Étape 10 — Le Compte, les registres et la Balance

ÉTAPE 10 Le Compte, les registres et la Balance Le grand voyage — de l’agonie aux portes de l’Enfer

En une phrase : chaque nation est appelée avec son prophète, chacun reçoit son livre dans la main droite ou la main gauche, Allah parle à chacun sans interprète, couvre le croyant de Son voile et expose les autres, puis les œuvres sont pesées dans une Balance réelle où une carte de témoignage peut l’emporter sur quatre-vingt-dix-neuf registres.

Chronologie interne du Compte : certain, probable, non établi

  • Certain : il y a un Compte, une remise des registres, un témoignage des messagers et de cette communauté, et une pesée ; chacun parle avec son Seigneur sans interprète (Coran ; al-Bukhârî 6539).
  • Probable : les registres sont remis avant la pesée (69:19-26 puis 101:6-9 ; al-Qurtubî, at-Tadhkira, « ordre des événements du Jour ») ; le témoignage des messagers précède le verdict (4:41).
  • Non établi : l’ordre entre « la première chose dont il aura à rendre compte : la prière » et « la première chose jugée entre les gens : le sang » ; les savants concilient en distinguant les droits d’Allah (la prière vient en premier) et les droits des hommes (le sang vient en premier) ; voir Ibn Rajab, Jâmi‘ al-‘ulûm wa al-hikam (hadith 14) et Ibn Hajar (Fath al-Bârî, sur 6533). L’entretien à voix basse, le hadith du failli et celui de la carte décrivent des scènes dont l’ordre relatif n’est pas donné.

Le récit peut enchaîner ces scènes, à condition de ne pas dire « puis » comme si l’ordre était révélé.

Les textes

يَوْمَ نَدْعُواْ كُلَّ أُنَاسِۭ بِإِمَٰمِهِمْۖ فَمَنْ أُوتِيَ كِتَٰبَهُو بِيَمِينِهِي فَأُوْلَـٰٓئِكَ يَقْرَءُونَ كِتَٰبَهُمْ وَلَا يُظْلَمُونَ فَتِيلٗا ﴿71﴾

Le Jour où Nous appellerons chaque groupe d’hommes avec son guide : celui à qui son livre sera remis dans la main droite le lira, et ils ne seront pas lésés d’un fil.

Coran 17:71

فَأَمَّا مَنْ أُوتِيَ كِتَٰبَهُو بِيَمِينِهِي فَيَقُولُ هَآؤُمُ اقْرَءُواْ كِتَٰبِيَهْ ﴿19﴾ إِنِّي ظَنَنتُ أَنِّي مُلَٰقٍ حِسَابِيَهْ ﴿20﴾ فَهُوَ فِي عِيشَةٖ رَّاضِيَةٖ ﴿21﴾ فِي جَنَّةٍ عَالِيَةٖ ﴿22﴾ قُطُوفُهَا دَانِيَةٞ ﴿23﴾ كُلُواْ وَاشْرَبُواْ هَنِيٓـَٔۢا بِمَآ أَسْلَفْتُمْ فِي الْأَيَّامِ الْخَالِيَةِ ﴿24﴾ وَأَمَّا مَنْ أُوتِيَ كِتَٰبَهُو بِشِمَالِهِي فَيَقُولُ يَٰلَيْتَنِي لَمْ أُوتَ كِتَٰبِيَهْ ﴿25﴾ وَلَمْ أَدْرِ مَا حِسَابِيَهْ ﴿26﴾ يَٰلَيْتَهَا كَانَتِ الْقَاضِيَةَ ﴿27﴾ مَآ أَغْنَىٰ عَنِّي مَالِيَهْۜ ﴿28﴾ هَلَكَ عَنِّي سُلْطَٰنِيَهْ ﴿29﴾

Quant à celui à qui son livre sera remis dans la main droite, il dira : « Tenez, lisez mon livre ! Je savais que je rencontrerais mon compte. » (…) Quant à celui à qui son livre sera remis dans la main gauche, il dira : « Ah ! si l’on ne m’avait pas remis mon livre, si je n’avais jamais su ce qu’était mon compte ! Ah ! si tout avait été fini ! Ma richesse ne m’a servi de rien, mon pouvoir m’a quitté. »

