهَا « 

« Si une femme des gens du Paradis se montrait aux gens de la terre, elle illuminerait ce qu’il y a entre le ciel et la terre et l’emplirait de parfum ; et le voile qu’elle porte sur la tête vaut mieux que ce monde et ce qu’il contient. »

Al-Bukhârî (2796, 6568), d’après Anas

عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ ـ رضى الله عنه ـ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم  » أَوَّلُ زُمْرَةٍ تَلِجُ الْجَنَّةَ صُورَتُهُمْ عَلَى صُورَةِ الْقَمَرِ لَيْلَةَ الْبَدْرِ، لاَ يَبْصُقُونَ فِيهَا وَلاَ يَمْتَخِطُونَ وَلاَ يَتَغَوَّطُونَ، آنِيَتُهُمْ فِيهَا الذَّهَبُ، أَمْشَاطُهُمْ مِنَ الذَّهَبِ وَالْفِضَّةِ، وَمَجَامِرُهُمُ الأَلُوَّةُ، وَرَشْحُهُمُ الْمِسْكُ، وَلِكُلِّ وَاحِدٍ مِنْهُمْ زَوْجَتَانِ، يُرَى مُخُّ سُوقِهِمَا مِنْ وَرَاءِ اللَّحْمِ، مِنَ الْحُسْنِ، لاَ اخْتِلاَفَ بَيْنَهُمْ وَلاَ تَبَاغُضَ، قُلُوبُهُمْ قَلْبٌ وَاحِدٌ، يُسَبِّحُونَ اللَّهَ بُكْرَةً وَعَشِيًّا « 

« Chacun d’eux aura deux épouses, dont on voit la moelle des jambes à travers la chair, tant elles sont belles. Il n’y aura entre eux ni divergence ni haine ; leurs cœurs seront un seul cœur, glorifiant Allah matin et soir. »

Al-Bukhârî (3245, 3254) et Muslim (2834), d’après Abû Hurayra

عَنْ مُحَمَّدٍ، قَالَ إِمَّا تَفَاخَرُوا وَإِمَّا تَذَاكَرُوا الرِّجَالُ فِي الْجَنَّةِ أَكْثَرُ أَمِ النِّسَاءُ فَقَالَ أَبُو هُرَيْرَةَ أَوَلَمْ يَقُلْ أَبُو الْقَاسِمِ صلى الله عليه وسلم  » إِنَّ أَوَّلَ زُمْرَةٍ تَدْخُلُ الْجَنَّةَ عَلَى صُورَةِ الْقَمَرِ لَيْلَةَ الْبَدْرِ وَالَّتِي تَلِيهَا عَلَى أَضْوَإِ كَوْكَبٍ دُرِّيٍّ فِي السَّمَاءِ لِكُلِّ امْرِئٍ مِنْهُمْ زَوْجَتَانِ اثْنَتَانِ يُرَى مُخُّ سُوقِهِمَا مِنْ وَرَاءِ اللَّحْمِ وَمَا فِي الْجَنَّةِ أَعْزَبُ « 

« Il n’y a pas de célibataire au Paradis. »

Muslim (2834), d’après Abû Hurayra

عَنِ الْمِقْدَامِ بْنِ مَعْدِيكَرِبَ، قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم  » لِلشَّهِيدِ عِنْدَ اللَّهِ سِتُّ خِصَالٍ يُغْفَرُ لَهُ فِي أَوَّلِ دَفْعَةٍ وَيَرَى مَقْعَدَهُ مِنَ الْجَنَّةِ وَيُجَارُ مِنْ عَذَابِ الْقَبْرِ وَيَأْمَنُ مِنَ الْفَزَعِ الأَكْبَرِ وَيُوضَعُ عَلَى رَأْسِهِ تَاجُ الْوَقَارِ الْيَاقُوتَةُ مِنْهَا خَيْرٌ مِنَ الدُّنْيَا وَمَا فِيهَا وَيُزَوَّجُ اثْنَتَيْنِ وَسَبْعِينَ زَوْجَةً مِنَ الْحُورِ الْعِينِ وَيُشَفَّعُ فِي سَبْعِينَ مِنْ أَقَارِبِهِ « 

