En une phrase : les descendants croyants sont élevés au degré de leurs parents, la rancune est ôtée des cœurs, on s’y visite sur des divans face à face, on n’y entend que « paix », et chaque vendredi les gens du Paradis se rendent à un marché d’où l’on revient plus beau.
Les textes
وَالَّذِينَ ءَامَنُواْ وَاتَّبَعَتْهُمْ ذُرِّيَّتُهُم بِإِيمَٰنٍ أَلْحَقْنَا بِهِمْ ذُرِّيَّتَهُمْ وَمَآ أَلَتْنَٰهُم مِّنْ عَمَلِهِم مِّن شَيْءٖۚ كُلُّ امْرِيِٕۭ بِمَا كَسَبَ رَهِينٞ ﴿21﴾
Ceux qui ont cru et que leur descendance a suivis dans la foi, Nous réunirons à eux leur descendance, sans rien diminuer de leurs œuvres. Chacun répond de ce qu’il a acquis.
Coran 52:21
وَنَزَعْنَا مَا فِي صُدُورِهِم مِّنْ غِلٍّ إِخْوَٰنًا عَلَىٰ سُرُرٖ مُّتَقَٰبِلِينَ ﴿47﴾ لَا يَمَسُّهُمْ فِيهَا نَصَبٞ وَمَا هُم مِّنْهَا بِمُخْرَجِينَ ﴿48﴾
Nous ôterons toute rancune de leurs poitrines ; frères, sur des divans, face à face. Nulle fatigue ne les y touchera, et ils n’en seront jamais expulsés.
Coran 15:47-48
لَا يَسْمَعُونَ فِيهَا لَغْوٗا وَلَا تَأْثِيمًا ﴿25﴾ إِلَّا قِيلٗا سَلَٰمٗا سَلَٰمٗا ﴿26﴾
Ils n’y entendront ni paroles vaines ni incitation au péché, mais seulement : « Paix ! Paix ! »
Coran 56:25-26
فَأَقْبَلَ بَعْضُهُمْ عَلَىٰ بَعْضٖ يَتَسَآءَلُونَ ﴿50﴾ قَالَ قَآئِلٞ مِّنْهُمْ إِنِّي كَانَ لِي قَرِينٞ ﴿51﴾ يَقُولُ أَءِنَّكَ لَمِنَ الْمُصَدِّقِينَ ﴿52﴾ أَءِذَا مِتْنَا وَكُنَّا تُرَابٗا وَعِظَٰمًا أَءِنَّا لَمَدِينُونَ ﴿53﴾ قَالَ هَلْ أَنتُم مُّطَّلِعُونَ ﴿54﴾ فَاطَّلَعَ فَرَءَاهُ فِي سَوَآءِ الْجَحِيمِ ﴿55﴾ قَالَ تَاللَّهِ إِن كِدتَّ لَتُرْدِينِ ﴿56﴾ وَلَوْلَا نِعْمَةُ رَبِّي لَكُنتُ مِنَ الْمُحْضَرِينَ ﴿57﴾
Les uns se tourneront vers les autres pour s’interroger. L’un d’eux dira : « J’avais un compagnon qui disait : Es-tu de ceux qui croient ? (…) » Il dira : « Voulez-vous regarder ? » Il regardera, et le verra au milieu de la Fournaise. Il dira : « Par Allah, tu as failli me perdre ! Sans le bienfait de mon Seigneur, j’aurais été de ceux qu’on amène. »
Coran 37:50-57
وَقَالُواْ الْحَمْدُ لِلَّهِ الَّذِي صَدَقَنَا وَعْدَهُو وَأَوْرَثَنَا الْأَرْضَ نَتَبَوَّأُ مِنَ الْجَنَّةِ حَيْثُ نَشَآءُۖ فَنِعْمَ أَجْرُ الْعَٰمِلِينَ ﴿74﴾
Ils diront : « Louange à Allah, qui a réalisé pour nous Sa promesse et nous a fait hériter de la terre : nous nous installons dans le Paradis où nous voulons. » Quelle belle récompense pour ceux qui œuvrent !