Coran 69:19-29

وَوُضِعَ الْكِتَٰبُ فَتَرَى الْمُجْرِمِينَ مُشْفِقِينَ مِمَّا فِيهِ وَيَقُولُونَ يَٰوَيْلَتَنَا مَالِ هَٰذَا الْكِتَٰبِ لَا يُغَادِرُ صَغِيرَةٗ وَلَا كَبِيرَةً إِلَّآ أَحْصَىٰهَاۚ وَوَجَدُواْ مَا عَمِلُواْ حَاضِرٗاۗ وَلَا يَظْلِمُ رَبُّكَ أَحَدٗا ﴿49﴾

Le Livre sera déposé, et tu verras les criminels effrayés de ce qu’il contient. Ils diront : « Malheur à nous ! Qu’a donc ce livre à n’omettre ni petit ni grand sans le compter ? » Ils trouveront présent ce qu’ils ont fait, et ton Seigneur ne lèse personne.

Coran 18:49

وَنَضَعُ الْمَوَٰزِينَ الْقِسْطَ لِيَوْمِ الْقِيَٰمَةِ فَلَا تُظْلَمُ نَفْسٞ شَيْـٔٗاۖ وَإِن كَانَ مِثْقَالَ حَبَّةٖ مِّنْ خَرْدَلٍ أَتَيْنَا بِهَاۗ وَكَفَىٰ بِنَا حَٰسِبِينَ ﴿47﴾

Nous placerons les balances justes au Jour de la Résurrection : aucune âme ne sera lésée en rien ; fût-ce le poids d’un grain de moutarde, Nous le ferons venir. Nous suffisons pour compter.

Coran 21:47

فَمَن ثَقُلَتْ مَوَٰزِينُهُو فَأُوْلَـٰٓئِكَ هُمُ الْمُفْلِحُونَ ﴿102﴾ وَمَنْ خَفَّتْ مَوَٰزِينُهُو فَأُوْلَـٰٓئِكَ الَّذِينَ خَسِرُوٓاْ أَنفُسَهُمْ فِي جَهَنَّمَ خَٰلِدُونَ ﴿103﴾

Ceux dont les balances seront lourdes, ceux-là auront réussi ; ceux dont les balances seront légères, ceux-là auront perdu leurs âmes ; ils demeureront éternellement dans l’Enfer.

Coran 23:102-103

الْيَوْمَ نَخْتِمُ عَلَىٰٓ أَفْوَٰهِهِمْ وَتُكَلِّمُنَآ أَيْدِيهِمْ وَتَشْهَدُ أَرْجُلُهُم بِمَا كَانُواْ يَكْسِبُونَ ﴿65﴾

Ce Jour-là, Nous scellerons leurs bouches ; leurs mains Nous parleront, et leurs pieds témoigneront de ce qu’ils acquéraient.

Coran 36:65

وَكَذَٰلِكَ جَعَلْنَٰكُمْ أُمَّةٗ وَسَطٗا لِّتَكُونُواْ شُهَدَآءَ عَلَى النَّاسِ وَيَكُونَ الرَّسُولُ عَلَيْكُمْ شَهِيدٗاۗ وَمَا جَعَلْنَا الْقِبْلَةَ الَّتِي كُنتَ عَلَيْهَآ إِلَّا لِنَعْلَمَ مَن يَتَّبِعُ الرَّسُولَ مِمَّن يَنقَلِبُ عَلَىٰ عَقِبَيْهِۚ وَإِن كَانَتْ لَكَبِيرَةً إِلَّا عَلَى الَّذِينَ هَدَى اللَّهُۗ وَمَا كَانَ اللَّهُ لِيُضِيعَ إِيمَٰنَكُمْۚ إِنَّ اللَّهَ بِالنَّاسِ لَرَءُوفٞ رَّحِيمٞ ﴿143﴾

Ainsi avons-Nous fait de vous une communauté du juste milieu, afin que vous soyez témoins contre les hommes, et que le Messager soit témoin contre vous.

