XV. Conclusion et fiche de synthèse — L’école dont le diplôme est un homme nouveau — Le jeûne de Ramadan (dossier 4/5)

SÉRIE « LES CINQ PILIERS DE L’ISLAM » · DOSSIER 4 SUR 5 · LE JEÛNE DE RAMADANXV. Conclusion et fiche de synthèseL’école dont le diplôme est un homme nouveauCHAPITRE 15 SUR 15

Le jeûne de Ramadan · sommaire  ·  Chapitre 15 sur 15

Le paradoxe magnifique du jeûne

Ramadan demande à l’homme de diminuer pour qu’il devienne plus grand. De manger moins pour apprécier davantage. De parler moins pour entendre davantage. De dormir parfois moins pour vivre davantage. De posséder moins, momentanément, pour donner davantage. De s’éloigner du monde pour retrouver son Seigneur. De maîtriser ses passions pour retrouver sa liberté. De connaître la faim pour découvrir la gratitude. De connaître la faiblesse pour découvrir la dépendance à Allah. De fermer certaines portes pour découvrir celles du Paradis. De vivre trente jours de discipline pour gagner, peut-être, une vie entière de transformation.

C’est pourquoi Ramadan n’est pas une parenthèse. C’est une répétition générale de la vie que le croyant devrait mener toute l’année.

Le véritable héritage : avoir appris à dire non

Ramadan aura appris une phrase extrêmement simple, et cette phrase peut changer une vie : « non ». Non à la nourriture avant l’heure. Non à la boisson. Non au regard interdit. Non au mensonge, à la médisance, à la colère, à la vengeance. Non à l’écran quand il vole le Coran. Non au gaspillage, à l’ostentation, à l’habitude lorsqu’elle contredit l’obéissance.

Et derrière chaque « non » se cache un « oui » plus grand : oui à Allah, oui à la maîtrise, oui à la pudeur, oui à la patience, oui à la gratitude, oui à la fraternité, oui au pardon, oui au Coran, oui à la prière, oui à la miséricorde. C’est peut-être la définition la plus profonde de Ramadan : le mois où l’homme réapprend à dire non à lui-même afin de pouvoir dire oui à Allah.

L’école dont le diplôme est un homme nouveau

Le jeûne est donc bien plus qu’une abstention. C’est une architecture spirituelle complète. Le ventre apprend la maîtrise. La langue apprend le silence utile. Les yeux apprennent la pudeur. Les oreilles apprennent à ne pas écouter le mal. Les mains apprennent à donner. Les pieds apprennent à marcher vers la prière. La nuit apprend à se tenir debout. Le cœur apprend à invoquer. La faim apprend la gratitude. La pauvreté ressentie apprend la compassion. La privation apprend la liberté. La Nuit du Destin apprend la valeur du temps. Et l’Aïd apprend que la religion n’est pas la tristesse : après l’effort vient la joie.

Ramadan ne cherche pas simplement à produire un homme qui sait jeûner. Il cherche à produire un homme qui sait se maîtriser, pardonner, donner, se taire, résister, remercier, revenir — un homme qui sait prier même lorsque Ramadan est terminé, qui porte le Coran dans sa conduite et pas seulement dans sa main, et qui, en quittant Ramadan, n’est pas simplement soulagé que la faim soit finie, mais triste de voir partir l’invité qui lui avait appris à vivre.

Pendant un mois, l’homme affame son corps pour que son âme retrouve sa place. Puis, si Allah accepte son œuvre, il sort de cette école avec une liberté nouvelle : il n’est plus seulement capable de s’abstenir de ce qu’il désire — il est devenu capable de choisir ce qu’Allah aime.

لَعَلَّكُمْ تَتَّقُونَ

« … afin de vous préserver du péché. »

Coran 2:183

Note finale — à ceux qui réduisent le jeûne

À ceux qui réduisent le jeûne à une privation archaïque, à une contrainte sociale ou à un rituel vide : sachez que le jeûne de Ramadan est une école de liberté intérieure, une discipline de miséricorde et une révolution silencieuse contre la tyrannie des passions. Il ne s’agit pas de s’affamer, mais de se libérer. Il ne s’agit pas de souffrir, mais de grandir. Il ne s’agit pas de se couper du monde, mais de le regarder avec des yeux neufs, purifiés par la faim, la soif et la lumière du Coran. Que ce mois soit pour chacun une renaissance, une élévation et un retour à l’essentiel.

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Fiche de synthèse

Le dossier en dix points

  1. Le jeûne est prescrit pour un but énoncé : la taqwâ (2:183). 2. Il n’est pas propre à l’islam mais à toute la pédagogie divine. 3. Ramadan est d’abord le mois du Coran ; Jibrîl le révisait chaque année avec le Prophète ﷺ, deux fois l’année de son décès. 4. Le jeûne est la seule adoration qu’Allah S’attribue en propre, parce qu’elle est invisible : c’est l’école de la sincérité. 5. Il fait passer l’âme de l’état instigateur à l’état apaisé en coupant les vivres aux passions. 6. Le vrai jeûne engage la langue, le regard et le cœur — pas seulement le ventre. 7. La faim révèle la valeur des dons, la détresse du pauvre et la faim de l’âme. 8. Une société qui jeûne apprend l’empathie, à condition que la faim ouvre la main. 9. La Nuit du Destin vaut plus que mille mois et se cherche dans les nuits impaires des dix dernières. 10. Le signe d’un Ramadan accepté, c’est ce qui reste après lui.

Sources classiques du dossier

  • Coran : 2:183-187 ; 7:31 ; 12:53 ; 14:7 ; 75:2 ; 89:27-28 ; 97:1-5. Traduction Rachid Maach (✦ : traduction provisoire).
  • Exégèse : At-Tabarî, Jâmi’ al-Bayân ; Ibn Kathîr, Tafsîr al-Qur’ân al-‘Azîm ; Al-Qurtubî, Al-Jâmi’ li-Ahkâm al-Qur’ân ; As-Sa’dî, Taysîr al-Karîm ar-Rahmân.
  • Hadith : Al-Bukhârî (n° 6, 38, 1894, 1896, 1899, 1903, 1904, 1923, 1933, 1957, 1961, 2009, 2017, 2024, 2026, 4998) ; Muslim (n° 759, 760, 1079, 1095, 1098, 1151, 1152, 1164, 1174, 2308, 2450) ; Abû Dâwûd (n° 1609, 2356, 2357) ; At-Tirmidhî (n° 807, 2380, 3513) ; Ibn Mâjah (n° 1690, 1746, 1827, 3349, 3850).
  • Spiritualité et fiqh : Ibn Rajab al-Hanbalî, Latâ’if al-Ma’ârif ; Ibn al-Qayyim, Zâd al-Ma’âd ; Ibn Qudâma al-Maqdisî, Mukhtasar Minhâj al-Qâsidîn et Al-Mughnî ; Ibn Hajar al-‘Asqalânî, Fath al-Bârî.

Ramadan n’est pas le mois où l’on apprend simplement à avoir faim. C’est le mois où l’on apprend enfin pourquoi l’on vit.

Dossier 4 sur 5 — Série « Les cinq piliers de l’islam » · convertistoislam.fr