Coran 39:74
أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم قَالَ » إِنَّ فِي الْجَنَّةِ لَسُوقًا يَأْتُونَهَا كُلَّ جُمُعَةٍ فَتَهُبُّ رِيحُ الشَّمَالِ فَتَحْثُو فِي وُجُوهِهِمْ وَثِيَابِهِمْ فَيَزْدَادُونَ حُسْنًا وَجَمَالاً فَيَرْجِعُونَ إِلَى أَهْلِيهِمْ وَقَدِ ازْدَادُوا حُسْنًا وَجَمَالاً فَيَقُولُ لَهُمْ أَهْلُوهُمْ وَاللَّهِ لَقَدِ ازْدَدْتُمْ بَعْدَنَا حُسْنًا وَجَمَالاً . فَيَقُولُونَ وَأَنْتُمْ وَاللَّهِ لَقَدِ ازْدَدْتُمْ بَعْدَنَا حُسْنًا وَجَمَالاً «
« Il y a au Paradis un marché où ils viennent chaque vendredi. Le vent du nord se met à souffler, et il répand sur leurs visages et leurs vêtements (un parfum), et ils gagnent en beauté et en grâce. Ils reviennent auprès de leurs familles, qui ont aussi gagné en beauté et en grâce, et celles-ci leur disent : Par Allah, vous avez gagné en beauté et en grâce depuis que vous nous avez quittés ! Et ils répondent : Vous aussi, par Allah, vous avez gagné en beauté et en grâce depuis que nous vous avons quittés. »
Muslim (2833), d’après Anas
عَنْ أَبِي سَعِيدٍ الْخُدْرِيِّ، قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم » إِنَّ اللَّهَ يَقُولُ لأَهْلِ الْجَنَّةِ يَا أَهْلَ الْجَنَّةِ. يَقُولُونَ لَبَّيْكَ رَبَّنَا وَسَعْدَيْكَ. فَيَقُولُ هَلْ رَضِيتُمْ فَيَقُولُونَ وَمَا لَنَا لاَ نَرْضَى وَقَدْ أَعْطَيْتَنَا مَا لَمْ تُعْطِ أَحَدًا مِنْ خَلْقِكَ. فَيَقُولُ أَنَا أُعْطِيكُمْ أَفْضَلَ مِنْ ذَلِكَ. قَالُوا يَا رَبِّ وَأَىُّ شَىْءٍ أَفْضَلُ مِنْ ذَلِكَ فَيَقُولُ أُحِلُّ عَلَيْكُمْ رِضْوَانِي فَلاَ أَسْخَطُ عَلَيْكُمْ بَعْدَهُ أَبَدًا «
Allah dira aux gens du Paradis : « Ô gens du Paradis ! » Ils diront : « Nous voici, Seigneur, à Tes ordres ; tout le bien est en Tes mains. » Il dira : « Êtes-vous satisfaits ? » Ils diront : « Comment ne le serions-nous pas, alors que Tu nous as donné ce que Tu n’as donné à aucune de Tes créatures ? » Il dira : « Ne vous donnerai-Je pas mieux que cela ? » Ils diront : « Seigneur, qu’y a-t-il de mieux que cela ? » Il dira : « Je fais descendre sur vous Mon agrément, et Je ne Me courroucerai plus jamais contre vous. »
Al-Bukhârî (6549, 7518) et Muslim (2829), d’après Abû Sa‘îd
عَنْ أَبِي سَعِيدٍ الْخُدْرِيِّ، قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم » الْمُؤْمِنُ إِذَا اشْتَهَى الْوَلَدَ فِي الْجَنَّةِ كَانَ حَمْلُهُ وَوَضْعُهُ وَسِنُّهُ فِي سَاعَةٍ كَمَا يَشْتَهِي «
« Le croyant au Paradis, lorsqu’il désire un enfant, le porte, l’enfante et le voit grandir en une heure, comme il le souhaite. »
At-Tirmidhî (2563), Ibn Mâjah (4338), d’après Abû Sa‘îd — at-Tirmidhî : hasan gharîb ; al-Albânî : sahîh. Les savants ont divergé sur le sens ; Ibn Kathîr (an-Nihâya) et al-Qurtubî rapportent l’avis de Mujâhid et d’al-Bukhârî selon lequel les gens du Paradis n’ont pas d’enfants, et la conciliation d’at-Tirmidhî : « s’il le désire ; mais il ne le désirera pas ». À ne pas développer.
أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم قَالَ » إِنَّ فِي الْجَنَّةِ لَسُوقًا يَأْتُونَهَا كُلَّ جُمُعَةٍ فَتَهُبُّ رِيحُ الشَّمَالِ فَتَحْثُو فِي وُجُوهِهِمْ وَثِيَابِهِمْ فَيَزْدَادُونَ حُسْنًا وَجَمَالاً فَيَرْجِعُونَ إِلَى أَهْلِيهِمْ وَقَدِ ازْدَادُوا حُسْنًا وَجَمَالاً فَيَقُولُ لَهُمْ أَهْلُوهُمْ وَاللَّهِ لَقَدِ ازْدَدْتُمْ بَعْدَنَا حُسْنًا وَجَمَالاً . فَيَقُولُونَ وَأَنْتُمْ وَاللَّهِ لَقَدِ ازْدَدْتُمْ بَعْدَنَا حُسْنًا وَجَمَالاً «
« Les gens du Paradis ne diront jamais : nous l’avons vu et nous n’en voulons plus. Chaque vendredi, ils recevront (des faveurs) qu’ils n’avaient jamais vues. »
Extrait des versions longues du hadith du marché ; la partie retenue ici est celle de Muslim (2833). Les récits qui décrivent en détail le « jour du surplus » (yawm al-mazîd), la vallée de musc et les chaires de lumière, sont des athar d’Anas et d’Ibn Mas‘ûd (Ibn al-Mubârak, az-Zuhd ; ad-Dâraqutnî, ar-Ru’ya) ou des hadiths à la chaîne discutée (at-Tabarânî) : à citer comme récits des anciens, avec réserve.
أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم قَالَ » إِنَّ فِي الْجَنَّةِ لَسُوقًا يَأْتُونَهَا كُلَّ جُمُعَةٍ فَتَهُبُّ رِيحُ الشَّمَالِ فَتَحْثُو فِي وُجُوهِهِمْ وَثِيَابِهِمْ فَيَزْدَادُونَ حُسْنًا وَجَمَالاً فَيَرْجِعُونَ إِلَى أَهْلِيهِمْ وَقَدِ ازْدَادُوا حُسْنًا وَجَمَالاً فَيَقُولُ لَهُمْ أَهْلُوهُمْ وَاللَّهِ لَقَدِ ازْدَدْتُمْ بَعْدَنَا حُسْنًا وَجَمَالاً . فَيَقُولُونَ وَأَنْتُمْ وَاللَّهِ لَقَدِ ازْدَدْتُمْ بَعْدَنَا حُسْنًا وَجَمَالاً «
Le long hadith de Sa‘îd ibn al-Musayyib et Abû Hurayra sur le marché du Paradis, où l’on décrit les tapis de perles, les chaires, le nuage qui répand un parfum, Allah qui se manifeste aux gens du Paradis, puis le marché où les anges présentent ce qui n’a pas de pareil…
At-Tirmidhî (2549), Ibn Mâjah (4336) — at-Tirmidhî : gharîb ; al-Albânî : da‘îf (Da‘îf at-Tirmidhî ; Da‘îf Ibn Mâjah). Ne pas citer comme hadith ; la version de Muslim (2833) suffit.
Le souvenir de ce monde, les familles, la compagnie de ceux qu’on aime
وَأَقْبَلَ بَعْضُهُمْ عَلَىٰ بَعْضٖ يَتَسَآءَلُونَ ﴿25﴾ قَالُوٓاْ إِنَّا كُنَّا قَبْلُ فِيٓ أَهْلِنَا مُشْفِقِينَ ﴿26﴾ فَمَنَّ اللَّهُ عَلَيْنَا وَوَقَىٰنَا عَذَابَ السَّمُومِ ﴿27﴾ إِنَّا كُنَّا مِن قَبْلُ نَدْعُوهُۖ إِنَّهُو هُوَ الْبَرُّ الرَّحِيمُ ﴿28﴾
Ils se tourneront les uns vers les autres pour s’interroger. Ils diront : « Nous étions, parmi les nôtres, dans la crainte ; Allah nous a fait grâce et nous a préservés du châtiment du vent brûlant. Nous L’invoquions auparavant : c’est Lui le Bienfaisant, le Miséricordieux. »
Coran 52:25-28
يَٰعِبَادِ لَا خَوْفٌ عَلَيْكُمُ الْيَوْمَ وَلَآ أَنتُمْ تَحْزَنُونَ ﴿68﴾ الَّذِينَ ءَامَنُواْ بِـَٔايَٰتِنَا وَكَانُواْ مُسْلِمِينَ ﴿69﴾ ادْخُلُواْ الْجَنَّةَ أَنتُمْ وَأَزْوَٰجُكُمْ تُحْبَرُونَ ﴿70﴾
Ô Mes serviteurs, nulle crainte pour vous aujourd’hui, et vous ne serez pas affligés. (…) Entrez au Paradis, vous et vos épouses ; vous y serez comblés.
