Volet 1 · Le voyage · chapitre 2 sur 19
Les textes du trésor
« Quiconque accomplit le pèlerinage pour Allah sans commettre d’obscénité ni de transgression revient comme au jour où sa mère l’a enfanté. »
Rapporté par Al-Bukhârî (n° 1521) et Muslim (n° 1350), d’après Abû Hurayra
« La ‘umra jusqu’à la ‘umra est une expiation de ce qui est entre elles — et le hajj mabrûr n’a d’autre récompense que le Paradis. »
Rapporté par Al-Bukhârî (n° 1773) et Muslim (n° 1349), d’après Abû Hurayra
Comme au jour où sa mère l’a enfanté : la page blanche absolue — l’homme de cinquante ans qui redescend de ‘Arafât avec le casier d’un nouveau-né ; nulle autre œuvre du corpus ne reçoit cette image de la seconde naissance. Et le hajj mabrûr — le pèlerinage agréé, accompli selon la Sunna, financé au licite, sans obscénité ni dispute, et suivi d’une vie meilleure — a son tarif unique : le Paradis, sans intermédiaire ni détail. Le Prophète l’a classé au sommet des œuvres — interrogé sur la meilleure : la foi en Allah et Son Messager ; puis ? le jihâd sur le chemin d’Allah ; puis ? un hajj mabrûr (Al-Bukhârî n° 26) — et il en a fait le combat de celles qui ne combattent pas : à ‘Â’isha demandant si les femmes n’avaient pas leur part du jihâd, il répondit — le meilleur des jihâd pour vous : un hajj mabrûr (Al-Bukhârî n° 1520). Ajoutez le titre que la Sunna donne aux pèlerins : la délégation d’Allah — s’ils L’invoquent, Il leur répond ; s’ils Lui demandent pardon, Il leur pardonne (Ibn Mâjah n° 2892 — jugé recevable) : le hajj est une convocation, et les convoqués voyagent aux frais d’honneur du Roi.
Le miracle de la convocation
« Nous lui avons ordonné d’appeler les hommes à venir y accomplir le pèlerinage à pied ou sur toute monture efflanquée, en provenance des contrées les plus éloignées »
Coran 22:27
Car convocation il y a — et elle a une date de lancement. Lorsque la Maison fut rebâtie, l’ordre tomba sur Ibrâhîm : appelle les hommes au pèlerinage — ils viendront à pied et sur toute monture efflanquée, des contrées les plus éloignées. Mesurez la scène du point de vue humain : un vieil homme, seul, dans une vallée déserte sans habitants ni routes, reçoit l’ordre d’appeler l’humanité — vers quoi ? un cube de pierre au milieu de rien. Il appela. Et voici le constat, vérifiable chaque année depuis : des millions d’êtres humains, de toutes les contrées de la terre, à pied, en avion, en fauteuil roulant, répondent à cet appel — des dizaines de siècles plus tard, sans interruption, en croissance constante. Aucun événement humain récurrent n’approche cette ampleur ni cette durée. Le verset annonçait la réponse au futur ; l’histoire l’a conjuguée au présent perpétuel — et chaque pèlerin qui prononce la talbiya répond, littéralement, à la voix d’un homme mort il y a des millénaires : me voici. Voilà le pilier qu’il nous reste à visiter ; commençons par sa destination.