Coran 2:143

عَنْ صَفْوَانَ بْنِ مُحْرِزٍ الْمَازِنِيِّ، قَالَ بَيْنَمَا أَنَا أَمْشِي، مَعَ ابْنِ عُمَرَ ـ رضى الله عنهما ـ آخِذٌ بِيَدِهِ إِذْ عَرَضَ رَجُلٌ، فَقَالَ كَيْفَ سَمِعْتَ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم فِي النَّجْوَى فَقَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم يَقُولُ  » إِنَّ اللَّهَ يُدْنِي الْمُؤْمِنَ فَيَضَعُ عَلَيْهِ كَنَفَهُ، وَيَسْتُرُهُ فَيَقُولُ أَتَعْرِفُ ذَنْبَ كَذَا أَتَعْرِفُ ذَنْبَ كَذَا فَيَقُولُ نَعَمْ أَىْ رَبِّ. حَتَّى إِذَا قَرَّرَهُ بِذُنُوبِهِ وَرَأَى فِي نَفْسِهِ أَنَّهُ هَلَكَ قَالَ سَتَرْتُهَا عَلَيْكَ فِي الدُّنْيَا، وَأَنَا أَغْفِرُهَا لَكَ الْيَوْمَ. فَيُعْطَى كِتَابَ حَسَنَاتِهِ، وَأَمَّا الْكَافِرُ وَالْمُنَافِقُونَ فَيَقُولُ الأَشْهَادُ هَؤُلاَءِ الَّذِينَ كَذَبُوا عَلَى رَبِّهِمْ، أَلاَ لَعْنَةُ اللَّهِ عَلَى الظَّالِمِينَ « 

« Allah rapprochera le croyant, posera sur lui Son voile et le couvrira, et lui dira : Reconnais-tu tel péché ? Reconnais-tu tel péché ? Il dira : Oui, Seigneur. Jusqu’à ce qu’Il lui ait fait reconnaître ses péchés et qu’il se voie perdu, Il dira : Je les ai couverts pour toi ici-bas, et Je te les pardonne aujourd’hui. Et on lui remettra le livre de ses bonnes œuvres. Quant aux mécréants et aux hypocrites, les témoins diront : Ceux-là ont menti sur leur Seigneur ; la malédiction d’Allah sur les injustes ! »

Al-Bukhârî (2441) et Muslim (2768), d’après Ibn ‘Umar

أَنَّ عَائِشَةَ، زَوْجَ النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم كَانَتْ لاَ تَسْمَعُ شَيْئًا لاَ تَعْرِفُهُ إِلاَّ رَاجَعَتْ فِيهِ حَتَّى تَعْرِفَهُ، وَأَنَّ النَّبِيَّ صلى الله عليه وسلم قَالَ  » مَنْ حُوسِبَ عُذِّبَ « . قَالَتْ عَائِشَةُ فَقُلْتُ أَوَ لَيْسَ يَقُولُ اللَّهُ تَعَالَى {فَسَوْفَ يُحَاسَبُ حِسَابًا يَسِيرًا} قَالَتْ فَقَالَ  » إِنَّمَا ذَلِكَ الْعَرْضُ، وَلَكِنْ مَنْ نُوقِشَ الْحِسَابَ يَهْلِكْ « 

« Quiconque verra son compte examiné en détail sera châtié. » ‘Â’isha dit : « Allah n’a-t-Il pas dit : il sera soumis à un compte facile ? » Il répondit : « Ce n’est là que la présentation des œuvres ; mais quiconque verra son compte discuté sera perdu. »

Al-Bukhârî (103) et Muslim (2876)

عَنْ عَدِيِّ بْنِ حَاتِمٍ، قَالَ قَالَ النَّبِيُّ صلى الله عليه وسلم  » مَا مِنْكُمْ مِنْ أَحَدٍ إِلاَّ وَسَيُكَلِّمُهُ اللَّهُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ، لَيْسَ بَيْنَ اللَّهِ وَبَيْنَهُ تُرْجُمَانٌ، ثُمَّ يَنْظُرُ فَلاَ يَرَى شَيْئًا قُدَّامَهُ، ثُمَّ يَنْظُرُ بَيْنَ يَدَيْهِ فَتَسْتَقْبِلُهُ النَّارُ، فَمَنِ اسْتَطَاعَ مِنْكُمْ أَنْ يَتَّقِيَ النَّارَ وَلَوْ بِشِقِّ تَمْرَةٍ « 