Coran 43:68-70
وَمَن يُطِعِ اللَّهَ وَالرَّسُولَ فَأُوْلَـٰٓئِكَ مَعَ الَّذِينَ أَنْعَمَ اللَّهُ عَلَيْهِم مِّنَ النَّبِيِّـۧنَ وَالصِّدِّيقِينَ وَالشُّهَدَآءِ وَالصَّـٰلِحِينَۚ وَحَسُنَ أُوْلَـٰٓئِكَ رَفِيقٗا ﴿69﴾
Quiconque obéit à Allah et au Messager, ceux-là seront avec ceux qu’Allah a comblés : les prophètes, les véridiques, les martyrs et les vertueux ; et quels bons compagnons que ceux-là !
Coran 4:69
عَنِ النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم أَنَّهُ قَالَ » الْمَرْءُ مَعَ مَنْ أَحَبَّ «
Un homme vint demander au Prophète ﷺ : « Ô Messager d’Allah, que dis-tu d’un homme qui aime des gens sans les avoir rejoints (par ses œuvres) ? » Il dit : « L’homme est avec ceux qu’il aime. »
Al-Bukhârî (6168, 6169) et Muslim (2640), d’après Anas et Ibn Mas‘ûd
عَنْ عَدِيِّ بْنِ ثَابِتٍ، أَنَّهُ سَمِعَ الْبَرَاءَ ـ رضى الله عنه ـ قَالَ لَمَّا تُوُفِّيَ إِبْرَاهِيمُ ـ عَلَيْهِ السَّلاَمُ ـ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم » إِنَّ لَهُ مُرْضِعًا فِي الْجَنَّةِ «
Lorsque son fils Ibrâhîm mourut, le Messager d’Allah ﷺ dit : « Il a une nourrice au Paradis. »
Al-Bukhârî (1382), d’après al-Barâ’
» هَلْ رَأَى أَحَدٌ مِنْكُمْ مِنْ رُؤْيَا « . قَالَ فَيَقُصُّ عَلَيْهِ مَنْ شَاءَ اللَّهُ أَنْ يَقُصَّ، وَإِنَّهُ قَالَ ذَاتَ غَدَاةٍ » إِنَّهُ أَتَانِي اللَّيْلَةَ آتِيَانِ، وَإِنَّهُمَا ابْتَعَثَانِي، وَإِنَّهُمَا قَالاَ لِي انْطَلِقْ. وَإِنِّي انْطَلَقْتُ مَعَهُمَا، وَإِنَّا أَتَيْنَا عَلَى رَجُلٍ مُضْطَجِعٍ، وَإِذَا آخَرُ قَائِمٌ عَلَيْهِ بِصَخْرَةٍ، وَإِذَا هُوَ يَهْوِي بِالصَّخْرَةِ لِرَأْسِهِ، فَيَثْلَغُ رَأْسَهُ فَيَتَهَدْهَدُ الْحَجَرُ هَا هُنَا، فَيَتْبَعُ الْحَجَرَ فَيَأْخُذُهُ، فَلاَ يَرْجِعُ إِلَيْهِ حَتَّى يَصِحَّ رَأْسُهُ كَمَا كَانَ، ثُمَّ يَعُودُ عَلَيْهِ، فَيَفْعَلُ بِهِ مِثْلَ مَا فَعَلَ الْمَرَّةَ الأُولَى. قَالَ قُلْتُ لَهُمَا سُبْحَانَ اللَّهِ مَا هَذَانِ قَالَ قَالاَ لِي انْطَلِقْ ـ قَالَ ـ فَانْطَلَقْنَا فَأَتَيْنَا عَلَى رَجُلٍ مُسْتَلْقٍ لِقَفَاهُ، وَإِذَا آخَرُ قَائِمٌ عَلَيْهِ بِكَلُّوبٍ مِنْ حَدِيدٍ، وَإِذَا هُوَ يَأْتِي أَحَدَ شِقَّىْ وَجْهِهِ فَيُشَرْشِرُ شِدْقَهُ إِلَى قَفَاهُ، وَمَنْخِرَهُ إِلَى قَفَاهُ وَعَيْنَهُ إِلَى قَفَاهُ ـ قَالَ وَرُبَّمَا قَالَ أَبُو رَجَاءٍ فَيَشُقُّ ـ قَالَ ثُمَّ يَتَحَوَّلُ إِلَى الْجَانِبِ الآخَرِ، فَيَفْعَلُ بِهِ مِثْلَ مَا فَعَلَ بِالْجَانِبِ الأَوَّلِ، فَمَا يَفْرُغُ مِنْ ذَلِكَ الْجَانِبِ حَتَّى يَصِحَّ ذَلِكَ الْجَانِبُ كَمَا كَانَ، ثُمَّ يَعُودُ عَلَيْهِ فَيَفْعَلُ مِثْلَ مَا فَعَلَ الْمَرَّةَ الأُولَى. قَالَ قُلْتُ سُبْحَانَ اللَّهِ مَا هَذَانِ قَالَ قَالاَ لِي انْطَلِقْ. فَانْطَلَقْنَا فَأَتَيْنَا عَلَى مِثْلِ التَّنُّورِ ـ قَالَ فَأَحْسِبُ أَنَّهُ كَانَ يَقُولُ ـ فَإِذَا فِيهِ لَغَطٌ وَأَصْوَاتٌ ـ قَالَ ـ فَاطَّلَعْنَا فِيهِ، فَإِذَا فِيهِ رِجَالٌ وَنِسَاءٌ عُرَاةٌ، وَإِذَا هُمْ يَأْتِيهِمْ لَهَبٌ مِنْ أَسْفَلَ مِنْهُمْ … [texte abrégé]