« Le martyr a auprès d’Allah six privilèges : (…) il est marié à soixante-douze épouses parmi les houris, et il intercède pour soixante-dix de ses proches. »

At-Tirmidhî (1663), Ibn Mâjah (2799), Ahmad (17182), d’après al-Miqdâm ibn Ma‘dîkarib — at-Tirmidhî : hasan sahîh gharîb ; al-Albânî : sahîh (Sahîh al-Jâmi‘ 5182). Extrait.

عَنْ أَبِي سَعِيدٍ الْخُدْرِيِّ، قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم  » أَدْنَى أَهْلِ الْجَنَّةِ الَّذِي لَهُ ثَمَانُونَ أَلْفَ خَادِمٍ وَاثْنَتَانِ وَسَبْعُونَ زَوْجَةً وَتُنْصَبُ لَهُ قُبَّةٌ مِنْ لُؤْلُؤٍ وَزَبَرْجَدٍ وَيَاقُوتٍ كَمَا بَيْنَ الْجَابِيَةِ إِلَى صَنْعَاءَ  » . وَبِهَذَا الإِسْنَادِ عَنِ النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم قَالَ  » مَنْ مَاتَ مِنْ أَهْلِ الْجَنَّةِ مِنْ صَغِيرٍ أَوْ كَبِيرٍ يُرَدُّونَ بَنِي ثَلاَثِينَ فِي الْجَنَّةِ لاَ يَزِيدُونَ عَلَيْهَا أَبَدًا وَكَذَلِكَ أَهْلُ النَّارِ  » . وَبِهَذَا الإِسْنَادِ عَنِ النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم قَالَ  » إِنَّ عَلَيْهِمُ التِّيجَانَ إِنَّ أَدْنَى لُؤْلُؤَةٍ مِنْهَا لَتُضِيءُ مَا بَيْنَ الْمَشْرِقِ وَالْمَغْرِبِ « 

« Le plus bas des gens du Paradis aura quatre-vingt mille serviteurs et soixante-douze épouses… »

At-Tirmidhî (2562), d’après Abû Sa‘îd — at-Tirmidhî : gharîb ; al-Albânî : da‘îf (Da‘îf at-Tirmidhî). Le chiffre de soixante-douze est établi pour le martyr (hadith précédent), non pour tous ; ne pas généraliser.

« La femme est au dernier de ses époux. »

Abû ash-Shaykh, al-Bayhaqî, d’après Abû ad-Dardâ’ — al-Albânî : sahîh (as-Silsila as-Sahîha 1281) ; avec l’athar de Hudhayfa à son épouse : « Si tu veux être ma femme au Paradis, ne te remarie pas après moi, car la femme au Paradis est au dernier de ses époux ici-bas. »

عَنِ النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم قَالَ  » يُعْطَى الْمُؤْمِنُ فِي الْجَنَّةِ قُوَّةَ كَذَا وَكَذَا مِنَ الْجِمَاعِ  » . قِيلَ يَا رَسُولَ اللَّهِ أَوَيُطِيقُ ذَلِكَ قَالَ  » يُعْطَى قُوَّةَ مِائَةٍ  » . وَفِي الْبَابِ عَنْ زَيْدِ بْنِ أَرْقَمَ

« Le croyant reçoit au Paradis telle et telle force pour les relations conjugales. » On demanda : « Ô Messager d’Allah, en sera-t-il capable ? » Il dit : « On lui donne la force de cent. »

At-Tirmidhî (2536), d’après Anas — at-Tirmidhî : sahîh gharîb ; al-Albânî : sahîh. À dire sobrement, en une phrase, ou à omettre à l’antenne.