« Il n’est aucun de vous à qui son Seigneur ne parlera, sans interprète entre eux. Il regardera à sa droite : il ne verra que ce qu’il a fait ; il regardera à sa gauche : il ne verra que ce qu’il a fait ; il regardera devant lui : il ne verra que le Feu, face à lui. Protégez-vous donc du Feu, ne serait-ce qu’avec une moitié de datte. »

Al-Bukhârî (6539, 7512) et Muslim (1016), d’après ‘Adî ibn Hâtim

عَنْ أَنَسِ بْنِ حَكِيمٍ الضَّبِّيِّ، قَالَ خَافَ مِنْ زِيَادٍ أَوِ ابْنِ زِيَادٍ فَأَتَى الْمَدِينَةَ فَلَقِيَ أَبَا هُرَيْرَةَ قَالَ فَنَسَبَنِي فَانْتَسَبْتُ لَهُ فَقَالَ يَا فَتَى أَلاَ أُحَدِّثُكَ حَدِيثًا قَالَ قُلْتُ بَلَى رَحِمَكَ اللَّهُ . قَالَ يُونُسُ أَحْسِبُهُ ذَكَرَهُ عَنِ النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم قَالَ  » إِنَّ أَوَّلَ مَا يُحَاسَبُ النَّاسُ بِهِ يَوْمَ الْقِيَامَةِ مِنْ أَعْمَالِهِمُ الصَّلاَةُ قَالَ يَقُولُ رَبُّنَا جَلَّ وَعَزَّ لِمَلاَئِكَتِهِ وَهُوَ أَعْلَمُ انْظُرُوا فِي صَلاَةِ عَبْدِي أَتَمَّهَا أَمْ نَقَصَهَا فَإِنْ كَانَتْ تَامَّةً كُتِبَتْ لَهُ تَامَّةً وَإِنْ كَانَ انْتَقَصَ مِنْهَا شَيْئًا قَالَ انْظُرُوا هَلْ لِعَبْدِي مِنْ تَطَوُّعٍ فَإِنْ كَانَ لَهُ تَطَوُّعٌ قَالَ أَتِمُّوا لِعَبْدِي فَرِيضَتَهُ مِنْ تَطَوُّعِهِ ثُمَّ تُؤْخَذُ الأَعْمَالُ عَلَى ذَاكُمْ « 

« La première chose dont le serviteur aura à rendre compte au Jour de la Résurrection parmi ses œuvres sera sa prière : si elle est bonne, il aura réussi et gagné ; si elle est mauvaise, il aura échoué et perdu. Si quelque chose manque à ses prières obligatoires, le Seigneur dira : Voyez si Mon serviteur a des prières surérogatoires, pour compléter ce qui manque à l’obligation. Puis il en sera de même pour le reste de ses œuvres. »

Abû Dâwûd (864), at-Tirmidhî (413), an-Nasâ’î (465), d’après Abû Hurayra — sahîh (al-Albânî)

سَمِعْتُ عَبْدَ اللَّهِ ـ رضى الله عنه ـ قَالَ النَّبِيُّ صلى الله عليه وسلم  » أَوَّلُ مَا يُقْضَى بَيْنَ النَّاسِ بِالدِّمَاءِ « 

« La première chose qui sera jugée entre les gens au Jour de la Résurrection, ce sera le sang versé. »

Al-Bukhârî (6533) et Muslim (1678), d’après Ibn Mas‘ûd

عَنْ أَبِي بَرْزَةَ الأَسْلَمِيِّ، قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم  » لاَ تَزُولُ قَدَمَا عَبْدٍ يَوْمَ الْقِيَامَةِ حَتَّى يُسْأَلَ عَنْ عُمْرِهِ فِيمَا أَفْنَاهُ وَعَنْ عِلْمِهِ فِيمَا فَعَلَ وَعَنْ مَالِهِ مِنْ أَيْنَ اكْتَسَبَهُ وَفِيمَا أَنْفَقَهُ وَعَنْ جِسْمِهِ فِيمَا أَبْلاَهُ  » . قَالَ