Dans le songe de Samura, le Prophète ﷺ vit un homme grand dans un jardin, entouré d’enfants plus nombreux qu’il n’en avait jamais vu ; on lui dit : « L’homme grand est Ibrâhîm, et les enfants autour de lui sont tous les enfants morts sur la nature primordiale. » Des musulmans demandèrent : « Et les enfants des polythéistes ? » Il dit : « Et les enfants des polythéistes. »
Al-Bukhârî (7047), d’après Samura ibn Jundub — extrait. Le sort des enfants morts en bas âge a été discuté par les savants ; Ibn Hajar (Fath al-Bârî, sur 1385) expose les avis et retient, pour les enfants des musulmans, qu’ils sont au Paradis sans divergence notable.
Ces textes disent trois choses sans qu’il faille rien ajouter : la mémoire de ce monde n’est pas effacée, elle donne son goût au présent (52:26) ; les familles croyantes sont réunies, les enfants élevés au degré des parents (52:21), les petits auprès d’Ibrâhîm ; et la compagnie ne se gagne pas au mérite seul mais à l’amour : « l’homme est avec ceux qu’il aime ». Le Prophète ﷺ a dit à Rabî‘a comment obtenir sa compagnie (étape 24) ; c’est l’une des scènes que le récit peut promettre sans dresser de liste de qui sera avec qui.
La lecture des savants
Al-Qurtubî (at-Tadhkira, chapitre sur le marché du Paradis) et an-Nawawî (Sharh Muslim, hadith 2833) expliquent le mot « marché » : ce n’est pas un lieu de vente et d’achat, il n’y a rien à acquérir au Paradis, mais un lieu de réunion, un rassemblement où l’on se retrouve, comme les Arabes appellent sûq tout lieu où les gens se rendent ; le vendredi est choisi parce qu’il est, ici-bas déjà, le jour de la réunion (al-jumu‘a). Ibn Kathîr (Tafsîr, 52:21) commente l’élévation des descendants : ils sont montés au degré de leurs parents pour que les parents soient comblés, et « sans rien diminuer » des œuvres des parents, par pure grâce ; Ibn ‘Abbâs lisait le verset ainsi. Sur 15:47, Ibn Kathîr rapporte la parole de ‘Alî : « J’espère que je serai, avec ‘Uthmân, Talha et az-Zubayr, de ceux dont Allah a dit : Nous ôterons toute rancune de leurs poitrines. » Ibn al-Qayyim (Hâdî al-arwâh, chapitre sur les visites des gens du Paradis) réunit les versets sur les retrouvailles et le hadith de l’agrément, et remarque que le Coran ne décrit jamais le Paradis comme une solitude : ce sont des frères, face à face. Sur le hadith de l’agrément, Ibn Hajar (Fath al-Bârî, sur 6549) rappelle qu’il annonce le don qui dépasse tous les dons du Paradis, et qui prépare la vision de l’étape suivante.
