Le jeûne de Ramadan · sommaire · Chapitre 13 sur 15
Voici la journée-type du jeûneur accompli, telle que la dessine la Sunna — non comme une liste de contraintes, mais comme le rythme d’une journée réordonnée autour de son Seigneur.
1. Le suhûr — le repas de l’aube
Prendre un repas léger avant l’aube, à digestion lente, avec de l’eau : c’est une Sunna, et une bénédiction.
تَسَحَّرُوا فَإِنَّ فِي السَّحُورِ بَرَكَةً
« Prenez le suhûr, car il y a dans le suhûr une bénédiction. »
Rapporté par Al-Bukhârî (n° 1923) et Muslim (n° 1095)
Le retarder jusqu’à l’approche de l’aube est recommandé ; l’intention de jeûner se forme dans le cœur — elle n’a pas besoin d’être prononcée.
2. La prière du fajr et les invocations du matin
Commencer la journée dans la lumière de la prière à l’heure — c’est le premier acte du jeûneur, et le plus décisif. Puis les invocations du matin, et quelques pages de Coran tant que le cœur est reposé.
3. Le travail et les responsabilités
Maintenir ses responsabilités professionnelles et familiales avec excellence, sérénité et bon comportement. Le jeûne n’est pas une excuse pour mal travailler ; il est une raison de travailler mieux, puisque le jeûneur sait qu’Allah le voit.
4. La préservation des sens
Appliquer la réplique « je suis en jeûne » face aux provocations ; éviter les bavardages inutiles, les écrans qui volent le regard, la médisance qui vole la récompense.
5. Le Coran
Consacrer un temps fixe quotidien — un juz’, soit une vingtaine de pages, permet d’achever la lecture complète dans le mois. Mais lire moins et comprendre vaut mieux que lire tout et ne rien retenir.
6. L’iftâr — la rupture
Hâter la rupture dès le coucher du soleil confirmé, sur des dattes fraîches ou sèches et de l’eau, comme le faisait le Prophète ﷺ (Abû Dâwûd n° 2356). Puis l’invocation transmise :
ذَهَبَ الظَّمَأُ وَابْتَلَّتِ الْعُرُوقُ وَثَبَتَ الأَجْرُ إِنْ شَاءَ اللهُ
« La soif est éteinte, les veines sont abreuvées et la récompense est assurée, si Allah le veut. »
Rapporté par Abû Dâwûd (n° 2357) ; jugé bon
لَا يَزَالُ النَّاسُ بِخَيْرٍ مَا عَجَّلُوا الْفِطْرَ
« Les gens resteront dans le bien tant qu’ils hâteront la rupture du jeûne. »
Rapporté par Al-Bukhârî (n° 1957) et Muslim (n° 1098)
Le moment de l’iftâr est aussi un moment d’exaucement : le jeûneur invoque avant de manger, pour lui, pour les siens, pour la communauté. Puis la prière du maghrib — avant que la table ne retienne tout le monde.
7. Les tarâwîh — la prière de la nuit
Accomplir les prières nocturnes, à la mosquée ou à la maison, avec concentration et apaisement. « Quiconque se tient en prière durant Ramadan avec foi et espoir de la récompense, ses péchés passés lui sont pardonnés » (Al-Bukhârî n° 2009). La longueur importe moins que la présence du cœur.
8. La nuit
Dormir suffisamment pour tenir la journée — le sommeil du jeûneur est aussi une préparation à l’adoration — puis se relever pour le suhûr. Dans les dix dernières nuits, on inverse : on dort moins et l’on veille davantage, à la recherche de la Nuit du Destin.
Le programme des dix dernières nuits
Multiplier la prière nocturne, le Coran, les aumônes et l’invocation ; réveiller sa famille ; si possible, quelques jours d’i’tikâf à la mosquée. Répéter sans cesse : Allâhumma innaka ‘afuwwun tuhibbu-l-‘afwa fa-‘fu ‘annî. Et préparer la zakât al-fitr avant la prière de l’Aïd, pour que la fête soit celle de tous.
Une journée ainsi ordonnée n’est pas une journée « en moins ». C’est une journée où, pour une fois, tout est à sa place : le corps au service de l’âme, et l’âme tournée vers son Seigneur.
Dossier 4 sur 5 — Série « Les cinq piliers de l’islam » · convertistoislam.fr