« Les pieds du serviteur ne bougeront pas au Jour de la Résurrection avant qu’il ne soit interrogé sur sa vie, comment il l’a dépensée ; sur sa science, ce qu’il en a fait ; sur ses biens, d’où il les a acquis et à quoi il les a dépensés ; et sur son corps, à quoi il l’a usé. »

At-Tirmidhî (2417), d’après Abû Barza — at-Tirmidhî : hasan sahîh ; al-Albânî : sahîh

أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم قَالَ  » أَتَدْرُونَ مَا الْمُفْلِسُ  » . قَالُوا الْمُفْلِسُ فِينَا مَنْ لاَ دِرْهَمَ لَهُ وَلاَ مَتَاعَ . فَقَالَ  » إِنَّ الْمُفْلِسَ مِنْ أُمَّتِي يَأْتِي يَوْمَ الْقِيَامَةِ بِصَلاَةٍ وَصِيَامٍ وَزَكَاةٍ وَيَأْتِي قَدْ شَتَمَ هَذَا وَقَذَفَ هَذَا وَأَكَلَ مَالَ هَذَا وَسَفَكَ دَمَ هَذَا وَضَرَبَ هَذَا فَيُعْطَى هَذَا مِنْ حَسَنَاتِهِ وَهَذَا مِنْ حَسَنَاتِهِ فَإِنْ فَنِيَتْ حَسَنَاتُهُ قَبْلَ أَنْ يُقْضَى مَا عَلَيْهِ أُخِذَ مِنْ خَطَايَاهُمْ فَطُرِحَتْ عَلَيْهِ ثُمَّ طُرِحَ فِي النَّارِ « 

« Savez-vous qui est le failli ? » Ils dirent : « Le failli, parmi nous, est celui qui n’a ni argent ni biens. » Il dit : « Le failli de ma communauté est celui qui viendra au Jour de la Résurrection avec prière, jeûne et zakât, mais qui aura insulté celui-ci, calomnié celui-là, mangé le bien de celui-ci, versé le sang de celui-là, frappé cet autre. On donnera à chacun d’eux de ses bonnes œuvres ; et si ses bonnes œuvres s’épuisent avant que sa dette ne soit acquittée, on prendra de leurs péchés pour les jeter sur lui, puis il sera jeté dans le Feu. »

Muslim (2581), d’après Abû Hurayra

عَنْ أَبِي عَبْدِ الرَّحْمَنِ الْمَعَافِرِيِّ، ثُمَّ الْحُبُلِيِّ قَالَ سَمِعْتُ عَبْدَ اللَّهِ بْنَ عَمْرِو بْنِ الْعَاصِ، يَقُولُ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم  » إِنَّ اللَّهَ سَيُخَلِّصُ رَجُلاً مِنْ أُمَّتِي عَلَى رُءُوسِ الْخَلاَئِقِ يَوْمَ الْقِيَامَةِ فَيَنْشُرُ عَلَيْهِ تِسْعَةً وَتِسْعِينَ سِجِلاًّ كُلُّ سِجِلٍّ مِثْلُ مَدِّ الْبَصَرِ ثُمَّ يَقُولُ أَتُنْكِرُ مِنْ هَذَا شَيْئًا أَظَلَمَكَ كَتَبَتِي الْحَافِظُونَ فَيَقُولُ لاَ يَا رَبِّ . فَيَقُولُ أَفَلَكَ عُذْرٌ فَيَقُولُ لاَ يَا رَبِّ . فَيَقُولُ بَلَى إِنَّ لَكَ عِنْدَنَا حَسَنَةً فَإِنَّهُ لاَ ظُلْمَ عَلَيْكَ الْيَوْمَ فَتَخْرُجُ بِطَاقَةٌ فِيهَا أَشْهَدُ أَنْ لاَ إِلَهَ إِلاَّ اللَّهُ وَأَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا عَبْدُهُ وَرَسُولُهُ فَيَقُولُ احْضُرْ وَزْنَكَ فَيَقُولُ يَا رَبِّ مَا هَذِهِ الْبِطَاقَةُ مَعَ هَذِهِ السِّجِلاَّتِ فَقَالَ إِنَّكَ لاَ تُظْلَمُ . قَالَ فَتُوضَعُ السِّجِلاَّتُ فِي كِفَّةٍ وَالْبِطَاقَةُ فِي كِفَّةٍ فَطَاشَتِ السِّجِلاَّتُ وَثَقُلَتِ الْبِطَاقَةُ فَلاَ يَثْقُلُ مَعَ اسْمِ اللَّهِ شَيْءٌ « 

