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Quatrième partie — Les livres des savants · Chapitre XXVII sur XXVIII
XXVII. Synthèse
Termes et graphies : taqlīd (taqlid) · ijtihād (ijtihad) · uṣūl al-fiqh (usul al-fiqh).
Ce qui est établi
- Le non-savant doit apprendre sa religion auprès des savants. Ibn ʿAbd al-Barr rapporte qu’il n’y a pas de divergence sur ce point ; al-Ghazālī, Ibn Qudāma et al-Āmidī le fondent sur le consensus des compagnons. Même les critiques du mot taqlīd, comme Ibn Ḥazm et al-Shawkānī, demandent au commun d’interroger le savant et d’agir selon sa réponse.
- La recherche systématique des facilités est interdite. Ibn ʿAbd al-Barr la déclare interdite par consensus ; tous les auteurs étudiés la condamnent, ceux qui imposent une école comme ceux qui ne l’imposent pas.
- Aucun imam n’est infaillible. Tous l’affirment, et les quatre imams l’ont dit eux-mêmes.
- Le fanatisme d’école est blâmable. Ibn Taymiyya, Shāh Waliyyullāh, al-Fullānī et Bakr Abū Zayd le condamnent ; Shāh Waliyyullāh juge contraire au consensus des premiers siècles le fait d’interdire au hanafite de consulter un shafiʿite.
- Suivre une école est légitime. Shāh Waliyyullāh rapporte l’accord de la communauté sur la licéité de suivre les quatre écoles. Ibn Taymiyya, qui refuse l’obligation, déclare louable et récompensé celui qui suit les savants parce qu’il en a besoin.
Ce qui est disputé
- L’obligation de s’attacher à une école déterminée. C’est l’avis le plus correct selon al-Subkī et les uṣūlistes malikites de Nashr al-bunūd, et la position d’Ibn al-Ṣalāḥ, d’Ibn Rajab et d’al-Laqānī. Al-Nawawī dans la Rawḍa, Ibn Taymiyya, Ibn al-Qayyim et al-Shinqīṭī le refusent. Les deux camps s’accordent sur le but : empêcher que le commun choisisse selon sa passion.
- Le changement d’école. Permis selon l’avis le plus correct chez al-Rāfiʿī, à condition de ne pas chercher les facilités ; interdit dans les questions où l’on a déjà agi selon al-Āmidī.
- La restriction aux quatre écoles. Défendue par Ibn Rajab, al-Juwaynī et al-Bājūrī en raison de la fiabilité des écoles consignées ; contestée par ceux qui refusent toute limitation de principe.
La position que retient ce dossier
Le musulman qui n’a pas les outils de l’ijtihād doit apprendre sa religion auprès des savants : c’est établi. Pour lui, l’attachement à l’une des quatre écoles est la voie la plus sûre. Cette voie est obligatoire selon une grande partie des juristes postérieurs, et permise et louable selon les autres. Elle met en pratique ce sur quoi tous s’accordent : apprendre auprès de ceux qui savent, ne pas suivre sa passion, ne pas chercher les facilités.
Cet attachement n’est pas un enfermement. Le savant compétent suit la preuve quand elle est établie ; le non-savant peut suivre ponctuellement l’avis d’une autre école pour un besoin réel, sur le conseil d’un savant ; et nul n’a le droit d’imposer son école aux autres ni de mépriser celle de son frère.
Enfin, suivre une école, c’est suivre le Coran et la Sunna avec la compréhension des Salaf. Al-Juwaynī le dit à sa manière : la masse suit les écoles des imams qui ont sondé, examiné et ordonné la science des compagnons. Et Ibn Taymiyya le confirme : les imams sont des moyens, des voies et des indicateurs entre les gens et le Messager ﷺ.
CONCLUSION
Et Allah est le plus savant.
