L’arbre de l’éternité : transhumanisme, intelligence artificielle et la fin de la transmission

Réponses · Idéologies modernes

L’arbre de l’éternité

Transhumanisme, intelligence artificielle et la fin de la transmission

« Le Diable le tenta en disant : “Ô Adam, t’indiquerai-je l’arbre de l’éternité et un royaume impérissable ?” »Coran, Tâ-Hâ, 20:120

Des médecins qui s’en remettent à une machine pour poser un diagnostic, des élèves qui ne mémorisent plus, des réponses achetées par ceux qui ont les moyens de les acheter, des milliardaires qui financent la « mort de la mort », des puces dans le cerveau, des embryons triés sur catalogue : tout cela n’est pas une suite d’accidents. C’est un projet. Il a un nom, une histoire, des théoriciens, des financiers et un objectif. Ce dossier remonte à la source, nomme ceux qui le portent, expose ce qu’il veut, montre ce qu’il produit déjà, détaille les dangers qu’il masque, et rappelle ce que l’islam y oppose : non pas un refus de la technique, mais une autre idée de l’homme, de l’âme, de la mort, du savoir, de la confiance et de la terre.

Douze chapitres et des annexes, à lire dans l’ordre ou séparément. Chaque vignette ouvre un chapitre ; chaque chapitre renvoie au suivant.

Avertissement de méthode

  1. Ce dossier ne diabolise pas la technique. Le Prophète ﷺ a ordonné de se soigner, il a autorisé un compagnon à porter un nez en or, et l’islam classique n’a jamais confondu l’outil et l’idole. Ce dossier est publié sur un site web et a été préparé avec les outils de son époque. La question n’est pas l’outil : c’est le siège de l’autorité, l’objet de la confiance et la définition de l’homme.
  2. Il distingue ce que les transhumanistes disent vouloir et ce que leur projet produit. On ne prêtera à personne une intention qu’il n’a pas exprimée. Mais on citera ceux qui l’ont exprimée, et ils sont nombreux, et on décrira des effets déjà mesurés.
  3. Il s’appuie sur des sources classiques. Coran, hadiths des recueils reconnus, tafsîr de Tabarî, Ibn Kathîr et Qurtubî, œuvres de Ghazâlî, Ibn Khaldûn, Shâtibî, Ibn al-Qayyim et Nawawî ; pour la partie historique, les textes des transhumanistes eux-mêmes plutôt que ceux de leurs détracteurs.
  4. Il distingue trois niveaux qu’on confond trop souvent. Le soin (réparer une maladie, restaurer une fonction perdue), l’assistance (aider à une tâche qu’on sait faire) et l’augmentation (dépasser les limites ordinaires de l’espèce). Un implant qui rend un mouvement à un paralysé n’est pas de même nature qu’un implant destiné à donner à un homme sain une perception surhumaine ; une IA qui aide un médecin n’est pas de même nature qu’une IA à laquelle il abandonne son jugement. Toute la suite repose sur cette distinction.

« Toute âme goûtera la mort » (3:185). La phrase que le transhumanisme déteste est celle qui libère.