« Allah distinguera un homme de ma communauté devant les créatures au Jour de la Résurrection. On déploiera devant lui quatre-vingt-dix-neuf registres, chacun aussi long que porte le regard. Puis Il dira : Renies-tu quelque chose de ceci ? Mes scribes gardiens t’ont-ils fait tort ? Il dira : Non, Seigneur. — As-tu une excuse ? — Non, Seigneur. Il dira : Si. Tu as auprès de Nous une bonne œuvre, et aucune injustice ne te sera faite aujourd’hui. On sortira alors une carte sur laquelle est écrit : J’atteste qu’il n’y a de divinité qu’Allah et j’atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. Il dira : Assiste à ta pesée. L’homme dira : Seigneur, qu’est-ce que cette carte à côté de ces registres ? Il dira : On ne te fera aucune injustice. Les registres seront placés dans un plateau et la carte dans l’autre : les registres s’élèveront et la carte pèsera lourd. Rien ne pèse face au nom d’Allah. »

At-Tirmidhî (2639), Ibn Mâjah (4300), al-Hâkim, d’après ‘Abdullâh ibn ‘Amr — at-Tirmidhî : hasan gharîb ; al-Hâkim : sahîh ; al-Albânî : sahîh. Le hadith de la carte (al-bitâqa).

عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ ـ رضى الله عنه ـ عَنْ رَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم قَالَ  » إِنَّهُ لَيَأْتِي الرَّجُلُ الْعَظِيمُ السَّمِينُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ لاَ يَزِنُ عِنْدَ اللَّهِ جَنَاحَ بَعُوضَةٍ وَقَالَ اقْرَءُوا {فَلاَ نُقِيمُ لَهُمْ يَوْمَ الْقِيَامَةِ وَزْنًا} « . وَعَنْ يَحْيَى بْنِ بُكَيْرٍ عَنِ الْمُغِيرَةِ بْنِ عَبْدِ الرَّحْمَنِ عَنْ أَبِي الزِّنَادِ مِثْلَهُ

« On amènera au Jour de la Résurrection un homme énorme et gras, qui ne pèsera pas auprès d’Allah le poids d’une aile de moustique. » Puis il dit : « Lisez, si vous voulez : Nous ne leur accorderons aucun poids au Jour de la Résurrection. »

Al-Bukhârî (4729) et Muslim (2785), d’après Abû Hurayra

عَنْ أَبِي سَعِيدٍ، قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم  » يَجِيءُ نُوحٌ وَأُمَّتُهُ فَيَقُولُ اللَّهُ تَعَالَى هَلْ بَلَّغْتَ فَيَقُولُ نَعَمْ، أَىْ رَبِّ. فَيَقُولُ لأُمَّتِهِ هَلْ بَلَّغَكُمْ فَيَقُولُونَ لاَ، مَا جَاءَنَا مِنْ نَبِيٍّ. فَيَقُولُ لِنُوحٍ مَنْ يَشْهَدُ لَكَ فَيَقُولُ مُحَمَّدٌ صلى الله عليه وسلم وَأُمَّتُهُ، فَنَشْهَدُ أَنَّهُ قَدْ بَلَّغَ، وَهْوَ قَوْلُهُ جَلَّ ذِكْرُهُ {وَكَذَلِكَ جَعَلْنَاكُمْ أُمَّةً وَسَطًا لِتَكُونُوا شُهَدَاءَ عَلَى النَّاسِ} وَالْوَسَطُ الْعَدْلُ « 