Termes et paroles des anciens
| Terme | Explication | Source |
|---|---|---|
| Sûq, « marché » (Muslim 2833) | Lieu de réunion, non de commerce : « il n’y a là ni vente ni achat » (an-Nawawî) ; les Arabes nomment sûq tout lieu où l’on se rend en foule. | An-Nawawî, Sharh Muslim (2833) ; al-Qurtubî |
| Rîh ash-shamâl, « le vent du nord » | Le vent qui, en Arabie, est le plus doux et le plus sain ; ici, un vent du Paradis qui embellit. | An-Nawawî, Sharh Muslim (2833) |
| Ghill, « rancune » (15:47 ; 7:43) | Haine, jalousie, ressentiment ; ‘Alî lisait le verset en pensant à ceux qu’il avait combattus ; Ibn Kathîr rapporte la parole de ‘Alî sur ‘Uthmân, Talha et az-Zubayr. | Ibn Kathîr, Tafsîr (15:47) |
| Surur mutaqâbilîn, « divans, face à face » (15:47) | Assis de sorte que nul ne tourne le dos à l’autre : Mujâhid, « aucun ne regarde la nuque d’un autre ». | Ibn Kathîr, Tafsîr (15:47) |
| Laghw, ta’thîm (56:25) | Paroles vaines et paroles qui font pécher : le Paradis n’a ni l’une ni l’autre, « seulement : Paix ». | Ibn Kathîr, Tafsîr (56:25) |
| Alhaqnâ bihim dhurriyyatahum (52:21) | Nous avons élevé leurs descendants jusqu’à eux : la descendance croyante est rejointe au degré du parent, par grâce, sans que le parent perde rien (Ibn ‘Abbâs). | Ibn Kathîr, Tafsîr (52:21) |
Ibn ‘Abbâs disait, sur 52:21 : « Allah élève la descendance du croyant à son degré, même si elle est au-dessous de lui par les œuvres, afin que son œil en soit réjoui. » Puis il récita le verset.
At-Tabarî, Ibn Abî Hâtim ; al-Hâkim l’authentifie (mawqûf) ; cité par Ibn Kathîr (52:21) — athar de Compagnon
‘Alî disait : « J’espère que je serai, avec ‘Uthmân, Talha et az-Zubayr, de ceux dont Allah a dit : Nous ôterons toute rancune de leurs poitrines. »
Ibn Abî Hâtim ; cité par Ibn Kathîr (Tafsîr, 15:47) — athar de Compagnon
Anas décrivait le vendredi au Paradis, le « jour du surplus » : les gens du Paradis se rendent dans une vallée de musc, des chaires de lumière sont dressées, Allah se manifeste à eux et leur dit : « demandez », et ils reviennent embellis.
Ibn al-Mubârak (az-Zuhd), ad-Dâraqutnî (ar-Ru’ya), Ibn Abî ad-Dunyâ — athar d’Anas ; les versions attribuées au Prophète ﷺ (at-Tabarânî) sont faibles. À citer comme « les anciens ont rapporté », ou à ne pas citer.
Ce que les textes ne disent pas
- Ce qu’on trouve au marché : Muslim ne parle que du vent et de la beauté qu’il donne ; les objets exposés viennent de récits faibles.
- Comment les gens du Paradis se reconnaissent et se visitent : le Coran dit « face à face », « ils s’interrogent », sans plus.
- Si le temps s’y écoule comme ici : « chaque vendredi » est le seul repère donné.
Transition — Le Paradis a un délice au-dessus de tous les autres, que le Coran annonce en deux mots : des visages resplendissants, qui regardent leur Seigneur. → étape suivante