Le hadith de la vieille femme : une femme âgée demanda au Prophète ﷺ d’invoquer pour qu’elle entre au Paradis ; il dit : « Les vieilles femmes n’entrent pas au Paradis » ; elle pleura ; il dit : « Tu n’y entreras pas vieille : Allah dit : Nous les avons créées d’une création nouvelle, et Nous en avons fait des vierges. »

At-Tirmidhî, ash-Shamâ’il (240) ; al-Bayhaqî — chaîne discutée (mursal) ; al-Albânî : da‘îf dans Mukhtasar ash-Shamâ’il, mais le sens est celui du verset 56:35-37 tel que le lisent les anciens. Ne pas le citer comme hadith ; citer le verset.

Umm Salama demanda : « Ô Messager d’Allah, les femmes de ce monde sont-elles meilleures, ou les houris ? » Il répondit : « Les femmes de ce monde sont meilleures que les houris, comme l’endroit d’une étoffe est meilleur que son envers », parce qu’elles ont prié, jeûné et adoré.

At-Tabarânî (al-Mu‘jam al-Awsat), d’après Umm Salama — chaîne faible (al-Haythamî, Majma‘ az-zawâ’id). Le sens est retenu par Ibn al-Qayyim (Hâdî al-arwâh) à partir des textes sur le mérite des œuvres ; à présenter comme avis des savants, non comme hadith.

La lecture des savants

Ibn al-Qayyim (Hâdî al-arwâh, chapitres sur les épouses du Paradis et sur les femmes de ce monde au Paradis) est la source la plus complète et la plus sobre : il commente chaque mot du Coran, purifiées (2:25) de tout ce qui souille ici-bas, au regard réservé (55:56 ; 37:48) c’est-à-dire ne regardant que leur époux, d’âge égal (56:37), aimantes (56:37, ‘urub), et il tient que les femmes de ce monde y sont d’un rang plus élevé que les houris. An-Nawawî (Sharh Muslim, hadith 2834) commente les « deux épouses » et rappelle que le hadith de la tente de perle (étape 19) parle d’« épouses » au pluriel, sans nombre ; Ibn Hajar (Fath al-Bârî, sur 3245) rapporte les conciliations : deux houris au minimum, et au-delà selon les degrés. Ibn Kathîr (Tafsîr, 56:35) rapporte des anciens que « Nous les avons créées d’une création nouvelle » vise les femmes de ce monde, vieilles ou jeunes, recréées, et il cite sur 36:56 que « leurs épouses » sont leurs épouses d’ici-bas si elles sont croyantes. Al-Qurtubî (at-Tadhkira, chapitre sur les houris) rappelle enfin la règle de tout ce chapitre : le Coran décrit la pureté et la beauté ; ce qui va au-delà, dans les prêches, vient de récits faibles ou de l’imagination des conteurs, et n’a pas à être dit.