« On appellera Noé au Jour de la Résurrection : As-tu transmis ? Il dira : Oui, Seigneur. On demandera à sa communauté : Vous a-t-il transmis ? Ils diront : Aucun avertisseur ne nous est venu. On lui dira : Qui témoigne pour toi ? Il dira : Muhammad et sa communauté. Vous témoignerez alors qu’il a transmis. » Puis il récita : « Ainsi avons-Nous fait de vous une communauté du juste milieu, afin que vous soyez témoins contre les hommes. »

Al-Bukhârî (3339, 4487), d’après Abû Sa‘îd

عَنْ أَنَسِ بْنِ مَالِكٍ، قَالَ كُنَّا عِنْدَ رَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم فَضَحِكَ فَقَالَ  » هَلْ تَدْرُونَ مِمَّ أَضْحَكُ  » . قَالَ قُلْنَا اللَّهُ وَرَسُولُهُ أَعْلَمُ . قَالَ  » مِنْ مُخَاطَبَةِ الْعَبْدِ رَبَّهُ يَقُولُ يَا رَبِّ أَلَمْ تُجِرْنِي مِنَ الظُّلْمِ قَالَ يَقُولُ بَلَى . قَالَ فَيَقُولُ فَإِنِّي لاَ أُجِيزُ عَلَى نَفْسِي إِلاَّ شَاهِدًا مِنِّي قَالَ فَيَقُولُ كَفَى بِنَفْسِكَ الْيَوْمَ عَلَيْكَ شَهِيدًا وَبِالْكِرَامِ الْكَاتِبِينَ شُهُودًا – قَالَ – فَيُخْتَمُ عَلَى فِيهِ فَيُقَالُ لأَرْكَانِهِ انْطِقِي . قَالَ فَتَنْطِقُ بِأَعْمَالِهِ – قَالَ – ثُمَّ يُخَلَّى بَيْنَهُ وَبَيْنَ الْكَلاَمِ – قَالَ – فَيَقُولُ بُعْدًا لَكُنَّ وَسُحْقًا . فَعَنْكُنَّ كُنْتُ أُنَاضِلُ « 

« … On dira : Aujourd’hui Nous envoyons contre toi un témoin de toi-même. Il se demandera : Qui témoignera contre moi ? On scellera sa bouche, et l’on dira à sa cuisse, sa chair et ses os : Parlez ! Et sa cuisse, sa chair et ses os parleront de ses œuvres. »

Muslim (2969), d’après Anas — extrait

عَنِ ابْنِ عُمَرَ ـ رضى الله عنهما ـ عَنِ النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم قَالَ  » الْغَادِرُ يُرْفَعُ لَهُ لِوَاءٌ يَوْمَ الْقِيَامَةِ، يُقَالُ هَذِهِ غَدْرَةُ فُلاَنِ بْنِ فُلاَنٍ « 

« Tout traître aura une bannière au Jour de la Résurrection, par laquelle on le reconnaîtra. »

Al-Bukhârî (6177) et Muslim (1735), d’après Ibn ‘Umar

 » عُرِضَتْ عَلَىَّ الأُمَمُ، فَجَعَلَ النَّبِيُّ وَالنَّبِيَّانِ يَمُرُّونَ مَعَهُمُ الرَّهْطُ، وَالنَّبِيُّ لَيْسَ مَعَهُ أَحَدٌ، حَتَّى رُفِعَ لِي سَوَادٌ عَظِيمٌ، قُلْتُ مَا هَذَا أُمَّتِي هَذِهِ قِيلَ هَذَا مُوسَى وَقَوْمُهُ. قِيلَ انْظُرْ إِلَى الأُفُقِ. فَإِذَا سَوَادٌ يَمْلأُ الأُفُقَ، ثُمَّ قِيلَ لِي انْظُرْ هَا هُنَا وَهَا هُنَا فِي آفَاقِ السَّمَاءِ فَإِذَا سَوَادٌ قَدْ مَلأَ الأُفُقَ قِيلَ هَذِهِ أُمَّتُكَ وَيَدْخُلُ الْجَنَّةَ مِنْ هَؤُلاَءِ سَبْعُونَ أَلْفًا بِغَيْرِ حِسَابٍ، ثُمَّ دَخَلَ وَلَمْ يُبَيِّنْ لَهُمْ فَأَفَاضَ الْقَوْمُ وَقَالُوا نَحْنُ الَّذِينَ آمَنَّا بِاللَّهِ، وَاتَّبَعْنَا رَسُولَهُ، فَنَحْنُ هُمْ أَوْ أَوْلاَدُنَا الَّذِينَ وُلِدُوا فِي الإِسْلاَمِ فَإِنَّا وُلِدْنَا فِي الْجَاهِلِيَّةِ. فَبَلَغَ النَّبِيَّ صلى الله عليه وسلم فَخَرَجَ فَقَالَ هُمُ الَّذِينَ لاَ يَسْتَرْقُونَ، وَلاَ يَتَطَيَّرُونَ، وَلاَ يَكْتَوُونَ وَعَلَى رَبِّهِمْ يَتَوَكَّلُونَ « . فَقَالَ عُكَّاشَةُ بْنُ مِحْصَنٍ أَمِنْهُمْ أَنَا يَا رَسُولَ اللَّهِ قَالَ  » نَعَمْ « . فَقَامَ آخَرُ فَقَالَ أَمِنْهُمْ أَنَا قَالَ  » سَبَقَكَ عُكَّاشَةُ « 

« Soixante-dix mille de ma communauté entreront au Paradis sans rendre de compte : ce sont ceux qui ne demandent pas d’exorcisme, ne tirent pas de présages, ne se font pas cautériser, et placent leur confiance en leur Seigneur. » ‘Ukkâsha se leva : « Invoque Allah pour que j’en sois. » Il dit : « Tu en es. » Un autre se leva ; il dit : « ‘Ukkâsha t’a devancé. »

Al-Bukhârî (5705, 6541) et Muslim (216, 220) — encadré secondaire : ce hadith concerne ceux qui échappent au Compte, non le déroulement de la pesée ; à placer au début ou à la fin de l’étape.

La lecture des savants

Al-Qurtubî (at-Tadhkira, chapitres sur le Compte et sur la Balance) décrit l’ordre du Compte tel que les textes le laissent apparaître, en avertissant que cet ordre est une reconstitution. Sur la Balance, les savants sunnites affirment qu’elle est réelle, dotée de deux plateaux, et qu’Allah y pèse ce qu’Il veut : les œuvres (7:8), les registres (hadith de la carte) ou la personne (hadith de l’homme gras) ; Ibn Abî al-‘Izz (Sharh at-Tahâwiyya, article sur la Balance) réunit ces trois lectures sans les opposer, puisque les textes les portent toutes. Sur le hadith du croyant que son Seigneur couvre de Son voile, an-Nawawî (Sharh Muslim, hadith 2768) y voit la scène la plus consolante du Jugement : un entretien à voix basse qui commence par l’aveu et finit par le pardon. Sur le failli, Ibn Rajab (Jâmi‘ al-‘ulûm, hadith 14, et Sharh hadith « al-muflis ») rappelle qu’il s’agit des droits des hommes, que ni prière ni jeûne n’effacent.

Ce que les textes ne disent pas

  • La forme de la Balance au-delà de ses deux plateaux et de ce qu’on y pèse.
  • L’ordre relatif des scènes (entretien, carte, failli) : voir la fiche ci-dessus.
  • La durée du Compte pour chacun : « un compte facile » (84:8) pour les uns, un examen détaillé pour les autres.
Pour le récit — Deux tableaux à monter en alternance : l’entretien à voix basse du croyant, et l’homme aux quatre-vingt-dix-neuf registres qui n’a aucune excuse, sauvé par une carte. Dire « et aussi » plutôt que « puis » entre ces scènes. Le hadith du failli est la charnière morale vers l’Enfer : on y arrive souvent avec ses prières intactes, et les droits des autres non réglés.

Transition — Un grondement monte à l’horizon. Ce que l’on entend approcher, tiré par des anges, c’est l’Enfer. → étape suivante