Termes et paroles des anciens

Terme Explication Source
Hûr ‘în (44:54 ; 56:22) Hûr, pluriel de hawrâ’ : dont le blanc de l’œil est très blanc et le noir très noir (Ibn Mas‘ûd, Ibn ‘Abbâs) ; ‘în : aux grands yeux. Le mot ne dit que le regard. Ibn Kathîr, Tafsîr (44:54) ; at-Tabarî
Qâsirât at-tarf (37:48 ; 55:56) Qui retiennent leur regard : elles ne regardent que leur époux et ne désirent nul autre (Ibn ‘Abbâs, Qatâda, Mujâhid). Ibn Kathîr, Tafsîr (37:48)
‘Urub (56:37) Aimantes et affectueuses envers leurs époux (Ibn ‘Abbâs, Qatâda, ‘Ikrima) ; Ibn ‘Abbâs ajoute : « douces de parole ». Ibn Kathîr, Tafsîr (56:37)
Atrâb (56:37 ; 38:52 ; 78:33) D’âge égal entre elles, et avec leurs époux (Mujâhid) ; certains anciens : trente-trois ans, âge des gens du Paradis. Ibn Kathîr, Tafsîr (56:37)
Kawâ‘ib (78:33) De ka‘b : aux formes pleines, jeunes ; Ibn ‘Abbâs et Mujâhid : « nawâhid ». Le mot dit l’âge, non davantage. At-Tabarî ; Ibn Kathîr (78:33)
Bayd maknûn (37:49) Œufs bien gardés : la couleur de la membrane sous la coquille, d’un blanc teinté de jaune, que la main n’a pas touchée (Ibn ‘Abbâs, al-Hasan). Ibn Kathîr, Tafsîr (37:49)
Maqsûrât fil-khiyâm (55:72) Retirées, gardées dans les tentes, ne sortant pas (Ibn ‘Abbâs) ; les tentes sont celles du hadith de la perle creuse. Ibn Kathîr, Tafsîr (55:72)
Insha’nâhunna inshâ’an (56:35) « Nous les avons créées d’une création nouvelle » : les anciens y voient les femmes de ce monde, recréées jeunes ; Ibn ‘Abbâs, al-Hasan, Qatâda. Ibn Kathîr, Tafsîr (56:35)

Ibn ‘Abbâs disait, sur 56:35-37 : « Ce sont les femmes de ce monde, vieilles ou jeunes ; Allah les recrée jeunes, vierges, aimantes, d’âge égal. »

At-Tabarî et Ibn Abî Hâtim (56:35) ; Ibn Kathîr — athar de Compagnon

Umm Salama demanda au Prophète ﷺ le sens de « comme des œufs bien gardés », de « qâsirât at-tarf », de « ‘uruban atrâban », et le sort des femmes de ce monde. Le récit de ses questions et des réponses est rapporté par at-Tabarânî avec une chaîne faible ; les explications des termes qu’il contient rejoignent celles des exégètes ci-dessus.

At-Tabarânî, al-Mu‘jam al-Awsat ; al-Haythamî : chaîne faible — à ne pas citer comme hadith

Ibn Mas‘ûd disait : « Chaque femme du Paradis porte soixante-dix vêtements, et l’on voit la moelle de sa jambe à travers, comme on voit le vin dans un verre. »

Ibn Abî ad-Dunyâ ; al-Qurtubî (at-Tadhkira) — athar de Compagnon ; le fond (la moelle visible) est dans al-Bukhârî 3254 ; le chiffre est de l’athar

Ce que les textes ne disent pas

  • Le nombre d’épouses pour chacun : « deux » dans le hadith de la première troupe, « des épouses » sans nombre dans la tente de perle, soixante-douze pour le martyr ; rien de plus.
  • La description physique au-delà des comparaisons coraniques (rubis, corail, perle, œuf gardé) et de la lumière du hadith d’Anas ; les descriptions détaillées qui circulent sont des récits faibles ou forgés (annexe G).
  • Ce que reçoit précisément une femme dont l’époux n’entre pas au Paradis : les savants disent qu’Allah la marie à un homme du Paradis ; c’est un avis fondé sur « il n’y a pas de célibataire », non un hadith explicite.
Pour le récit — Traiter la séquence avec la retenue du Coran lui-même : les mots sont pureté, beauté, amour, âge égal, regard réservé. Ouvrir par la parenthèse sur les femmes, parce que c’est la première objection que le public formulera ; la placer avant les textes désarme la question. Ne donner aucun chiffre sauf celui du martyr, sourcé. Fermer sur le hadith d’Anas : le voile qu’elle porte vaut mieux que ce monde.

Transition — Au Paradis, on ne vit pas seul ni entre époux seulement : on y retrouve les siens, on s’y rend visite, et il y a un jour où tout le monde se réunit. → étape suivante